L'hôpital - Jean-Philippe Accart https://www.jpaccart.ch/articles/l-hopital/ Wed, 16 Apr 2025 21:38:30 +0000 Joomla! - Open Source Content Management fr-fr bs@sturmundbraem.ch (Jean-Philippe Accart) (2015) - État des lieux des bibliothèques hospitalières - Journée ENSSIB du 5 octobre 2015 https://www.jpaccart.ch/l-hopital/2015-etat-des-lieux-des-bibliotheques-hospitalieres-journee-enssib-du-5-octobre-2015.html https://www.jpaccart.ch/l-hopital/2015-etat-des-lieux-des-bibliotheques-hospitalieres-journee-enssib-du-5-octobre-2015.html ]]> info@jpaccart.ch (jpaccart) L'hôpital Mon, 11 Jan 2016 14:09:44 +0000 (1995) - Médecine et santé à Cuba: la fin d'un mythe. https://www.jpaccart.ch/l-hopital/1995-medecine-et-sante-a-cuba-la-fin-d-un-mythe.html https://www.jpaccart.ch/l-hopital/1995-medecine-et-sante-a-cuba-la-fin-d-un-mythe.html

Newsletter to european health librarians, 1995, n° 30, pp. 19.

In Cuba there is a very low child death rate and long life expectancy; however, 132 drugs (like antibiotics and antihistamines) cannot be found there. To find a solution for this lack of drugs, Cuban authorities use traditional medicine: acupuncture, medicinal plants, etc. But how can a surgeon operate without anaesthesia, gloves, cotton? It seems that the myth of Cuba being a medical power is over.

Cuba revendique le plus faible taux de mortalité infantile du tiers-monde (10,7 pour mille en 1991), la plus grande espérance de vie (75 ans), un taux de médecins dans la population supérieur à celui des pays développés. Les Cubains sont des sur-consommateurs de santé ; le moindre mal mène à l'hôpital (la visite chez le médecin est le premier motif d'absentéisme), car la médecine hospitalière est gratuite, seuls les médicaments achetés en pharmacie étant payants.

Le secteur médical a constitué, depuis des décennies, l'un des axes de la politique économique cubaine : développement d'unités de recherche de pointe, mise en place d'une exposition médicale à La Havane exposant les produits cubains proposés à l'étranger (test antisida, interféron, coeur artificiel, machines à dialyse, ...).

Mais qu'en est-il de cette " période spéciale ", où la pénurie est telle que la population ne s'alimente plus normalement ? Les autorités cubaines remédient à la pénurie avec des moyens non orthodoxes : l'hôpital de Matanzas use de l'acupuncture en guise d'anesthésie pour des opérations courtes (amygdales, cataractes, hernies) ; l'hôpital Carlos Finlay de La Havane organise un forum de médecine alternative (utilisation de plantes contre le diabète B). Neuf pharmacies de la capitale vendent des produits préparés à partir de 51 plantes médicinales. Le corps médical s'est adapté lui aussi à la pénurie : un moins bon fil est utilisé pour les sutures ; les plaques de radiologie sont divisées ; 70% des opérations non urgentes ne sont plus effectuées par manque d'anesthésique, de gants, de coton. Mais comment opérer quand il n'y a plus de produits pour nettoyer les salles d'opération ?

En ce qui concerne les médicaments, 132 médicaments sont introuvables tels les antiparasitaires, les antibiotiques, les antihistaminiques, etc... Le papier pour rédiger les ordonnances est lui-même manquant !

Autant se rendre à l'évidence, le mythe de Cuba en tant que puissance médicale a vécu!

cop. JP Accart, 2007

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) L'hôpital Tue, 10 Apr 2007 12:43:18 +0000
(1995) - Les métiers de l'hôpital: des métiers en pleine évolution! https://www.jpaccart.ch/l-hopital/1995-les-metiers-de-l-hopital-des-metiers-en-pleine-evolution.html https://www.jpaccart.ch/l-hopital/1995-les-metiers-de-l-hopital-des-metiers-en-pleine-evolution.html

 Les Médecins des Hôpitaux Publics, 1995, 143, janv.-févr., pp. 12-13. En collab. avec N. PASTY.

Analyse des métiers hospitaliers

Actuellement, les métiers hospitaliers peuvent être étudiés et classés de différentes façons:

  • les corps et grades : le statut actuel des personnels de la Fonction publique hospitalière distingue différents corps d'emplois au sein desquels se décline la pyramide des grades. Ce statut n'est pas adapté à l'évolution des métiers, la preuve en est la disparité entre l'évolution des statuts et l'évolution des fonctions. La pyramide des grades va probablement se resserrer et les tâche entre les grades se répartir.
  • les emplois-types : tels qu'ils ont été définis par 1'ENSP dans "1a Nomenclature des emplois-types de l'hopital".
    L'Assistance Publique- Hôpitaux de Paris, de son côté, a recensé 109 em- plois - types.
    Jean-Philippe Accart et Nicole Pasty, dans leur ouvrage, "Les Métiers de l'hôpital", ont étudié 66 métiers et 130 grades hospitaliers.
  • les emplois sensibles : correspondent aux emplois soit nouveaux, soit stratégiques, soit à forte évolution quantitative ou qualitative.
    L'AP-HP en a recensé 43 dans une étude de 1989.

Réflexion sur l'évolution des métiers

Le problème de l'évolution des métiers semble se poser, selon W. Souffir lors de la dernière journée nationale de l'AFMHA, de différentes manières : - s'agit-il de nouveaux métiers ou d'évolution des champs d'action des métiers existants ?

  • s'agit-il de nouveaux métiers ou d'évolution des fonctions liées aux métiers ou liées à une nouvelle organisation de l'hôpital et à la prise en compte d'éléments jusqu'alors négligés ?
  • s'agit-il de nouveaux métiers qui surgissent face à l'émergence de nouveaux besoins ou qui comblent des vides jusqu'alors mal repérés ?


Plusieurs tendances se dessinent à l'heure actuelle :

  1. la globalisation de la prise en charge du malade implique la notion d'équipe autour du malade hospitalisé. Cette équipe sera non seulement soignante, mais aussi administrative et logistique.
    Un chargé de clientèle devra prendre en compte tous les problèmes administratifs afférants (état civil, admissions, frais de séjour, caisse}. Le patient verra alors ses démarches administratives simplifiées et le recouvrement pour l'hôpital sera plus efficace.
    L'environnement du malade devra être mieux pris en compte par la création de véritable réseau coordonné de soins entre l'hôpital, le médecin traitant les maisons de convalescence et de soins de suite...
  2. le recentrage de l'hôpital vers sa mission de soin provoque :
    • l'apparition de spécialisations et de nouvelles pratiques ce qui nécessite une adaptabilité et l'acceptation d'une requalification pour certaine catégories. Par exemple des infirmières se sont spécialisées en coordination conseil, recherche, expertise (infirmière hygiéniste, clinicienne, stomathérapeute, en soins palliatifs, de recherche clinique .. .)

       

    • la disparition des catégories non qualifiées avec par exemple une nouvelle répartition des tâches entre les ASH et les aides-soignantes.
  3. I'évolution des technologies :
    • renforce la place du plateau technique et de ses acteurs au sein de l'hôpital et fait apparaître la fonction de coordination de plateau technique, fonction à rapprocher de celle d'infirmière générale pour les services médico-techniques (laboratoires, imagerie médicale, radiothérapie, explorations fonctionnelles . ..)

       

    • demande une plus grande qualification des personnels techniques et ouvriers pour assurer les tâches de maintenance, de réglage, d'entretien d'appareils informatisés et de contrôle de qualité.
  4. les exigences de gestion demandent une évolution de la fonction de directeur gestionnaire à celle de dirigeant d'entreprise et des spécialisations souvent très pointues des personnels administratifs (analyse financière, gestion prévisionnelle des emplois, étude des marchés publics...)

Stratégie de l'évolution des métiers

L'hôpital devra faire face à plusieurs exigences :

  • exigence de clientèle :
    Le "client" n'est plus un patient qui subit, mais qui, face à l'offre de soins, sait exiger accueil, confort et qualité des soins. L'organisation des soins et des tâches administratives nécessitant conduite de projet et gestion de l'information (archives, dossier médical, documentation) se fera autour du patient. Cela implique également le renforcement de communication interne pour augmenter la synergie des différents acteurs (création de fonctions transversales) et de la communication externe avec les structures de soins extra-hospitalières.
  • exigence économique :
    Le poids de l'hôpital dans les dépenses de santé impose une plus grande rationalisation des moyens, avec en particulier une professionnalisation des personnels (surqualification, enrichissement des compétences...) et renforcement du rôle propre de chacun des acteurs de santé.
  • exigence de technicité :
    L'évolution rapide des techniques de soins nécessite une grande adaptabilité des personnels et des spécialisations très pointues pour certains, avec pour corollaire une véritable politique de gestion des ressources humaines et de formation continue des personnels. Il semble également nécessaire de créer des passerelles entre les métiers au travers de leurs missions et de leurs fonctions.

La formation des personnels est le meilleur instrument du changement et de l'évolution qui permettra à l'hôpital de relever les défis d'exigence que les usagers sont en droit de demander.

cop. JP Accart, 2007

 

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) L'hôpital Tue, 10 Apr 2007 12:45:05 +0000
(1995) - L'information médicale à l'heure européenne https://www.jpaccart.ch/l-hopital/1995-l-information-medicale-a-l-heure-europeenne.html https://www.jpaccart.ch/l-hopital/1995-l-information-medicale-a-l-heure-europeenne.html

Revue de l'Infirmière, 1995, n° 5, pp. 11-13

L’échange de données informatisées (EDI) dans le monde de la santé est un impératif. Ce que nous faisons localement devait s’inscrire naturellement dans un cadre général et bien évidemment européen.

Le souci majeur des différents acteurs dans le milieu de la santé, qu’il s’agisse des personnels soignants ou des gestionnaires, est d’améliorer la qualité et les coûts des soins pour l’ensemble de la population. Certaines tentatives sont en cours et à titre d’exemple on peut citer :

  • La Carte santé : elle vise à identifier les patients afin de mieux connaître leur situation administrative vis à vis des régimes d’assurance maladie, leurs antécédents médicaux ainsi que le mode de thérapie pour certaines maladies chroniques.
  • Les réseaux qui acheminent des informations médicales entre professionnels de santé (diagnostics, images...), ou administratives (demande de remboursement dans le cadre du tiers-payant, accord de prise en charge...).

Lorsque ces applications seront véritablement opérationnelles, il sera nécessaire qu’elles soient comprises par les différents interlocuteurs. Définir des normes s’avère donc essentiel afin d’échanger des informations. La non-normalisation entraînerait forcément des coûts importants, des pertes de temps et d’énergie, et des erreurs très dommageables en matière de santé.

Quelques chiffres sur la santé en Europe

L’Europe de la santé en chiffres donne les résultats suivants : 300 000 médecins exercent dans l’Union Européenne et 15 000 hôpitaux sont dotés de plus de 3 millions de lits. La santé est appelé à devenir l’élément n° 1 des dépenses publiques en représentant 5 à 10 % du PNB (produit national brut) des payes de l’Union. Elle recouvre une multitude de partenaires qui dispensent les soins, fabriquent les matériels, élaborent les médicaments, gèrent les prestations sociales...
Dès à présent nous nous trouvons confrontés à :

  • la complexité croissante des technologies médicales,
  • l’introduction sur les marchés de nouvelles spécialités pharmaceutiques,
  • la généralisation de la prévention médicale, de l’allongement des traitements, de la longévité et de ses conséquences,
  • la multiplicité des systèmes de financement,
  • des mouvements migratoires dans l’espace économique européen,
  • la nécessité de continuer à offrir aux patients de demain les mêmes prestations qu’aujourd’hui. Le volume des informations devant être traité est important, les sources sont multiples et le rythme des échanges ne peut que s’amplifier.

