L'information santé - Jean-Philippe Accart https://www.jpaccart.ch/articles/l-information-sante/ Wed, 16 Apr 2025 21:38:07 +0000 Joomla! - Open Source Content Management fr-fr bs@sturmundbraem.ch (Jean-Philippe Accart) (2015) - État des lieux des bibliothèques hospitalières - Journée ENSSIB du 5 octobre 2015 https://www.jpaccart.ch/l-information-sante/2015-etat-des-lieux-des-bibliotheques-hospitalieres-journee-enssib-du-5-octobre-2015-2.html https://www.jpaccart.ch/l-information-sante/2015-etat-des-lieux-des-bibliotheques-hospitalieres-journee-enssib-du-5-octobre-2015-2.html ]]> info@jpaccart.ch (jpaccart) L'information santé Mon, 11 Jan 2016 14:11:14 +0000 (1996) - Santé publique et aide à la décision https://www.jpaccart.ch/l-information-sante/1996-sante-publique-et-aide-a-la-decision.html https://www.jpaccart.ch/l-information-sante/1996-sante-publique-et-aide-a-la-decision.html

Documentaliste, sciences de l'information, 1996, vol. 33, n° 3, pp.

Les hôpitaux publics sont confrontés, comme nombre d'entreprises, au problème vital que représente la gestion de l'information. Comment organiser et exploiter à bon escient l'énorme masse d'informations produites dans des domaines aussi variés que l'administration, la médecine, les sciences, les soins infirmiers, les techniques ? Documentalistes et spécialistes de l'information répondent à ce défi par la création de bibliothèques ou de services d'information spécifiques. Après avoir rappelé l'évolution récente de la fonction documentaire à l'hôpital, cet article étudie la diversité des utilisateurs et la pluralité des besoins qui la caractérisent. Et explique que, en s'inscrivant au sein du système d'information et de la politique d'établissement, les structures documentaires hospitalières constituent des aides à la prise de décision en santé publique.

«L'information est la ressource la plus importante du système de santé, et en particulier de l'hôpital ; aucun hôpital ne peut s'offrir le luxe de ne pas avoir un système d'information adapté».
François Grémy

L'évolution de la documentation en santé publique a été très nette durant ces vingt dernières années. Il y a plusieurs explications à cela : la prise en compte, par les directions hospitalières des ressources humaines, de l'émergence d'un nouveau métier au sein de l'hôpital, celui de documentaliste hospitalier, même si un certain nombre de progrès restent à faire ; le besoin de plus en plus grand pour les divers groupes socio-professionnels travaillant dans ce domaine de s'informer des évolutions de l'économie, du droit, des sciences et des techniques ; et l'arrivée en force des technologies nouvelles (type Minitel en France, micro-ordinateurs, banques de données, CD-Rom, réseaux informatiques tel Internet), surtout en documentation médicale.

La fonction documentaire à l'hôpital a commencé à émerger véritablement depuis 1977. La spécificité d'un tel service n'était alors pas évidente en milieu hospitalier et l'aide qu'il peut apporter n'était pas bien perçue, contrairement à ce qui s'est passé dans les grandes entreprises ou dans certains laboratoires pharmaceutiques qui ont très tôt compris quel enjeu représente une information pointue, actualisée et organisée : aucune entreprise, quelle qu'elle soit et quel que soit son champ d'action, ne peut vivre et survivre sans information et sans circulation de l'information.

Aujourd'hui, selon Jean de Kervasdoué, directeur des hôpitaux de 1981 à 1988, le temps passé à traiter de l'information à l'hôpital représente soixante à soixante-dix pour cent du budget de fonctionnement d'un établissement. La gestion d'un établissement hospitalier fait appel à des connaissances dans des domaines très divers tels que le droit, l'économie, les statistiques, la médecine, les soins infirmiers. Comment retrouver une information pertinente, exhaustive et fiable dans la masse des ouvrages et des documents publiés ?

Un certain nombre d'enquêtes ont été réalisées, par la Direction des hôpitaux, la Conférence des présidents de commission médicale d'établissement (CME), et dernièrement par le Réseau national des documentalistes hospitaliers (créé en 1991 à l'initiative du Centre hospitalier régional universitaire de Rouen et qui compte plus de deux cents documentalistes à l'heure actuelle). Ce qui apparaît à la lecture de ces enquêtes, c'est que des services de documentation ont été effectivement mis en place, principalement dans les grands établissements (les vingt-neuf centres hospitaliers universitaires, quelques hôpitaux généraux), mais que ce phénomène reste modeste par rapport au parc hospitalier français (soit trois mille structures de soins). On trouve donc des bibliothèques administratives, des bibliothèques médicales, en général bien pourvues en moyens, des bibliothèques pour les étudiants en soins infirmiers qui s'ouvrent peu à peu au personnel des services, et enfin, mais ceci est récent, des centres de documentation pluridisciplinaires.

En quoi ces structures, très différentes par leur spécialisation et par les catégories d'utilisateurs qui les fréquentent, aident-elles à la prise de décision ? Nous étudierons d'abord les besoins exprimés et les moyens mis en œuvre, puis ce que peut apporter aux décideurs un système documentaire performant au sein du système d'information hospitalier. Enfin, nous présenterons les orientations actuelles et futures de la documentation hospitalière.

La documentation hospitalière : diversité des utilisateurs et pluralité des moyens

«Pour une décision, il faut connaître la réglementation applicable, mais aussi des éléments de fait, des statistiques, des études, des synthèses... Le problème, s'il n'est pas jugé globalement, ne sera jamais réglé».
Francis de Baeque, Président de la CCDA, 1981

Les directeurs d'hôpitaux et les attachés de direction

Le directeur représente la personne morale de l'hôpital ; il doit, à ce titre, assurer la sécurité et la permanence du service hospitalier, la cohérence et l'efficience des organisations et des moyens mis en œuvre. Son action se place dans le cadre administratif, mais les réalités économiques et politiques, le jeu complexe des relations et le poids d'une logistique industrielle orientent l'hôpital vers un fonctionnement comparable à celui d'une entreprise, ce qui vient s'ajouter à sa mission sociale. L'action du directeur et de son équipe doit répondre aux problèmes posés par le quotidien et envisager une stratégie à plus long terme ; elle s'appuie donc sur une réflexion ayant recours à une information disponible et fiable, comprenant tout à la fois des éléments de droit, la jurisprudence et la littérature administrative. Cette information doit être complétée par une connaissance des pratiques et usages médicaux, et de l'état des études.

Formé par l'Ecole nationale de la santé publique (ENSP, Rennes), le jeune directeur doit constamment se référer à la législation et à la jurisprudence administratives. Son premier réflexe est de s'adresser à son réseau personnel pour obtenir des informations (anciens élèves de l'ENSP, collègues, Ministère de la santé). Ensuite, il fera appel au service de documentation ou à ce qui en tient lieu (souvent son propre secrétariat). Le directeur d'hôpital avait ainsi l'habitude de se constituer un fonds documentaire personnel. Le moins que l'on puisse dire est que les canaux empruntés par l'information administrative étaient un peu hétérodoxes. Malgré un souci plus grand à l'heure actuelle d'une meilleure gestion de l'information administrative, on constate une très large dispersion des moyens et des structures selon les hôpitaux.

Certains hôpitaux universitaires ou généraux se sont cependant dotés d'une bibliothèque administrative, gérée par un professionnel (bibliothécaire-documentaliste), avec des moyens informatiques ; ces bibliothèques sont des outils précieux pour la préparation de dossiers, de réunions et de conseils d'administration. L'information administrative est le plus souvent diffusée, en premier lieu, à l'équipe de direction, sous forme de bulletins d'information, de revues de presse et de dossiers documentaires. Des banques de données existent à l'heure actuelle dans ce domaine, parmi lesquelles : JOEL (Journal officiel de la République française) ; Lexis et Jurisdata (textes et jurisprudence en texte intégral) ; Reflex et la BDSP (banque de données en santé publique) qui fournissent, pour leur part, des références bibliographiques ; l'APM (Agence de presse médicale) qui diffuse des dépêches en matière de santé et de médecine.

Les personnels hospitaliers

Les directeurs ne sont pas les seuls demandeurs en matière d'information administrative. La Fonction publique hospitalière est, en effet, régie par un statut différent de celui de la Fonction publique, et le recours aux textes de lois est maintenant une pratique qui tend à se généraliser et à se systématiser. Plusieurs catégories sont à citer.

Les personnels administratifs et ouvriers : leurs demandes portent sur les textes de lois régissant leurs carrières, les préparations aux concours, la formation continue.

Les personnels techniques : avec l'apparition de nouveaux métiers liés à des plateaux techniques (blocs opératoires, équipements divers, etc.) plus performants, comme celui d'ingénieur biomédical par exemple, ou d'informaticien, la documentation technique se développe.

Les personnels sociaux (assistant de service social, éducateur) : le recours à la documentation administrative s'avère essentiel pour cette catégorie professionnelle devant résoudre des problèmes tels que prises en charge, placements et cas litigieux concernant les patients hospitalisés.

En outre, que ce soit pour les personnels de direction ou pour les personnels administratifs, l'information administrative passe également par la presse hospitalière et de santé publique qui traite de gestion et de techniques propres à l'hôpital.

La population médicale

Le corps médical, bien qu'ayant suivi un cursus universitaire de dix à quinze années d'études, n'a pas de formation particulière en documentation ou en recherche bibliographique ; c'est une lacune importante à laquelle seules quelques facultés de médecine (Lyon, Nancy) remédient en proposant des modules de recherche documentaire. Les URFIST (unités régionales de formation à l'information scientifique et technique) pallient également le manque en la matière. Le Ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche réfléchit à l'heure actuelle à l'intégration d'un module obligatoire.

En effet, devant la masse impressionnante d'informations scientifiques publiées annuellement, comment un médecin se comporte-t-il ? Quels moyens utilise-t-il pour s'y retrouver ? Il faut considérer à ce sujet un certain nombre de cas distincts.

L'interne ou l'étudiant en médecine ou en pharmacie : au cours de ses études, il utilise essentiellement les ressources proposées par la bibliothèque universitaire ou la bibliothèque médicale de son hôpital pour rédiger sa thèse ; le plus souvent, les documentalistes organisent des cours de bibliographie sur l'Index Medicus et Medline. Parallèlement, l'interne ou l'étudiant s'abonne à un ou deux titres de revues ou à une spécialité de l'Encyclopédie médico-chirurgicale (EMC). De plus en plus attiré par l'informatique, il utilise les banques de données et les CD-Rom médicaux, parmi les premiers à être apparus sur le marché.

Le professeur et le médecin-chef de service : il exerce dans un centre hospitalier universitaire et un centre hospitalier général. Il a recours à des monographies, des comptes rendus de congrès, des recueils de revues générales. Il dépouille les bibliographies analytiques et les revues de sommaires (Current contents, Reference Update, Medexpress).

Le chercheur : il utilisera les outils bibliographiques classiques et de plus en plus les banques de données type Medline, Pascal et Embase. Une partie de son information proviendra également des ressources offertes par Internet.

Le médecin-praticien hospitalier : pour sa formation continue à l'hôpital et pour alimenter les « staffs de bibliographie », réunions régulières à l'intérieur du service, il a recours aux encyclopédies, aux revues de spécialités, aux clinics, ainsi qu'aux banques de données ; il attend de celles-ci des réponses rapides et précises pour affiner un diagnostic ou connaître les nouvelles thérapeutiques utilisées pour une pathologie. Il compte beaucoup sur les relations professionnelles, les rencontres, les colloques, la formation médicale continue pour s'informer.

