Les utilisateurs - Jean-Philippe Accart https://www.jpaccart.ch/articles/les-utilisateurs/ Wed, 16 Apr 2025 21:37:12 +0000 Joomla! - Open Source Content Management fr-fr bs@sturmundbraem.ch (Jean-Philippe Accart) (2018) Médiation : suivez les 5 recommandations d'un pro ! https://www.jpaccart.ch/les-utilisateurs/2018-mediation-suivez-les-5-recommandations-dun-pro.html https://www.jpaccart.ch/les-utilisateurs/2018-mediation-suivez-les-5-recommandations-dun-pro.html

Archimag, juin 2018

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info@jpaccart.ch (jpaccart) Les utilisateurs Wed, 20 Jun 2018 05:52:26 +0000
(2017) - Compétences informationnelles et employabilité : y a-t-il un lien de cause à effet ? https://www.jpaccart.ch/les-utilisateurs/2017-competences-informationnelles-et-employabilite-y-a-t-il-un-lien-de-cause-a-effet.html https://www.jpaccart.ch/les-utilisateurs/2017-competences-informationnelles-et-employabilite-y-a-t-il-un-lien-de-cause-a-effet.html ]]> info@jpaccart.ch (jpaccart) Les utilisateurs Fri, 27 Oct 2017 11:18:44 +0000 (2015) - De l’identité sociale à l’identité numérique. Territoires, composantes et traces https://www.jpaccart.ch/les-utilisateurs/2015-de-l-identite-sociale-a-l-identite-numerique-territoires-composantes-et-traces.html https://www.jpaccart.ch/les-utilisateurs/2015-de-l-identite-sociale-a-l-identite-numerique-territoires-composantes-et-traces.html

FABDEN

Résumé

L’identité sociale (ou la sphère privée d’un individu) est relativement aisée à déterminer, elle comporte un certain nombre d’attributs donnés par la société, la famille ou le cercle amical et professionnel. L’identité numérique n’est pas très éloignée, mais est une sorte de double créé.... ]]>
info@jpaccart.ch (jpaccart) Les utilisateurs Tue, 01 Dec 2015 15:15:18 +0000
(2015) - "Dialogue et lien intergénérationnel: que fait la bibliothèque ?" https://www.jpaccart.ch/les-utilisateurs/2015-dialogue-et-lien-intergenerationnel-que-fait-la-bibliotheque.html https://www.jpaccart.ch/les-utilisateurs/2015-dialogue-et-lien-intergenerationnel-que-fait-la-bibliotheque.html

in Dossier 191 : Seniors en bibliothèque

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info@jpaccart.ch (jpaccart) Les utilisateurs Tue, 23 Jun 2015 07:00:36 +0000
(2012) - La médiation: un peu d’humain dans un monde de technologie https://www.jpaccart.ch/les-utilisateurs/2012-la-mediation-un-peu-d-humain-dans-un-monde-de-technologie.html https://www.jpaccart.ch/les-utilisateurs/2012-la-mediation-un-peu-d-humain-dans-un-monde-de-technologie.html

in Argus, hiver 2012, vol. 40, n°3, p. 16-18

Résumé:

Une des formes prises par la communication envers le public dans les services d'archives, de bibliothèque ou de documentation (ABD) - ainsi que dans les musées ou d'autres institutions culturelles ou éducatives - est la forme de la médiation, concept qui tend à se développer et qui s'adapte parfaitement à leur situation actuelle : le lien avec l'usager ne demande qu'à être renforcé au travers de la médiation. Certains services de bibliothèques n'hésitent pas à proposer des postes de médiateur qu'ils soient culturel ou numérique, ils seront sans doute suivis par les services de documentation et d'archives. Des formations à la médiation se mettent en place.


Une des origines du développement du concept de médiation - ou d'intermédiation - depuis les années 1980-1990 est l'arrivée des technologies de l'information qui permettent d'orienter différemment les services et les prestations documentaires et de proposer de nouveaux services. Les domaines d'intervention des professionnels de l'information s'élargissent considérablement : formation des utilisateurs aux outils informatiques (interrogation de catalogues en ligne, de bases de données, de moteurs de recherche, utilisation de la traduction en ligne...), assistance (à l'utilisation du ou des service[s] proposé[s]), conception de nouveaux produits d'information, application de techniques de marketing, veille informationnelle...


La médiation est multiple, elle peut se concevoir du point de vue du professionnel de l'information, de celui de l'usager ou du fonds documentaire lui-même. Elle s'amplifie avec l'offre d'une organisation thématique des collections faite par certaines institutions : autour d'un pôle thématique sont réunis plusieurs supports d'information (ouvrages, périodiques, audiovisuels, banques de données...) qui auparavant été répartis de manière traditionnelle en séparant les supports. L'accès à l'information ne se fait plus selon le support lui-même (la salle de référence ; la salle des périodiques ; l'espace multimédia...), mais autour d'un thème particulier, à l'exemple de la bibliothèque municipale de Lyon (BmL), qui a organisé ses collections de cette manière ou de la Bibliothèque nationale suisse à Berne, ce qui a permis dans le même temps de rénover les salles ouvertes au public, tout en étant en adéquation avec la stratégie et les missions de l'institution. Le recours à un spécialiste du thème, à un expert, renforce l'offre de service. Chaque
pôle thématique peut comporter un bureau de référence spécialisé.


Un autre type de médiation est la proposition faite, dans des secteurs variés, de prestations d'aide personnalisée à la recherche, avec l'assistance d'un professionnel. Cette prestation prend le nom de « Book a Librarian » donnant la possibilité à un utilisateur qui le souhaite de « réserver » les services d'un professionnel compétent. Cette orientation vers une individualisation des prestations est certainement une voie d'avenir pour les professions de l'information, elle correspond également aux évolutions actuelles de la société, avec des offres de produits et de services de plus en plus personnalisées.

En parallèle aux fonctions traditionnelles, la fonction de médiation vers de nouvelles prestations d'information entraîne l'acquisition de compétences et de savoirs supplémentaires : technicité, expertise, pédagogie, communication.

Selon J.-C. Brochard, auteur du blog Bibliothèque publique, « le constat n'est plus à faire, les bibliothèques étant de moins en moins un passage obligé pour accéder à la formation, elles doivent développer leurs activités de médiation dans l'accès à l'information et élaborer de nouvelles offres de services si elles veulent continuer à être utiles à leurs usagers. Les bibliothécaires sont par définition des spécialistes de la gestion et de la recherche d'information. Il me semble qu'ils ont tout intérêt à continuer à développer ces compétences, en ayant constamment à l'esprit qu'il leur appartient de transmettre au public, qui est de plus en plus amené à utiliser par lui-même des outils complexes de recherche d'information, des connaissances utiles et adaptées à ses besoins sur
es moyens qui sont à sa disposition pour trouver et gérer de l'information ».


La notion de médiation induit de toute évidence un aspect humain important, mais également un aspect relationnel fort avec une mise en relation entre une demande (celle du public) et une offre (celle du professionnel) : il s'agit donc d'une relation de service. Elle comporte, enfin, un aspect professionnel : comportement, attitude et réponse apportée à un besoin d'information.


La médiation concerne :

- l'ensemble des métiers de l'accueil dans les services ABD : service de référence sur place ou en ligne, de renseignement, d'orientation...


- les responsables des formations auprès du public : à la recherche d'information, sur le catalogue (OPAC), à Internet...


-  les chargés de l'animation : pour l'accueil des publics scolaires, jeunes et autres publics...


Définir la (les) médiation(s)


La médiation est avant tout une mise en relation du public et des collections, elle se traduit par un transfert d'informations : renseignements, orientation, aide, recherche d'information et de documents, formation à l'information... Il  s'agit de la médiation d'information ou médiation documentaire - la plus « évidente ». Il existe d'autres aspects :


la médiation sociale, qui s'adresse à des publics différents issus par exemple de l'immigration ou de milieux défavorisés n'ayant pas accès au livre ou à la culture. Il s'agit aussi de publics dit « empêchés » qui incluent les prisonniers, les malades, les personnes handicapées. Dans tous ces cas de figures, avec un travail en profondeur avec les associations locales, les services d'archives, bibliothèque, ou de documentation peuvent apporter des réponses avec la mise en place de collections, de services et d'animations adaptés. La médiation sociale montre à l'évidence qu'il s'agit d'un des rares endroits dans la cité où se construit le lien social.


la médiation culturelle qui s'applique à la politique culturelle en lien avec celle de la ville, de la région, de l'université, du pays... Elle permet l'organisation d'expositions, vernissages, la venue d'artistes, d'écrivains, des conférences et débats, la mise en valeur de
collections particulières, de fonds locaux ou patrimoniaux. Un rapprochement bibliothèque et musée est alors possible.


la médiation numérique, qui amène au web social, car la médiation numérique se développe depuis l'apparition du web social. Frédéric Cavazza, spécialiste des médias sociaux, les définit ainsi : "Les médias sociaux désignent un ensemble de services permettant
 de développer des conversations et des interactions sociales sur Internet ou en situation de mobilité ».
La relation de service qui se développe avec l'utilisateur en situation réelle, peut aussi être développée de manière virtuelle : la médiation numérique prend en compte la dimension virtuelle des réseaux et facilite l'accès à l'information numérique.


De tels développements dans les métiers de l'information documentaire - à la fois technologiques, humains, sociaux, culturels - amènent l'enseignant que je suis à réfléchir sur l'évolution des formations, celles-ci étant étroitement imbriquées avec la vie professionnelle et permettant d'envisager l'avenir. La notion de « médiation » englobe un certain nombre d'aspects sur lesquels je travaille depuis de nombreuses années et notamment, ce qui est en lien avec l'usager. Les Universités de Berne et de Lausanne en Suisse ont ainsi décidé de proposer un programme sur cette thématique.

Proposition d'une formation à la communication et à la médiation dans le cadre du Programme de Master ALIS des Universités de Berne et de Lausanne

Les services d'information documentaire montrent un intérêt grandissant pour ces différentes médiations et, à raison, souhaitent renforcer les compétences de leurs équipes. C'est dans cet objectif que le Programme de Master ALIS des Universités de Berne et de Lausanne a réfléchi en 2011 à la mise en place de deux modules spécifiquement consacrés à la communication et à la médiation,
thèmes généralement peu couverts par les formations continues en général.  Ces modules débutent en janvier 2012 et
présentent les caractéristiques suivantes :

- ils se rapportent aux archives, aux bibliothèques et à la documentation vus comme des domaines connexes intégrés aux sciences de l'information et de la communication, elles-mêmes discipline à part entière des sciences humaines et sociales;

- ils considèrent les publics, les services, l'orientation-utilisateurs, la relation de service;

- ils mettent en avant le contact avec l'usager, son accueil, l'aide et l'orientation apportées;

- ils suggèrent la comparaison possible avec d'autres types de médiation, dont la médiation culturelle dans les musées;

- ils abordent les grands principes de la communication, mais également ceux du marketing et du lobbying ;


- ils font intervenir des experts de ces domaines en provenance de Suisse, d'Allemagne, de France et du Canada.