La complexité de l’information médicale

L’information médicale, qu’elle concerne un produit, une procédure et surtout un malade, est constituée d’un ensemble de documents dont il faut assurer la communicabilité et la durabilité. Ces documents d’origine et de nature très diverses vont devoir être définis d’une façon précise et incontestable.
Par ailleurs dans certains cas l’efficacité médicale est liée à une coordination rapide entre différentes équipes (pose d’un diagnostique, décision thérapeutique, suivi d’une évolution...). Par exemple, dans le cas du traitement du cancer, il est reconnu que c’est l’association des diverses techniques et la concertation des équipes qui sont un facteur essentiel des succès. Cette coopération se traduit évidemment par des échanges d’informations.

Comment traiter cet énorme volume d’informations au niveau européen, le rendre cohérent et harmonieux ? La nécessité de communication s’accompagne désormais en santé, comme dans la plupart des activités humaines, du respect des procédures et protocoles, de l’organisation des communications et des échanges dans le cadre d’une activité ou d’un projet. En d’autres termes ceci veut dire que le traitement de l’information de santé exige un processus normatif.

Comment rendre clair, net et précis un échange d’information sur des sujets divers sans en avoir cerné le vocabulaire et admis quelques consensus en matière de définition ? Que veut dire pour les uns ET les autres « unité de soins », « unité technique », « protocole de soin » ... ? On ne peut comparer que ce qui est comparable !

Une question épineuse : l’identification des personnes

Les systèmes d’échange informatisés dans le secteur socio-sanitaire exigent que les personnes (assurés, bénéficiaires, malades) soient clairement identifiées. Cependant, cette identification n’existe pas à l’heure actuelle, car les difficultés pratiques sont nombreuses pour identifier les patients et les sortants d’une population quelle qu’elle soit : naissance, décès, changements de statuts, mouvements divers… En dehors des problèmes posés par les patronymes et les adresses (redondances, changements, ambiguïtés, vérification), une contrainte fondamentale est de respecter la protection de la personne (régie en France par la loi Informatique et Libertés).
Pour pallier cette difficulté la norme internationale NAD (nom et adresse) se complète d’un nouvel élément PID (personal identification details). La Caisse nationale d’assurance maladie, la Direction des hôpitaux, des mutuelles et l’Assistance publique de Paris, Lyon et Marseille travaillent sur ce dossier.

A nouveaux procédés, nouvelles structures et dénominations

EDI : Echanges de données informatisées
EMEDI (European Medical Electronic Data Interchange)  : Groupe d’utilisateurs de l’EDI dans le monde européen de la santé, créé en 1990. Ce groupe dont le président est le Docteur Réginald Allouche, directeur de l’équipement et du système d’information de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris [1] tient des réunions annuelles et la dernière a eu lieu à Paris en mai 1994.
EDISANTE : association EDI pour la France. EDISANTE a toute possibilité de mettre en place des groupes de travail et de désigner un expert-rapporteur. Celui-ci établit un document avec des propositions, des solutions et des actions soumis aux organismes nationaux, puis aux institutions internationales de normalisation.
EDIFACT : Echange de données informatisées pour l’administration, le commerce, le transport : d’envergure internationale, mis en place par L’ONU et avec pour objectifs :

  • La promotion des échanges informatisés dans le système socio-sanitaire,
  • la définition et l’adoption des normes pour les messages.

Q’entend-on par message ?

Un message résulte de l’action de codifier un texte, un résultat en chiffres et/ou en lettres. A titre d’exemples : les messages liés au remboursements par les mutuelles, aux demandes et résultats d’examens biologiques, aux achats de produits pharmaceutiques et médicaux, aux échanges entre hôpitaux publiques et comptabilité publique, etc.

Quelle sorte de message ?

La première tâche du groupe EMEDI a porté sur la comparaison de messages internationaux :

  • En Finlande, dans le contexte des laboratoires,
  • en France, dans le cadre du projet Edipharm (échanges hôpitaux/fournisseurs),
  • aux Pays-Bas, les informations concernant les diagnostics entre généralistes/spécialistes,
  • en Norvège, les résultats d’analyses de laboratoires.

Cinq messages EDIFACT/ONU ont gravi le premier échelon du processus de normalisation :

  • MEDPID : précisions sur l’identification d’un patient,
  • MEDPRE : ordonnance médicale (d’un prescripteur à une officine par exemple),
  • MEDREQ : demande et résultats d’analyses de laboratoire,
  • MEDRUC : utilisation/coût des prestations médicales.
Echanges au moyen de messages peut-être pas d’allure très conviviale mais qui dans l’avenir montreront toute leur utilité et nécessité. Un jeu de nouveaux messages médicaux est en cours de confection. D’autres thèmes prennent forme comme :
  • le projet de pharmacovigilance mené dans le cadre du programme « CARE » d’ENS (European Nervous System) auquel participent l’Espagne, la France et le Royaume-Uni,
  • la Carte santé,
  • les identifications dans les systèmes d’information des hôpitaux (mené par la Direction des hôpitaux),
  • les échanges entre les entreprises et le secteur social, ainsi qu’entre les acteurs de la protection obligatoire et complémentaire.

L’exemple du CHU de Montpellier : un échange de données informatisée hôpital-mutuelle

Le CHU de Montpellier assure des prestations informatiques et organisationnelles pour l’ensemble des établissements hospitaliers publics de Montpellier avec la gestion des malades, du personnel et du matériel.
Depuis 1993, le CHU a modernisé ses moyens de communication (auparavant il faisait appel aux bandes magnétiques et aux documents papiers) avec les centres informatiques de régimes obligatoires en « télétransmettant » les informations par le réseau téléphonique. Des groupes de travail réunissant douze mutuelles et trois hôpitaux (Montpellier, Toulouse, Bordeaux) ont été mis en place afin de réfléchir sur différents types de messages : celui sur la prise en charge du malade a été validé, la prise en charge des frais d’hospitalisation et la facturation vont suivre prochainement.

Les conséquences économiques de la normalisation des échanges

Le resserrement des liens entre les acteurs de santé autour de projets, appuyés sur des outils techniques et un véritable support logistique informatisé, est donc un élément essentiel en ce qui concerne l’objectif central du système : soigner.

Ces outils nouveaux d’organisation et d’information devraient aussi permettre au système de soins de mieux satisfaire aux contraintes économiques et de contrôle de gestion qui s’imposent désormais à lui. Par la réduction des délais et la bonne coordination des acteurs, les projets en cours seront un élément important de la maîtrise des dépenses de santé.

Références

BASSET N., PAQUEL N. EDISANTE : les enjeux. EDISANTE Bulletin d’échanges de l’Association, 1993, mai-juin, n° 1, p. 3-6.
EDIFACTS. UN/EDIFACTS News for Europe, 1994, jan.
GOSSE J. EDI hôpitaux-mutuelles. EDISANTE Bulletin d’échanges de l’Association, 1994, jan 1993-dec 1994, n° 3, p. 5-6.
KIEHL G. Les dangers de la normalisation dans le milieu de la santé. EDISANTE Bulletin d’échanges de l’Association, 1994, jan 1993-dec 1994, n° 3, p. 3-5.

Lexique

  • EDI : Electronic Data Interchange. Service d’échanges de données électroniques qui remplace les documents papier.
  • Norme : donnée de référence résultant d’un choix collectif raisonné en vue de servir de base d’entente pour la solution de problèmes répétitifs (définition de l’Association française de normalisation – l’AFNOR).
  • Réseaux : désigne un ou des réseaux électroniques dits « large bande », seuls à même d’assurer la distribution de services audiovisuels, télématiques ou informatiques aux particuliers, entreprises, universités, centres de recherche, hôpitaux, etc.
  • Protocole : ensemble de règles qui déterminent la communication entre ordinateurs (ex. X25, X400, X500, TCP/IP).

Notes

1 : EMEDI – European Medical Electronic Data Interchange, c/o Assistance Publique-Hôpitaux de Paris – DESI – Service Interface, 3 avenue Victoria, 75100 PARIS RP. Tel. : (1) 40 27 56 90. Fax : (1) 40 27 41 75.

cop. JP Accart, 2007

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) L'hôpital Tue, 10 Apr 2007 12:41:34 +0000
(1994) - L'enseignement de la documentation en médecine. https://www.jpaccart.ch/l-hopital/1994-l-enseignement-de-la-documentation-en-medecine.html https://www.jpaccart.ch/l-hopital/1994-l-enseignement-de-la-documentation-en-medecine.html

Bulletin des bibliothèques de France, 1994, t. 39, n° 4, pp. 111-112.

Une typologie des différents professionnels de santé intéressés par la documentation se dessine très nettement avec le développement actuel des besoins en documentation médicale et en soins infirmiers et de son enseignement. Ecoles de bibliothécaires, facultés de médecine françaises et francophones, instituts de formation en soins infirmiers (destinés à former les infirmier(e)s), écoles de cadres infirmiers, formation continue des médecins, sont des demandeurs potentiels pour cet enseignement.

Les documentalistes

Les Ecoles de bibliothécaires

Il est révélateur de constater que certaines écoles de bibliothécaires (en l'occurrence, l'ENSSIB, l'INFB, Médiadix ou l'Ecole de Bibliothécaires-Documentalistes (EBD) de l'Institut Catholique de Paris, par exemple) accordent, dans leur programme, une place non négligeable à l'enseignement de la bibliographie médicale et scientifique, ainsi qu'à l'interrogation des banques de données spécialisées telles Medline, PASCAL, SCISearch. Cet enseignement est, en fait, destiné à des étudiants susceptibles de travailler en bibliothèque médicale ou en documentation pharmaceutique ; de nombreux débouchés sont offerts dans cette branche spécialisée. L'enseignement est dispensé sous la forme d'une liste d'ouvrages de base : une méthodologie de recherche bibliographique en médecine et en sciences est développée avec, à l'appui, des séances de travaux pratiques portant sur les outils papiers (type Index Medicus, Current Contents, Science Citation Index) et l'interrogation en ligne des banques de données correspondantes.

Les bibliothécaires francophones

Un certain nombre d'organismes institutionnels, tels le Centre International de l'Enfance, la Conférence Internationale des Doyens des Facultés de Médecine d'Expression Française, délivrent des stages de formation pour des bibliothécaires francophones travaillant dans le domaine de la santé. Ces stages, d'une durée de 15 jours à un mois, accueillent une vingtaine de bibliothécaires et permettent des échanges fructueux entre formateurs et "formés", bien que les niveaux d'études, les expériences professionnelles, les représentations linguistiques (Afrique Noire, Maghreb, Asie, Europe de l'Est, Caraïbes) soient pour le moins différentes. Les besoins en documentation médicale sont à la fois très pratiques (comment se procurer des ouvrages médicaux, comment s'abonner à des revues scientifiques, qu'est-ce-qu'un réseau etc...?) et très générales (la gestion d'une bibliothèque, son informatisation). L'intérêt pour les nouvelles technologies est cependant très fort, en mettant bien entendu l'accent sur les avantages du CDROM et des banques de données destinées à ces pays, la plupart en voie de développement (BIRD, PASCAL, MEDIDOC REDOSI, EXTRAMED, etc...).