Le médecin-praticien libéral : ses besoins sont ponctuels, épisodiques. Recevant un certain nombre de revues à son cabinet, il peut utiliser les ressources documentaires de l'hôpital pour sa documentation générale ou pour résoudre un cas spécifique.

Le corps médical a l'obligation de s'informer et de se former, et ce de façon permanente durant sa carrière : après avoir rédigé sa thèse en tant qu'étudiant, le médecin, surtout s'il exerce en milieu hospitalier, sera souvent amené, comme praticien, à écrire des articles dans une revue spécialisée (si celle-ci est indexée dans une banque de données type Medline ou Pascal, cela constituera la reconnaissance de son travail et fera ainsi référence). La qualité et l'importance des publications est primordiale dans le curriculum vitae du médecin et donc dans la progression de sa carrière.

La connaissance scientifique est un des moteurs de la médecine, et une bonne appréhension et un savoir intégré
ejaillissent forcément sur les soins prodigués aux malades à l'hôpital. La médecine est à l'heure actuelle une médecine de l'information, décloisonnant les spécialités et s'efforçant de partager plus largement le savoir scientifique.

La population infirmière et paramédicale

La documentation en soins infirmiers s'est développée différemment et bénéficie d'autres moyens (en personnel et en techniques) que la documentation médicale. Elle présente cependant un certain nombre de caractéristiques intéressantes. Il faut distinguer plusieurs catégories dans cette population.

Les étudiants en soins infirmiers : la plupart des écoles d'infirmières en France possèdent une bibliothèque, gérée par un documentaliste ou un cadre enseignant selon des règles classiques qui ont fait leurs preuves. Peu sont informatisées et le corps infirmier n'a ainsi qu'un accès réduit à l'information. Les besoins des étudiants sont cependant réels, car un travail personnel important leur est demandé durant leurs trois années d'études.

Les personnels soignants : avec à leur tête les infirmiers généraux, ils bénéficient de peu de moyens pour assurer une formation continue digne de ce nom. Quelques abonnements sont souscrits en commun pour le service, et le cadre infirmier a un rôle non négligeable à jouer en matière de documentation et d'information. L'Assistance publique - Hôpitaux de Paris a mis en place un Centre de documentation pédagogique centralisé, et quelques hôpitaux possèdent une bibliothèque pour le personnel soignant. La bibliothèque centrale du Ministère de la santé lui est également ouverte. La littérature en soins infirmiers est abondante, ainsi que les titres de périodiques ; des banques de données spécialisées (CINHAL par exemple) ont vu le jour, la plupart étant anglo-saxonnes.

D'autre part, il est à noter que, outre les écoles de cadres infirmiers classiques, de nombreuses formations diplômantes en soins infirmiers, accessibles aux professionnels en poste dans le cadre de la formation continue, sont mises en place à l'Université (à Bobigny, à Lyon).

Quelle est la place du service de documentation dans l'organigramme hospitalier ? Dans quelle politique globale de l'établissement peut-il s'inscrire à long terme ?

Système d'information et système documentaire à l'hôpital

Dans le fonds documentaire d'un hôpital, il faut distinguer :

  • la documentation interne, comprenant les décisions, délibérations, études techniques : c'est une ressource propre à tout hôpital, riche d'informations diverses. Elle en constitue sa mémoire vivante ;
  • la documentation externe, comprenant les revues, les ouvrages et maintenant les banques de données. Cette documentation a un coût certain qui dépend de la volonté politique du responsable hospitalier de l'assumer et de la développer.

La vocation première d'un centre de documentation est d'assurer la transmission de l'information et d'être la mémoire collective de l'entreprise ou de l'établissement. Il faut donc un personnel compétent pour gérer et exploiter ces documentations, un personnel qui doit également exercer une veille informative permanente.

Approche systémique

Tout hôpital est inséré dans un environnement mouvant avec lequel il est en interaction permanente. Dans l'entreprise, il existe un système de décision, un système opérationnel et un système d'information. Ce dernier a pour rôle de traiter des données de l'environnement interne et externe et de les diffuser. La fonction documentation se situe au sein du système d'information ; considérée comme un système en soi, elle possède ses propres systèmes de management, opérationnel et d'information.

Cette approche systémique, situant le rôle de la fonction documentaire au sein du système d'information, propose une appréhension globale de la chaîne documentaire, ainsi qu'une méthodologie de conception d'une unité documentaire. La question de la transversalité de l'information se pose alors ; le centre de documentation permet en effet de multiplier les échanges d'information, et de pallier dans une certaine mesure le manque de communication interne. Ainsi, l'accès à l'information, offerte à tous, est décloisonné.

Dans tout organisme, les décisions de politique et de gestion sont étroitement tributaires des informations dont on dispose. Le système d'information assure la liaison entre l'hôpital et son environnement, en transmettant des informations utiles en provenance ou à destination de l'extérieur. Il assure également à l'intérieur de l'entreprise la communication entre les hommes, aux différents niveaux hiérarchiques.

Aujourd'hui, l'information est une ressource stratégique. La recherche de documentation aide à formuler un problème, à déterminer des objectifs et à élaborer une politique.

L'information, facteur de décision

Le fait de s'informer est l'action qui précède la décision ; c'est elle permet de décider, d'où sa valeur économique. On peut distinguer quatre phases dans le processus de décision :

  • celle du renseignement : l'information sert à étudier l'environnement ;
  • celle de l'analyse du problème : on identifie les modes d'action pour recueillir l'information ;
  • celle de la sélection des modes d'information ;
  • enfin celle de la décision finale, qui intervient après les trois autres phases.

Une dernière étape est celle de la validation : en recherchant de nouveau l'information et en la vérifiant, on valide l'action.

Ainsi, l'information, comme facteur de décision, réduit l'incertitude, affecte réellement la ou les décisions, affecte les conséquences de la décision : celle-ci est plus ou moins réversible grâce à un nouvel appel à l'information. L'économiste Danila distingue deux types de décisions : les décisions opérationnelles, prises au niveau local, dans un cadre quotidien, avec une réversibilité forte, et les décisions stratégiques, prises au niveau de la direction générale, avec des objectifs à plus long terme, dont la réversibilité est faible et qui nécessitent une information plus complète, multidimensionnelle et qualitative.

Le prix Nobel d'économie H. E. Simon a étudié l'information en relation avec la décision : grâce à l'information, on peut modifier l'environnement, on est capable d'agir et de décider. Cependant, le fait de ne pas maîtriser complètement l'environnement expose à une certaine subjectivité, et l'information reçue peut être partiale ou partielle.

Perspectives de la documentation hospitalière

Certaines évolutions significatives s'opèrent à l'heure actuelle dans le monde de la documentation hospitalière. Une première tendance se dessine nettement en faveur du recrutement, au sein de l'hôpital public, de professionnels de l'information pour gérer le domaine de la documentation, et ce malgré l'inexistence d'un statut de documentaliste. Le recrutement se fait sur la base d'un grade administratif, en catégorie A ou B. Le Réseau national des documentalistes hospitaliers œuvre fermement, avec l'ADBS, pour la reconnaissance du métier.

Le deuxième point est le développement d'un certain nombre de structures différentes et répondant à des besoins variés : centres de documentation pluridisciplinaires, centres de documentation spécialisés (urgences, infections nosocomiales, rééducation fonctionnelle, etc.), regroupements de centres de documentation, départements d'information médicale et archives, ou encore centres desservant plusieurs hôpitaux.

Un troisième et dernier point est la percée importante que font les nouvelles technologies dans le monde hospitalier, et en particulier en documentation. D'abord le développement des banques de données médicales, en soins infirmiers, ou administratives, qui permettent un accès très rapide à l'information spécialisée. Un phénomène concomitant est la mise en place de réseaux informatisés dans le domaine de la santé, qui nous font entrer dans l'ère du virtuel : échanges de données informatisées (EDI) pour la transmission de messages ; télémédecine permettant le suivi à distance des patients et les échanges télématiques d'informations ; transferts d'images ; télédiagnostic. Et comment ne pas parler d'Internet, réseau de réseaux, déjà très utilisé par les chercheurs scientifiques et qui commence à s'implanter dans les hôpitaux ?

En guise de conclusion, et en lien direct avec ce qui précède, il est important de réaffirmer la position centrale qu'occupe la documentation dans la délivrance de l'information au sein de l'hôpital. L'information reste le meilleur moyen de résoudre la complexité dans le monde d'aujourd'hui. Interface entre le management (ressources humaines, organisations) et la complexité (gestion des objectifs, gestion stratégique), l'information est le seul moyen d'adapter les organisations - en l'occurrence les hôpitaux - à leur environnement.

Orientation bibliographique

GREMY F. L'information médicale à l'hôpital : révolution culturelle et linguistique. In : Actes de la 3e conférence européenne des bibliothèques de santé, Montpellier, France, 23-26 septembre 1992. Dordrecht : Kluwers Academic publishers, 1993. pp. 5-10.
LESCA H., LESCA E. Gestion de l'information : qualité de l'information et performances de l'entreprise. Paris : Litec, 1995.
SALVET J.-M. Du management panique à l'entreprise du XXIe siècle. In M. Crozier, H. Sérieyx, éd, Management.... Paris : Maxima, 1994.
SERIEYX H. Mobiliser l'intelligence de l'entreprise : cercles de qualité, cercle de pilotage. Paris : ESF, 1990.

Cet article est issu d'une communication présentée au congrès du Comité hospitalier de l'Union européenne (HOPE), à Madrid, en juin 1995, dont une première version a fait l'objet d'une publication dans la revue Gestions hospitalières (n° 350, novembre 1995), sous le titre Communication et information à l'hôpital public.

(1) Cette partie est inspirée d'un cours de maîtrise de Daniel Confland sur l'Economie de l'information (Université de Paris VIII, 1995).

cop. JP Accart, 2007

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) L'information santé Tue, 03 Apr 2007 18:56:22 +0000
(1996) - L'archivage des journaux électroniques. https://www.jpaccart.ch/l-information-sante/1996-l-archivage-des-journaux-electroniques.html https://www.jpaccart.ch/l-information-sante/1996-l-archivage-des-journaux-electroniques.html

Bulletin de l'Association des Bibliothécaires Français, 1996, n° 171, pp. 71.

Peut-on dire que la communication rendue possible grâce aux publications électroniques est différente de celle permise par le support papier ? Est-il envisageable de considérer ce type de publication comme une extension du papier ? Quels sont les rôles respectifs du producteur de l'information, du vendeur, de l'éditeur et du bibliothécaire par rapport aux publications électroniques et à leur archivage ? Telles sont les questions qui se posent à l'heure actuelle. Quelques points de vues sont exposés ici :

Le point de vue du producteur de l'information

L'édition électronique en mode caractères bouleverse l'équilibre qui s'était établi entre les acteurs de la chaîne de création et de distribution de l'information. Le document électronique permet à l'auteur d'être son propre éditeur et à l'éditeur d'être son propre diffuseur. Sa structure comporte tous les éléments qui servent à leur catalogage et à leur indexation. La recherche de l'information et la navigation entre les documents amènent à coupler les activités de production de bases de données et de catalogues à la recherche des documents primaires. L'édition électronique oblige les bibliothèques et les centres de fourniture de documents à modifier profondément leurs méthodes de travail, leurs infrastructures informatiques et de télécommunication. L'INIST, qui est à la fois créateur de données bibliographiques et fournisseur de documents primaires, se place dans une perspective de liaison entre des deux activités en collaboration avec tous les partenaires de la chaîne documentaire.