Comment être un véritable «communicateur» et médiateur ABD ? Il s'agit d'un vrai défi, que cette formation souhaite relever avec la connaissance approfondie des principes de communication dans ce domaine ainsi que la maîtrise des outils traditionnels et nouveaux: outils numériques et du Web 2.0. A la suite de la formation - dont il est possible de ne suivre qu'un des deux modules - le professionnel de l'information sera en mesure de:

  • proposer à son institution et d'utiliser les outils de communication traditionnels et numériques ;

  • maîtriser les techniques de présentation écrite et visuelle sur le Web

  • analyser le contenu et la qualité de documents spécialisés, d'évaluer la fiabilité et la validité du contenu informationnel.

Pour les aspects pratiques, ces deux modules Communication et information et Médiation d'information sont offerts entre janvier 2012 et juin 2012. Ils sont composés de 80 leçons (chacun en 40 leçons soit 4 ECTS) en 4 sessions (2 pour la Communication, 2 pour la Médiation d'information) et se dérouleront en alternance soit du mercredi au samedi, soit du jeudi au samedi. Enseignements théoriques et pratiques, travaux de groupes et interactivité sont les composantes de ce programme, avec des intervenants de renom, reconnus dans leur spécialité. L'enseignement se déroulera à Berne et à Lausanne.

Module 1 Communication et information:


Session 1: du mercredi 25 janvier au samedi 28 janvier 2012

Session 2: du jeudi 23 février au samedi 25 février 2012


Module 2 Médiation d'information:


Session 1: du mercredi 30 mai au samedi 2 juin 2012


Session 2: du jeudi 28 juin au samedi 30 juin 2012


Toutes les personnes ayant participé avec succès reçoivent une attestation équivalente à 4 ECTS pour chaque module.

Les intervenants prévus sont des experts suisses et internationaux reconnus venant d'Allemagne, de France et du Canada, représentants des institutions privées ou publiques reconnues et communicantes : la Bibliothèque nationale suisse, les Archives fédérales suisses, le CERN, les Archives de France, la Ville de Montréal, les Archives fédérales d'Allemagne, la Bibliothèque centrale de Berlin, la Deutschen Bibliotheksverband  etc.  Certains experts exercent à titre privé comme consultant, enseignant, ou web designer.


Faire en sorte que les professionnels de l'information puissent acquérir les outils nécessaires à une communication et une médiation utile et efficace représente l'enjeu essentiel de cette formation, et finalement des métiers de l'information en général. La médiation  peut instiller un peu d'humain dans un monde de technologie.


JP Accart, cop. 2013


Bibliographie

- Voir le dossier du Bulletin des bibliothèques de France intitulé « Les topographies du savoir », t. 46, n° 1, 2001, [en ligne], [consulté le 20 janvier 2012], adresse URL : <http://bbf.enssib.fr/>.

-  www.bm-lyon.fr


-  http://www.nb.admin.ch


- Voir :  http://www.nb.admin.ch/org/00779/index.html?lang=fr


- Voir la Bodleian Library en Grande-Bretagne : http://www.bodleian.ox.ac.uk/law/services/book-a-librarian">http://www.bodleian.ox.ac.uk/law/services/book-a-librarian


- In Bibliothèque publique, 2008, [blog en ligne], [consulté le 20 janvier 2012], adresse URL :
 http://bibliothequepublic.blogspot.com/search/label/formation 


- La Bibliothèque nationale de France a ouvert récemment un blog consacré à cette thématique :  http://blog.bnf.fr/diversification_publics/

- Les médias sociaux [blog en ligne], [consulté le 20 janvier 2012], adresse URL:   http://www.mediassociaux.fr/2009/06/29/une-definition-des-medias-sociaux

- Voir :  http://www.archivistique.ch







 

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) Les utilisateurs Sun, 31 Mar 2013 15:55:19 +0000
(2004) - L’IFLA et l’illettrisme: quelques recommandations. https://www.jpaccart.ch/les-utilisateurs/2004-l-ifla-et-l-illettrisme-quelques-recommandations.html https://www.jpaccart.ch/les-utilisateurs/2004-l-ifla-et-l-illettrisme-quelques-recommandations.html

Arbido, 2004, n° 10, pp. 24-25.

Depuis sa création en 1927, l’IFLA (International Federation of Libraries Associations and Institutions) axe son action essentiellement sur la lecture publique et plus généralement, sur l’accès à l’information pour tous, ce dernier thème étant devenu par ailleurs un des slogans du Sommet mondial sur la société de l’information. Cette action se décline de diverses manières, dans les principes et sur le terrain. De nombreuses sections au sein de l’IFLA travaillent sur ces thèmes, sous des angles différents : le plus souvent, cela aboutit à des recommandations pour les bibliothèques. Celles-ci s’avèrent fort utiles dans de nombreux cas, car elles servent de référence dans le monde bibliothéconomique, vise à unifier les actions entreprises et fournissent un schéma directeur. Tous les aspects du travail bibliothéconomique sont ainsi touchés.

Dans le cas qui nous occupe, c’est la Section Lecture (Reading) de l’IFLA qui a pris en charge l’illettrisme. Un document très clair a été rédigé : Guidelelines for Library-Based Literacy Program qui existe en cinq langues (anglais, français, allemand, espagnol, portugais) téléchargable à partir du site de l’IFLA (cf Bibliographie).

L’illettrisme, dans le contexte de la société de l’information, reste un phénomène précoccupant surtout dans les pays du Sud. Selon l’UNESCO, « le taux d’alphabétisation des pays de l’OCDE approche 100%, celui des pays les moins avancés (PMA) est encore proche de 50% ». A l’heure d’Internet, cela siginifie qu’une grande partie de la population mondiale n’y a pas accès ou n’a pas accès à la connaissance tout court. Les bibliothèques, en tant qu’institutions culturelles, peuvent jouer un rôle déterminant et certaines réalisent de nombreux efforts en la matière. Ce en quoi elles participent pleinement à la société de l’information.

Mais revenons sur les travaux de la Section Lecture de l’IFLA en matière d’illettrisme.

Les recommandations de la Section Lecture de l’IFLA

La section Lecture de l’IFLA propose un certain nombre de recommandations pour lutter contre l’illettrisme, estimant à juste titre que les bibliothèques ont un rôle important à jouer en la matière. Un programme de lutte contre l’illettrisme peut ainsi être mis en place.

Partant du principe que « savoir lire et écrire contribue grandement au bien être économique, social et culturel des communautés et des nations », la Section Lecture étudie les publics touchés (jeunes, chômeurs, adultes en difficulté, groupes ethniques, travailleurs immigrés, réfugés, publics empêchés) ; les coopérations à mettre en place, les partenaires à contacter (agents et services d’action culturelle, écoles, associations, syndicats…) et le matériel nécessaire notamment pour la lecture (brochures, presse et revues, moyens audiovisuels ou technologiques).

Une insistance particulière est mise sur le choix du matériel écrit qui sert de support pédagogique : la forme (caractères, mise en page, illustrations) ; le langage (clarté, compréhension) ; le vocabulaire (mots courts, usuels) ; la structure des textes et des phrases (présentation et développement des idées).

L’accent est mis ensuite sur la préparation d’une équipe pour participer à un programme de lutte contre l’illettrisme, et notamment sur les connaissances et les compétences requises :

  • comprendre le phénomène de l’illettrisme ;
  • comprendre les besoins des personnes illettrées et le rôle des bibliothèques ;
  • identifier les populations à toucher ;
  • et connaître les partenaires possibles.

Bibliothécaires et formateurs travaillent donc en étroite collaboration, avec parfois l’aide de tuteurs en alphabétisation qui sont des bénévoles formés à cette pédagogie particulière.

La promotion de la lutte contre l’illetrisme

Les bibliothèques qui proposent des programmes de lutte contre l’illettrisme doivent mettre en place une politique de marketing, la promotion étant en effet un aspect essentiel. Un groupe de projet permet de réunir les bibliothécaires, les utilisateurs, les représentants de la collectivité, des associations, les médias. Le spectre représenté des acteurs concernés doit être très large si l’on ne veut pas laisser de côté certaines catégories de population et sensibiliser les politiques.

La promotion se fait au moyen d’affiches, de tracts d’information, de contacts divers avec les partenaires potentiels.

L’évaluation du programme mis en place

Il est important d’évaluer si les actions entreprises ont porté leurs fruits. Des entretiens (individuels ou en groupe) s’avèrent de bons moyens d’évaluation et permettent de calculer l’efficacité du programme. Les questions portent généralement sur le matériel écrit proposé, son accessibilité et sa compréhension ; sur la pédagogie adoptée ; sur les ressources utilisées.

En conclusion

Il apparaît que même en ce début de XXIème siècle, de nombreux progrès restent à faire en matière d’illettrisme. Des programmes locaux, nationaux et internationaux sont mis en place : l’Union européenne avec EU Read Manifesto ou le programme de l’ONU intitulé United Nations Literacy Decade : Education for All (2003-2012) sont parmi les exemples les plus marquants. Les recommandations de la Section Lecture de l’IFLA n’en sont que plus actuelles.

En savoir plus

  1. Section Lecture de l’IFLA :  http://www.ifla.org/VII/s33/ (recommandations, programmes, bibliographies, lettres d’information).
  2. Comité suisse de l’UNESCO contre l’illettrisme :  http://www.unesco.ch/work-f/alphabetisierung_ch.htm

cop. JP Accart, 2007

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) Les utilisateurs Tue, 03 Apr 2007 18:13:49 +0000
(1994) - L'enseignement de la documentation en médecine. https://www.jpaccart.ch/les-utilisateurs/1994-l-enseignement-de-la-documentation-en-medecine.html https://www.jpaccart.ch/les-utilisateurs/1994-l-enseignement-de-la-documentation-en-medecine.html

Bulletin des bibliothèques de France, 1994, t. 39, n° 4, pp. 111-112.

Une typologie des différents professionnels de santé intéressés par la documentation se dessine très nettement avec le développement actuel des besoins en documentation médicale et en soins infirmiers et de son enseignement. Ecoles de bibliothécaires, facultés de médecine françaises et francophones, instituts de formation en soins infirmiers (destinés à former les infirmier(e)s), écoles de cadres infirmiers, formation continue des médecins, sont des demandeurs potentiels pour cet enseignement.

Les documentalistes

Les Ecoles de bibliothécaires

Il est révélateur de constater que certaines écoles de bibliothécaires (en l'occurrence, l'ENSSIB, l'INFB, Médiadix ou l'Ecole de Bibliothécaires-Documentalistes (EBD) de l'Institut Catholique de Paris, par exemple) accordent, dans leur programme, une place non négligeable à l'enseignement de la bibliographie médicale et scientifique, ainsi qu'à l'interrogation des banques de données spécialisées telles Medline, PASCAL, SCISearch. Cet enseignement est, en fait, destiné à des étudiants susceptibles de travailler en bibliothèque médicale ou en documentation pharmaceutique ; de nombreux débouchés sont offerts dans cette branche spécialisée. L'enseignement est dispensé sous la forme d'une liste d'ouvrages de base : une méthodologie de recherche bibliographique en médecine et en sciences est développée avec, à l'appui, des séances de travaux pratiques portant sur les outils papiers (type Index Medicus, Current Contents, Science Citation Index) et l'interrogation en ligne des banques de données correspondantes.