Les bibliothécaires européens de santé

Tous les deux ans, ou au cours de congrès et séminaires internationaux (Section des Sciences Biologiques et Médicales de l'IFLA), la jeune et dynamique Assocation Européenne pour l'Information et les Bibliothèques de Santé (AEIBS-Bruxelles) , créée en 1986 sous l'égide de l'Organisation Mondiale de la Santé, propose à ses membres (quelques 700 bibliothécaires de 23 pays différents), des cours de formation continue en français et en anglais dans le domaine de l'information biomédicale. Très suivis, ces cours permettent à ces professionnels de l'information de santé d'être au courant des derniers développements de la technologie (CDROM et banques de données) et de la bibliothéconomie (gestion, personnel). De plus en plus, mais c'est aussi vrai dans les autres domaines de la documentation, l'attention se porte sur le rôle futur du bibliothécaire, le concept de "bibliothèque virtuelle" et sur les nouveaux réseaux de la communication scientifique type Internet.

En ce qui concerne la formation continue, il existe à l'heure actuelle, peu de formations organisées sauf celle de l'IMA-INSERM sur Medline et PASCAL, et celle des URFIST.

Les médecins

Les étudiants en médecine

Outre le fait que certaines facultés de médecine (Nancy, Lyon par exemple) dispensent aux étudiants des cours en documentation, les étudiants en médecine, afin de parfaire un enseignement magistral de plusieurs années, effectuent des stages dans les hôpitaux et font fonction d'internes. Ils participent ainsi de façon étroite à la vie des services médicaux. Les staffs de bibliographie déjà nommés précédemment, l'étude de cas médicaux et, finalement la constitution de leur bibliographie pour la thèse de doctorat sont autant de raisons pour les amener à utiliser la bibliographie médicale. Les bibliothécaires médicaux organisent des cours de bibliographie, qui sont à la fois l'apprentissage d'une méthodologie de la recherche bibliographique, et une approche des possibilités offertes par les banques de données, et ce, quel que soit leur support. C'est aussi, pour ces futurs praticiens, une manière de les amener à compléter et à faire évoluer efficacement, par la lecture, des connaissances théoriques.

Le corps médical

Le corps médical, et les médecins hospitaliers en particulier, ont pour obligation de mettre à jour de façon constante leurs connaissances scientifiques afin d'assurer des soins de qualité : c'est vrai de par la nature même d'un enseignement qui doit être réactualisé, par le fait que les découvertes scientifiques et médicales se périment au bout de cinq années en moyenne ; et également qu'un médecin, s'il veut évoluer dans sa carrière, se doit d'écrire un certain nombre d'articles scientifiques, et si possible, dans des revues internationales indexées dans les banques de données médicales (type Medline par exemple).

La formation continue des médecins empreinte donc plusieurs chemins :

  • la lecture régulière de la presse spécialisée, soit par abonnement personnel ou grâce à la fréquentation d'une bibliothèque (dans les centres hospitaliers universitaires, les centres hospitaliers généraux, les facultés de médecine, les laboratoires de recherche) : cette lecture s'avère cependant de plus en plus difficile de par l'abondance des publications (20 000 journaux biomédicaux et 17 000 nouveaux ouvrages publiés annuellement). Les staffs de bibliographie sont, en général, un bon exercice pour le maintien des connaissances dans un domaine particulier au sein d'un service hospitalier par exemple ; de nombreux médecins réalisent également des synthèses bibliographiques pour une revue ou le bulletin bibliographique d'un laboratoire pharmaceutique (dans ce cas, c'est, pour eux, une voie d'accès aux centres de documentation de l'industrie pharmaceutique)
  • la participation à des congrès médicaux : on ne dira jamais assez l'importance des échanges personnels au cours de ces congrès, une ou deux fois par an. Il existe, en général, des congrès pour chaque spécialité.
  • enfin, des cours de formation continue dans les facultés de médecine et les hôpitaux avec l'enseignement post-universitaire.

D'une manière ou d'une autre, la formation continue est en interaction avec la documentation. L'informatique, les nouvelles technologies (CDROM), les banques de données (300 dans le domaine biomédical) ont révolutionné l'accès à la documentation médicale. Impulsés par la nécessité pour les médecins d'être informé le plus rapidement et complètement possible, les bibliothèques et centres de documentation ont très vite adopté ces technologies, et organisent des cours de formation à leur utilisation.

L' A.F.M.H.A (Association pour la Formation des Médecins Hospitaliers à la gestion Administrative- Hôtel-Dieu-Paris), propose, depuis 1992, des sessions de formation avec pour thème "Les Nouvelles Technologies au service de la Documentation Médicale" : une douzaine de praticiens hospitaliers sont ainsi initiés, durant deux jours, à tous les nouveaux produits offerts par la technologie actuelle : accès Minitel, banques de données classiques ASCII ou sur disquettes, CDROM bibliographiques ou présentant des périodiques scientifiques en texte intégral.

Archives médicales et documentation

Dans les hôpitaux, le dossier du patient est géré par un service d'Archives médicales en relation étroite avec les Départements d'Information Médicale (DIM). Ces DIM sont sous la responsabilité d'un médecin et codifie toute l'activité hospitalière : durée de séjour, patients traités, pathologies. De plus en plus, DIM et documentation médicale sont couplés : la conséquence d'un tel regroupement est une meilleure circulation de l'information de santé en général centrée autour du patient (avec une interaction possible entre la lecture d'un article scientifique, son adaptation avec un cas traité dans un service de soins et la codification de ce cas), et une approche originale, quasi expérimentale et complémentaire des métiers de documentaliste, bibliothécaire et archiviste dans un cadre institutionnel.

Les infirmières

Le bibliothécaire de santé voit son rôle élargi à d'autres populations, celle des infirmier(e)s dans les Instituts de Formation en Soins Infirmiers (IFSI, qui ont remplacé les écoles d'infirmières), des cadres infirmiers et cadres infirmiers supérieurs dans les écoles de cadres. Pour les premiers, il s'agit surtout, depuis la récente réforme du diplôme d'Etat en 1992, de s'adapter au module obligatoire de recherche. Cela passe par des études ponctuelles sur des sujets étudiés en cours et la rédaction d'un mémoire de fin d'études. Pour les seconds, c'est l'évolution dans la carrière qui est envisagé avec également la rédaction d'un mémoire. Depuis peu, les Instituts et Ecoles ont intégré un module de recherche documentaire en faisant appel à des bibliothécaires ou documentalistes (c'est le cas à l'AP-HP, dans des écoles de cadres ou des instituts de formation en soins infirmiers).
A l'instar de la population médicale, le corps infirmier, à toutes les étapes de sa carrière, se doit de se former et de s'informer : les techniques évoluent, les rapports au malade également. Une réflexion sur les soins infirmiers a émergé ces dernières années, et cette réflexion passe obligatoirement par un savoir bien intégré.

Le bibliothécaire médical, médiateur de l'information

Ainsi, le bibliothécaire médical voit son champ d'action s'élargir en fonction de la diversité des demandes et des types d'utilisateurs, et également de l'évolution des technologies qu'il lui faut dominer et maîtriser. L'impulsion donnée par la connaissance scientifique est un des moteurs essentiels qui font de cette branche spécialisée de la documentation, un domaine évolutif, passionnant et ouvert sur un avenir prometteur.

cop. JP Accart, 2007

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) L'hôpital Tue, 10 Apr 2007 12:51:20 +0000
(1993) - Les nouvelles technologies et la documentation en soins infirmiers. https://www.jpaccart.ch/l-hopital/1993-les-nouvelles-technologies-et-la-documentation-en-soins-infirmiers.html https://www.jpaccart.ch/l-hopital/1993-les-nouvelles-technologies-et-la-documentation-en-soins-infirmiers.html

Revue de l'infirmière, 1993, n° 11, pp. 8-14.

Dans un précédent article intitulée "La Documentation Appliquée aux Soins Infirmiers", plusieurs points ont été développés :

  • l'importance de l'apprentissage d'une méthodologie documentaire en soins infimiers durant les études, mais aussi au cours de pratique professionnelle ;
  • l'élaboration d'une stratégie de recherche rigoureuse
  • et enfin, savoir où se documenter et quelles sont les sources de données consultables.

Ce sont, en fait, les méthodes classiques de recherche qui ont été développées. L'arrivée des nouvelles technologies telles que les banques de données, les CDROM, les didacticiels sont en train de faire évoluer de façon significative la documentation.

Les nouvelles technologies : définition

Durant des siècles, l'enseignement a été fait par des maîtres : ils représentaient pour leurs élèves la seule source d'information. Aujourd'hui, tout un chacun a la possibilité d'accéder à de multiples informations, spécialisées ou non : maîtriser cette information documentaire constitue un atout majeur et permet ainsi de trouver sa propre autonomie.

Un accès rapide à ces sources est rendu possible à l'heure actuelle : la santé publique est une discipline de recherche, et cela suppose donc d'avoir un accès facilité aux connaissances .
La masse d'informations produites et le fait que la technologie actuelle permet leur stockage dans un faible volume (sur disquette ou sur disque compact), d'accéder à ces informations après leur traitement, de la reproduire facilement, de la transmettre rapidement, sont des données qui font évoluer la documentation et notamment la documentation appliquée aux soins infirmiers.

Qu'est-ce qu' une interrogation en ligne sur un sujet particulier ? Qu'est-ce qu'un accès vidéotex ? La télématique ? Comment est constituée une banque de données ? Ces termes peuvent paraître barbares ; ils n'en sont pas moins devenus usuels dans le langage actuel. La lecture de cet article va vous donner certaines clés indispensables pour comprendre ce qu'est la documentation informatisée en soins infirmiers.

Théorie et pratique de l'interrogation d'une banque de données (BDD)

1) Théorie de l'interrogation

L'interrogation d'une BDD est l'aboutissement d'une recherche documentaire. Sur un sujet donné, il faut d'abord commencer par consulter les supports papier tels qu'ouvrages généraux, dictionnaires, encyclopédies, périodiques, traités, mémoires : en terme de documentation, c'est ce qu'on appelle l'accès aux documents primaires. C'était le thème développé dans le 1er article.
Puis, en vue d'approfondir sa recherche, d'établir une bibliographie rétrospective (remontant à plusieurs années) ou de travailler sur un sujet pointu, il faut avoir recours à une banque de données : celle-ci donnera accès à des références d'articles de revues et parfois à des résumés de ces articles. C'est ce qu'on appelle l'accès aux documents secondaires.

Définition d'une banque de données

Comme le démontre le schéma n°1, une banque de données est construite à partir de documents originaux (livres, articles de revues, thèses, documents photos etc) ; le producteur de la banque se charge, à l'aide d'une équipe de documentalistes et/ou d'indexeurs, de dépouiller ces documents, d'en extraire les références et de les indexer selon les termes définis pour le classement de la BDD. Il constitue ainsi un thesaurus ou un lexique.
C'est un fichier informatisé. Comme il existe des fichiers manuels par sujets, il existe des fichiers informatisés. Tous les champs de la notice (auteur, titre, périodique) sont interrogeables : la présentation est normalisée, et ces fichiers sont inscrits sur des supports informatiques, bandes magnétiques, ou CDROM (Compact-Disc Read Only Memory) que nous verrons plus loin.

Les différents accès aux BDD

Les deux principaux accès aux BDD sont :

  • l'accès en ligne à partir d'un ordinateur
  • l'accès vidéotex à partir d'un Minitel

Les données informatiques, mémorisées sur ordinateur, transitent par le réseau téléphonique : c'est en 1980 que la France accède à l'interrogation des BDD grâce à l'ouverture du réseau TRANSPAC. Depuis lors, les BDD professionnelles n'ont cessé de se développer dans tous les domaines.
De plus, les nouvelles technologies proposent de nouveaux supports pour la diffusion des BDD : disquette, CDROM, disque optique numérique (DON).