Le fournisseur de l'information électronique

Les fournisseurs de numéros épuisés ont créé un travail qui s'apparente à celui de pseudo-archiviste temporaire ou de fournisseurs de journaux. Le problème majeur qui se pose est l'accès à des documents publiés il y a quelques années, et le fait également que chaque vendeur possède sa propre liste de périodiques.
Comment les retrouver ? L'archivage et la récupération des documents électroniques ne sont pas aussi simples que pour les documents imprimés. D'autres questions restent posées avec notamment les problèmes de matériels, de formats, de supports vieillissants.

L'éditeur de journaux électroniques

L'exemple de l'éditeur Elsevier est significatif, notamment avec l'expérience CAPCAS qu'il est en train de mener à l'Université de Tilburg aux Pays-Bas. 120 périodiques publiés dans les domaines de l'économie, de l'informatique et des mathématiques sont accessibles en mode électronique sur tout le réseau du Campus. Ainsi, étudiants et professeurs ont la possibilité de lire 13 000 articles à partir de leur PC. Ceci est rendu possible grâce à une licence attribuant des numéros d'utilisateurs.
Plus généralement, un certain nombre d'éditeurs scientifiques (dont Springer) proposent dorénavant l'accès aux journaux électroniques, sur Internet notamment. Les modes de diffusion diffèrent : soit les sommaires des revues sont proposés, soit les résumés des articles ou l'article lui-même en texte intégral.

Le rôle du bibliothécaire

Le bibliothécaire reste le gardien de l'information que celle-ci soit archivée sur des rayonnages ou sous forme électronique ; c'est à lui qu'incombe la recherche de l'information et l'utilisation d'outils parfois très sophistiqués (sur Internet par exemple, ou pour l'interrogation de banques de données spécialisées). Son problème essentiel est de rendre un service maximal à l'utilisateur, en offrant l'accès aux numéros anciens et courants des périodiques, en développant des interfaces d'accès simplifié. De plus en plus, une nouvelle forme d'aide au lecteur se dessine, aide dictée par les technologies.

Et l'utilisateur ?

Le principal souci de l'utilisateur est l'accès à l'information et que celle-ci soit mise à jour. Il y a donc une corrélation évidente entre les différents intervenants de la chaîne documentaire.

En conclusion

L'archivage des journaux électroniques est donc un problème qui se pose de manière aigüe, et dont la valeur est significative : les documents numérisés font appel à des outils de recherche variés, à des formes d'archivage très différentes (que ce soit de l'information en texte intégral, sous forme de banque de données, ou en hypertexte) ; le support papier est loin d'offrir une telle variété, et c'est un des arguments actuels en faveur de l'archivage des journaux électroniques.

cop. JP Accart, 2007

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) L'information santé Tue, 03 Apr 2007 18:53:40 +0000
(1996) - IFLA Section of Biological and Medical Sciences Libraries https://www.jpaccart.ch/l-information-sante/1996-ifla-section-of-biological-and-medical-sciences-libraries.html https://www.jpaccart.ch/l-information-sante/1996-ifla-section-of-biological-and-medical-sciences-libraries.html

Section Newsletter, 1996, vol. 17, n° 2, pp. 2.


Our Section

Each member of the Biomedical Section is aware of the responsibility to maintain the life of the Section by encouraging membership, developing participation, and organizing high quality programs at every annual Conference.

During the two Standing Committee meetings in Istanbul last August, we worked together. Even though our Section is not as large as many others within IFLA, we appreciate its importance and believe in its service to medical librarianship. Our Section has an audience and we want to continue to encourage medical librarianship all over the world. We love our jobs!: it is as simple as that!

Membership provides the chance to travel every year to some part of the world and to meet our colleagues, offering them a program and giving them an opportunity to participate and tell their views and opinions. At every IFLA Conference I have attended, in Paris, Moscow, New Delhi, Barcelona, Havana, and Istanbul, we were confronted with social or political problems. How can we help our colleagues who are working in very bad conditions? One of our responses was to bring them our ideas and exchange our experiences. This will continue to challenge us in future conferences.

It is a great honour to be chosen Chair of the Biological and Medical Sciences Libraries Section of IFLA. Our Section is one of the newest, being established in 1978 (IFLA began in 1902). During my two-year term I wish to develop exchanges with colleagues, get to know them better and give them a chance to speak of their situation and their jobs. All Section members have worked hard during the past winter to propose an interesting and imaginative program for Beijing.

cop. JP Accart, 2007

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) L'information santé Tue, 03 Apr 2007 18:58:11 +0000
(1994) - L'information biomédicale au futur. https://www.jpaccart.ch/l-information-sante/1994-l-information-biomedicale-au-futur.html https://www.jpaccart.ch/l-information-sante/1994-l-information-biomedicale-au-futur.html

Techniques hospitalières, 1994, 582, mars, pp. 20-22.

L'information en chiffres et l'explosion des nouvelles technologies

Pour citer quelques chiffres probants en termes d'édition papier, prenons différentes sources : l'Ulrich's Periodicals Directory, dans sa 31ème édition (1992/93), dénombre 126 000 titres de périodiques existants. The Serials Directory (EBSCO) cite 20 millions d'articles publiés annuellement, soit 80 000 par jour ! . D'autre part, The Gale Directory of Databases, dans son édition de 1993, donne les chiffres suivants :

  • 5183 banques de données existantes (en 1972, 30 banques)
  • et 2204 producteurs de données (30 en 1972)
  • d'autre part, 1200 titres de CDROM existent à l'heure actuelle.

En pourcentage, cela donne :

  • en 1972, 83 % de BDD scientifiques et techniques et 15 % juridiques et économiques
  • en 1990, 35 % BDD sc et techn., 45 % BDD jur. et éco., 15 social et actualités

Le marché européen est largement dominé par les services américains (à la fois, en chiffres d'affaires et en produits proposés) :

  • USA : 58 % des BDD existantes
  • Europe, 34, 6 %
  • France : 12 % de la production européenne

Il apparait donc clairement que l'on assiste à une explosion de l'information, que ce soit sous la forme de documents primaires ou que ceux-ci soient traités et indexés, d'où la multiplication des banques de données. Comment accéder à cette information ? : réseaux de télécommunication, satellites, nouvelles technologies type CDROM ou disque optique numérique (DON), disque inscriptible (WORM), digitalisation, numérisation, forme électronique, périodique consultable en plein texte, fibres optiques, compression de données, toutes ces nouvelles donnes technologiques bouleversent totalement l'accès et la fourniture de l'information, et plus particulièrement l'information biomédicale.

D'autres parallèles sont à prendre en considération :

  • la montée en puissance des ordinateurs personnels dont les prix baissent et la capacité en mémoire augmente.
  • de plus, les compagnies traditionnelles de téléphone travaillent de plus en plus ensemble en vue de créer des réseaux internationaux : rapprochement récents de ATT et Macaw Cellular aux Etats-Unis, British Telecom et MCI en Grande-Bretagne.
  • les logiciels permettant d'avoir un standard international pour les publications se développent. Un des plus récents est ADOBE ACROBAT.

Le rôle des bibliothèques médicales

L'équipement des bibliothèques médicales en nouvelles technologies est très inégal selon les pays et les continents. En France, les CDROM (Medline, PASCAL, Embase) s'implantent progressivement, surtout dans les bibliothèques universitaires et les bibliothèques hospitalières. Ce phénomène va aller en s'amplifiant. Aux Etats-Unis, 60% des bibliothèques médicales sont équipées en CDROM. Une autre technologie de pointe utilisée dans les bibliothèques médicales américaines est la scannérisation et la transmission des images de documents ainsi scannerisés. L'image est envoyée par ligne téléphonique : le receveur doit être équipé d'un logiciel spécifique, d'une imprimante laser et d'un ordinateur. Les bibliothèques utilisent le logiciel ARIEL, développé par The Research Libraries Group, qui compresse ou décompresse les images scannérisées afin de rendre la transmission plus rapide.
Les bibliothèques médicales restent cependant les principales utilisatrices des centres de fourniture de documents.

Les grands centres de fourniture de documents

Pour l'utilisateur final, en l'occurrence en ce qui concerne l'information biomédicale, le médecin, le chercheur ou l'étudiant, l'accès à cette information est primordiale ; il lui faut trouver des réponses précises et immédiates sur des points précis tels que :

  • répondre à un problème posé par un malade
  • soigner une pathologie particulière
  • connaitre les interactions médicamenteuses
  • être au courant de la littérature existant sur un sujet particulier
  • rédiger une thèse, un mémoire, un article...

De plus en plus, le bibliothécaire médical est sollicité en vue de fournir une information valable et vérifiable, ainsi qu'une délivrance rapide de l'article demandé. La proportion du budget dévolu aux périodiques dans une bibliothèque universitaire est d'environ 70 %, mais avec la montée croissante du prix des abonnements, ce budget décroit de 3 et 4 % par an. Le recours aux grands centres de fournitures de documents est de plus en plus fréquents.

De grands centres de fourniture de documents ont été créés. En Europe :

  • l'INIST-CNRS (Nancy)
  • The British Library Document Supply Centre (BLDSC) soit 3, 4 millions d'articles fournis en 1991. Ce centre existe depuis une trentaine d'années.
  • l' OCLC aux Etats-Unis
  • et TIBDOC (Hanovre) parmi les principaux.

Des institutions, telles l'INIST à Nancy ou la Finnish Medical Association ont déjà misé sur le futur. D'autres projets, plus globaux, (le projet EDIL de la Communauté Economique Européenne) visent à ce que les grands centres de fourniture de documents collaborent.

L'exemple de l'INIST à Nancy

Les collections de l'INIST couvrent la littérature scientifique et technique, les rapports, les actes de congrès, soit un répertoire de 27000 titres de périodiques. Parmi ces titres, 2000 ont été choisis afin de mettre sur pied le projet de fourniture électronique de documents. Les documents sélectionnés sont systématiquement scannés en mode digital. Cette digitalisation, commencée en 1990, représente un volume de 2 millions de pages par an : les images sont stockées sur un disque WORM (6, 4 gigabyte), dont la capacité d'une face est de 70 000 pages. Un chargeur contenant 131 disques est relié à trois micro-ordinateurs : ceux-ci sont équipés de tableaux de télécommunication ; la transmission sur les réseaux de télécommunication est ainsi possible pour la délivrance des documents (pour la France, via NUMERIS).
L'INIST reçoit des demandes de documents par l'intermédiaire des grands serveurs (Questel, Dialog, Esa, ...) ou par le prêt interbibliothèque électronique (PEB ou OCLC) ou le Minitel. Les autres formes classiques de demandes de documents (fax, téléphone, formes papiers) sont également possibles. Si le document demandé est disponible sous format digital, il sera fourni par fax (Groupe III ou IV). Ce système n'entraine pratiquement pas d'intervention humaine. A l'heure actuelle, 45 % des documents fournis par l'INIST sont stockés sous forme électronique.

L'exemple finlandais : FINMET, réseau médical finnois

L'Association Médicale Finnoise (FMA) a créé depuis le milieu des années 1980 un réseau d'information appelé FINMET (sur le modèle américain AMANET) afin de répondre aux besoins de quelques 600 physiciens. Ce réseau utilise la messagerie électronique, ce qui permet rapidité et confidentialité, et donne la possibilité de communiquer individuellement ou avec un groupe de personnes, ainsi que des accès télématiques à différents services (bancaires, transports, d'actualité): ceci afin de faciliter les contacts entre physiciens. FINMET met ainsi à la portée de tout physicien et des bibliothèques universitaires hospitalières, les services de la FMA et des grandes banques de données biomédicales telle Medline.