Les bibliothécaires francophones

Un certain nombre d'organismes institutionnels, tels le Centre International de l'Enfance, la Conférence Internationale des Doyens des Facultés de Médecine d'Expression Française, délivrent des stages de formation pour des bibliothécaires francophones travaillant dans le domaine de la santé. Ces stages, d'une durée de 15 jours à un mois, accueillent une vingtaine de bibliothécaires et permettent des échanges fructueux entre formateurs et "formés", bien que les niveaux d'études, les expériences professionnelles, les représentations linguistiques (Afrique Noire, Maghreb, Asie, Europe de l'Est, Caraïbes) soient pour le moins différentes. Les besoins en documentation médicale sont à la fois très pratiques (comment se procurer des ouvrages médicaux, comment s'abonner à des revues scientifiques, qu'est-ce-qu'un réseau etc...?) et très générales (la gestion d'une bibliothèque, son informatisation). L'intérêt pour les nouvelles technologies est cependant très fort, en mettant bien entendu l'accent sur les avantages du CDROM et des banques de données destinées à ces pays, la plupart en voie de développement (BIRD, PASCAL, MEDIDOC REDOSI, EXTRAMED, etc...).

Les bibliothécaires européens de santé

Tous les deux ans, ou au cours de congrès et séminaires internationaux (Section des Sciences Biologiques et Médicales de l'IFLA), la jeune et dynamique Assocation Européenne pour l'Information et les Bibliothèques de Santé (AEIBS-Bruxelles) , créée en 1986 sous l'égide de l'Organisation Mondiale de la Santé, propose à ses membres (quelques 700 bibliothécaires de 23 pays différents), des cours de formation continue en français et en anglais dans le domaine de l'information biomédicale. Très suivis, ces cours permettent à ces professionnels de l'information de santé d'être au courant des derniers développements de la technologie (CDROM et banques de données) et de la bibliothéconomie (gestion, personnel). De plus en plus, mais c'est aussi vrai dans les autres domaines de la documentation, l'attention se porte sur le rôle futur du bibliothécaire, le concept de "bibliothèque virtuelle" et sur les nouveaux réseaux de la communication scientifique type Internet.

En ce qui concerne la formation continue, il existe à l'heure actuelle, peu de formations organisées sauf celle de l'IMA-INSERM sur Medline et PASCAL, et celle des URFIST.

Les médecins

Les étudiants en médecine

Outre le fait que certaines facultés de médecine (Nancy, Lyon par exemple) dispensent aux étudiants des cours en documentation, les étudiants en médecine, afin de parfaire un enseignement magistral de plusieurs années, effectuent des stages dans les hôpitaux et font fonction d'internes. Ils participent ainsi de façon étroite à la vie des services médicaux. Les staffs de bibliographie déjà nommés précédemment, l'étude de cas médicaux et, finalement la constitution de leur bibliographie pour la thèse de doctorat sont autant de raisons pour les amener à utiliser la bibliographie médicale. Les bibliothécaires médicaux organisent des cours de bibliographie, qui sont à la fois l'apprentissage d'une méthodologie de la recherche bibliographique, et une approche des possibilités offertes par les banques de données, et ce, quel que soit leur support. C'est aussi, pour ces futurs praticiens, une manière de les amener à compléter et à faire évoluer efficacement, par la lecture, des connaissances théoriques.

Le corps médical

Le corps médical, et les médecins hospitaliers en particulier, ont pour obligation de mettre à jour de façon constante leurs connaissances scientifiques afin d'assurer des soins de qualité : c'est vrai de par la nature même d'un enseignement qui doit être réactualisé, par le fait que les découvertes scientifiques et médicales se périment au bout de cinq années en moyenne ; et également qu'un médecin, s'il veut évoluer dans sa carrière, se doit d'écrire un certain nombre d'articles scientifiques, et si possible, dans des revues internationales indexées dans les banques de données médicales (type Medline par exemple).

La formation continue des médecins empreinte donc plusieurs chemins :

  • la lecture régulière de la presse spécialisée, soit par abonnement personnel ou grâce à la fréquentation d'une bibliothèque (dans les centres hospitaliers universitaires, les centres hospitaliers généraux, les facultés de médecine, les laboratoires de recherche) : cette lecture s'avère cependant de plus en plus difficile de par l'abondance des publications (20 000 journaux biomédicaux et 17 000 nouveaux ouvrages publiés annuellement). Les staffs de bibliographie sont, en général, un bon exercice pour le maintien des connaissances dans un domaine particulier au sein d'un service hospitalier par exemple ; de nombreux médecins réalisent également des synthèses bibliographiques pour une revue ou le bulletin bibliographique d'un laboratoire pharmaceutique (dans ce cas, c'est, pour eux, une voie d'accès aux centres de documentation de l'industrie pharmaceutique)
  • la participation à des congrès médicaux : on ne dira jamais assez l'importance des échanges personnels au cours de ces congrès, une ou deux fois par an. Il existe, en général, des congrès pour chaque spécialité.
  • enfin, des cours de formation continue dans les facultés de médecine et les hôpitaux avec l'enseignement post-universitaire.

D'une manière ou d'une autre, la formation continue est en interaction avec la documentation. L'informatique, les nouvelles technologies (CDROM), les banques de données (300 dans le domaine biomédical) ont révolutionné l'accès à la documentation médicale. Impulsés par la nécessité pour les médecins d'être informé le plus rapidement et complètement possible, les bibliothèques et centres de documentation ont très vite adopté ces technologies, et organisent des cours de formation à leur utilisation.

L' A.F.M.H.A (Association pour la Formation des Médecins Hospitaliers à la gestion Administrative- Hôtel-Dieu-Paris), propose, depuis 1992, des sessions de formation avec pour thème "Les Nouvelles Technologies au service de la Documentation Médicale" : une douzaine de praticiens hospitaliers sont ainsi initiés, durant deux jours, à tous les nouveaux produits offerts par la technologie actuelle : accès Minitel, banques de données classiques ASCII ou sur disquettes, CDROM bibliographiques ou présentant des périodiques scientifiques en texte intégral.

Archives médicales et documentation

Dans les hôpitaux, le dossier du patient est géré par un service d'Archives médicales en relation étroite avec les Départements d'Information Médicale (DIM). Ces DIM sont sous la responsabilité d'un médecin et codifie toute l'activité hospitalière : durée de séjour, patients traités, pathologies. De plus en plus, DIM et documentation médicale sont couplés : la conséquence d'un tel regroupement est une meilleure circulation de l'information de santé en général centrée autour du patient (avec une interaction possible entre la lecture d'un article scientifique, son adaptation avec un cas traité dans un service de soins et la codification de ce cas), et une approche originale, quasi expérimentale et complémentaire des métiers de documentaliste, bibliothécaire et archiviste dans un cadre institutionnel.

Les infirmières

Le bibliothécaire de santé voit son rôle élargi à d'autres populations, celle des infirmier(e)s dans les Instituts de Formation en Soins Infirmiers (IFSI, qui ont remplacé les écoles d'infirmières), des cadres infirmiers et cadres infirmiers supérieurs dans les écoles de cadres. Pour les premiers, il s'agit surtout, depuis la récente réforme du diplôme d'Etat en 1992, de s'adapter au module obligatoire de recherche. Cela passe par des études ponctuelles sur des sujets étudiés en cours et la rédaction d'un mémoire de fin d'études. Pour les seconds, c'est l'évolution dans la carrière qui est envisagé avec également la rédaction d'un mémoire. Depuis peu, les Instituts et Ecoles ont intégré un module de recherche documentaire en faisant appel à des bibliothécaires ou documentalistes (c'est le cas à l'AP-HP, dans des écoles de cadres ou des instituts de formation en soins infirmiers).
A l'instar de la population médicale, le corps infirmier, à toutes les étapes de sa carrière, se doit de se former et de s'informer : les techniques évoluent, les rapports au malade également. Une réflexion sur les soins infirmiers a émergé ces dernières années, et cette réflexion passe obligatoirement par un savoir bien intégré.

Le bibliothécaire médical, médiateur de l'information

Ainsi, le bibliothécaire médical voit son champ d'action s'élargir en fonction de la diversité des demandes et des types d'utilisateurs, et également de l'évolution des technologies qu'il lui faut dominer et maîtriser. L'impulsion donnée par la connaissance scientifique est un des moteurs essentiels qui font de cette branche spécialisée de la documentation, un domaine évolutif, passionnant et ouvert sur un avenir prometteur.

cop. JP Accart, 2007

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) Les utilisateurs Tue, 03 Apr 2007 18:21:42 +0000
(1994) - L'émancipation par l'information https://www.jpaccart.ch/les-utilisateurs/1994-l-emancipation-par-l-information.html https://www.jpaccart.ch/les-utilisateurs/1994-l-emancipation-par-l-information.html

IFLA booklet 3, La Havane 1994, pp. 9-11.

French abstract

Une enquête nationale sur la Lecture à l'hôpital a été lancée en France en 1992. Le texte présente, grâce à quelques chiffres indicatifs, les résultats de cette enquête : ils démontrent qu'il y a un réel besoin d'information et de lecture à l'hôpital, et que l'institution hospitalière a pris conscience d'un tel besoin. Le bibliothécaire représente donc l'intermédiaire idéal entre le patient hospitalisé et l'information.
Choisis parmi de nombreux exemples, deux cas particuliers viennent étayer cette assertion : une bande dessinée destinée aux enfants leucémiques et le cas de la lecture en milieu gériatrique.

English abstract

In 1992, the French Ministry of Culture and the Foundation of France (Paris) had made a survey on Reading at hospital. The following paper shows the results of this survey and it appears, looking at the statistics, that the needs for information and reading inside the hospital are growing. The hospital librarian is the main intermediary between the patient and information. Ill children and elderly persons are two examples taken as illustrations.

Aperçu historique de la lecture à l'hôpital

La lecture à l'hôpital marque ses origines, en France, en 1634 sous le vocable de "distraction des malades". Il fallut attendre deux siècles (1845) pour que des mesures concrètes soient prises en faveur de son développement, et ce n'est qu'en 1947-1948 que circulaires et arrêtés du ministère de la Santé publique instituèrent l'obligation de créer une bibliothèque et d'y consacrer des crédits.
Il reste que, dans l'histoire de l'hôpital, cette pratique culturelle, développée majoritairement par des associations caritatives et un bénévolat de plus en plus organisé, se heurte à une disparité, voire à une pauvreté de moyens dans nombre d'établissements hospitaliers. Mais l'offre de lecture s' inscrit de plus en plus largement dans la vie des établissements hospitaliers : cela signifie donc pour le patient la possibilité d'être mieux informé, et pour le bibliothécaire un rôle de plus en plus affirmé dans cette émancipation des malades et dans leur droit d'accéder à plus d'informations.

Etat des lieux de la lecture à l'hôpital en 1992

Le thème de la lecture, objectif non prioritaire à l'hôpital, a cependant retenu l'attention des directeurs d'établissements. Cela indique une attente et un besoin de reconnaissance dans ce domaine. Tous les types d'établissement hospitalier ont répondu à l'enquête nationale lancée en 1992 :

  • le plus fort pourcentage de réponses ( 45 % ) provient des centres hospitaliers (universitaires inclus ) ;
  • 148 hôpitaux locaux ont également répondu,
  • 124 centres spécialisés en psychiatrie ont largement participé à l'enquête
  • enfin, les 157 réponses obtenues des centres de moyen et long séjour traduisent une dynamique moins forte que dans le secteur psychiatrique, ce qui peut paraître paradoxal pour des établissements de ce type.