On distingue 4 types de BDD :

Quatre types de banques de données :

  • les banques factuelles ou numériques : elles fournissent des informations brutes, des données chiffrées (par exemple les statistiques de l' INSEE, les cours de la Bourse)
  • les banques textuelles : extraits de presse (APM = Agence de Presse Médicale), ou textes de lois (Lexis)
  • les banques bibliographiques qui recensent des références d'articles, de périodiques ou de monographies. On les interroge à l'aide d'équations de recherches booléennes et on les trouve surtout dans le domaine scientifique et technique
  • les BDD en texte intégral qui donnent, en ligne, le texte complet du document recherché (le journal Le Monde depuis janvier 1987)

Nous n'aborderons cependant que les BDD bibliographiques, car ce sont elles les plus utilisées en documentation.

2) La pratique de l'interrogation

Les banques de données bibliographiques

Elles sont constituées de notices bibliographiques : celles-ci se présentent comme une suite d'informations sur le document analysé, et sont organisées en champs.


Exemple de notice dans une BDD bibliographique (Medline) après une recherche sur "les bibliothèques d'infirmières en France " (en anglais : "libraries, nursing" and "France") :

NR : 902084400

TI : A nursing school librarian (interview)

TT : Le documentaliste dans l'école d'infirmières

LA : Fre

AU : Pupier M

LP : FRANCE

SO : Soins ; 1990 Feb (533) : 57-8

LO : CNRS

DEA : France ; Human ; Libraries ; nursing

le n° de notice dans la banque

le titre de l'article en anglais

le titre de l'article en français

la langue de l'article

l'auteur

le lieu de pubication

la revue

la localisation de la revue

les mots-clés de l'article

Comment interroger une banque de données ?

Intellectuellement

Il faut reprendre la stratégie déjà appliquée lors d'une recherche sur support papier : délimitation du sujet, formulation des concepts, et adaptation de ces concepts à ceux définis par la banque de données dans le thesaurus ou le lexique. La banque de données va permettre d'effectuer une recherche sur un, deux ou trois sujets croisés et sur une période de temps définie, ce que ne permet pas un fichier manuel ou un support papier :

Exemple : le sujet étant " la méningite chez l'enfant " sur une période allant de 1985 à 1992, vous pourrez grâce à des opérateurs booléens (ET, OU, SAUF) obtenir l'équation de recherche suivante :

Question 1 : Méningite ET Enfant
Question 2 : 1 ET 1985-1992

La banque de données va vous donner un certain nombre de réponses sous forme de notices (cf schéma notice bibliographique), que vous pourrez visualiser et sortir sur imprimante, ou commander auprès du serveur.

Matériellement

Pour accéder à des banques de données bibliographiques, le matériel suivant est souhaitable :

  • un micro-ordinateur
  • un logiciel de communication
  • un modem qui permet d'avoir accès au serveur de la banque de données en passant par une ligne téléphonique
  • une imprimante pour imprimer les réponses

L'accès "en ligne" aux BDD est conditionné par un abonnement et un mot de passe. Il faut savoir également que les interrogations peuvent être d'un coût élevé. Seules des bibliothèques ou des centres de documentation ont la possibilité d'accéder à ces outils documentaires.
Le Minitel offre cependant un certain nombre de services équivalents, avec ou sans contrat selon les BDD.
De plus, de nombreuses BDD sont maintenant consultables sur CDROM.

Les sources de données en soins infirmiers

Les accès en ligne aux banques de données

Ces BDD répondent plus aux besoins de chercheurs ou d'enseignants. Mais par la diversité des notions abordées, il est toujours possible de trouver des références sur le sujet étudié. Cependant, il existe peu de banques de données spécialisées en soins infirmiers. Voici les principales BDD :

Pascal
est une BDD multidisciplinaire développée depuis 1973 par l'INIST-CNRS (Institut National de l'Information Scientifique et Technique - Centre National de la Recherche Scientifique). La moitié des documents sont en langue anglaise, 10% en français. Deux rubriques sont consacrées à la Santé publique : "Santé publique. Hygiène" (épidémiologie, organisation, enseignement, législation et hygiène) et "Informatique et statistique biomédicales".
Francis
développe les aspects juridiques, économiques, sociologiques, psychologiques, démographiques et historiques de la santé. 13000 références depuis 1977. C'est le complément indispensable de PASCAL.
Bird
est produite par le Centre International de l'Enfance et concerne tous les aspects de l'enfance de la conception à l'adolescence. 74 000 références depuis 1981.
Ramis
présente des références en santé publique, en éducation de la santé. Son volume est de 8000 références.
Nursing and allied health
s'intéresse aux soins médicaux, à la formation du personnel , santé, médecine. 89 000 références depuis 1983.
Medline
BDD américaine produite par la National Library of Medicine (NLM), couvre la médecine clinique, la pharmacologie, la toxicologie, la nutrition, la psychologie. 3000 périodiques du monde entier sont dépouillés depuis 1971, ce qui représente plus de 5 millions de références.
Bioethics
également produite par la NLM, est orientée sur les problèmes d'éthique et de déontologie .

Les accès télématiques (accès vidéotex Minitel)

Les procédures de connexion sont simples : il suffit d'allumer son Minitel, de composer le numéro d'appel choisi (36.13 par exemple), au signal sonore d'appuyer sur la touche de fonction CONNEXION/FIN, et de taper le code de la BDD. L'interrogation est guidée, sélectionnez votre choix parmi ceux proposés. Les coûts sont très variables selon les BDD (jusqu'à 9 F la minute). En appuyant sur la touche SOMMAIRE en début d'interrogation, le prix de celle-ci s'affichera régulièrement.
A titre d'exemples, voici un certain nombre de services développés sur Minitel :

3614 ANFH
service de l'Association Nationale de Formation permanente du personnel hospitalier
3616 KSP
à l'attention des kinésithérapeutes
3616 REDATEL
la rééducation des handicapés
3615 SIDA
des informations sur le SIDA ainsi qu'un Annuaire des centres de dépistage
36 29 00 14 : la BDD JURISANTE
droit hospitalier, actualités
36 29 00 36 : la BDD MEDLINE
bibliographique, la plus importante dans le domaine biomédical possédant des rubriques intéressant le domaine paramédical. A la différence de l'interrogation en ligne qui demande une connaissance du logiciel pour interroger la BDD, l'objectif est de toucher un public large, non-initié aux techniques documentaires. Pour cela, il existe un guide Medline/Minitel
36 29 00 36 : la BDD BIOETHICS
26000 références sur l'éthique, la déontologie de la santé
3614 APHP
Annuaire des hôpitaux et services de l'Assistance Publique de Paris
3616 EMC
service de l'Encyclopédie Médico-chirurgicale (EMC) comprenant 300 000 références parmi lesquelles le personnel paramédical peut trouver des informations : techniques chirurgicales, thérapeutique, SIDA, Urgences
3616 INFMAG
service de la revue "Infirmière magazine"
3616 VIDAL
consultation du dictionnaire Vidal

Les banques de données sur CDROM (Compact-disc Read Only Memory)

Qu'est-ce qu'un CDROM ?

Né en 1984, il se présente
de la même manière qu'un disque compact musical. Mais ce sont des données qui sont enregistrées au lieu de notes de musique. La capacité de stockage d'un seul disque est impressionnante : un disque compact, de 12 cm de diamètre, peut contenir jusqu'à 280.000 pages dactylographiées, ainsi que des images, des graphiques et des sons.
La majorité des banques de données desservies "en ligne" sont accessibles le plus souvent grâce à un intermédiaire : le bibliothécaire-documentaliste. Les producteurs des banques de données, conscients des difficultés d'accès à ces outils, commencent à diffuser des supports mieux adaptés. A peu près 40% des fournisseurs de BDD envisage une édition supplémentaire sur CDROM. De plus, au bout d'un certain temps de pratique, l'utilisateur (médecin, infirmière, documentaliste) doit trouver son autonomie. Medline, Pascal, Bird sont disponibles sur ce support.

On peut trouver maintenant sur CDROM des dictionnaires (le Vidal), des annuaires, des catalogues et des revues médicales. Le CDROM n'est pas la simple restitution sur support informatique d'un texte papier ; grâce à un logiciel d'interrogation, il offre les mêmes possibilités qu'une BDD interrogeable en ligne : croisement de différents mots-clés grâce aux opérateurs booléens, interrogation dans tous les champs de la notice (auteur, titre, etc).
Un micro-ordinateur, un lecteur de CDROM, et un abonnement au CDROM désiré sont nécessaires à la consultation.
L'intérêt d'un tel support, surtout pour les bibliothèques et centres de documentation, est que l'interrogation d'un CDROM n'est pas prise en compte : le prix à payer étant l'abonnement global, des économies substantielles sont réalisées par rapport à l'interrogation en ligne, qui elle, se paye en temps de connexion (2, 50 F la minute sur Medline par exemple) et aux références affichées (1 F la référence Medline).

La documentation informatisée fait donc appel à de nombreux supports développés par les nouvelles technologies. L'Enseignement Assisté par Ordinateur (EAO) à l'aide de didacticiels est une manière différente de se former à la fois durant les études et tout au long de la vie professionnelle.

L'enseignement assisté par ordinateur (EAO)

Qu'est-ce que l'EAO ?

Déjà abordé dans le précédent article, l'Enseignement Assisté par Ordinateur permet, soit à l'élève-infirmier(e), soit à l'infirmier(e) confirmé(e) un apprentissage de nouvelles techniques, ou une remise à jour des connaissances sans l'intervention d'un tiers, monitrice ou enseignant. Le didacticiel nécessite un micro-ordinateur pour être utilisé; il est conçu à l'aide d'un programme informatique et sa présentation ressemble à celle des jeux vidéos. L'utilisateur n'a besoin que d'appuyer sur des touches ou d'utiliser une souris pour progresser, en répondant par oui ou par non, ou choisissant une réponse parmi d'autres. Il ne pourra progresser que si les réponses sont positives. On le voit, le côté ludique n'a pas été négligé, allié à une mise en images souvent très soignée.
Cette formule se met en place petit à petit dans les hôpitaux par l'intermédiaire du service de la formation continue.

Quelques expériences hospitalières

L'hôpital de Colombes (AP-HP) a ainsi mis sur pied une expérience originale : une "Formathèque" est à la disposition du personnel soignant de l'hôpital, proposant un catalogue de didacticiels .
Le Centre Hospitalier d'Argenteuil , pour sa part, réfléchit sur la question.
Le Centre Hospitalier Universitaire de Saint Etienne a développé ce même type de structure de formation pour le personnel paramédical, et les heures de formation se chiffrent à plus d'un millier par an. Fort de cette expérience, a été créé en 1983, le SHIP (Service Hospitalier d'Ingéniérie Pédagogique) : ce service conçoit et réalise des didacticiels de santé. Parmi ceux-ci : "Le Coeur côté pile" destiné aux infirmières de salles d'opération afin d'étudier les éléments de connaissances anatomo-physio-pathologiques qui conduisent à l'implantation d'un stimulateur cardiaque, et les étapes de l'hospitalisation d'un malade simulé.
D'autres didacticiels concernent "l'Hygiène dans les services de soins", "la Sécurité dans les blocs opératoires"...

Cette forme d'apprentissage, totalement nouvelle et qui tend à se développer, est une manière différente de placer l'infirmier(e) devant l'état de ses connaissances, et de les faire ainsi évoluer. Il existe des didacticiels dans de nombreux domaines, et surtout en médecine. La Cité des Sciences et de l'Industrie de la Villette a développé une didacthèque professionnelle accessible à tout un chacun.