Le projet EDIL de la Communauté Européenne

Le projet EDIL (Electronic Document Interchange between Libraries) a débuté en janvier 1993. Il doit rendre effectif l'échange de documents électroniques entre 4 réseaux européens de bibliothèques :

  • le système PICA aux Pays-Bas
  • le British Library Document Supply Center en Grande-Bretagne
  • le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche en France
  • l'UniversitätsBibliothek et le Technische InformationsBibliothek de Hanovre

Ce projet assurera à l'Europe un rôle majeur dans le développement du marché mondial de la fourniture de documents, marché qui doit considérablement s'amplifier dans les 20 années à venir.
Avec la crise économique, les bibliothèques cherchent des solutions et des alternatives à la fourniture de documents. Les moyens actuels de télécommunications et la technologie informatique permettent de transmettre l'information rapidement et à un coût raisonnable. Le prêt interbibliothèque s'est ainsi accru ces dernières années de façon irrépressible. On estime à 20 millions les documents fournis par le prêt interbibliothèque dans le monde.

Cependant, les éditeurs scientifiques réagissent et utilisent eux aussi les nouvelles technologies.

La réponse des éditeurs scientifiques

Les grands éditeurs scientifiques mondiaux ont cherché une réponse au problème de l'accès à l'information. La forme électronique du périodique scientifique (c'est-à-dire en plein texte, consultable en ligne ou sur CDROM) semble être la réponse la plus appopriée. Parmi les principaux éditeurs scientifiques mondiaux, on peut citer :

  • Blacwell en Grande-Bretagne
  • Cambridge Scientific Abstracts (Bethesda-USA)
  • Elsevier (Amsterdam) qui développe en mode électronique la possibilité de consulter 400 périodiques 2 semaines avant la version imprimée.
  • Springer-Verlag (Allemagne-USA) offre le même service via INTERNET sur 30 périodiques 6 semaines avant publication
  • The Institute for Scientific Information (ISI) à Philadelphie

Les éditeurs scientifiques collaborent de plus en plus. Voici quelques exemples :

  • BRS Information Technologies avec Comprehensive Core Medical Library (CCML) qui propose, en ligne, le texte intégral de 80 périodiques médicaux courants et 16 ouvrages de références, et permet, grâce à la procédure LINK, de passer automatiquement à Medline et Embase, banques de données bibliographiques.

     

  • Depuis 1992, un nouveau venu américain est apparu en Europe : ce sont les fichiers médicaux de Mead Data qui proposent en ligne des produits très divers :
    • le texte intégral de 14 périodiques depuis 1982
    • le texte intégral de FDC Reports Newsletters : industrie pharmaceutique, équipement et matériel médical, cosmétiques, recherche, médicaments
    • des banques de données telles DRUG INFORMATION FULLTEXT à partir de deux publications de l'American Society of Hospital Pharmacist ; PDQ en cancérologie ; Medline.
    • les bases de données de Micromedex : Micromedex a créé depuis 1974 des BDD qui sont des instruments professionnels, des systèmes d'aide à la décision pour le médecin dans l'exercice de ses fonctions. La rédaction est assurée par plus de 350 experts, avec une équipe rédactionnelle interne et mise à jour tous les trimestres. Cela comprend :
      • POISONDEX : BBD toxicologique
      • EMERGINDEX, écrit par et pour les médecins ayant à pratiquer une médecine d'urgence et à surveiller des affections à risque, pour les aider à faire rapidement un diagnostic exact et procéder à un traitement efficace des patients en phase aigüe. La base est formée de deux fichiers : "Clinical Reviews" et "Clinical Abstracts" et s'interroge grâce à un thesaurus inspiré du Mesh.
      • DRUGDEX donne des informations sur les médicaments, à l'intention des pharmaciens, médecins qui ont à prescrire.

        Ces 3 bases (POISONDEX, EMERGINDEX, DRUGDEX) sont construites sur le même modèle rigoureux, très détaillé. Il est possible d'aller chercher directement à l'intérieur d'un texte sur une affection, un médicament. Des centaines d'hôpitaux américains utilisent ces bases depuis des années.

Un dernier exemple est celui de l'éditeur scientifique britannique Blackwell qui a créé depuis 1988 une "joint venture" avec CARL systems Inc afin de développer un produit UNCOVER à un niveau international. Il s'agit de délivrer en ligne le sommaire de 10 000 revues. Ce service est ouvert aux particuliers et aux bibliothèques. Le document choisi parmi ces sommaires peut être commandé en ligne ; il est faxé dans les 24h à un prix de 10 dollars. UNCOVER projette de couvrir 14 000 à 25 000 titres de revues. Cela représentera dans le futur une banque de données exhaustive s'adressant aussi bien à l'utilisateur lambda aux Etats-Unis, qu'en Europe et en Asie

L'information biomédicale au futur

Le futur de l'information biomédicale est donc dans la délivrance immédiate du texte intégral de l'article recherché soit sous forme électronique, soit grâce au CDROM, soit par l'accès en ligne. Et ceci directement sur l'ordinateur personnel du chercheur.

La meilleure forme (la plus employée à l'heure actuelle et qui le sera dans le futur) est la forme électronique via les grands réseaux de communications (INTERNET, satellites).

Les CDROM en texte intégral sont eux aussi de plus e
plus nombreux : la National Library of Medicine (USA) commercialise les principaux hebdomadaires en médecine (Lancet, New England Journal of Medicine, British Medical Journal, Annals of Internal Medicine) en texte intégral sur CDROM sur 5 années. Un autre exemple est ADONIS qui contient 500 périodiques biomédicaux (150 000 articles) provenant de 50 éditeurs.
Les éditeurs, dorénavant, proposent l'accès, non plus à une banque de données dans son intégralité, mais par spécialité (Gynécologie, Cardiologie etc..), avec également la possibilité d'accéder en ligne à une autre banque de données à partir d'un CDROM.

Pour l'accès en ligne, d'autres réalisations sont en cours : la société européenne INFOPRO a élaboré ORBIT, soit 10 banques de données scientifiques interrogeables simultanément. A Montpellier, le projet de l'Anté-serveur est développé : c'est un système autonome qui met l'utilisateur, par l'intermédiaire direct de son micro-ordinateur (PC, Macintosh) ou de son minitel, en contact avec l'ensemble des banques de données disponibles. L'utilisateur pose sa question, celle-ci est traduite par l'Anté-serveur (interface intelligente qui décrypte et analyse la question, interroge les banques de données) : la réponse peut provenir de plusieurs banques de données interrogées simultanément, en ligne et sur vidéotex.

L'avenir de la documentation médicale, de par les progrès réalisés par les nouvelles technologies, s'annoncent donc riche et prometteur. Il prend totalement en compte les souhaits de l'utilisateur final : l'utilisateur désire l'accès à l'information de quelque lieu où il se trouve et à n'importe quel moment. Le bibliothécaire doit lui fournir les moyens d'accès à cette information.

Bibliographie

(1) ACCART J.P. L'Accès à l'information spécialisée à l'hôpital : le point de vue des utilisateurs. IFLA Barcelona 1993, booklet 2, 35-37.
BOUCHEIX C. La Communication électronique dans les sciences biomédicales. INSERM Actualités, 1994, jan-fev., n° 122, pp. 12-14.
(2) COLAIANNI L.A. Document delivery : some considerations for the future. IFLA Barcelona 1993, booklet 2, 37-38.
(3) DESCHAMPS C. Les projets ION et EDIL. IFLA Barcelona 1993, booklet 2, 41-43.
(4) CORNISH G.P. UAP : access to documents in the biological and medical sciences. IFLA Barcelona 1993, booklet 2, 39-41.
(5) FLEISH H. The View of an informed user on access to information in the future. IFLA Workshop, Thursday, August 26th 1993.
(6) LUIJENDIJK W.C. Document delivery. IFLA Workshop, Thursday, August 26th 1993.
(7) LUPOVICI C. New technologies for document deliveries at INIST. IFLA Workshop, Thursday, August 26th 1993.

cop. JP Accart, 2007


 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) L'information santé Tue, 03 Apr 2007 19:03:56 +0000
(1994) - Des bibliothécaires européens en bonne santé! https://www.jpaccart.ch/l-information-sante/1994-des-bibliothecaires-europeens-en-bonne-sante.html https://www.jpaccart.ch/l-information-sante/1994-des-bibliothecaires-europeens-en-bonne-sante.html

Bulletin de l'Association des Bibliothécaires Français, 1994, n° 163, pp. 225.

Berceau de la médecine en France, Montpellier possède la plus ancienne faculté de médecine du monde actuellement en exercice. Né au XIIème siècle, l'enseignement de la médecine a toujours fait partie des attributions les plus insignes de la ville. L' Université se trouvait, en effet, au carrefour de la médecine gréco-latine et de la médecine judéo-arabe : des étudiants de toute l'Europe y affluèrent. Il s'y développa ainsi une médecine humaniste.
En cette fin de 20ème siècle, Montpellier, technopole, accueille Euromédecine, le Centre de Calcul, développe le projet de l'Anté-serveur, et va accueillir le futur Catalogue de France.

C'est donc après Bruxelles en 1986 et Bologne en 1988, que la toute jeune et dynamique Association Européenne pour l'Information et les Bibliothèques de Santé (AEIBS) a tenu sa Conférence, dans cette ville symbole pour la médecine que représente Montpellier. Quelques mots, tout d'abord, sur l'Association avant d'aborder la Conférence elle-même.

Constituée en 1987 à Brighton sous l'égide de la Communauté Européenne et de l'Organisation Mondiale de la Santé, l'AEIBS s'est définie plusieurs buts dont le principal est de mettre les services des bibliothèques de santé à la disposition des professionnels de santé par la coopération et le partage des expériences au-delà des frontières. Concrètement, cela se traduit, cette année, par la mise en place d'un réseau d'échanges de photocopies d'articles médicaux en faveur des pays de l'Est : un certain nombre de bibliothèques médicales européennes ont déjà donné leur accord pour l'envoi gratuit de ces photocopies.

Un autre but défini dans les statuts de l'Association est de tenir les bibliothécaires de santé informés professionnellement, et ce, de plusieurs manières :

  • en publiant une "Newsletter" trimestrielle en anglais et en français, les deux langues officielles de l'Association ; des informations sont données, grâce à des correspondants européens:
    • sur les différents systèmes de santé en Europe,
    • les bibliothèques de santé en Espagne, en Italie ou en Norvège,
    • le devenir des CDROM médicaux,
    • ou les dernières publications sur la santé.
    Cette "Newsletter" se veut être le lien entre les quelques 500 membres de l'Association
  • en encourageant la mobilité professionnelle dans le cadre élargi que représente l'Europe de 1992 : des échanges professionnels sont proposés entre institutions
  • en offrant des cours d'éducation continue : chaque conférence donne lieu, en effet, à une série de cours professionnels sur des sujets aussi divers que le management d'une bibliothèque médicale, l'utilisation de CDROM en réseaux, la pratique du télédéchargement ou la bibliométrie

Le troisième but de l'Association est de représenter les bibliothécaires de santé à un niveau européen, en particulier auprès de la CEE et de l'OMS, en vue, par exemple, que des recommandations soient faites à un niveau européen pour une plus grande diffusion de l'information de santé

En outre, l'AEIBS organise des ateliers de travail et des séminaires ; elle est représentée au niveau de l'International Federation of Library Associations (IFLA) et de la Medical Library Association (MLA aux USA).
Enfin, elle publie un "Annuaire des bibliothèques médicales en Europe", et les actes des conférences.