De façon générale, il ressort de ces chiffres que le livre est présent dans beaucoup d'hôpitaux, mais cet acquis très ancien est souvent mal connu au sein même des établissements, à la fois par la structure et par les patients, car il est peu organisé et insuffisamment développé.
Autrement dit, 90, 6 % des lieux de lecture sont accessibles aux malades. Le problème de l'accès au livre s'est toujours posé de façon particulièrement aiguè à l'hôpital, en raison des difficultés de déplacement qu'éprouvent certains malades. 70 % des établissements proposent un accès direct et 30 % un accès indirect, c'est-à-dire offrent aux malades la possibilité de choisir les ouvrages sur une liste ou sur un chariot dans leur chambre même. Relativement développé dans les centres de moyen et long séjour où les malades ont souvent des problèmes pour accéder à la bibliothèque, ce service est réduit dans les centres spécialisés en psychiatrie. Quant au prêt en chariot, s'il est quantitativement moins fort, il conserve qualitativement une valeur symbolique que les chiffres ne peuvent mesurer, mais qui est clairement indiquée par les témoignages.
Voici deux exemples significatifs, concrets, qui démontrent le rôle éminent joué par le biblitothécaire au sein de l'institution hospitalière pour développer l'accès à la lecture, et donc, à l'information.

1er exemple : l'Association Locomotive

L'Association Locomotive présente un projet de bande dessinée "Pascal et Caline contre Leukemia" : afin de promouvoir l'information sur la leucémie et le cancer de l'enfant, tout d'abord auprès de l'enfant malade, de sa famille, de tout son entourage : école, amis, etc. Les enfants repésentés dans la bande dessinée Pascal et Caline contre Leukemia vont accompagner l'enfant malade tout au long de son traitement, qui dure au moins deux ans, et aider sa famille par l'histoire illustrée...

Les objectifs

Le but de ce travail est d'expliquer aux enfants leur maladie, le traitement et les rouages de la machine hospitalière à l'intérieur de laquelle ils pénètrent. Une partie considérable de la souffrance est liée à l'angoisse et à la situation de passivité où l'on se trouve en cas de maladie grave. Il est donc très important d'inverser l'attitude du malade, d'en faire un être actif, menant l'assaut contre la maladie.
Le support image-histoire avec lequel l'enfant s'identifie totalement concrétisera la " visualisation positive" pour permettre à l'enfant de trouver à l'intérieur de lui-même l'énergie, la force et le courage; il polarisera son attention sur une offensive personnelle : l'enfance face au mal. Il s'identifiera à Pascal et Caline, les deux héros de la bande dessinée, qui luttent contre Leukemia.

L'impact de la bande dessinée

Après environ six mois de fonctionnement, la bande dessinée répond à certains espoirs. On peut situer son efficacité à divers niveaux :

  • celui de l'enfant malade : grâce aux dessins expliquant les divers examens (ponction lombaire, pansement du cathéter), comme celui du chat qui fait le gros dos, l'enfant sait ce qui va se passer, ce qu'il a à faire et a moins peur. Il prend partie dans ce ce combat qu'il mène avec sa famille et son équipe soignante. Pour certains enfants, la bande dessinée représente "le copain" quand il est hospitalisé.
  • Celui des parents et de la famille : la bande dessinée sert de point de repère dans la chronologie des examens et du traitement. On s'y replonge régulièrement. Les images complètent et illustrent le discours du médecin. Elle sert de lien entre l'enfant malade et ses frères et soeurs. L'enfant malade qui rentre à la maison est content et fier de montrer à ses frères et soeurs ce qu'on lui a fait. Les frères et soeurs peuvent ainsi comprendre et participer à leur façon.

2ème exemple : La lecture du 3ème âge

La question de la lecture pour les personnes du troisième âge a déjà donné lieu à des recherches. En 1989, le Ministère de la Culture publiait "Un nouvel âge pour lire". Dans cette étude, on trouvait un témoignage qui résume la situation rencontrée dans la plupart des services de gériatrie.

Le milieu gériatrique

En institution gériatrique, comme partout ailleurs, la lecture suppose vouloir, pouvoir et ... savoir lire. Ces conditions, malheureusement, sont trop souvent absentes dans les tranches de population nées au début du siècle, qui forment en 1989 la majorité des personnes hébergées ou hospitalisées dans les services de gériatrie.
La politique de maintien à domicile, l'amélioration générale de l'état de santé, l'allongement de la durée moyenne de vie font que, actuellement, les établissements, maisons de retraite ou services gériatriques, accueillent des personnes de plus en plus âgées : 5 % des plus de 60 ans vivent en institution. Ces personnes sont physiquement diminuées, rarement aisées et toujours seules. Cette population ne constitue pas, il est vrai, un groupe homogène. Prédomine tout de même une origine socioculturelle défavorisée
Les métiers exercés ne facilitant pas la lecture, une notion de loisirs peu répandue (lire étant considéré comme une perte de temps ) et, bien sûr, une fréquentation scolaire insuffisante.
Par ailleurs, le vieillissement en institution accentue le repli sur soi, provoque des abandons successifs liés aux dépressions et à une désorientation spatio-temporelle. L'accès au livre, proprement dit, n'est pas toujours facilité : les livres proposés ne correspondent pas aux besoins. Ce qui est en cause, c'est la typographie, le poids, la taille et la maniabilité de l'ouvrage. Comment une personne hémiplégique, par exemple, pourra-t-elle tenir son livre en main ?

L'importance de la relation personnelle

Certes, on dispose aujourd'hui de livres-cassettes. Malheureusement, cette forme nouvelle de lecture, si intéressante soit-elle, n'est pas adaptée à la personne âgée vivant en institution. La cassette demande un effort de concentration trop important. Seule, elle n'est pas suffisamment vivante, suffisamment stimulante, et la présence physique d'un lecteur s'avère le plus souvent indispensable pour soutenir l'attention de l'auditeur. Sur le plan pratique, il faut également manipuler cassette et magnétophone qui sont des outils relativement contemporains, en tout cas étrangers aux personnes âgées. Celles-ci doivent disposer d'une chambre individuelle pour ne pas gêner les voisins, ou acquérir un baladeur... En fait, bien des difficultés restent encore à surmonter.
Déficits physiques et déficits affectifs sont difficilement compensés. Citons simplement les déficits visuels, handicap majeur s'il en est. Il existe aujourd'hui, pour les personnes souffrant de déficiences de la vue, des livres dits à large vision. Dans ce domaine, un effort énorme a été réalisé ces dernières années.
La lecture en tant que telle ne correspond pas à un besoin fondamental chez l'homme, ni à une activité spontanée. Elle nécessite une éducation ou tout au moins une initiation. Or, le manque de stimulations à la lecture reste encore trop fréquent. Quels sont les rapports des personnels soignants à la lecture ? Lisent-ils? Aiment-ils parler de leurs lectures avec les personnes âgées? Autant de questions dont on ne peut éluder l'importance.
De la même manière, les personnes chargées des bibliothèques en établisements ne sont pas toujours suffisamment attentives aux besoins des personnes âgées. Il est nécessaire de bien connaître la personne à qui l'on s'adresse, ses goûts, ses aptitudes. Il est préférable de converser quelque peu avant de recommander un livre.

Le besoin de communiquer

Quelques précautions sont à prendre pour établir un meilleur contact avec la personne. Il est bon de parler lentement, avec précision, expliciter, ne pas hésiter à répèter si besoin est. Il faut aussi avoir une bonne connaissance de l'ouvrage qui est proposé pour éventuellement en faire un résumé ou en discuter avec le lecteur. Si les résidants lisent d'eux-mêmes, s'ils choisissent leurs lectures, il suffit alors de leur apporter un éventail de livres suffisamment large pour qu'ils puissent opérer ce choix.

Conclusion

Ces deux exemples sont représentatifs de l'état de la lecture en milieu hospitalier : l'enfant malade et la personne âgée sont les deux types de populations suceptibles de rester le plus longtemps en traitement à l'hôpital. Le livre, la lecture constituent, chacun à leur niveau, un moyen important et nécessaire d'appréhender la maladie, un traitement long et douloureux ou un handicap. Ces exemples montrent aisément l'importance du rôle du bibliothécaire par rapport à l'émancipation du malade : que celui-ci soit un enfant ou une personne âgée, le bibliothécaire représente un des moyens de lui faire accéder ou de recouvrer selon les cas à une certaine indépendance et autonomie.

Référence

Fondation de France. La Lecture à l'hôpital : état des lieux de l'offre de lecture à l'hôpital en 1992. Paris : Ministère de la Culture, 1993.

60th IFLA General Conference
Havana - Cuba - 1994 - 21-27 August


Libraries serving the general public
Section libraries serving the disadvantaged persons

cop. JP Accart, 2007

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) Les utilisateurs Tue, 03 Apr 2007 18:19:59 +0000
(1994) - L'émancipation des publics défavorisés https://www.jpaccart.ch/les-utilisateurs/1994-l-emancipation-des-publics-defavorises.html https://www.jpaccart.ch/les-utilisateurs/1994-l-emancipation-des-publics-defavorises.html

IFLA Section of Libraries Serving Disadvantaged Persons Newsletter, 1994, n° 39, pp. 2-3.

En tant que professionnels de l'information, il faut apprendre à nos utilisateurs, les publics dits défavorisés, à savoir trouver et utiliser l'information : marginalisés de par leur position (prisonniers, personnes incapables ou déficientes, étudiants handicapés, malades hospitalisés), ils doivent cependant pouvoir posséder les moyens de la recherche documentaire, les outils bibliographiques, et en dominer suffisamment le contenu afin de résoudre eux-mêmes les problèmes posés par leur incapacité, que celle-ci soit temporaire ou non.

"Les ouvrages et périodiques facilement accessibles à un public handicapé mentalement", "l'information médicale délivrée aux patients hospitalisés", "l'information juridique pour les prisonniers" ainsi que "les possibilités offertes aux étudiants handicapés", tels étaient les quatre thèmes parallèles retenus de la session pour les publics défavorisés avec pour thème générique : l'Emancipation grâce à l'information.

"Les ouvrages et périodiques facilement accessibles à un public handicapé mentalement" / Lisbeth Rosenschold (ER Foundation) - Suède.

Il s'agit d'un des thèmes qui a été le plus étudié par la Section des publics défavorisés. Les handicapés mentaux ont des problèmes de langage, de compréhension. Les bibliothèques publiques n'offrent généralement pas la littérature adéquate pour ces utilisateurs : il faut, en effet, mettre sur pied des fonds de documents adaptés, et cela relève plus d'une bibliothèque spécialisée que d'une bibliothèque municipale.
Depuis plusieurs années, un groupe d'étude s'est mis en place au sein de la Section, et ses travaux ont porté sur, d'une part, la connaissance du matériel nécessaire, et d'autre part, les recommandations concernant des listes de documents de référence. Ces travaux sont en cours, et sont en relation directe avec le 6ème IFLA Core Programme : " la Promotion de l'instruction et de la lecture grâce aux bibliothèques".