Conclusion

Une bibliothèque ou un centre de documentation, en Ecole d'Infirmier(e)s ou à l'hôpital, ne sont plus seulement des lieux où l'on emprunte des ouvrages, consulte des revues ou effectue des photocopies d'articles. Avec les nouvelles technologies, ils deviennent de véritables centres de recherches bibliographiques. Les pays anglo-saxons l'ont compris depuis longtemps, et la documentation en soins infirmiers y est très développée. Pour que ce même phénomène touche la France, les besoins doivent s'exprimer. Cet article, en démontrant les accès possibles grâce à l'informatique aux sources de données, devrait y contribuer.

Références

1. Annuaire des services télématiques. Paris : A Jour, 1992.
2. BATIFOULIER C., PASQUIER M.H. du. Organiser sa documentation et savoir consulter d'autres sources. Paris : CFPJ, 1990.
3. BARRE F. Les nouvelles technologies en bibliothèque universitaire médicale : CDROM et EAO : rapport de stage. Lyon : ENSSIB, 1990.
4. GUENOT C., GOUPIL M. S'informer, se documenter : guides des sources de données en santé publique. Rennes : ENSP, 1990.
5. HOUPIER J.CH. Répertoire des bases de données médicales : accès minitel et terminal informatique. Paris : Mediscript, 1991.
6. Répertoire des banques de données professionnelles 1990. Paris : ADBS, ANRT, 1990.
7. SUTTER E. Le disque optique compact (CDROM), l'usage au quotidien : dossier documentaire. Paris : ADBS, 1991.

Adresses

1. La Formathèque, Hôpital de Colombes, 178 rue des Renouillers, 92701 COLOMBES Cedex. Tél. : (1) 47.60.64.71 (Mr A. PRESCHEL)
2. Service Hospitalier d'Ingéniérie Pédagogique (SHIP), Hôpital de Bellevue - Pavillon 54, 25 bd Pasteur, 42023 SAINT-ETIENNE Cedex 2. Tél. : 77.42.77.68 (Mr J.C. BANET)
3. Didacthèque professionnelle, Cité des Sciences et de l'Industrie, 30 avenue Corentin Cariou 75930 PARIS Cedex 19 (Réservation au (1) 40.05.82.91 ou Mme J. MULLER tél. 40.05.70.54)
4. Centre de Documentation-Bibliothèque médicale, Centre Hospitalier d'Argenteuil, 69 rue du Lt-Cl Prudhon, 95107 ARGENTEUIL Cedex. Tél. : (1) 34.23.24.69. (Mr J.P. ACCART, Melle A. LOURY)

cop. JP Accart, 2007

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) L'hôpital Tue, 10 Apr 2007 12:58:02 +0000
(1993) - Les métiers de l'hôpital: infirmier(e) de bloc opératoire. https://www.jpaccart.ch/l-hopital/1993-les-metiers-de-l-hopital-infirmier-e-de-bloc-operatoire.html https://www.jpaccart.ch/l-hopital/1993-les-metiers-de-l-hopital-infirmier-e-de-bloc-operatoire.html

Interbloc, 1993, t. 12, n° 3, pp. 35-37.

Définition

L'infirmier(e) de Bloc Opératoire est un(e) infirmier(e) diplômé(e) d'Etat ayant suivi une formation complémentaire dans le but de se spécialiser.

Elle (il) assure de par ce fait, envers les patients, la responsabilité d'un ensemble de soins personalisés au sein d'une équipe pluridisciplinaire.

Cet ensemble de soins infirmiers définis par la profession infirmière sont, au Bloc Opératoire, à conjuguer avec les impératifs techniques et technologiques de l'intervention.

L'infirmier de Bloc Opératoire prévoit l'instrumentation et le matériel nécessaire au bon déroulement de chaque intervention chirurgicale, accueille le malade, le prépare et assure son installation. Il présente au chirurgien ce dont il a besoin, assure le contrôle du nettoyage et de la stérilisation du matériel utilisé pendant l'intervention.

La fonction d'infirmier(e) de Bloc Opératoire diplômé(e) peut s'exercer également :

  • dans les unités où des actes opératoires à visée thérapeutique ou diagnostics s'effectuent (ex. : radiologie) ;
  • dans les stérilisations centrales.

Les qualités requises

Bonne santé et robustesse sont nécessaires pour faire face à une station debout souvent pénible ainsi qu'une attention soutenue pour prévoir les demandes du chirurgien.

Autres qualités requises :

  • calme, maîtrise de soi ;
  • persévérance, ténacité ;
  • esprit critique ;
  • autonomie professionnelle et responsabilité dans ses actes ;
  • résistance au stress ;
  • sens des relations humaines et communication ;
  • être capable, à tout moment de générer calme et silence dans la salle d'opération et le bloc opératoire.

Les secteurs d'activité

La préparation de l'intervention

L'infirmier, en fonction du type d'opération prévue :

  • prépare les plateaux d'instruments et les champs stériles en s'assurant que la stérilisation a été effectuée correctement ;
  • prépare les compresses, fils et autres fournitures nécessaires et s'assure que les médicaments sont disponibles en quantité suffisante ;
  • prépare les appareils qui seront utilisés en cours d'intervention ;
  • prépare la table d'opération.

Au cours de l'intervention

  • réceptionne le malade, vérifie son identité et le dossier post-opératoire ;
  • installe le malade sur la table d'opération et prépare le champ opératoire ;
  • procède à l'habillage du chirurgien ;
  • présente les instruments au chirurgien au fur et à mesure des besoins ;
  • contrôle le champ stérile et les règles d'hygiène ;
  • contrôle les compresses et les instruments ;
  • l'infirmier effectue les pansements de fin d'intervention, et surveille que l'évacuation à partir des drains soit correcte.

Après l'intervention

  • transmission à l'infirmier qui reprend en charge le malade après l'intervention ;
  • transmission des prélèvements effectués durant l'intervention au laboratoire d'analyses ;
  • consignation sur un registre de l'identité du chirurgien et de l'anesthésiste, de l'heure d'opération, sa nature et sa durée.

Nettoyage et stérilisation avec l'aide-soignante

  • évacuation du linge et du matériel souillés en respectant les circuits ;
  • échange, communication au niveau des commissions de travail sur la qualité des soins avec l'équipe infirmiers(e) des unités de soins, de stérilisation centrale, infirmiers(e) anesthésistes, chirurgiers, médecins anesthésistes, bactériologistes, hygiénistes, pharmaciens, ingénieurs biomédicaux, techniciens et informaticiens ;
  • rangement de la salle, désinfection et préparation pour une nouvelle intervention ;
  • nettoyage, contrôle et préparation de la stérilisation.

Rythme du travail

Le travail s'effectue dans la journée, quelquefois en 2 x 8, avec week-end de garde par roulement et service de nuit dans les blocs d'urgence.

La rémunération (au 01-02-92)

Brut mensuel : 9 230 F
Net mensuel : 8 258 F
(s'y ajoute une prime de service de 551 F).

L'évolution de la carrière

L'infirmier de Bloc Opératoire peut devenir cadre infirmier de Bloc Opératoire, puis cadre supérieur infirmier de Bloc Opératoire. Pour plus de renseignements, se reporter aux fiches Cadre infirmier et Infirmier général. Le cadre infirmier de Bloc Opératoire peut aussi être infirmier enseignant dans les écoles d'infirmiers(es) de Bloc Opératoire.

La formation

Diplôme d'infirmier(e) de Bloc Opératoire diplômé(e) d'État : décret n° 92-48 du 13 janvier 1992 (modifiant le décret nO 71-388 du 21 mai 1971).

Pour être admis à suivre l'enseignement sanctionné par le diplôme d'Etat d'infirmier de Bloc Opératoire, le candidat doit être titulaire du D.E. d'infirmier, soit du D.E. de sage-femme, en justifiant de 2 années d'exercice dans ces deux professions. Il faut également subir avec succès les épreuves d'admission à la formation préparant au D.E. d'infirmier de Bloc Opératoire. Cette formation est dispensée durant 1 année scolaire.

Ce concours comprend les épreuves suivantes :

  • une épreuve écrite composée de 40 questions courtes portant sur le programme de la formation sanctionnée par le diplôme d'Etat d'infirmier. Elle évalue les connaissances acquises en anatomie, physiologie, hygiène, chirugie et législation ;
  • une épreuve orale sur un sujet d'ordre professionnel faisant appel à des connaissances cliniques ;
  • une épreuve d'admission sur dossier (mars-avril). Ce concours a lieu généralement entre janvier et juin. Pour tout renseignement complémentaire on s'adressera aux instituts, ou à la Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales de son département.

Les études

Les études ont une durée de 1 500 heures incluant 500 heures d'enseignement théorique et pratique et 1 000 heures de stage.

Contenu théorique : hygiène hospitalière, administration, législation et santé publique, anesthésie, réanimation, techniques chirurgicales, technologies chirurgicales et nouvelles.
Contenu pratique : le total des stages est de 26 semaines (1000 heures) se répartissant ainsi :

1) les stages obligatoires :

  • en chirurgie traumatologique et orthopédique (6 semaines) ;
  • en chirurgie viscérale et digestive (6 semaines) ;
  • en chirurgie cardiovasculaire et thoracique (3 semaines) ;
  • en urologie (3 semaines) ;
  • en neurochirurgie (3 semaines) ;
2) les stages optionnels : de 5 semaines chacun et incluant au moins deux des disciplines suivantes :
  • gynécologie-obstétrique ;
  • ORL et stomatologie ;
  • ophtalmologie ;
  • chirurgie plastique et réparatrice ;
  • chirurgie infantile.

L'évaluation continue

L'évaluation théorique porte sur les 5 matières du programme et donne lieu à 5 évaluations notée sur 20. Une moyenne entre 7 et 10 sur 20 donne lieu à une épreuve de rattrapage. Une note en dessous de 7 donne lieu à exclusion. (Administration, anesthésie, hygiène et stérilisation, technologie, techniques chirurgicales.)

L'évaluation pratique : chacune des mises en situation professionnelle est notée sur 20. La moyenne de 10 sur 20 est exigée pour l'ensemble. Une note en dessous de 7 donne lieu à exclusion.

La validation des stages : chaque stage est noté sur 20. Il est validé si la note est au moins égale à 10 sur 20.

L'obtention du diplôme d'État d'infirmier de Bloc Opératoire

Les épreuves sont organisées chaque année au mois de juin.

Les épreuves portent sur l'ensemble du programme de la formation et comprennent :

  • une épreuve de synthèse sur les connaissances en chirugie traumatologique et orthopédique ou en chirurgie viscérale et digestive. Cette épreuve écrite et anonyme d'une durée de 2 heures est notée sur 20 ;
  • une épreuve comprenant 5 questions courtes à réponses rapides portant sur des matières autres que celles citées précédemment. La durée est de 1 h 30 et est notée sur 20 points ;
  • une épreuve de mise en situation professionnelle comprise entre 1 et 4 heures.

La notation globale

Aux notes des deux épreuves écrites et de l'épreuve de mise en situation professionnelle est ajoutée la note sur 40 de l' évaluation continue résultant des notes des évaluations théoriques, des notes des 3 mises en situations professionnelles accomplies au cours de la scolarité et des notes de stages.

Pour l'obtention du diplôme, la note de 60 sur 120 est exigée.

cop. JP Accart, 2007

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) L'hôpital Thu, 12 Apr 2007 06:01:09 +0000
(1993) - Les infirmières et l'Europe https://www.jpaccart.ch/l-hopital/1993-les-infirmieres-et-l-europe.html https://www.jpaccart.ch/l-hopital/1993-les-infirmieres-et-l-europe.html

Revue de l'Infirmière, 1993, n° 20, pp. 36-39.