L'année 1992 était l'occasion d'élections afin de renouveler le président, le bureau et le conseil de l'Association. Les résultats furent proclamés à Montpellier : en 1993-1994, l'AEIBS aura un nouveau président en la personne du très britannique Tony Mc SEAN, bibliothécaire de la British Medical Association Library à Londres , l'actuelle présidente est Mme Monique CLELAND du Centre Hospitalier Universitaire Vaudois à Lausanne.

Les deux membres délégués de la France auprès du Conseil sont :

  • Pierre-Marie BELBENOIT-AVICH, conservateur à la Bibliothèque Universitaire de Lyon
  • Jean-Philippe ACCART, bibliothécaire-documentaliste au Centre Hospitalier d'Argenteuil


La 3ème Conférence européenne des bibliothèques de santé avait pour thème :

"Le transfert de l'information : temps nouveaux, méthodes nouvelles".

Comment connaitre et partager des expériences communes ? Se tenir au courant de l'évolution des recherches dans le domaine médical ? Quel sera le rôle du bibliothécaire médical ? Quelle est la nature des besoins à satisfaire ? Quelle information diffuser et sous quelle forme ? La bibliothèque du futur était donc au centre du débat.
Toutes ces interrogations des professionnels de santé ont trouvé des réponses grâce aux quelques 80 communications faites à Montpellier, à une session de posters et à la tenue de tables rondes :
l'une sur l'industrie pharmaceutique et l'autre sur la documentation hospitalière.

Parmi les thèmes présentés, en voici trois qui ont retenu l'attention:

Le rôle du bibliothécaire médical

Mis à part les problèmes de statut et de reconnaissance du métier qui sont communs à l'ensemble de la profession, la question de l'éthique et de la déontologie du métier a été abordée. Les nouvelles technologies, très employées dans les bibliothèques médicales, ont, en effet, changé la manière dont l'information est délivrée. Un exemple frappant a été donné : des informations fournies à un médecin par des bibliothécaires médicaux se sont révélées néfastes pour la santé d'un malade ; celui-ci s'est retourné contre l'hôpital où il a été soigné. Un tel problème soulève bien des questions, et l'établissement d'un Code de déontologie professionnelle semble être une des préoccupations à l'ordre du jour.
Un profil type du bibliothécaire médical se dégage également mis en avant par l'Association des Bibliothécaires Néerlandais : celle-ci a formulé de manière précise un système d'évaluation du bibliothécaire médical ; celui-ci est basé sur le savoir professionnel, la formation et l'expérience. Il propose également un programme de remise à niveau professionnelle à raison de sessions de deux ou trois jours sur une période de trois années. Ceci afin de faire reconnaitre officiellement la profession, d'établir une grille de salaires et un avancement possible.
D'autre part, de conservateur de livres, le bibliothécaire a vu son rôle évolué en professeur, chercheur sur informatique, expert en information. Quel sera son futur ? de plus en plus probablement celui d'un intermédiaire, d'un consultant, ce qui signifierait, d'une certaine manière la fin des bibliothèques telles que nous les connaissons.

Les nouvelles technologies

Le monde des bibliothèques médicales a été complètement bouleversé par l'arrivée des nouvelles technologies. Pour citer un exemple, 60 % des bibliothèques médicales américaines sont équipées de lecteurs de CDROM. L'Europe suit le même chemin. Nul doute que la possibilité d'interroger une banque de données à la fois en ligne et sur CDROM, ou que l'arrivée des banques de données en texte intégral (full-text) vont changer également l'approche de la documentation médicale, ainsi que le prêt interbibliothèque : ces banques de données peuvent fournir le texte complet d'ouvrages, de communications à des congrès, d'articles de périodiques (le New England Journal of Medicine est maintenant accessible en ligne en full-text sur son propre serveur). Un groupe d'éditeurs scientifiques proposent déjà toute une série de périodiques scientifiques sur CDROM (ADONIS du groupe Elzevier).
Le minitel (plus de 6 millions en France) ou le vidéotex en tant que nouveau mode de diffusion des informations en Médecine et Santé publique offre également de grandes possibilités aux utilisateurs : deux cent services sont proposés sous le thème "Santé".
Enfin, le projet de l'Anté-serveur a été développé : c'est un système autonome qui met l'utilisateur, par l'intermédiaire direct de son micro-ordinateur (PC, Mac) ou de son Minitel, en contact avec l'ensemble des banques de données disponibles. L'utilisateur pose sa question, celle-ci est traduite par l'Anté-serveur (interface intelligente qui décrypte et analyse la question, interroge les banques de données) : la réponse peut provenir de plusieurs banques de données interrogées simultanément, en ligne et sur mode vidéotex.

L'information médicale au sein de l'hôpital

La classique distinction entre l'information médicale et l'information administrative à l'hôpital est, en fait, relativement inconsistante. 60 % du budget de fonctionnement d'un hôpital est consacré à la gestion de l'information : en effet, l'information médicale est recueillie et gérée par les soignants, ce qui demande un certain nombre de connaissances et de faits constatés sur les patients (types de pathologies, décisions médicales, traitements employés). L'information est ensuite administrative, elle est recueillie par les gestionnaires, pour le dossier médical et les frais d'hospitalisation. En fait, les deux informations sont nécessaires aux soins : un gestionnaire doit avoir une culture médicale, et un médecin doit connaitre les règles de gestion hospitalière, l'information médicale restant évidemment la plus complexe.
De fait, l'hôpital présente une complexité organisationnelle et sociologique : il y a deux mondes qui s'ignorent (le médical et l'administratif) séparés par la culture, le statut social. Le monde infirmier est coincé entre les deux.
Il faut donc trouver un moyen terme afin que ces deux mondes puissent coexister et échanger les informations, car une gestion sans finalité, par un système purement comptable serait une erreur ; et une médecine trop technique, éclatée en de multiples spécialités sans efficience.
La mise en place du P.M.S.I. (Programme de Médicalisation des Systèmes d'Information) et la création des D.I.M. (Département d'Information Médicale) sont les premières étapes d'une longue marche qui devrait conduire à une vision renouvelée et partenariale de la gestion et de l'évaluation hospitalières

De nombreux autres thèmes furent traités à Montpellier parmi lesquels la communication scientifique, la coopération nationale et internationale, le lecteur, l'information dans l'industrie pharmaceutique, l'histoire de la médecine, les bibliothèques de santé et la documentation hospitalière. Les Actes de la Conférence seront publiés prochainement.

Le prochain rendez-vous des bibliothécaires médicaux est fixé à Oslo, du 28 juin au 2 juillet 1994 sous le thème : "l'information de santé : nouvelles possibilités". Rendez-vous est pris!!

cop. JP Accart, 2007

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) L'information santé Tue, 03 Apr 2007 19:05:55 +0000
(1993) - L'informatique, c'est à la Villette. https://www.jpaccart.ch/l-information-sante/1993-l-informatique-c-est-a-la-villette.html https://www.jpaccart.ch/l-information-sante/1993-l-informatique-c-est-a-la-villette.html

Revue de l'infirmière, 1993, n° 18, pp. 51-54.

La Cité des Sciences et de l'Industrie de La Villette présente, au sein de l'espace Explora, un certain nombre d'expositions dont les thèmes sont très divers. Depuis le 13 juillet 1993, s'est ouverte une exposition permanente sur l'Informatique au coour de la société. Vaste programme s'il en est, mais qui permet de saisir combien la science a pris une place prépondérante dans notre vie courante.

Ainsi, nous est expliqué l'ordinateur, ses principes et son fonctionnement. Cette exposition, qui remporte un grand succès, se veut avant tout didactique et attractive, faite pour un large public.
>Qu'est-ce qu'un ordinateur ? Une mémoire vive ? À quoi correspond un programme ? Un fichier ?
L'exposition est divisée en une suite de séquences de 5 à 10 minutes chacune, séquences que l'on peut suivre sur un écran de télévision, grâce à des images de synthèse. Quatre petits espaces, correspondant chacun à 4 éléments essentiels de l'ordinateur (le programme, l'unité centrale, la mémoire, les entrées/sorties), ont été organisés. Dans chacun d'eux, un éclairage à la fois historique et actuel est proposé. Par exemple, une vidéo réalisée à partir d'images d'archives retrace dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale la naissance de l'ordinateur. Ou encore, afin d'apprécier la diversité des entrées/sorties, le visiteur s'initie à la reconnaissance vocale: il se déplace grâce à la voix Qans l'image d'un labyrinthe. Il peut découvrir également l'ampleur de certains programmes comme celui d'un traitement de texte.
Reliant les deux parties de l'exposition, une" galerie " de portraits présente quelques pères fondateurs de l'informatique comme John Von Neumann ou Alan Türing, ou encore des figures de la micro-informatique : Steve Jobs et Bill Gates.

Voici donc, en quelques pages, les éléments essentiels de cette exposition qui vous permettront de mieux comprendre le fonctionnement d'un ordinateur.

Présentation d'un système informatique

Un système informatique est composé de deux parties bien distinctes :

- Le matériel (Hardware, en anglais) qui comprend aussi bien l'ordinateur proprement dit que tous les appareils qui lui sont connectés.

- Les logiciels (Software, en anglais) ou programmes, sans lesquels un ordinateur ne peut fonctionner. Le logiciel de base de tout micro-ordinateur est le système d'exploitation qui est le gestionnaire de l'ordinateur. Pour les ordinateurs compatibles IBM-PC (les plus courants sur le marché) le système d'exploitation s'appelle MSDOS.

Le matériel

Un poste informatique standard se compose d'une unité centrale, d'un moniteur, d'un clavier, d'une souris et d'une imprimante.

L'unité centrale
C'est là que sont situés les éléments vitaux d'un micro-ordinateur. Elle comprend au minimum :

  • la carte mère avec le microprocesseur,
  • le contrôleur des lecteurs de disquettes,
  • le disque dur et le(s) lecteur(s) de disquettes,
  • l'alimentation électrique.

Le moniteur
Quasi indispensable à l'utilisation d'un micro-ordinateur, il sert à vérifier si les entrées faites au clavier ou à l'aide de la souris sont correctes, à afficher les résultats des opérations demandées, les messages d'erreurs etc. Monochrome ou couleur il peut afficher du texte, des images ou les deux à la fois.

Le clavier
Il permet d'entrer des données dans l'ordinateur. Il est composé de trois parties :

  • le clavier alphabétique assez semblable à celui d'une machine à écrire avec toutefois quelques touches spéciales de plus.
  • le pavé numérique, à droite du clavier, servant à entrer des chiffres.
  • les touches de fonctions en haut du clavier, qui ont un rôle particulier dans chaque logiciel.

La souris
C'est un système d'entrée des données composé d'un petit boîtier muni de deux boutons poussoirs. Elle est connectée au micro-ordinateur par un fil.
La souris permet à l'utilisateur de se déplacer n'importe où à l'écran sans devoir utiliser les touches de déplacement du curseur.
Le déplacement de la souris sur le bureau provoque le déplacement du curseur à l'écran. Les boutons servent de boutons de commande pour sélectionner un objet ou effectuer une action.

L'imprimante
Elle sert à imprimer des documents, textes et images. C'est le complément indispensable d'un micro-ordinateur. Il existe plusieurs catégories d'imprimantes ayant des caractéristiques différentes :

  • les imprimantes matricielles, rapides mais bruyantes ne permettent pas une très bonne qualité d'impresssion. Ce sont les moins chères.
  • les imprimantes à jet d'encre, assez rapides et silencieuses, elles offrent une bonne qualité d'impression.
  • les imprimantes laser, rapides et silencieuses, elles permettent l'impression de documents de qualité parfaite, proche de la photocomposition.