Un exemple intéressant est celui de la la Suède, où la ER (Easy to Read) Foundation existe depuis 1987. Elle a mené un certain nombre de travaux :

  • l'édition d'ouvrages, et la création d' une maison d'édition
  • la publication d'un journal de 8 pages
  • l'envoi d' ouvrages de la Fondation grâce à un service postal rapide
  • et la création d'une communauté d'intérêts autour de la Fondation

L'expérience de la ER Foundation s'est révélée très encourageante : des personnes handicapées se sont vues proposer, au sein de la Fondation, des activités de lecture en groupe. Après un temps assez court, elles ont demandé par elles-mêmes à lire des livres ou des journaux.

"L'information médicale délivrée aux patients hospitalisés"/ Jean-Philippe Accart (Centre Hospitalier d'Argenteuil) - France.

Une enquête nationale a été lancée en France en 1992 par la Direction des Hôpitaux et la Fondation de France avec pour thème "La lecture à l'hôpital". En voici les conclusions principales :
Dans l'histoire de l'hôpital, la pratique culturelle de la lecture, développée majoritairement par des associations caritatives et un bénévolat de plus en plus organisé, se heurte à une disparité, voire à une pauvreté de moyens dans nombre d'établissements hospitaliers. Mais l'offre de lecture s'inscrit de plus en plus largement dans la vie des établissements hospitaliers : cela signifie donc pour le patient la possibilité d'être mieux informé, et pour le bibliothécaire, un rôle de plus en plus affirmé dans cette émancipation des malades et dans leur droit d'accéder à plus d'informations.
De façon générale, il ressort des chiffres que le livre est présent dans beaucoup d'hôpitaux, mais cet acquis très ancien est souvent mal connu au sein même des établissements, à la fois par la structure et par les patients, car il est peu organisé et insuffisamment développé.
Autrement dit, 90, 6 % des lieux de lecture sont accessibles aux malades. Le problème de l'accès au livre s'est toujours posé de façon particulièrement aigüe à l'hôpital, en raison des difficultés de déplacement qu'éprouvent certains malades. 70 % des établissements proposent un accès direct et 30 % un accès indirect. Relativement développé dans les centres de moyen et long séjour où les malades ont souvent des problèmes pour accéder à la bibliothèque, ce service est réduit dans les centres spécialisés en psychiatrie.

L'enquête donne de nombreux exemples réussis de la pratique de la lecture en milieu hospitalier. Deux ont été retenus :

  • l'Association Locomotive qui, au travers d'une bande dessinée "Pascal et Caline contre Leukemia", aide les enfants (mais également leurs familles) traités pour des cas de leucémie, à mieux comprendre la maladie, à l'appréhender, et à la traiter.
    Le fonctionnement de l'institution hospitalière est également décrit.
  • la lecture en milieu gériatrique est le deuxième exemple. L'accent est mis sur la difficulté de lire pour les personnes âgées pour des raisons socio-culturelles, mais également matérielles, ainsi que de confort, notamment (caractères trop petits ; livres trop lourds à porter). Le comportement des équipes soignantes, par l'attention et l'affection montrées aux personnes mises en institution, est un des meilleurs vecteurs vers la lecture.

Ces deux exemples sont représentatifs de l'état de la lecture en milieu hospitalier : l'enfant malade et la personne âgée sont les deux types de populations susceptibles de rester le plus longtemps en traitement à l'hôpital. Le livre, la lecture constituent un moyen important et nécessaire d'appréhender la maladie, un traitement long ou un handicap. Ces exemples démontrent aisément l'importance du rôle du bibliothécaire par rapport à l'émancipation du malade : que celui-ci soit un enfant ou une personne âgée, le bibliothécaire représente un des moyens de lui faire accéder (ou de recouvrer selon les cas) à une certaine indépendance et autonomie.

"L'information juridique pour les prisonniers" / Vibeke Lehnmann (Library services coordinator- Madison) - USA

L'information juridique pour les prisonniers est un phénomène peu développé pour l'instant en France. L'exemple américain est très frappant, mais correspond à une législation différente de la législation française : la Constitution américaine soutient le droit des prisonniers et leur donne le droit d'accès aux informations produites par les tribunaux. C'est à partir de 1960 qu'ils peuvent consulter l'information produite par les cours, et en 1971, un minimum de matériel juridique doit leur être donné. Les détenus illettrés ont également des garanties d'accès à l'information juridique. Des bibliothèques légales voient donc le jour dans les prisons, afin de desservir une population d'un million de détenus. Leurs objectifs sont de deux ordres :

  • délivrer l'information en concordance avec les instructions données par les tribunaux
  • offrir des collections de livres aux prisonniers

Les bibliothécaires doivent donc posséder une formation juridique et se voient assigner un certain nombre de responsabilités :

  • la transmission des documents légaux
  • la coordination et la standardisation des normes en matière d'information juridique

Un certain nombre de difficultés existent cependant, liées à la formation des bibliothécaires, car la maîtrise de l'information juridique n'est pas aisée ; l'accès matériel à l'information, le fait que la mise en place d'une bibliothèque légale demande des moyens financiers (les bibliothèques présentent un coût certain), et enfin l'augmentation constante de la population carcérale américaine représentent d'autres difficultés.

"Les possibilités offertes aux étudiants handicapés" / Diane Bays (Bibliothèque Nationale du Canada)

Ce thème est une des préoccupations actuelles de la Bibliothèque Nationale du Canada et des bibliothèques des 250 universités et collèges canadiens. La Constitution canadienne reconnait aux étudiants le droit à l'éducation sans discrimination. Sur une population d'un million et demi d'étudiants, 112 000 présentent un degré d'incapacité.
Les services scolaires et étudiants ont mis sur pied des actions adaptées, ainsi que des possibilités d'accès facilitées aux structures documentaires. Parmi celles-ci : des rampes d'accès aux bâtiments ; l'enregistrement télévisé des cours ; du temps supplémentaire accordé durant les épreuves d'examen ; des ouvrages en braille pour les étudiants aveugles.

Un programme en neuf points a été dégagé visant essentiellement à coordonner les actions des universités et collèges entre eux. Voici les neufs points :

  • la coopération entre bibliothèques et Bureaux pour les étudiants défavorisés : un bibliothécaire est chargé de cette population particulière dans deux universités
  • la désignation d'un bibliothécaire afin qu'il développe ce type de service pour les étudiants handicapés, ceci pour faciliter l'accès aux bibliothèques
  • la connaissance des besoins pratiques des étudiants par tous les membres de l'équipe, en allant de l'équipe de sécurité jusqu'à celle des bibliothécaires
  • la consultation régulière des étudiants en vue d'adapter les moyens aux demandes
  • la mise en oeuvre d'une étude sur les équipements nécessaires dans les bibliothèques, le but étant de rendre les étudiants plus autonomes
  • l'accessibilité des bâtiments
  • l'accessibilité des services offerts par les bibliothèques
  • la délivrance d'informations sur l'utilisation des outils bibliographiques
  • la fourniture de documents dans différents formats

En conclusion

Ces quatre communications montrent l'importance de l'information dans l'autonomie et l'émancipation des publics défavorisés. Arriver à intégrer dans les institutions (prisons, hôpitaux, universités, centre de soins psychiatriques) les structures adéquates à chaque type de besoins soulèvent un certain nombre de difficultés, tant au plan matériel qu'au plan des mentalités.
Inscrit dans le thème plus général de la 60ème Conférence Générale de l'IFLA, "Le Développement social des bibliothèques", le thème de "l'Emancipation grâce à l'information" a pris, à Cuba, tout son sens. La preuve en était l'intérêt des participants cubains pour chaque intervention, et notamment des bibliothécaires pour les prisons.

cop. JP Accart, 2007

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) Les utilisateurs Tue, 03 Apr 2007 18:16:59 +0000
(1993) - Les nouvelles technologies et la documentation en soins infirmiers. https://www.jpaccart.ch/les-utilisateurs/1993-les-nouvelles-technologies-et-la-documentation-en-soins-infirmiers.html https://www.jpaccart.ch/les-utilisateurs/1993-les-nouvelles-technologies-et-la-documentation-en-soins-infirmiers.html

Revue de l'infirmière, 1993, n° 11, pp. 8-14

Dans l'article précédent, plusieurs points ont été développés:

  • l'importance de l'apprentissage d'une méthodologie documentaire en soins infirmiers durant les études, mais aussi au cours de la pratique professionnelle,
  •  l'élaboration d'une stratégie de recherche rigoureuse,
  •  et enfin, savoir où se documenter et quelles sont les sources de données consultables.
  • Ce sont, en fait, les méthodes classiques de recherche qui ont été développées. L'arrivée des nouvelles technologies telles que les banques de données, les CD-ROM [1] les didacticiels sont en train de faire évoluer de façon significative la documentation.

Les nouvelles technologies

Durant des siècles, l'enseignement a été fait par des maîtres, ils représentaient pour leurs élèves la seule source d'information. Aujourd'hui, tout un chacun a la possibilité d'accéder à de multiples informations, spécialisées ou non: maîtriser cette information documentaire constitue un atout majeur et permet ainsi de trouver sa propre autonomie.
Un accès rapide à ces sources est rendu possible à l'heure actuelle: la Santé publique est une discipline de recherche, et cela suppose donc d'avoir un accès facilité aux connaissances. La masse d'informations produites et le fait que la technologie actuelle permet leur stockage dans un faible volume (sur disquette ou sur disque compact), rend possible d'.accéder à ces informations après leur traitement.
Une reproduction facile, une transmission rapide, sont des données qui font évoluer la documentation et notamment la documentation appliquée aux soins infirmiers.
Qu'est-ce qu'une interrogation en ligne sur un sujet particulier? Qu'est-ce qu'un accès vidéotex? La télématique? Comment est constituée une banque de données? Ces termes peuvent paraître barbares; ils n'en sont pas moins devenus usuels dans le langage actuel. La lecture de cet article va vous donner certaines clés indispensables pour comprendre ce qu'est la documentation informatisée en soins infirmiers.

Théorie et pratique de l'interrogation d'une banque de données (BDD)

Théorie de l'interrogation

L'interrogation d'une BDD est l'aboutissement d'une recherche documentaire. Sur un sujet donné, il faut d'abord commencer par consulter les supports papiers tels qu'ouvrages généraux, dictionnaires, encyclopédies, périodiques, traités, mémoires: en terme de documentation, c'est ce qu'on appelle l'accès aux documents primaires.
Puis, en vue d'approfondir sa recherche, d'établir une bibliographie rétrospective (remontant à plusieurs années) ou de travailler sur un sujet pointu, il faut avoir recours à une banque de données: celle-ci donnera accès à des références d'articles de revues et parfois à des résumés de ces articles. C'est ce qu'on appelle l'accès aux documents secondaires.