Les infirmières et l'Europe: le rôle de l'information documentaire

L'information de santé en Europe

Le monde infirmier se situe dans une histoire, une communauté qui dépasse le cadre de la France. L'Europe, en effet, se construit, et tous les professionnels de santé sont concernés. Cependant, de nombreux problèmes d'actualité se posent à tous les partenaires européens : les réévaluations des politiques de santé, l'accroissement constant des dépenses de santé, les crises à répétition du personnel soignant, une technicité de plus en plus grande. Comment appréhender ces changements ?
La réalisation d'un véritable marché de l'information à l'échelle européenne est ressentie comme un facteur important d'innovation et de développement.
Dans le domaine de la santé en Europe, le problème de l'accessibilité à l'information se pose réellement pour le personnel de santé ainsi que pour le public: ceci est vrai surtout quand il s'agit d'institutions ou d'établissements qui ne sont pas dans le champ universitaire, notamment les hôpitaux généraux. En effet, alors que les conditions pour la diffusion de l'information médicale sont réunies dans des centres universitaires, en dehors de ces centres, beaucoup de pays européens n'ont pas les structures nécessaires pour diffuser l'information spécialisée directement auprès de leurs personnels de santé.

La dynamique de l'information

Notre ère est une ère d'information, et il s'agit d'en saisir toutes les composantes: l'information est un élément fondamental de la prise de décision et de l'action. La maîtrise de l'information permet de confronter ses pratiques, de les évaluer, d'actualiser ses connaissances par rapport, en particulier, aux avancées technologiques: l'infirmier(e), comme tout professionnel de santé, doit, en effet, constamment remettre ses connaissances à jour ; une adaptation rapide aux changements devient nécessaire pour optimiser les soins, et satisfaire ainsi un nombre croissant d'usagers. L'information dynamise cette adaptation.

Les lieux de recherche de l'information

Si l'information est partout présente, il reste cependant qu'elle peut être événementielle, incomplète, passagère. Des lieux sont nécessaires où pouvoir la rechercher, 1'approfondir, la compléter.
Ces lieux, bibliothèques ou centres de documentation, sont plus ou moins spécialisés, plus ou moins accessibles aux professionnels de santé qu'ils soient médicaux ou paramédicaux. Les bibliothèques des facultés de médecine, les bibliothèques d'hôpitaux représentent des ressources documentaires importantes pour le corps médical ; malheureusement, elles sont, la plupart du temps en France, peu accessibles au personnel infirmier, pour des raisons institutionnelles et/ou économiques et ne disposent généralement pas de fonds spécifiques en soins infirmiers.

L'information documentaire en Europe : états des lieux

Plusieurs réalisations en matière d'information documentaire au service du personnel infirmier ont été faites en Europe. En voici quelques exemples :

- En Norvège, il existe 100 hôpitaux généraux dont 50 % équipés d'une bibliothèque médicale, accessibles à tous les personnels soignants. Les plus importantes sont celles relevant de l'université ainsi que celles de l'Hôpital National. Une politique de coopération pour l'acquisition de périodiques biomédicaux et l'élaboration d'un catalogue collectif a été développée.

- En Espagne, les bibliothèques souffrent d'un grand éparpillement et d'un manque de coordination. Les personnels sont souvent peu qualifiés, les collections et les équipements inadéquats, ce qui implique une qualité de service peu satisfaisante pour l'usager. Sur 100 bibliothèques médicales, seulement un tiers peut fournir des recherches bibliographiques sur CD-ROM.

- En Italie, il existe 673 unités de santé réparties en 20 régions. Une unité représente plusieurs hôpitaux, cliniques et services de prévention; elle est censée être équipée d'un service de documentation médicale, ce qui n'est pas toujours le cas. Rome pussède le plus grand nombre de bibliothèques de santé. Dans le domaine biomédical, il existe une banque de données nationale des périodiques et 1 782 bibliothèques y participent.

- En Belgique, à Liège, on dénombrait avant 1983, au sein de la Faculté de Médecine, environ 50 bibliothèques de services, de taille et de fonctionnement variables, d'accès parfois malaisé. En 1982, un regroupement de quelques-unes de ces bibliothèques a permis de constituer une unité de documentation médicale ayant pour but d'améliorer l'accès pour tous à la documentation. Cette unité se développa et s'installa en 1987 dans de nouveaux locaux, devenant la Bibliothèque de la Faculté de Médecine. Les nouveaux lecteurs en nombre croissant, appartiennent à des catégories qui fréquentaient peu ou pas les bibliothèques de services. Le secteur paramédical est bien représenté.

- En Suisse, un exemple significatif est celui de la bibliothèque de la Faculté de Médecine de Lausanne : celle-ci est ouverte au personnel soignant et aux élèves. Une enquête menée auprès de ce public a montré que la fréquentation baissait après l'obtention du diplôme, mais augmentait ensuite proportionnellement avec les années post-diplôme ; les raisons pourraient en être la nécessité d'une formation permanente pour exercer dans certains services spécialisés. Le personnel infirmier qui ne vient pas à la bibliothèque centrale, fréquente des mini-bibliothèques conçues pour lui au sein de l'hôpital.

- En Grande-Bretagne, la situation est différente: à part les professionnels travaillant dans les hôpitaux privés (ceux-ci représentent 5 à 6 % du nombre total d'hôpitaux), les personnels médicaux et paramédicaux, dans tous types d'hôpitaux, ont accès à des bibliothèques médicales et à des services d'information. Le fait que 95 % des hôpitaux britanniques fassent partie du National Health Service (le Service national de Santé) est d'importance. Cela signifie que la majorité des professionnels de santé britanniques ont accès à l'information.
A Londres, la bibliothèque la plus importante en soins infirmiers est celle du «Royal College of Nursing», réservée aux membres (leur nombre s'élève à 257 000, soit environ la moitié du personnel infirmier en activité).
Fondée en 1921, elle possède un fonds de 40 000 volumes et de 350 périodiques sur les soins infirmiers et les sujets s'y rattachant.
Cette bibliothèque offre des services multiples à ses adhérents : prêt, recherches bibliographiques, fournitures de photocopies; cette dernière prestation est accessible aux non-membres à des prix différents, de même que la plupart des services aux autres bibliothèques de santé ou d'écoles d'infirmières. Les recherches bibliographiques effectuées sont passées d'une centaine par mois en 1988, à une centaine par semaine en 1990. La bibliothèque du «Royal College ofNursing» édite un répertoire « Nursing bibliography" disponible à la vente et qui représente un inventaire permanent, en langue anglaise, des références bibliographiques en soins infirmiers. Elle a le projet de constituer, à partir de ce répertoire, une banque de données sur les soins infirmiers disponible sur CD-ROM.
Ce dynamisme de la Grande-Bretagne, s'il provient d'une longue tradition, procède aussi d'une volonté gouvernementale. Au niveau de l'information de l'usager, les initiatives se succèdent dans les différentes régions. La plus ancienne, citée comme modèle national et même international, est le centre d'information « Help for Health ».
« Help for Health » a été fondé pour mettre à la disposition de tous les professionnels de santé, les références des ouvrages, brochures, dépliants en santé, avec également un fichier informatisé d'adresses des associations nationales et régionales et des références bibliographiques. Un service question-réponse, auquel s'ajoute depuis quelques mois un service spécial sur le sida, fonctionne également; les personnels soignants, mais aussi le public sont les utilisateurs des prestations offertes par « Help for Health » dont le directeur est Robert Gann.

- En France, nous sommes loin d'un tel dynamisme. La situation est, en effet, très inégale selon les hôpitaux. Il existe plusieurs types de bibliothèques réservées à des catégories de personnels différentes :
Les instituts de formation en soins infirmiers, très nombreux en France, ont chacun une bibliothèque pour leurs étudiants. Gérées en général par une monitrice ou un(e) documentaliste, ces bibliothèques appliquent les normes en vigueur : dépouillement des revues, fichiers thématiques, classifications. Réservées en général aux étudiants, ces bibliothèques sont parfois ouvertes aux personnels soignants.
Rares, cependant, sont les structures organisées pour le personnel soignant; mais il n'y a pas, non plus, une demande très importante de la part de celui-ci dans ce sens. Les initiatives sont donc individuelles, ou prises par le service de soins lui-même (abonnement à quelques revues et achat d'ouvrages). La règle reste l'éclatement de la documentation paramédicale au sein de l'hôpital.
Une tendance semble se dessiner dans certains hôpitaux: des bibliothèques ou centre de documentation centralisant la documentation. L'Assistance publique de Paris a mis en place le Centre de documentation pédagogique à l'Hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Au Centre hospitalier d’Argenteuil, un Centre de documentation pluri-disciplinaire (comportant les domaines médical, paramédical, administratif et technique) destiné à tous les professionnels de santé, hospitaliers et libéraux, a été ouvert début juin 1993.

L'exemple de la cité des sciences et de l'industrie de la villette

Cependant dans le domaine de l'information de santé et de sa diffusion dans le grand public, l'exemple de la Cité des Sciences de la Villette reste le plus probant: en 1986, la Cité des Sciences et de l'Industrie ouvre ses portes au public. Elle a été créée avec la volonté politique d'aider le public à se familiariser avec le développement de la science et des applications techniques, à comprendre et à les utiliser ces dernières, lui faire réaliser qu'il est acteur aussi bien qu'utilisateur.
La Médiathèque, bibliothèque multimédia en libre accès, propose des livres et revues, qu'il est possible d'emprunter (moyennant un abonnement annuel de 200 F), ainsi que des documents audiovisuels, des logiciels éducatifs et des dictaticiels. Dans ce contexte, pour la première fois en France, une bibliothèque médicale est accessible à tous et non seulement aux professionnels de la santé.
Le service Médecine-Santé de la Médiathèque offre à ses usagers, environ 7 000 titres d'ouvrages (20 000 volumes) en majorité de langue française et 500 titres de périodiques en biomédecine. À côté des documents de base, présents également dans d'autres bibliothèques médicales, figurent des ouvrages de vulgarisation choisis selon certains critères objectifs, des témoignages de malades, des documents de formation et de pratique des disciplines paramédicales.
L'accent est mis également sur les documents traitant des nouvelles technologies et de l'éthique biomédicale. Les aspects économiques, sociaux, anthropologiques de la santé, qui dépassent l'aspect clinique d'une bibliothèque médicale, permettent d'aborder l'information sociale de santé.

Conclusion: de l'importance de s'informer

En terme d'information documentaire et de personnels de santé, les réalisations européennes sont visibles, nous avons pu le constater: de l'Espagne à la Suisse, à la Grande-Bretagne et à la France, les disparités sont cependant très grandes. Plusieurs raisons à cela: les volontés politiques, les différences culturelles, les politiques économiques, la volonté des personnels eux-mêmes et leur capacité de mobilisation. Le manque de coordination, d'unification, d'échanges en sont d'autres.
Pour l'infirmier(e), il est cependant primordial de comprendre la place de l'information à l'heure actuelle dans l'évolution de la société. S'informer sur sa profession constitue un impératif: c'est un enjeu personnel important. Surtout à l'heure de l'Europe !


L'Association Européenne pour l'Information et les Bibliothèques de Santé (AEIBS)

Constituée en 1987 à Brighton sous l'égide de la Communauté européenne et de l'Organisation mondiale de la Santé, l'Association européenne pour l'Information et les Bibliothèques de Santé (AEIBS) s'est définie plusieurs buts dont le principal est de mettre les services des bibliothèques de santé à la disposition des profession
els de santé par la coopération et le partage des expériences au-delà des frontières. Concrètement, cela se traduit, cette année, par la mise en place d'un réseau d'échanges de photocopies d'articles médicaux en faveur des pays de l'Est: un certain nombre de bibliothèques médicales européennes ont déjà donné leur accord pour l'envoi gratuit de ces photocopies.