Les logiciels

Les logiciels, ou programmes informatiques, sont absolument indispensables au fonctionnement d'un microordinateur. Il existe deux grandes catégories de logiciels :

  • les logiciels d'application, programmes permettant l'exécution de tâches spécifiques: traitement de texte, tableur, facturation, bases de données etc.
  • le système d'exploitation, véritable chef d'orchestre de l'ordinateur.

Un exemple: le système d'exploitation MS-DOS

Généralités

C'est le programme informatique de base d'un micro-ordinateur indispensable à son utilisation. Pour les micro-ordinateurs Compatibles PC, le système d'exploitation s'appelle MS-DOS.
MS sont les initiales de la société MicroSoft qui édite ce logiciel et DOS est l'abréviation anglaise de Disk Operating System que l'on peut traduire par système d'exploitation des disques.
Mais MS-DOS ne se limite pas à la gestion des disquettes. C'est un programme spécialisé, spécifique d'un type de micro-ordinateur donné, qui assure le bon fonctionnement de l'ordinateur et gère les différents appareils qui lui sont connectés (moniteur, clavier, souris, imprimante...).
Il prend en charge la gestion complète du système, maître d'reuvre et surtout traducteur. C'est l'intermédiaire indispensable entre l'ordinateur et l'utilisateur. En effet, le microprocesseur, circuit intégré spécialisé dans la gestion, ne peut comprendre qu'un langage codé en numérotation binaire, c'est-à-dire uniquement composé de O et de 1.
Grâce à MS-DOS nous pouvons donc communiquer plus facilement avec l'ordinateur et faire comprendre d'un langage certes encore assez éloigné d'un langage naturel les actions que nous voulons faire exécuter par l'ordinateur.
Pour pouvoir comprendre le fonctionnement de MS-DOS il faut expliquer quelques notions de base concernant le fonctionnement d'un micro-ordinateur .

Les différents types de mémoires

Il existe trois grands types de mémoires en micro-informatique : la mémoire morte ou ROM, la mémoire vive ou RAM, les mémoires de stockage ou mémoires de masse.

La mémoire morte ou ROM
C'est une mémoire interne dans laquelle il est seulement possible de lire un peu comme un livre qui contient un texte immuable qu'on ne peut modifier. Son nom anglais ROM, abréviation de Read Only Memory signifie mémoire qu'il est seulement possible de lire.
Le programme qui a été écrit dans la ROM est fixé une fois pour toutes ; puisqu'il est seulement possible de le lire, il est donc indestructible et l'utilisateur {même par une fausse manreuvre) ne pourra le changer.
La ROM contient généralement les programmes nécessaires à la mise en service de l'appareil.

La mémoire vive ou RAM
La mémoire vive ou RAM, en anglais Random Access Memory c'est-à-dire mémoire à accès aléatoire, est une mémoire interne dans laquelle, à la différence de la ROM, on peut à la fois lire ou écrire des données. Autre différence fondamentale, la RAM est .une mémoire volatile qui est vidée lors de la mise hors tension de l'appareil.
La nécessité d'un support fixe pour conserver les données amène à étudier le troisième type de mémoire d'un micro-ordinateur.

Les mémoires de stockage
Les mémoires de stockage, encore appelées mémoires de masse, servent à stocker les programmes et les données afin de les conserver et de les réutiliser. Les principales mémoires de masse sont : -les disquettes souples, -les disques durs, -les cassettes pour streamers.
Sans entrer dans plus de détails, il faut retenir que sur 1 octet on peut stocker 1 caractère, lettre, chiffre ou code de contrôle. L'unité de mesure de base en matière d'informatique est donc l'octet, et ses multiples sont le kilo-octet et le méga-octet.


En résumé


L'OCTET contient 1 caractère.
Le KILO-OCTET contient 1 000 octets, donc 1 000 caractères.
Le MÉGA-OCTET contient 1 000 kilo-octets ou 1 000 000 octets, donc 1 000 000 caractères.

Les disquettes

Les disquettes sont des supports magnétiques destinés à stocker des programmes informatiques ou des données. Sur micros compatibles-PC existent deux formats de disquettes : 5 pouces 1/4 et 3 pouces 1/2 qui est le format le plus employé actuellement.
Pour chaque format de disquette, il y a deux sous-catégories :
- double densité (DD),
- haute densité (HD).
Une disquette est composée d'un disque magnétique entouré d'une enveloppe de plastique souple (5 pouces 1/4) ou rigide (3 pouces 1/2).
Avant de pouvoir utiliser une disquette il faut la préparer en traçant des pistes concentriques et en déterminant des secteurs (pareils à des parts de camembert), ce qui est nécessaire pour que l'ordinateur sache où les informations sont stockées.
Cette opération s'appelle formater une disquette. Elle est réalisée par une des commandes de MS-DOS.


Conseils d'utilisation

Une disquette est sensible à certains facteurs d'environnement; il ne faut pas l'exposer au soleilou à une chaleur excessive et il faut la maintenir éloignée des champs magnétiques. Il ne faut pas non plus la mettre en contact avec des liquides ou 'ui faire subir des chocs trop importants. Il pourrait en résulter des altérations du support magnétique et une perte des données.

Le disque dur

Les disques durs sont des mémoires de masse de très grande capacité: de 20 à plusieurs centaines de mégaoctets permettant à l'utilisateur de stocker plusieurs dizaines de millions de caractères sur le même disque.
Tous les logiciels utilisés peuvent être également installés sur le disque, évitant par là d'incessants changements de disquettes dans le lecteur. C'est d'ailleurs une mémoire de stockage indispensable à l'utilisation des logiciels modernes.
Un disque dur peut contenir une très grande quantité de données, d'où la nécessité d'une organisation particulière par rapport aux disquettes.
En effet, un disque dur peut très vite contenir plusieurs centaines à plusieurs milliers de programmes ou documents différents et il devient quasiment impossible de retrouver un document particulier dans cette masse.
C'est pourquoi MS-DOS permet de compartimenter le disque dur un peu comme les étagères d'une armoire afin de pouvoir ranger les programmes et les documents selon un ordre logique.
Ces compartiments s'appellent des répertoires. Sous MS-DOS, les répertoires ont une structure dite arborescente, c'est-à-dire qu'un répertoire peut s'ouvrir sur un autre répertoire, et ce sur autant de niveaux que l'on veut.
Le répertoire d'accès au disque dur {celui dans lequel on se trouve lorsqu'on allume l'appareil) s'appelle le répertoire racine.
C'est la porte d'entrée du disque.

Les fichiers

On désigne par le nom de fichier tout ensemble de codes formant un pro:: gramme informatique ou document créé par un programme informatique.
Pour pouvoir individualiser les fichiers se trouvant sur une disquette ou un disque dur, il est indispensable de leur donner un nom.
Chaque fois que vous sauvegarderez un document créé il faudra lui choisir un nom. Ce nom, qui devra évoquer au mieux le contenu du document, sera composé d'un maximum de huit caractères.

Enfin, pour terminer, il faut parler de l'informatique et des virus.

Informatique et virus

Un virus informatique est un programme introduit sur une disquette et destiné à accomplit un certain nombre d'actions dans le but de nuire aux utilisateurs de cette disquette.
Ce programme clandestin pourra se propager à d'autres disquettes lors de duplication ou pourra se greffer sur le disque dur des différents micro-ordinateurs sur lesquels seront utilisées les disquettes.
Les conséquences de cette infestation pourront être très vflriables. Certains virus vont attaquer des programmes dans le but de les détruire, d'autres se fixeront sur les parties les plus importantes du disque dur, entraînant à terme la perte des données ou l'impossibilité d'acc&ea
ute;der au disque.
Le phénomène est en recrudescence actuellement et il convient d'examiner les moyens à mettre en reuvre afin de limiter le risque de contamination des appareils. Les moyens de lutte contre les virus informatiques sont de deux ordres: préventifs ou curatifs.

Quels sont les moyens de prévention utilisables ?

  • protéger les disquettes en écriture,
  • ne pas utiliser de disquettes d'origine inconnue,
  • ne pas réamorcer le système avec une disquette dans le lecteur.

Voici donc, en résumé, les principes de fonctionnement de l'ordinateur.
Ces quelques explications, synthétisées de manière très attrayante à La Villette, vous permettront de mieux appréhender le monde de l'informatique. A vos ordinateurs!

cop. JP Accart, 2007

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) L'information santé Tue, 03 Apr 2007 19:13:41 +0000
(1993) - L'information biomédicale au futur (2) https://www.jpaccart.ch/l-information-sante/1993-l-information-biomedicale-au-futur-2.html https://www.jpaccart.ch/l-information-sante/1993-l-information-biomedicale-au-futur-2.html

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) L'information santé Tue, 03 Apr 2007 19:18:03 +0000
(1993) - L'information biomédicale au futur https://www.jpaccart.ch/l-information-sante/1993-l-information-biomedicale-au-futur.html https://www.jpaccart.ch/l-information-sante/1993-l-information-biomedicale-au-futur.html

Bulletin de l'Association des Bibliothécaires Français, 1993, n° 161, pp. 56-57.

L'information en chiffres et l'explosion des nouvelles technologies

Pour citer quelques chiffres probants en termes d'édition papier, prenons différentes sources : l'Ulrich's Periodicals Directory, dans sa 31ème édition (1992/93), dénombre 126 000 titres de périodiques existants. The Serials Directory (EBSCO) cite 20 millions d'articles publiés annuellement, soit 80 000 par jour ! . D'autre part, The Gale Directory of Databases, dans son édition de 1993, donne les chiffres suivants :

  • 5183 banques de données existantes (en 1972, 30 banques)
  • et 2204 producteurs de données (30 en 1972)
  • d'autre part, 1200 titres de CDROM existent à l'heure actuelle.

En pourcentage, cela donne :

  • en 1972, 83 % de BDD scientifiques et techniques et 15 % juridiques et économiques
  • en 1990, 35 % BDD sc et techn., 45 % BDD jur. et éco., 15 social et actualités

Le marché européen est largement dominé par les services américains (à la fois, en chiffres d'affaires et en produits proposés) :

  • USA : 58 % des BDD existantes
  • Europe, 34, 6 %
  • France : 12 % de la production européenne

Il apparait donc clairement que l'on assiste à une explosion de l'information, que ce soit sous la forme de documents primaires ou que ceux-ci soient traités et indexés, d'où la multiplication des banques de données. Comment accéder à cette information ? : réseaux de télécommunication, satellites, nouvelles technologies type CDROM ou disque optique numérique (DON), disque inscriptible (WORM), digitalisation, numérisation, forme électronique, périodique consultable en plein texte, fibres optiques, compression de données, toutes ces nouvelles donnes technologiques bouleversent totalement l'accès et la fourniture de l'information, et plus particulièrement l'information biomédicale.

D'autres parallèles sont à prendre en considération :

  • la montée en puissance des ordinateurs personnels dont les prix baissent et la capacité en mémoire augmente.
  • de plus, les compagnies traditionnelles de téléphone travaillent de plus en plus ensemble en vue de créer des réseaux internationaux : rapprochement récents de ATT et Macaw Cellular aux Etats-Unis, British Telecom et MCI en Grande-Bretagne.
  • les logiciels permettant d'avoir un standard international pour les publications se développent. Un des plus récents est ADOBE ACROBAT.