Définition d'une banque de données

Figure 1 Une banque de données est construite à partir de documents originaux (livres, articles de revues, thèses, documents, photos, etc.). Le producteur de la banque se charge, à l'aide d'une équipe de documentalistes et/ou «d'indexeurs», de dépouiller ces documents, d'en extraire les références et de les indexer selon les termes définis pour le classement de la BDD. Il constitue ainsi un thesaurus ou un lexique. C'est un fichier informatisé. Comme il existe des fichiers manuels par sujets, il existe des fichiers informatisés.
Tous les champs de la notice (auteur, titre, périodique) sont interrogeables: la présentation est normalisée, et ces fichiers sont inscrits sur des supports informatiques, bandes magnétiques, ou CD-ROM (Compact Disc Read Only Memory) que nous verrons plus loin

Les différents accès aux BDD

Les deux principaux accès aux BDD sont:

  • l'accès en ligne à partir d'un ordinateur,
  • l'accès vidéotex à partir d'un Minitel.

Les données informatiques, mémorisées sur ordinateur, transitent par le réseau téléphonique: c'est en 1980 que la France accède à l'interrogation des BDD grâce à l'ouverture du réseau TRANSPAC. Depuis lors, les BDD professionnelles n'ont cessé de se développer dans tous les domaines.
De plus, les nouvelles technologies proposent de nouveaux supports pour la diffusion des BDD: disquette, CD-ROM, disque optique numérique (DON).

On distingue 4 types de BDD:

  • les banques factuelles ou numériques fournissent des informations brutes, des données chiffrées (par exemple les statistiques de l'INSEE, les cours de la Bourse),
  • les banques textuelles: extraits de presse (APM = Agence de presse médicale), ou textes de lois (Lexis),
  • les banques bibliographiques qui recensent des références d'articles, de périodiques ou de monographies. On les trouve surtout dans le domaine scientifique et technique,
  • les BDD en texte intégral qui donnent, en ligne, le texte complet du document recherché (le journal Le Monde depuis janvier 1987).

Nous n'aborderons cependant que les BDD bibliographiques, car ce sont elles les plus utilisées en documentation.

La pratique de l'interrogation

Les banques de données bibliographiques

Figure 2
Figure 2 Figure 3

Elles sont constituées de notices bibliographiques: cellesci se présentent comme une suite d'informations sur le document analysé, et sont organisées en champs.

Comment interroger une banque de données?

Intellectuellement
Il faut reprendre la stratégie déjà appliquée lors d'une recherche sur support papier: délimitation du sujet, formulation des concepts, et adaptation de ces concepts à ceux définis par la banque de données dans le thesaurus ou le lexique. La banque de données va permettre d'effectuer une recherche sur un, deux ou trois sujets croisés et sur une période de temps définie, ce que ne permet pas un fichier manuel ou un support papier .

Exemple: le sujet étant la méningite chez l'enfant sur une période allant de 1985 à 1992, vous pourrez (ET, OU, SAUF) obtenir l'équation de recherche suivante: Question 1: Méningite ET Enfant Question 2: ET 1985 à 1992

La banque de données va vous donner un certain nombre de réponses sous forme de notices (cf. schéma notice bibliographique), que vous pourrez visualiser et sortir sur imprimante, ou commander auprès du serveur.

Matériellement
Pour accéder à des banques de données bibliographiques, le matériel suivant est souhaitable:

  • un micro-ordinateur,
  • un logiciel de communication,
  • un modem qui permet d'avoir accès au serveur de la banque de données en passant par une ligne téléphonique,
  • une imprimante pour imprimer les réponses.

L'accès « en ligne» aux BDD est conditionné par un abonnement et un mot de passe. Il faut savoir également que les interrogations peuvent être d'un coût élevé. Seules des bibliothèques ou des centres de documentation ont la possibilité d'accéder à ces outils documentaires.
Le Minitel offre cependant un certain nombre de services équivalents, avec ou sans contrat selon les BDD.
De plus, de nombreuses BDD sont maintenant consultables sur CD-ROM.

Les sources de données en soins infirmiers

Les accès en ligne aux banques de données

Ces BDD répondent plus aux besoins de chercheurs ou d'enseignements. Mais par la diversité des notions abordées, il est toujours possible de trouver des références sur le sujet étudié. Cependant, il existe peu de banques de données spécialisées en soins infirmiers.

Voici les principales BDD:

Pascal est une BDD multidisciplinaire développée depuis 1973 par l'INIST-CNRS anstitut national de l'information scientifique et technique -Centre national de la recherche scientifique). La moitié des documents sont en langue anglaise, 10 % en français. Deux rubriques sont consacrées à la Santé publique: «Santé publique Hygiène" (épidémiologie, organisation, enseignement, l~gislation et hygiène) et «Informatique et statistique biomédicales".

Francis développe les aspects juridiques, économiques, sociologiques, psychologiques, démographiques et historiques de la santé. 13 000 références depuis 1977. C'est le complément indispensable de Pascal.

Bird est produite par le Centre international de l'enfance et concerne tous les aspects de l'enfance de la conception à l'adolescence. 74000 références depuis 1981,

Ramis présente des références en Santé publique, en éducation de la Santé. Son volume est de 8 000 références.

Nursing and allied Health s'intéresse aux soins médicaux, à la formation du personnel, santé, médecine. 89 000 références depuis 1983.

Medline, BDD américaine produite par la National Library of Medicine (NLM), couvre la médecine clinique, la pharmacologie, la toxicologie, la nutrition, la psychologie. 3 000 périodiques du monde entier sont dépouillés depuis 1971, ce qui représente plus de 5 millions de références.

Bioethics également produite par la NLM, est orientée sur les problèmes d'éthique et de déontologie.

Les accès télématiques (accès vidéotex Minitel)

Les procédures de connexion sont simples: il suffit d'allumer son Minitel, de composer le numéro d'appel choisi (36 13 par exemple), au signal sonore d'appuyer sur la touche de fonction connexion/fin, et de taper le code de la BDD. L'interrogation est guidée, sélectionner votre choix parmi ceux proposés. Les coûts sont très variables selon les BDD (jusqu'à 9 F la minute). En appuyant sur la touche sommaire en début d'interrogation, le prix de celle-ci s'affichera régulièrement.

A titre d'exemples, voici un certain nombre de services développés sur Minitel:

36 14 ANFH: service de l'Association nationale de formation permanente du personnel hospitalier

36 16 KSP: à l'attention des kinésithérapeutes

36 16 REDATEL: la rééducation des handicapés

36 15 SIDA: des informations sur le sida ainsi qu'un annuaire des centres de dépistage.

36 29 00 14; la BDD JURISANT&EACUTE;: droit hospitalier, actualités [2].

36 29 00 36; la BDD MEDLINE: bibliographique, la plus importante dans le domaine biomédical possédant des rubriques intéressant le domaine paramédical. A la différence de l'interrogation en ligne qui demande une connaissance du logiciel pour interroger la BDD, l'objectif est de-toucher un public large, non initié aux techniques documentaires.

Pour cela, il existe un guide Medline/Minitel:

36 29 00 36; la BDD BIOETHICS: 26 000 références sur l'éthique, la déontologie de la santé.

36 14 APHP: annuaire des hôpitaux et services de l'Assistance publique de Paris.

36 16 EMC: service de l'Encyclopédie médico-chirurgicale (EMC) comprenant 300 000 références parmi lesquelles le personnel paramédical peut trouver des informations: techniques chirurgicales, thérapeutique, sida, urgences.

36 16 VIDAL: consultation du dictionnaire Vidal.

Les banques de données sur CD-ROM (Compact Disc Read Only Memory)

Qu’est-ce qu'un CDROM?

Né en 1984, il se présente de la même manière qu'un disque compact musical. Mais ce sont des données qui sont enregistrées au lieu de notes de musique. La capacité de stockage d'un seul disque est
mpressionnante: un disque compact, de 12 cm de diamètre, peut contenir jusqu'à 280 000 pages dactylographiées, ainsi que des images, des graphiques et des sons.
La majorité des banques de données desservies «en ligne" sont accessibles le plus souvent grâce à un intermédiaire: le bibliothècaire-documentaliste. Les producteurs des banques de données, conscients des difficultés d'accès à ces outils, commencent à diffuser des supports mieux adaptés. A peu près 40 % des fournisseurs BDD envisagent une édition supplémentaire sur CD-ROM.
De plus, au bout d'un certain temps de pratique, l'utilisateur {médecin, infirmière, documentaliste) doit trouver son autonomie. Medline, Pascal, Bird sont disponibles sur ce support.

On peut trouver maintenant sur CD-ROM des dictionnaires (le Vidal), des annuaires, des catalogues et des revues médicales. Le CD-ROM n'est pas la simple restitution sur support informatique d'un texte papier; grâce à un logiciel d'interrogation, il offre les mêmes possibilités qu'une BDD interroge able en ligne: croisement de différents mots-clés, interrogation dans tous les champs de la notice (auteur, titre, etc.). Un micro-ordinateur, un lecteur de CD-ROM, et un abonnement au CD-ROM désiré sont nécessaires à la consultation.

L'intérêt d'un tel support, surtout pour les bibliothèques et centres de documentation, est que l'interrogation d'un CD-ROM n'est pas prise en compte: le prix à payer étant l'abonnement global, des économies substantielles sont réalisées par rapport à l'interrogation en ligne, qui elle, se paye en temps de connexion (2,50 F la minute sur Medline par exemple) et aux références affichées (1 F la référence Medline).

La documentation informatisée fait appel à de nombreux supports développés par les nouvelles technologies. L'Enseignement assisté par ordinateur (EAO) à l'aide de didacticiels est une manière différente de se former à la fois durant les études et tout au long de la vie professionnelle.

L'enseignement assiste par ordinateur (EAO)

Qu'est-ce que l'EAO?

L’enseignement assisté par ordinateur permet, soit à l'élève-infirmier(e), soit à l'infirmier(e) confirmé(e) un apprentissage de nouvelles techniques, ou une remise à jour des connaissances sans l'intervention d'un tiers, monitrice ou enseignant. Le didacticiel nécessite un microordinateur pour être utilisé; il est conçu à l'aide d'un programme informatique et sa présentation ressemble à celle des jeux vidéos. L'utilisateur n'a besoin que d'appuyer sur des touches ou d'utiliser une souris pour progresser, en répondant par oui ou par non, ou choisissant une réponse parmi d'autres. Il ne pourra progresser que si les réponses sont positives. On le voit, le côté ludique n'a pas été négligé, allié à une mise en images souvent très soignée.
Cette formule se met en place petit à petit dans les hôpitaux par l'intermédiaire du service de la formation continue.

Quelques expériences hospitalières

L'hôpital de Colombes (AP-HP) a ainsi mis sur pied une expérience originale: une «Formathèque» est à la disposition du personnel soignant de l'hôpital, proposant un catalogue de didacticiels.
Le Centre hospitalier d'Argenteuil, pour sa part, réfléchit sur la question. Le Centre hospitalier universitaire de Saint-&EACUTE;tienne a développé ce même type de structure de formation pour.le personnel paramédical, et les heures de formation se chiffrent à plus d'un millier par an. Fort de cette expérience, a été créé en 1983, le SHIP (Service hospitalier d'ingénierie pédagogique): ce service conçoit et réalise des didacticiels de santé. Parmi ceux-ci : «Le Coeur côté pile» destiné aux infirmières de salles d'opération afin d'étudier les éléments de connaissances anatomo-physiopathologiques qui conduisent à l'implantation d'un stimulateur cardiaque, et les étapes de l'hospitalisation d'un malade simulé.
D'autres didacticiels concernent «l'Hygiène dans les services de soins», "la Sécurité dans les blocs opératoires»...