Un autre but défini dans les statuts de l'Association est de tenir les bibliothécaires de santé informés professionnellement, et ce, de plusieurs manières :

- en publiant une « Newsletter » trimestrielle en anglais et en français, les deux langues officielles de l'Association; des informations sont données, grâce à des correspondants européens :

  • sur les différents systèmes de santé en Europe,
  • les bibliothèques de santé en Espagne, en Italie ou en Norvège,
  • le devenir des CD-ROM médicaux,
  • ou les dernières publications sur la santé.

Cette « Newsletter » se veut être le lien entre les quelque 500 membres de l'Association à travers l'Europe.

- en encourageant la mobilité professionnelle dans le cadre élargi que représente l'Europe de 1993 : des échanges professionnels sont proposés entre institutions,

- en offrant des cours d'éducation continue: chaque conférence donne lieu, en effet, à une série de cours professionnels sur des sujets aussi divers que le management d'une bibliothèque médicale, l'utilisation de CD-ROM en réseaux, la pratique du télédéchargement ou la bibliométrie.

Le troisième but de l'Association est de représenter les bibliothécaires de santé à un niveau européen, en particulier auprès de la CEE et de l'OMS, en vue, par exemple, que des recommandations soient faites à un niveau européen pour une plus grande diffusion de l'information de santé.

En outre, l'AEIBS organise des ateliers de travail et des séminaires; elle est représentée au niveau de l'International Federation of Library Associations (IFLA) et de la Medical Library Association (MLA aux États-Unis). Enfin, elle publie un « Annuaire des bibliothèques médicales en Europe " , et les actes des conférences.

L'Association a déjà tenu 3 conférences: à Bruxelles (1986), Bologne (1988) et Montpellier (1992) ce qui a donné l'occasion à quelques centaines de documentalistes médicaux européens de se rencontrer. La prochaine conférence est prévue à Oslo du 28 juin au 2 juillet 1994 ; elle aura pour thème : « Information de la santé - Nouvelles possibilités ».
Rendez-vous est pris.

cop. JP Accart, 2007

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) L'hôpital Thu, 12 Apr 2007 06:04:32 +0000
(1992) - Le monde infirmier et la documentation. https://www.jpaccart.ch/l-hopital/1992-le-monde-infirmier-et-la-documentation.html https://www.jpaccart.ch/l-hopital/1992-le-monde-infirmier-et-la-documentation.html

Interbloc, 1992, vol. 11, n° 3, pp. 330-32.

A l'heure actuelle, il devient indispensable de maîtriser l'information, la comprendre, et la faire partager. Cette maîtrise entre pour une part importante dans la réflexion, l'autonomie et finalement la prise de décision .
Les préoccupations du monde infirmier, hormis les questions de statut et de reconnaissance, s'attachent à des points spécifiques tels que l'éthique, l'accueil au malade, la douleur, ou les nouvelles thérapeutiques en cours. Le besoin d'information est manifeste : la presse infirmière est florissante, et on dénombre beaucoup d'ouvrages paraissant sur ces sujets pointus. Des centres de documentation ont été créés, des méthodes d'investigations spécifiques développées ainsi que des banques de données spécialisées.

Cet article vise à faire le point sur la documentation et le monde infirmier d'un point de vue pratique, à donner des clés pour comprendre et appréhender les bibliothèques paramédicales. Dans une première partie, nous aborderons la documentation durant les études d'infirmières, les méthodes proposées, et dans une deuxième partie, l'importance de la documentation personnelle ou commune à un service de soins dans l'évolution professionnelle et intellectuelle des infirmières.

Documentation et école

Les écoles paramédicales

Un certain nombre d'hôpitaux ont créé dans leur sein leur propre école d'infimières, d'infirmières spécialisées ou écoles des cadres hospitaliers. Pour sa part, l'Assistance Publique des Hôpitaux de Paris gère des écoles d'infirmières, de cadres, de sages-femmes, disséminées dans ses divers établissements.
Le service de la bibliothèque y est en général intégré, car un travail personnel important est demandé aux élèves et nécessitent certaines ressources documentaires spécifiques comme "l'Encyclopédie de l'Infirmière", des abonnements à "La Revue de l'Infimière" , à "Soins", à "l'Aide-soignante" .
Ces structures sont bien organisées et répondent généralement aux normes bibliothéconomiques en vigueur.

L'apprentissage : les études d'infirmier(e)s

Au cours de la première année, le programme prévoit l'approfondissement des méthodes de travail, de la démarche de soins. Tout au long de la formation, la réalisation de travaux dirigés sur des thèmes d'intérêt professionnel comme l'élaboration d'affiches thématiques, un projet de groupe à visée préventive ou éducative, des dossiers sur la santé de l'homme et son environnement est demandée aux étudiant(e)s et compte pour l'évaluation continue des connaissances et des aptitudes : les futur(e)s infirmièr(e)s apprennent ainsi à travailler en groupe.
La recherche documentaire en vue de la réalisation du travail de fin d'études permet d'élargir le domaine de la réflexion. Elle impose également de préciser les limites d'un travail, oblige à écrire et à organiser sa documentation, de mobiliser les connaissances, de les compléter, les approfondir .

La bibliothèque de l'école

Afin d'appréhender correctement le monde particulier que constitue la bibliothèque de l' école, et mettre à profit toutes ses ressources, l'élève-infimier(e) doit savoir que :

  • le bibliothécaire-documentaliste (ou la personne ayant en charge la bibliothèque, le plus souvent une monitrice) est la première personne à aborder : il lui apprendra le fonctionnement de la bibliothèque et son classement, comment se servir des différents fichiers ou à quelles bibliothèques ou centres de documentation s'adresser.
  • une bibliothèque est constituée d'ouvrages, de revues et d'encyclopédies. Chacun de ces supports contient des index par sujet, en fin de volume pour les livres et les encyclopédies, et dans le dernier numéro de l'année en cours pour les revues. Ce sont les premières sources à consulter.

Dans un deuxième temps, il conviendra de se référer au fichier par sujets (ou matières) de la bibliothèque. Le type de classement employé est différent suivant les écoles, mais en général un classement alpha-numérique est employé : pour chaque document sont dégagés un ou plusieurs mots-clé ( "Anatomie" pour un livre portant sur le corps humain par exemple) et un numéro (dans la classification "CANDO" le terme d'Anatomie porte le numéro 16). Il est possible ainsi de combiner plusieurs notions. Ce type de classement permet de regrouper sous un même numéro tout ce que la bibliothèque possède sur l'anatomie par exemple.L'indexation des documents se fait grâce à plusieurs systèmes : le "CANDO" de J. CHEVALLIER, la Classification du Centre International de l'Enfance, ou celle de l'Organisation Mondiale de la Santé.
Pour chaque document recensé, une fiche dactylographique est composée selon des normes très précises : elle comporte tout ce qu'il est nécessaire de savoir sur un document. En voici un exemple: Cote

Exemple d'une fiche établie à partir d'un ouvrage, selon des normes précises, fiche intégrée dans un fichier sujets

Ces fiches sont ensuite classées dans le fichier par sujets (ou matières). Ce fichier sera la base même de toute recherche thématique sur un sujet donné. Là encore, le bibliothécaire-documentaliste peut être une aide précieuse à la recherche.

La démarche bibliographique

L'élève-infirmier(e), après avoir compris le fonctionnement de la bibliothèque de son école et son classement, doit être capable d'élaborer lui-même sa propre stratégie de recherche : cette stratégie lui servira durant toute sa carrière lorsqu'il devra travailler sur un sujet particulier, ou s'il veut se former pour préparer l'Ecole des Cadres et conduire ensuite l'équipe de soignants dont il aura la charge.

La 1ère étape consiste dans la formulation de la question, la mise à plat de ses propres connaissances : est-ce une recherche dans le temps (rétrospective), est-ce une information locale, régionale, étrangère ?. S'agit-il d'un problème d'actualité, réglementaire, statistique, technique ?. Quel est le contexte de la question, le délai pour y répondre, faut-il des documents audiovisuels, des images ?

La 2ème étape s'appuiera sur l'inventaire des sources documentaires présentes dans la bibliothèque de l'école ou dans un autre centre de documentation :

  • le fichier par matières de la bibliothèque
  • les mémoires et thèses d'écoles d'infirmières et de cadres infirmiers qui sont des documents répertoriés seulement au niveau d'une école
  • des brochures (sur le SIDA par exemple)
  • des encyclopédies, ouvrages et dictionnaires
  • les revues et leurs index annuels par sujets

Une étape complémentaire, mais importante, consiste à consulter les personnes compétentes sur l'hôpital même dans le domaine investi : prendre rendez-vous avec le chef de service ou un médecin du service concerné. Il sera à même de vous indiquer la marche à suivre, les articles importants à lire. Certains points qui n'apparaissaient pas clairs au premier abord deviendront alors plus évident à saisir. Il n'est pas inutile d'insister sur l'importance des rapports personnels au sein de l'hôpital.

Les documents ainsi recensés, lus, analysés devront être classés par dossier et par thème. La recherche n'en sera que facilitée.

Cette démarche bibliographique, qui doit être rigoureuse pour être réussie, permettra ainsi de gagner un temps précieux, de mieux connaitre les objectifs à atteindre, de mieux s'organiser. Elle sera utile non seulement durant la période des études mais aussi durant toute la pratique infirmière.

Documentation et pratique infirmière

La pratique infirmière

Une fois les études terminées, il faut donc passer à la pratique quotidienne d'un métier qui devient de plus en plus technique et spécialisé.
Ainsi peut-on déterminer un certain nombre de compétences de bases demandées aux infirmières :

  • l'identification d'un problème clinique et faire appel à la personne compétente pour le traiter
  • poser un diagnostic infirmier chez une personne
  • élaborer un projet de soins pour une personne
  • dispenser les soins infirmiers
    1. sur prescription médicale
    2. de la zone d'autonomie
  • identifier un problème de santé au niveau d'une population
  • participer à un projet d'actions en partenariat favorisant la gestion de santé d'un groupe
  • conduire une relation soignant/soigné et soignant/famille
  • organiser le travail et l'évaluer
  • travailler en équipe pluridisciplinaire
  • se former et former autrui
  • participer à une recherche en soin infirmier et produire du savoir infimier
  • participer à la conduite d'une politique de soins et de santé.

Se tenir informé est un des maîtres-mots de notre époque. La démarche bibliographique apprise et appliquée durant les études va trouver là tout son sens. Lire régulièrement ce qui concerne son métier est une des manières de progresser et d'évoluer.

Le personnel soignant de l'hôpital

Avec à sa tête les Infirmières Générales, il bénéficie de peu de moyens de s'autoformer. Quelques abonnements peuvent être achetés en commun pour le service. Le responsable du service, en l'occurrence la surveillante, a un rôle non négligeable à jouer en la matière : elle peut décider la mise en commun de plusieurs abonnements et l'accès facilité à ces documents en les entreposant dans un endroit ouvert. La responsabilité de ces tâches peut être confiée à un des membres de l'équipe, à tour de rôle. Des réunions sur des thèmes peuvent également être organisées .
Plus tard, l'infirmière peut être amenée à assurer la formation des cadres de sa profession, après plusieurs années de pratique hospitalière. Des centres de documentation spécialisés (le Centre de Documentation Pédagogique de l'Assistance Publique par exemple), l'accès à des banques de données ("Cumulative Index to Nursing and Allied Health Literature") répondent à des questions aussi variées que : la thérapeutique, l'éthique, l'épidémiologie, le SIDA, l'hygiène, la qualité des soins, la douleur ou les infections nosocomiales.