Le rôle des bibliothèques médicales

L'équipement des bibliothèques médicales en nouvelles technologies est très inégal selon les pays et les continents. En France, les CDROM (Medline, PASCAL, Embase) s'implantent progressivement, surtout dans les bibliothèques universitaires et les bibliothèques hospitalières. Ce phénomène va aller en s'amplifiant. Aux Etats-Unis, 60% des bibliothèques médicales sont équipées en CDROM. Une autre technologie de pointe utilisée dans les bibliothèques médicales américaines est la scannérisation et la transmission des images de documents ainsi scannerisés. L'image est envoyée par ligne téléphonique : le receveur doit être équipé d'un logiciel spécifique, d'une imprimante laser et d'un ordinateur. Les bibliothèques utilisent le logiciel ARIEL, développé par The Research Libraries Group, qui compresse ou décompresse les images scannérisées afin de rendre la transmission plus rapide.
Les bibliothèques médicales restent cependant les principales utilisatrices des centres de fourniture de documents.

Les grands centres de fourniture de documents

Pour l'utilisateur final, en l'occurrence en ce qui concerne l'information biomédicale, le médecin, le chercheur ou l'étudiant, l'accès à cette information est primordiale ; il lui faut trouver des réponses précises et immédiates sur des points précis tels que :

  • répondre à un problème posé par un malade
  • soigner une pathologie particulière
  • connaitre les interactions médicamenteuses
  • être au courant de la littérature existant sur un sujet particulier
  • rédiger une thèse, un mémoire, un article...

De plus en plus, le bibliothécaire médical est sollicité en vue de fournir une information valable et vérifiable, ainsi qu'une délivrance rapide de l'article demandé. La proportion du budget dévolu aux périodiques dans une bibliothèque universitaire est d'environ 70 %, mais avec la montée croissante du prix des abonnements, ce budget décroit de 3 et 4 % par an. Le recours aux grands centres de fournitures de documents est de plus en plus fréquents.

De grands centres de fourniture de documents ont été créés. En Europe :

  • l'INIST-CNRS (Nancy)
  • The British Library Document Supply Centre (BLDSC) soit 3, 4 millions d'articles fournis en 1991. Ce centre existe depuis une trentaine d'années.
  • l' OCLC aux Etats-Unis
  • et TIBDOC (Hanovre) parmi les principaux.

Des institutions, telles l'INIST à Nancy ou la Finnish Medical Association ont déjà misé sur le futur. D'autres projets, plus globaux, (le projet EDIL de la Communauté Economique Européenne) visent à ce que les grands centres de fourniture de documents collaborent.

L'exemple de l'INIST à Nancy

Les collections de l'INIST couvrent la littérature scientifique et technique, les rapports, les actes de congrès, soit un répertoire de 27000 titres de périodiques. Parmi ces titres, 2000 ont été choisis afin de mettre sur pied le projet de fourniture électronique de documents. Les documents sélectionnés sont systématiquement scannés en mode digital. Cette digitalisation, commencée en 1990, représente un volume de 2 millions de pages par an : les images sont stockées sur un disque WORM (6, 4 gigabyte), dont la capacité d'une face est de 70 000 pages. Un chargeur contenant 131 disques est relié à trois micro-ordinateurs : ceux-ci sont équipés de tableaux de télécommunication ; la transmission sur les réseaux de télécommunication est ainsi possible pour la délivrance des documents (pour la France, via NUMERIS).
L'INIST reçoit des demandes de documents par l'intermédiaire des grands serveurs (Questel, Dialog, Esa, ...) ou par le prêt interbibliothèque électronique (PEB ou OCLC) ou le Minitel. Les autres formes classiques de demandes de documents (fax, téléphone, formes papiers) sont également possibles. Si le document demandé est disponible sous format digital, il sera fourni par fax (Groupe III ou IV). Ce système n'entraine pratiquement pas d'intervention humaine. A l'heure actuelle, 45 % des documents fournis par l'INIST sont stockés sous forme électronique.

L'exemple finlandais : FINMET, réseau médical finnois

L'Association Médicale Finnoise (FMA) a créé depuis le milieu des années 1980 un réseau d'information appelé FINMET (sur le modèle américain AMANET) afin de répondre aux besoins de quelques 600 physiciens. Ce réseau utilise la messagerie électronique, ce qui permet rapidité et confidentialité, et donne la possibilité de communiquer individuellement ou avec un groupe de personnes, ainsi que des accès télématiques à différents services (bancaires, transports, d'actualité): ceci afin de faciliter les contacts entre physiciens. FINMET met ainsi à la portée de tout physicien et des bibliothèques universitaires hospitalières, les services de la FMA et des grandes banques de données biomédicales telle Medline.

Le projet EDIL de la Communauté Européenne

Le projet EDIL (Electronic Document Interchange between Libraries) a débuté en janvier 1993. Il doit rendre effectif l'échange de documents électroniques entre 4 réseaux européens de bibliothèques :

  • le système PICA aux Pays-Bas
  • le British Library Document Supply Center en Grande-Bretagne
  • le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche en France
  • l'UniversitätsBibliothek et le Technische InformationsBibliothek de Hanovre

Ce projet assurera à l'Europe un rôle majeur dans le développement du marché mondial de la fourniture de documents, marché qui doit considérablement s'amplifier dans les 20 années à venir.
Avec la crise économique, les bibliothèques cherchent des solutions et des alternatives à la fourniture de documents. Les moyens actuels de télécommunications et la technologie informatique permettent de transmettre l'information rapidement et à un coût raisonnable. Le prêt interbibliothèque s'est ainsi accru ces dernières années de façon irrépressible. On estime à 20 millions les documents fournis par le prêt interbibliothèque dans le monde.

Cependant, les éditeurs scientifiques réagissent et utilisent eux aussi les nouvelles technologies.

La réponse des éditeurs scientifiques

Les grands éditeurs scientifiques mondiaux ont cherché une réponse au problème de l'accès à l'information. La forme électronique du périodique scientifique (c'est-à-dire en plein texte, consultable en ligne ou sur CDROM) semble être la réponse la plus appopriée. Parmi les principaux éditeurs scientifiques mondiaux, on peut citer :

  • Blacwell en Grande-Bretagne
  • Cambridge Scientific Abstracts (Bethesda-USA)
  • Elsevier (Amsterdam) qui développe en mode électronique la possibilité de consulter 400 périodiques 2 semaines avant la version imprimée.
  • Springer-Verlag (Allemagne-USA) offre le même service via INTERNET sur 30 périodiques 6 semaines avant publication
  • The Institute for Scientific Information (ISI) à Philadelphie

Les éditeurs scientifiques collaborent de plus en plus. Voici quelques exemples :

  • BRS Information Technologies avec Comprehensive Core Medical Library (CCML) qui propose, en ligne, le texte intégral de 80 périodiques médicaux courants et 16 ouvrages de références, et permet, grâce à la procédure LINK, de passer automatiquement à Medline et Embase, banques de données bibliographiques.

     

  • Depuis 1992, un nouveau venu américain est apparu en Europe : ce sont les fichiers médicaux de Mead Data qui proposent en ligne des produits très divers :
    • le texte intégral de 14 périodiques depuis 1982
    • le texte intégral de FDC Reports Newsletters : industrie pharmaceutique, équipement et matériel médical, cosmétiques, recherche, médicaments
    • des banques de données telles DRUG INFORMATION FULLTEXT à partir de deux publications de l'American Society of Hospital Pharmacist ; PDQ en cancérologie ; Medline.
    • les bases de données de Micromedex : Micromedex a créé depuis 1974 des BDD qui sont des instruments professionnels, des systèmes d'aide à la décision pour le médecin dans l'exercice de ses fonctions. La rédaction est assurée par plus de 350 experts, avec une équipe rédactionnelle interne et mise à jour tous les trimestres. Cela comprend :
      • POISONDEX : BBD toxicologique
      • EMERGINDEX, écrit par et pour les médecins ayant à pratiquer une médecine d'urgence et à surveiller des affections à risque, pour les aider à faire rapidement un diagnostic exact et procéder à un traitement efficace des patients en phase aigüe. La base est formée de deux fichiers : "Clinical Reviews" et "Clinical Abstracts" et s'interroge grâce à un thesaurus inspiré du Mesh.
      • DRUGDEX donne des informations sur les médicaments, à l'intention des pharmaciens, médecins qui ont à prescrire.

        Ces 3 bases (POISONDEX, EMERGINDEX, DRUGDEX) sont construites sur le même modèle rigoureux, très détaillé. Il est possible d'aller chercher directement à l'intérieur d'un texte sur une affection, un médicament. Des centaines d'hôpitaux américains utilisent ces bases depuis des années.

Un dernier exemple est celui de l'éditeur scientifique britannique Blackwell qui a créé depuis 1988 une "joint venture" avec CARL systems Inc afin de développer un produit UNCOVER à un niveau international. Il s'agit de délivrer en ligne le sommaire de 10 000 revues. Ce service est ouvert aux particuliers et aux bibliothèques. Le document choisi parmi ces sommaires peut être commandé en ligne ; il est faxé dans les 24h à un prix de 10 dollars. UNCOVER projette de couvrir 14 000 à 25 000 titres de revues. Cela représentera dans le futur une banque de données exhaustive s'adressant aussi bien à l'utilisateur lambda aux Etats-Unis, qu'en Europe et en Asie

L'information biomédicale au futur

Le futur de l'information biomédicale est donc dans la délivrance immédiate du texte intégral de l'article recherché soit sous forme électronique, soit grâce au CDROM, soit par l'accès en ligne. Et ceci directement sur l'ordinateur personnel du chercheur.

La meilleure forme (la plus employée à l'heure actuelle et qui le sera dans le futur) est la forme électronique via les grands réseaux de communications (INTERNET, satellites).

Les CDROM en text
intégral sont eux aussi de plus en plus nombreux : la National Library of Medicine (USA) commercialise les principaux hebdomadaires en médecine (Lancet, New England Journal of Medicine, British Medical Journal, Annals of Internal Medicine) en texte intégral sur CDROM sur 5 années. Un autre exemple est ADONIS qui contient 500 périodiques biomédicaux (150 000 articles) provenant de 50 éditeurs.
Les éditeurs, dorénavant, proposent l'accès, non plus à une banque de données dans son intégralité, mais par spécialité (Gynécologie, Cardiologie etc..), avec également la possibilité d'accéder en ligne à une autre banque de données à partir d'un CDROM.

Pour l'accès en ligne, d'autres réalisations sont en cours : la société européenne INFOPRO a élaboré ORBIT, soit 10 banques de données scientifiques interrogeables simultanément. A Montpellier, le projet de l'Anté-serveur est développé : c'est un système autonome qui met l'utilisateur, par l'intermédiaire direct de son micro-ordinateur (PC, Macintosh) ou de son minitel, en contact avec l'ensemble des banques de données disponibles. L'utilisateur pose sa question, celle-ci est traduite par l'Anté-serveur (interface intelligente qui décrypte et analyse la question, interroge les banques de données) : la réponse peut provenir de plusieurs banques de données interrogées simultanément, en ligne et sur vidéotex.

L'avenir de la documentation médicale, de par les progrès réalisés par les nouvelles technologies, s'annoncent donc riche et prometteur. Il prend totalement en compte les souhaits de l'utilisateur final : l'utilisateur désire l'accès à l'information de quelque lieu où il se trouve et à n'importe quel moment. Le bibliothécaire doit lui fournir les moyens d'accès à cette information.