Cette forme d'apprentissage, totalement nouvelle et qui tend à se développer, est une manière différente de placer l'infirmier(e) devant l'état de ses connaissances, et de les faire ainsi évoluer. Il existe des didacticiels dans de nombreux domaines, et surtout en médecine. La Cité des Sciences et de l'Industrie de la Villette a ainsi développé une didacthèque professionnelle. [3]

Une bibliothèque ou un centre de documentation, en Instituts de formation en soins infirmiers ou à l'hôpital, ne sont plus seulement des lieux où l'on emprunte des ouvrages, consulte des revues ou effectue des photocopies d'articles.

Avec les nouvelles technologies, ils deviennent de véritables centres de recherches bibliographiques. Les pays anglo-saxons l'ont compris depuis longtemps, et la documentation en soins infirmiers y est très développée. Pour que ce même phénomène touche la France, les besoins doivent s'exprimer. Cet article, en démontrant les accès possibles grâce à l'informatique aux sources de données, devrait y contribuer.

Références

Annuaire des services télématiques. Paris: 1992, A Jour.
Batifoulier C., Pasquier M.-H. du. Organiser sa documentation et savoir consulter d'autres sources. Paris: CFPJ, 1990.
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Guénot C., Goupil M. S'informer, se documenter: Guides des sources de données en Santé publique. Rennes: ENSP, 1990.
Houpier J.-Ch. Répertoire des bases de données médicales: accès Minitel et terminal informatique. Paris: Mediscript, 1991.
Répertoire des banques de données professionnelles. Paris: ADBS, ANRJ 1990.
Sutter E. Le disque optique compact (CD-ROM), l'usage au quotidien: dossier documentaire. Paris: ADBS, 1991.

Adresses

La Formathèque, Hôpital de Colombes, 178, rue des Renou;1/ers 92701 COLOMBES Cedex. Tél.: (1) 47606471 (M. A. Preschel).
Service hospitalier d'ingénierie pédagogique (SHIP), Hôpital de Bellevue -Pavillon 54, 25, boulevard Pasteur 42023 SAINT-&EACUTE;TIENNE Cedex 2. Tél.: 77427768 (M. J.-C. Banet).
Didacthèque professionnelle, Cité des sciences et de l'industrie, 30, avenue Corentin-Cariou 75930 PARIS Cedex 19 Réservation au (1) 40058291 ou tél.: (1) 40057054 (Mme J. Muller).
Centre de documentation-bibliothèque médicale, Centre hospitalier d'Argenteuil, 69, rue du Lt-Cl.-Prudhon 95107 ARGENTEUIL Cedex. Tél.: (1) 34 23 24 69 (M. J.-P. Accart, M1/e A. Loury).

Note

1 -Compact Disc Read Only Memory .
2- C’est nouveau et utile

cop. JP Accart, 2007
3- Nous remédions ultérieurement et plus précisément sur l'EAO.

 

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(1992) - Bibliothèque et documentation à l'hôpital https://www.jpaccart.ch/les-utilisateurs/1992-bibliotheque-et-documentation-a-l-hopital.html https://www.jpaccart.ch/les-utilisateurs/1992-bibliotheque-et-documentation-a-l-hopital.html

Bulletin des bibliothèques de France, 1992, t. 37, n° 6, pp. 46-50.

Résumé

En cette fin de XXème siècle, la documentation hospitalière est, comme l'hôpital, en pleine mutation. Multidisciplinaire (médicale, mais aussi paramédicale, administrative, financière, juridique, technique), elle est le plus souvent décentralisée, a recours en grande partie aux nouvelles technologies et répond aux besoins d'utilisateurs aussi diversifiés qu'exigeants : médecins, paramédicaux, administratifs. Actuellement, une tendance se manifeste vers une bibliothèque hospitalière centralisée facilitant la délivrance d'informations spécialisées.

Abstract

At the end of the XXth century, documentation within public hospitals is fully developing. It is becoming more and more multidisciplinary in the fields of law, administration, nursing, medicine, sciences and technics. The documentation is more often not centralized, it is a wide user of the new technologies and is acting in accordance with the demands of varied and exacting customers like doctors, nurses or administrative agents. At the present time, an increasing tendancy towards a centralized hospital library, delivering technical and specialised documentation, is noticeable.

L'emploi de termes tels que "bibliothèque" et "hôpital" fait immédiatement songer aux bibliothèques pour les malades telles que l'Assistance Publique des Hôpitaux de Paris a développé. De nombreux articles ont été écrits sur ce sujet et nous n'y reviendrons pas. Nous aborderons un domaine moins connu, la documentation hospitalière, afin d' approfondir les différentes catégories d' utilisateurs des bibliothèques et centres de documentation au sein des hôpitaux : leur diversité, la pluralité des disciplines et des domaines abordés, et les moyens mis en oeuvre pour répondre aux besoins exprimés.

Photographie de l'hôpital en 1992

L'hôpital, en 1992, offre une image en pleine mutation : les plateaux techniques des hôpitaux deviennent de plus en plus performants et les équipes médicales et soignantes sont de mieux en mieux formées. La gestion de l'hôpital est dorénavant confiée à des cadres de direction, qui ont suivi une formation spécifique à l'Ecole Nationale de la Santé Publique (ENSP) de Rennes : les attachés de direction, aux finances (budget, investissements), au personnel, aux services économiques ("intendance" de l'hôpital) par exemple. Plus rien n'est laissé au hasard : l'hôpital, de nos jours, se gère comme une véritable entreprise. Etudes de marché, planification à long terme, informatisation des services sont devenus des outils courants.

C'est sous cet éclairage nouveau qu'il faut considérer l'hôpital : non pas comme un monde clos, mais un lieu composite, diversifié et riche, à l'image de notre société, s'ouvrant de plus en plus sur l'extérieur ; le bibliothécaire documentaliste hospitalier se doit de l'appréhender de manière appropriée, et de comprendre cette réalité particulière.
Les acteurs de l'hôpital des années 1990 sont variés, exigeants : il y a, en effet, toujours une urgence à soigner, tout en raccourcissant la durée de séjour des malades, et en réduisant les coûts de fonctionnement.

Cette urgence se traduit souvent dans le domaine de la documentation : avec l'arrivée des nouvelles technologies, la diffusion de l'information en temps réel, la constitution de réseaux locaux, de catalogues collectifs, le bibliothécaire documentaliste est à même de répondre efficacement à tout type de demandes.
La Bibliothèque médicale est devenue partie intégrante de la vie hospitalière.

L'organisation des hôpitaux en bref

Les hôpitaux publics se divisent en 3 catégories d'établissements :

  • la première catégorie concerne le centre hospitalier régional (CHR) et le centre hospitalier universitaire (CHU) qui assurent des activités de soins, d'enseignement et de recherche dans des domaines très spécialisés.
  • la deuxième catégorie concerne le centre hospitalier général (CHG) ayant une fonction d'hôpital de secteur, et qui peut également être spécialisé (hôpital psychiatrique, hôpital pédiatrique)
  • la troisième catégorie concerne l'hôpital local qui regroupe l'hôpital-hospice et l'hôpital rural. Il dessert la population de petites villes éloignées des grandes agglomérations. Ces hôpitaux sont gérés par une équipe de direction et présidé par un conseil d'administration ayant lui-même à sa tête le Président du Conseil Général si l'hôpital est départemental, ou le Maire de la ville si l'hôpital est municipal.

Qu'ils proviennent des personnels médicaux, paramédicaux, administratifs ou techniques, les besoins documentaires sont permanents et multidisiplinaires : de l'économie de la santé aux soins infirmiers en passant par le traitement d'une pathologie, le bibliothécaire a donc en face de lui des interlocuteurs variés et exigeants. Deux grands groupes d'utilisateurs ont été dégagés.

1er groupe d'utilisateurs de la documentation hospitalière : la population médicale

Le corps médical, bien qu'ayant suivi un cursus universitaire de dix à quinze années d'études, n'a pas de formation particulière en ce qui concerne la documentation ou la recherche bibliographique. Les banques de données spécialisées ne vont pas toujours résoudre ses problèmes.
Malgré des réunions de service régulières, les " staffs de bibliographie", il existe peu d'échanges d'informations entre membres du corps médical à l'hôpital.
Conscients de cette réalité, de nombreux praticiens hospitaliers ont réagi et ont été à l'origine de la création de bibliothèques médicales hospitalières (mis à part les bibliothèques universitaires des Centres Hospitaliers Universitaires) à partir des années 1975-1980. C'est un phénomène en pleine expansion à l'heure actuelle.
La bibliothèque médicale hospitalière devient de plus en plus un centre de recherches bibliographiques intégré : elle permet aux praticiens hospitaliers de se tenir informés. A Argenteuil, comme dans d'autres hôpitaux, l'exploitation des ressources documentaires passent par exemple par des cours de bibliographie médicale donnés aux internes.

On distingue donc , dans le premier groupe, 4 types d'utilisateurs potentiels :

  • L'interne ou l'étudiant en médecine ou en pharmacie, qui, au cours de ses études, utilise essentiellement les ressources proposées par la bibliothèque médicale de son hôpital, (quand celle-ci existe), pour rédiger sa thèse. Parallèlement, il s'abonne personnellement à un ou deux titres de revues, ou à une spécialité de l'Encyclopédie Médico-Chirurgicale (EMC). Il est de plus en plus attiré par l'informatique ; l'utilisation des banques de données et de CDROM médicaux (PASCAL, Medline) pour ses recherches est d'un grand intérêt pour lui. Une initiation à ces outils documentaires performants est souvent nécessaire.
    A Paris, la Bibliothèque de l'Internat (ADDM, Association pour le Développement de la Documentation Médicale) et la Bibliothèque Interuniversitaire de Médecine (BIUM) sont des outils précieux pour approfondir ses connaissances. Il peut ainsi accéder à la littérature primaire relative à son domaine d'intérêt.
  • Le professeur et le médecin-chef de service, dans un Centre Hospitalier Universitaire ou un Centre Hospitalier Général. Il a recours à des monographies, des comptes rendus de congrès, des recueils de revues générales telles qu'en offre le chapitre "Bibliography of Medical Reviews" de l'Index Medicus ou les revues de synthèse. Il dépouille les bibliographies analytiques dans sa spécialité (type Bulletin signalétique du CNRS) ou des sommaires des revues (Current contents, Medexpress ou Medactua).
  • Le chercheur : il fait une recherche bibliographique rétrospective sur un sujet pointu à l'aide de l'Index Medicus, qui est la bibliographie de base en médecine, des Bulletins signalétiques du CNRS, des "Chemical Abstracts". Les banques de données (Medline et PASCAL) lui sont très utiles pour affiner et approfondir ses recherches. Il utilise les mêmes outils que le professeur ou le médecin-chef de service.
    La Bibliothèque Interuniversitaire de Médecine de Paris a reçu la charge d'un CADIST (Centre d'Acquisition et de Diffusion de l'Information Scientifique et Technique) pour la médecine et la Bibliothèque Universitaire de Lyon I, section santé, pour la pharmacie ; elles sont devenues des pôles très spécialisés pour la recherche.
    Environ 80 % de l'information qui est nécessaire au chercheur lui est apportée par les périodiques anglo-saxons. Il peut ainsi se tenir au courant des nouvelles techniques et des derniers résultats parus dans son domaine. Ayant intégré la micro-informatique, de nombreux produits de gestion documentaire ont été développés par et pour le chercheur : un des derniers, testé par l'INSERM, est "BIBLIOMAC" sur MACINTOSH ; gérer, classer, indexer sa documentation personnelle et professionnelle est désormais possible.
  • Le médecin-praticien hospitalier : pour sa formation permanente à l'hôpital, il a recours aux Encyclopédies (EMC), aux périodiques de médecine interne, aux revues de spécialités, aux "clinics" qui font le point sur un sujet spécifique (il existe un "clinics" par spécialité : dermatologie, gastroentérologie, médecine interne...). Il a recours également aux banques de données. Il attend des réponses rapides et précises pour affiner un diagnostic, connaître les nouvelles thérapeutiques pour une pathologie. Il peut également décider d'entreprendre un travail de réflexion ou de recherche dans le cadre de sa participation à une enquête épidémiologique : le CREDES (Centre de Recherche d'Etude et de Documentation en Economie de la Santé) et la banque de données RHESUS peuvent répondre à ses questions.
    Il compte beaucoup sur les relations professionnelles, les rencontres, les colloques, la formation médicale continue pour s'informer.
  • le médecin-praticien libéral : de plus en plus, l'hôpital montre une volonté d'ouverture sur "la médecine de ville". Cette ouverture passe par l'accès aux ressources documentaires de l'hôpital. Ses besoins en la matière sont ponctuels, épisodiques. Il reçoit généralement un certain nombre de revues à son cabinet. L'hôpital peut cependant lui être utile pour sa documentation générale ou pour résoudre un cas spécifique qui lui est posé en mettant à sa disposition des outils qui sont trop onéreux pour lui. La bibliothèque médicale peut aussi être un lieu de rencontre avec ses collègues hospitaliers.