Bibliographie

(1) ACCART J.P. L'Accès à l'information spécialisée à l'hôpital : le point de vue des utilisateurs. IFLA Barcelona 1993, booklet 2, 35-37.
BOUCHEIX C. La Communication électronique dans les sciences biomédicales. INSERM Actualités, 1994, jan-fev., n° 122, pp. 12-14.
(2) COLAIANNI L.A. Document delivery : some considerations for the future. IFLA Barcelona 1993, booklet 2, 37-38.
(3) DESCHAMPS C. Les projets ION et EDIL. IFLA Barcelona 1993, booklet 2, 41-43.
(4) CORNISH G.P. UAP : access to documents in the biological and medical sciences. IFLA Barcelona 1993, booklet 2, 39-41.
(5) FLEISH H. The View of an informed user on access to information in the future. IFLA Workshop, Thursday, August 26th 1993.
(6) LUIJENDIJK W.C. Document delivery. IFLA Workshop, Thursday, August 26th 1993.
(7) LUPOVICI C. New technologies for document deliveries at INIST. IFLA Workshop, Thursday, August 26th 1993.

cop. JP Accart, 2007

 

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(1992) - Les bibliothèques de santé. https://www.jpaccart.ch/l-information-sante/1992-les-bibliotheques-de-sante.html https://www.jpaccart.ch/l-information-sante/1992-les-bibliotheques-de-sante.html

Gestions hospitalières, 1992, n° 321, pp. 864.

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(1992) - La conférence européenne des bibliothèques de santé. https://www.jpaccart.ch/l-information-sante/1992-la-conference-europeenne-des-bibliotheques-de-sante.html https://www.jpaccart.ch/l-information-sante/1992-la-conference-europeenne-des-bibliotheques-de-sante.html

Bulletin des bibliothèques de France, 1992, t. 37, n° 6, pp. 85-87.

BERCEAU de la médecine en France, Montpellier possède la plus ancienne faculté de médecine du monde actuellement en exercice. Né au Xlle siècle, l'enseignement de la médecine a toujours fait partie des attributions les plus insignes de la ville. L'université se trouvait, en effet, au carrefour de la médecine gréco-latine et de la médecine judéo-arabe : des étudiants de toute l'Europe y affluèrent.
Il s'y développa ainsi une médecine humaniste.
En cette fin de XXe siècle, Montpellier, technopole, accueille Euromédecine, le Centre de calcul, développe le projet de l' Antéserveur, et va accueillir le futur Catalogue de France.

L'AEIBS

C'est donc après Bruxelles en 1986 et Bologne en 1988, que la toute jeune et dynamique Association européenne pour l'information et les bibliothèques de santé (AEIBS) a tenu sa conférence, du 22 au 26 septembre, dans cette ville symbole pour la médecine que représente Montpellier. Quelques mots, tout d'abord, sur l'Association avant d'aborder la conférence elle-même.
Constituée officiellement à Brighton en 1987 -c'est-à-dire un an après la conférence de Bruxelles -sous l'égide de la Communauté européenne et de l'Organisation mondiale de la santé, l'AEIBS s'est défini plusieurs buts dont le principal est de mettre les services des bibliothèques de santé à la disposition des professionnels de santé par la coopération et le partage des expériences au-delà des frontières. Concrètement, cela se traduit, cette année, par la mise en place d'un réseau d'échanges de photocopies d'articles médicaux en faveur des pays de l'Est: un certain nombre de bibliothèques médicales européennes ont déjà donné leur accord pour l'envoi gratuit de ces photocopies.
Un autre but défini dans les statuts de l'Association est de tenir les bibliothécaires de santé informés professionnellement, et ce, de plusieurs manières :
- en publiant une Newsletter trimestrielle en anglais et en français, les deux langues officielles de l'Association ; des informations sont données, grâce à des correspondants européens: sur les différents systèmes de santé en Europe ; les bibliothèques de santé en Espagne, en Italie ou en Norvège; le devenir des CD-ROM médicaux; ou les dernières publications sur la santé ;
Cette Newsletter se veut être le lien entre les quelque 500 membres de l'Association ;
- en encourageant la mobilité professionnelle dans le cadre élargi que représente l'Europe de 1992 : des échanges professionnels sont proposés entre institutions;
- en offrant des cours d'éducation continue: chaque conférence donne lieu, en effet, à une série de cours professionnels sur des sujets aussi divers que le management d'une bibliothèque médicale, l'utilisation de CD-ROM en réseaux, la pratique du télédéchargement ou la bibliométrie.

Un niveau européen

Le troisième but de l'Association est de représenter les bibliothécaires de santé à un niveau européen, en particulier auprès de la CEE et de l'Office mondial de la santé (OMS), afin, par exemple, que des recommandations soient faites à un niveau européen pour une plus grande diffusion de l'information de santé.
En outre, l'AEIBS organise des ateliers de travail et des séminaires; elle est représentée au niveau de l'International Federation of Library Associations (IFLA) et de la Medical Library Association (MLA aux Etats-Unis).
Enfin, elle publie un Annuaire des bibliothèques médicales en Europe et les actes des conférences.
L'année 1992 était l'occasion d'élections afin de renouveler le président, le bureau et le conseil de l'Association [1].
La 3e Conférence européenne des bibliothèques de santé avait pour thème: « Le transfert de l'information : temps nouveaux, méthodes nouvelles ».
Comment connaître et partager des expériences communes ? Se tenir au courant de l'évolution des recherches dans le domaine médical ? Quel sera le rôle du bibliothécaire médical ? Quelle est la nature des besoins à satisfaire ? Quelle information diffuser et sous quelle forme ? La bibliothèque du futur était donc au centre du débat.
Toutes ces interrogations des professionnels de santé ont trouvé des réponses grâce aux quelque 80 communications faites à Montpellier, à une exposition de posters et à la tenue de tables rondes: l'une sur l'industrie pharmaceutique et l'autre sur la documentation hospitalière. Parmi les thèmes présentés, trois ont retenu l'attention.

Le rôle du bibliothécaire médical

Mis à part les problèmes de statut et de reconnaissance du métier qui sont communs à l'ensemble de la profession, la question de l'éthique et de la déontologie du métier a été abordée. Les nouvelles technologies, très employées dans les bibliothèques médicales, ont, en effet, changé la manière dont l'information est délivrée. Un exemple frappant a été donné: des informations fournies à un médecin par des bibliothécaires médicaux se sont révélées néfastes pour la santé d'un malade; celui-ci s'est retourné contre l'hôpital où il a été soigné. Un tel problème soulève bien des questions, et l'établissement d'un Code de déontologie professionnelle semble être une des préoccupations à l'ordre du jour.
Un profil type du bibliothécaire médical se dégage également mis en avant par l'Association des bibliothécaires néerlandais: celle-ci a formulé de manière précise un système d'évaluation du bibliothécaire médical ; celui-ci est basé sur le savoir professionnel, la formation et l'expérience. Il propose également un programme de remise à niveau professionnelle à raison de sessions de deux ou trois jours sur une période de trois années. Ceci afin de faire reconnaître officiellement la profession, d'établir une grille de salaires et un avancement possible.
D'autre part, de conservateur de livres, le bibliothécaire a vu son rôle évoluer en ceux de professeur, chercheur sur informatique, expert en information. Quel sera le futur ? De plus en plus probablement celui d'un intermédiaire, d'un consultant, ce qui signifierait, d'une certaine manière, la fin des bibliothèques telles que nous les connaissons.

Les nouvelles technologies

Le monde des bibliothèques médicales a été complètement bouleversé par l'arrivée des nouvelles technologies. Pour citer un exemple, 60 % des bibliothèques médicales américaines sont équipées de lecteurs de CD-ROM. L'Europe suit le même chemin. Nul doute que la possibilité d'interroger une banque de données à la fois en ligne et sur CDROM, ou que l'arrivée des banques de données en texte intégral (full-text) vont changer également l'approche de la documentation médicale, ainsi que le prêt interbibliothèques : ces banques de données peuvent fournir le texte complet d'ouvrages, de communications à des congrès, d'articles de périodiques (le New England Journal of Medicine est maintenant accessible en ligne en full-text sur son propre serveur). Un groupe d'éditeurs scientifiques proposent déjà toute une série de périodiques scientifiques sur CD-ROM (ADONIS du groupe Elzevier).
Le minitel (plus de 6 millions en France) ou le vidéotex en tant que nouveau mode de diffusion des informations en Médecine et Santé publique offre également de grandes possibilités aux utilisateurs : deux cents services sont proposés sous le thème « Santé ».
Enfin, le projet de l'Anté-serveur a été développé : c'est un système autonome qui met l'utilisateur, par l'intermédiaire direct de son micro-ordinateur (PC, Mac) ou de son minitel, en contact avec l'ensemble des banques de données disponibles. L'utilisateur pose sa question, celle-ci est traduite par l'Anté-serveur (interface intelligente qui décrypte et analyse la question, interroge les banques de données) : la réponse peut provenir de plusieurs banques de données interrogées simultanément, en ligne et sur mode vidéotex.

L'information médicale au sein de l'hôpital

La classique distinction entre l'information médicale et l'information administrative à l'hôpital est, en fait, relativement inconsistante. 60 % du budget de fonctionnement d'un hôpital est consacré à la gestion de l' information : en effet, l' information médicale est recueillie et gérée par les soignants, ce qui demande un certain nombre de connaissances et de faits constatés sur les patients (types de pathologies, décisions médicales, traitements employés). L'information est ensuite administrative, elle est recueillie par les gestionnaires, pour le dossier médical et les frais d'hospitalisation. En fait, les deux informations sont nécessaires aux soins: un gestionnaire doit avoir une culture médicale, et un médecin doit connaître les règles de gestion hospitalière, l'information médicale restant évidemment la plus complexe.
De fait, l'hôpital présente une complexité organisationnelle et sociologique: il y a deux mondes qui s’ignorent (le médical et l' administratif) séparés par la culture, le statut social. Le monde infirmier est coincé entre les deux.
Il faut donc trouver un moyen terme afin que ces deux mondes puissent coexister et échanger les informations, car une gestion sans finalité, par un système purement comptable serait une erreur ; et une médecine trop technique, éclatée en de multiples spécialités sans efficience.
La mise en place du PMSI (Programme de médicalisation des systèmes d'information) et la création des DIM (Département d'information médicale) sont les premières étapes d'une longue marche qui devrait conduire à une vision renouvelée et partenariale de la gestion et de l'évaluation hospitalières.
De nombreux autres thèmes furent traités à Montpellier parmi lesquels la communication scientifique, la coopération nationale et internationale, le lecteur, l'information dans l'industrie pharmaceutique, l'histoire de la médecine, les bibliothèques de santé et la documentation hospitalière. Les Actes de la conférence seront publiés prochainement. [2]
Le prochain rendez-vous des bibliothécaires médicaux est fixé à Oslo, du 28 juin au 2 juillet 1994 sous le thème: « L'information de santé: nouvelles possibilités ». Rendez-vous est pris !

Notes

1. En 1993-1994, l’AEIBS aura un nouveau président' Tony MC SEAN, bibliothécaire de la British Medical Association Library à Londres, qui remplacera Monique CLELAND du Centre hospitalier universitaire Vaudois à Lausanne. Les deux membres délégués de la France auprès du Conseil sont Pierre-Marie BELBENOIT AVICH, conservateur à la Bibliothèque universitaire de Lyon et Jean-Philippe ACCART, bibliothécaire-documentaliste au Centre hospitalier d'Argenteuil.

cop. JP Accart, 2007

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) L'information santé Tue, 03 Apr 2007 19:19:41 +0000