Nous l'avons vu, les médecins sont donc preneurs d'informations documentaires : la connaissance scientifique est un des moteurs de la médecine, et une bonne appréhension et un savoir intégré rejaillissent forcément sur les malades soignés à l'hôpital. Il ne faut pas oublier que la médecine du XXIè siècle sera une médecine de l'information, décloisonant les spécialités, et s'efforçant de partager plus largement le savoir scientifique.

Les médécins et l'écrit scientifique

A la fin de leur cursus, les étudiants rédigent un mémoire d'études spécialisées ou une thèse. Puis, au cours de leur carrière, les médecins, et plus particulièrement les praticiens hospitaliers, sont amenés à faire part de leurs conclusions sur un cas qui leur est soumis à l'hôpital, sur un sujet qu'ils étudient plus particulièrement dans leur service. Il est fréquent que plusieurs médecins de services différents, voire de plusieurs centres hospitaliers, rédigent un article en commun. Publier dans une revue spécialisée d'un certain renom rejaillit automatiquement sur son auteur ou l'équipe qui l'entoure. Si l'article est publié dans une revue indexée par une banque de données, cet article n'en aura que plus d'importance et sa diffusion n'en sera que plus grande : l'indexation et la citation dans une banque de données (américaine type Medline ou française PASCAL) constituent la reconnaissance d'un travail, d'une étude. Cela peut ainsi faire référence sur un sujet donné. La qualité et l'importance des publications est primordiale dans le curriculum vitae du médecin, et donc dans la progression de sa carrière.

En conclusion, la bibliothèque médicale ou le centre de documentation de l' hôpital sont donc une ressource précieuse pour les médecins : recherche d'articles ou de tirés à part, de références bibliographiques, aide à la rédaction scientifique, à la rédaction d'"abstracts", à la réalisation de posters ou de diapositives en vue d'une présentation à un congrès par exemple. Dans ce domaine, la Bibliothèque Médicale de l'Hôpital d'Argenteuil possède un service de PAO (Présentation Assis
ée sur Ordinateur) : le matériel est mis à la disposition du corps médical ; les documentalistes ont un rôle de conseil quant à son utilisation. Cette expérience, originale pour un service de documentation, est un prolongement de l'aide à la communication scientifique.

2ème groupe : les autres types d'utilisateurs

Devant la croissance exponentielle de l'information sous toutes ses formes, les hôpitaux publics réagissent de diverses manières. L'Assistance Publique de Paris (AP-HP) a développé des centres de documentation spécialisés dans des domaines bien sériés : la formation professionnelle continue, le domaine paramédical, la Bibliothèque de l'Internat (ADDM). D'autres hôpitaux, en dehors de l'AP-HP, ont couplé bibliothèque médicale et formation continue. La règle commune est restée très longtemps le développement de petites unités documentaires dans les services de soins, de mini-bibliothèques dans les écoles d'infirmières, et enfin de bibliothèques médicales centralisées. La documentation s'est développée de manière empirique, chaque service a géré de façon plus ou moins organisée sa propre documentation.
Actuellement, la tendance va vers une bibliothèque hospitalière centralisée permettant une diffusion plus large à tous les niveaux de l'information.

Dans l'Equipe de direction et les services administratifs, ce rôle est encore dévolu aux secrétaires qui réceptionnent, dépouillent, classent les Journaux Officiels, les Bulletins Officiels de la Santé Publique, et toutes les revues traitant de la gestion hospitalière (Techniques hospitalières, Gestions hospitalières, Technologies et santé, la Revue du Trésor). Les recherches documentaires sont faites le plus souvent en fonction des demandes de l'équipe de direction en ayant recours à la télématique (banques de données juridiques "JOEL", "LEXIS", ou "JURISANTE" développée par le Centre National de l'Equipement Hospitalier) ; les abonnements papier ou sur microfiches correspondants représentent la meilleure façon de s'informer. Des revues de presse thématiques sont le plus souvent produites par les Centres de Documentation administratifs pour diffuser l'information.

Les Ecoles paramédicales : beaucoup d'hôpitaux ont ouvert leur propre école d'infimières, d'infirmières spécialisées. Une bibliothèque y est en général intégrée, un travail personnel important étant demandé aux élèves qui nécessite certaines ressources documentaires spécifiques : "l'Encyclopédie de l'Infirmière", des abonnements à "La Revue de l'Infimière" , à "Soins", à "l'Aide-soignante" etc.... L'indexation des documents se fait grâce à plusieurs systèmes : le "CANDO" de J. CHEVALLIER, la Classification du Centre International de l'Enfance, ou celle de l'Organisation Mondiale de la Santé. Ces structures sont bien gérées et répondent généralement aux normes bibliothéconomiques en vigueur.

Les personnels soignants, avec à leur tête les Infirmières Générales, bénéficient de peu de moyens de s'autoformer. Quelques abonnements sont achetés en commun par et pour le service de soins infirmiers. Le cadre infirmier responsable du service (en l'occurrence la Surveillante) a un rôle non négligeable à jouer en matière de documentation et d'autoformation. Elle peut également être amenée à assurer la formation des cadres de sa profession, après plusieurs années de pratique hospitalière. Des centres de documentation spécialisés (le Centre de Documentation Pédagogique de l'Assistance Publique par exemple), l'accès, grâce à une bibliothèque hospitalière centralisée ou à une autre structure extérieure, à des banques de données ("Cumulative Index to Nursing and Allied Health Literature") répondent à des questions aussi variées que : la thérapeutique, l'éthique, l'épidémiologie, le SIDA, l'hygiène, la qualité des soins, la douleur ou les infections nosocomiales.
A Argenteuil, l'Enseignement Assisté par Ordinateur (EAO), à l'aide de didacticiels, peut être offert pour une remise à niveau des connaissances (en techniques chirurgicales par exemple) aux personnels soignants.

Le Service Social et le personnel hospitalier de l'hôpital en général ont une demande en ce qui concerne les textes de lois, les décrets, arrêtés ministériels, et bien sûr les actualités sociales ainsi que des outils permettant la formation professionnelle continue de tous les agents. C'est le rôle normalement dévolu à une bibliothèque administrative.

Les Services Informatiques et Techniques présentent également des besoins spécifiques en documentation spécialisée, ainsi qu'une profession nouvellement apparue à l'hôpital : les ingénieurs bio-médicaux. Le développement de plateaux techniques de pointe, la mise en réseaux informatiques de tous les services de soins d'un même hôpital sont des données qui modifient profondément la gestion de l'hôpital en cette fin de siècle . Les informations sont en général traitées par la macro-informatique (systèmes IBM, Bull...) : la gestion du personnel et des horaires, la gestion administrative des malades, la facturation, les services économiques. La micro-informatique, pour sa part, gère le dossier médical du patient, en passant par la feuille de soins informatisée .

Des Départements d'Information Médicale (DIM), souvent couplés avec le centre de documentation, ont été créés pour connaître et évaluer l'activité médicale.

Une connexion du centre de documentation aux services médicaux, administratifs ou techniques peut être envisagée : le fonds documentaire serait donc interrogeable grâce à un serveur. C'est le cas notamment de l'Hôpital Saint-Louis à Paris, où les services médicaux interrogent à partir de leur minitel, la Bibliothèque Henri Feulard spécialisée en dermatologie. Au Centre Hospitalier d'Argenteuil, cette connexion fait l'objet d'une réflexion.

En conclusion

L'hôpital a essayé, qu'elle qu'en soit l'époque, et aujourd'hui plus encore de trouver des réponses face à l'angoisse de l'homme devant la souffrance et la mort. A l'heure actuelle, la majorité de la population naît et meurt à l'hôpital : cette donnée sociologique doit être prise en compte car elle soutient la qualité et l'offre de soins, le coût de la Santé publique et l'état de la recherche scientifique et médicale.
En milieu hospitalier, les besoins d'information sont donc multiples : ponctuels pour certains, permanents pour d'autres. Dans la plupart des cas, ce sont aussi des besoins de rapidité, de précision, d'exhaustivité et d'actualité.

Depuis les trente dernières années, la fonction de documentaliste a beaucoup évolué. La gestion des documents est devenu primordiale dans un monde où l'information est prépondérante, et pour cela, les hôpitaux n'y échappent pas ; la fonction de documentaliste a donc pris tout son sens, son caractère utile, voire indispensable, n'est plus à démontrer à l'heure actuelle.
De plus en plus spécialisé et spécifique, ce métier nécessite pourtant un niveau d'études supérieures devant s'exercer dans le cadre d' un poste de catégorie A de la Fonction Publique.

Comme le schéma ci-contre le démontre, le rôle du bibliothécaire documentaliste hospitalier est primordial dans la délivrance d'informations spécialisées. Ce rôle est appelé à se développer. La demande est très forte dans toutes sortes de domaines et montre ainsi la richesse, la diversité et les différentes interactions possibles de la documentation hospitalière.
Certains hôpitaux l'ont compris et font appel à des professionnels, spécialistes de l'information, bibliothécaires documentalistes hospitaliers.

Une bibliothèque hospitalière centralisée, ou un centre de documentation pluridisciplinaire, répondant aux besoins des différentes catégories d'utilisateurs, développant des techniques documentaires de pointe, joue un rôle essentiel dans la délivrance de l'information à l'hôpital. La tendance actuelle va vers le développement de telles structures.

Bibliographie

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cop. JP Accart, 2007

 

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