L'Enseignement Assisté par Ordinateur (EAO), permet, à l'aide de logiciels d'auto-apprentissage, ou didacticiels, une remise à niveau des connaissances (en techniques chirugicales par exemple) du personnel soignant. Cette formule se met en place petit à petit dans certains hôpitaux. L'hôpital de Colombes (AP-HP) a ainsi mis sur pied une expérience originale : une "Formathèque" est à la disposition du personnel soignant de l'hôpital. Fonctionnant sur rendez-vous, cette structure permet la formation continue professionnelle à l'aide de didacticiels.

Afin de rechercher, d'approfondir, de compléter l'information, les bibliothèques et centres de documentation des hôpitaux sont là pour répondre à ces questions. Voici quelques adresses utiles pour approfondir un sujet.

Où se documenter ?

Les ressources proposées par la bibliothèque de l'école ne seront peut-être pas suffisantes pour approfondir le sujet traité. A Paris, il est possible de se documenter dans plusieurs endroits :

  • le Centre de Documentation Pédagogique de l'Assistance Publique de Paris : Centre de Formation en Soins Infirmiers Groupe Pitié-Salpêtrière, 47 bd de l'Hôpital, 75651 PARIS Cedex 13. Le fonds documentaire proposé (5200 ouvrages, 180 titres de périodiques) est à caractère encyclopédique avec des thèmes majeurs : gestion et management hospitalier, soins infirmiers et service infirmier, médecine et santé, sciences humaines, pédagogie et formation, droit.
  • la Médiathèque de la Cité des Sciences et de l'Industrie de la Villette, service Médecine-Santé, 30 avenue Corentin Cariou, 75930 PARIS Cedex 19 . Le service Médecine-Santé est ouvert au grand public, aux médecins et au personnel soignant. Il propose, en accès libre et en prêt, plusieurs milliers d'ouvrages et 500 abonnements à des revues médicales dont des périodiques infirmiers. La documentation est informatisée sur le système GEAC (sur le modèle de la Bibliothèque Publique de Beaubourg), il existe une salle d'Enseignement Assistée par Ordinateur et un atelier informatique, "la Comète", afin d'interroger les banques de données spécialisées.
  • le Centre International de l'Enfance, Château de Longchamp, Bois de Boulogne, 75016 PARIS
  • le Centre Régional d'Information et de Prévention du SIDA (CRIPS), 3, 5 rue de Ridder, 75014 PARIS
  • le Centre de Documentation et d'Information d'Ethique, INSERM, 101 rue de Tolbiac, 75013 PARIS

Conclusion

Nous l'avons vu, l'information est un élément fondamental de la prise de d
eacute;cision et de l'action. Elle permet au professionnel de santé de se situer dans une histoire, une communauté, de confronter ses pratiques avec d'autres, de les évaluer, d'actualiser ses connaissances en approfondissant par exemple les problèmes d'éthique et d'économie découlant des avancées technologiques. Il est nécessaire pour cela d'apprendre une certaine démarche bibliographique, de devenir autonome par rapport à des méthodes de recherches particulières, de savoir gérer l'information.

Bibliographie

1. Bibliothèques et vie hospitalière. L'Hôpital à Paris, 1981, n° 65, sept-oct, pp. 419-443.
2. BORDES M. La Bibliothèque en écoles d'infirmières : moyen pédagogique. Infirmière enseignante, 1989, n° 1, pp. 21-245.
3. CHAINTRON E. L'utilisation des revues professionnelles dans la pédagogie des écoles d'infirmières : table ronde. Soins, 1984, n° 427, avril, pp. 54-58.
4. DAUBAN M. La documentation dans les établissements hospitaliers généraux de la banlieue parisienne. Paris : IUT Paris V, 1987.
5. NOBLET O. Apprendre à apprendre. Infirmière enseignante, 1990, n° 10, pp. 24-25.
6. STAMMINGER J. A propos de la bibliothèque ... en écoles d'infirmières. Soins, 1982, vol. 27, n° 5, pp. 41- 45.
7. TCHASSOU DP. La visite documentaire dans la formation infirmière : une approche systématisée. Symbiose, 1987, vol. 54, mai-juin, pp. 15-18.

cop. JP Accart, 2007

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) L'hôpital Thu, 12 Apr 2007 06:08:39 +0000
(1992) - La documentation informatisée en soins infirmiers. https://www.jpaccart.ch/l-hopital/1992-la-documentation-informatisee-en-soins-infirmiers.html https://www.jpaccart.ch/l-hopital/1992-la-documentation-informatisee-en-soins-infirmiers.html

Interbloc, 1992, t.11, n° 4, pp. 31-34.

Dans un précédent article paru dans INTERBLOC intitulé "Le Monde infirmier et la documentation", plusieurs points ont été développés :

  • l'importance de l'apprentissage d'une certaine démarche bibliographique en soins infimiers durant les études, mais aussi au cours de la vie professionnelle ;
  • l'élaboration d'une stratégie de recherche rigoureuse
  • et enfin, savoir où se documenter et quelles sont les sources de données consultables.

Durant des siècles, l'enseignement a été fait par des maîtres : ils représentaient pour leurs élèves la seule source d'information. Aujourd'hui, tout un chacun a la possibilité d'accéder à de multiples informations, spécialisées ou non : maîtriser cette information documentaire constitue un atout majeur et permet ainsi de trouver sa propre autonomie.

Un accès rapide à ces sources est rendu possible à l'heure actuelle : la santé publique est une discipline de recherche, et cela suppose donc d'avoir un accès facilité aux connaissances .
La masse d'informations produites et le fait que la technologie actuelle permet leur stockage dans un faible volume (sur disquette ou sur disque compact), d'accéder à ces informations après leur traitement, de la reproduire facilement, de la transmettre rapidement, sont des données qui font évoluer la documentation et notamment la documentation appliquée aux soins infirmiers.

Qu'est-ce qu' une interrogation en ligne sur un sujet particulier ? Qu'est-ce qu'un accès vidéotex ? La télématique ? Comment est constituée une banque de données ? Ces termes peuvent paraître barbares ; ils n'en sont pas moins devenus usuels dans le langage actuel. La lecture de cet article va vous donner certaines clés indispensables pour comprendre ce qu'est la documentation informatisée en soins infirmiers.

Théorie et pratique de l'interrogation d'une banque de données (BDD)

1) Théorie de l'interrogation

L'interrogation d'une BDD est l'aboutissement d'une recherche documentaire. Sur un sujet donné, il faut d'abord commencer par consulter les supports papier tels qu'ouvrages généraux, dictionnaires, encyclopédies, périodiques, traités, mémoires : en terme de documentation, c'est ce qu'on appelle l'accès aux documents primaires. C'était le thème développé dans le 1er article.
Puis, en vue d'approfondir sa recherche, d'établir une bibliographie rétrospective (remontant à plusieurs années) ou de travailler sur un sujet pointu, il faut avoir recours à une banque de données : celle-ci donnera accès à des références d'articles de revues et parfois à des résumés de ces articles. C'est ce qu'on appelle l'accès aux documents secondaires.

Définition d'une banque de données

Comme le démontre le schéma n°1, une banque de données est construite à partir de documents originaux (livres, articles de revues, thèses, documents photos etc) ; le producteur de la banque se charge, à l'aide d'une équipe de documentalistes et/ou d'indexeurs, de dépouiller ces documents, d'en extraire les références et de les indexer selon les termes définis pour le classement de la BDD. Il constitue ainsi un thesaurus ou un lexique.
C'est un fichier informatisé. Comme il existe des fichiers manuels par sujets, il existe des fichiers informatisés. Tous les champs de la notice (auteur, titre, périodique) sont interrogeables : la présentation est normalisée, et ces fichiers sont inscrits sur des supports informatiques, bandes magnétiques, ou CDROM (Compact-Disc Read Only Memory) que nous verrons plus loin.

Les différents accès aux BDD

Les deux principaux accès aux BDD sont :

  • l'accès en ligne à partir d'un ordinateur
  • l'accès vidéotex à partir d'un Minitel

Les données informatiques, mémorisées sur ordinateur, transitent par le réseau téléphonique : c'est en 1980 que la France accède à l'interrogation des BDD grâce à l'ouverture du réseau TRANSPAC. Depuis lors, les BDD professionnelles n'ont cessé de se développer dans tous les domaines.
De plus, les nouvelles technologies proposent de nouveaux supports pour la diffusion des BDD : disquette, CDROM, disque optique numérique (DON).

On distingue 4 types de BDD :

Quatre types de banques de données :

  • les banques factuelles ou numériques : elles fournissent des informations brutes, des données chiffrées (par exemple les statistiques de l' INSEE, les cours de la Bourse)
  • les banques textuelles : extraits de presse (APM = Agence de Presse Médicale), ou textes de lois (Lexis)
  • les banques bibliographiques qui recensent des références d'articles, de périodiques ou de monographies. On les interroge à l'aide d'équations de recherches booléennes et on les trouve surtout dans le domaine scientifique et technique
  • les BDD en texte intégral qui donnent, en ligne, le texte complet du document recherché (le journal Le Monde depuis janvier 1987)

Nous n'aborderons cependant que les BDD bibliographiques, car ce sont elles les plus utilisées en documentation.

2) La pratique de l'interrogation

Les banques de données bibliographiques

Elles sont constituées de notices bibliographiques : celles-ci se présentent comme une suite d'informations sur le document analysé, et sont organisées en champs.

Exemple de notice dans une BDD bibliographique (Medline) après une recherche sur "les bibliothèques d'infirmières en France " (en anglais : "libraries, nursing" and "France") :

NR : 902084400

TI : A nursing school librarian (interview)

TT : Le documentaliste dans l'école d'infirmières

LA : Fre

AU : Pupier M

LP : FRANCE

SO : Soins ; 1990 Feb (533) : 57-8

LO : CNRS

DEA : France ; Human ; Libraries ; nursing

le n° de notice dans la banque

le titre de l'article en anglais

le titre de l'article en français

la langue de l'article

l'auteur

le lieu de pubication

la revue

la localisation de la revue

les mots-clés de l'article

Comment interroger une banque de données ?

Intellectuellement

Il faut reprendre la stratégie déjà appliquée lors d'une recherche sur support papier : délimitation du sujet, formulation des concepts, et adaptation de ces concepts à ceux définis par la banque de données dans le thesaurus ou le lexique. La banque de données va permettre d'effectuer une recherche sur un, deux ou trois sujets croisés et sur une période de temps définie, ce que ne permet pas un fichier manuel ou un support papier :

Exemple : le sujet étant " la méningite chez l'enfant " sur une période allant de 1985 à 1992, vous pourrez grâce à des opérateurs booléens (ET, OU, SAUF) obtenir l'équation de recherche suivante :

Question 1 : Méningite ET Enfant
Question 2 : 1 ET 1985-1992

La banque de données va vous donner un certain nombre de réponses sous forme de notices (cf schéma notice bibliographique), que vous pourrez visualiser et sortir sur imprimante, ou commander auprès du serveur.

Matériellement

Pour accéder à des banques de données bibliographiques, le matériel suivant est souhaitable :

  • un micro-ordinateur
  • un logiciel de communication
  • un modem qui permet d'avoir accès au serveur de la banque de données en passant par une ligne téléphonique
  • une imprimante pour imprimer les réponses

L'accès "en ligne" aux BDD est conditionné par un abonnement et un mot de passe. Il faut savoir également que les interrogations peuvent être d'un coût élevé. Seules des bibliothèques ou des centres de documentation ont la possibilité d'accéder à ces outils documentaires.
Le Minitel offre cependant un certain nombre de services équivalents, avec ou sans contrat selon les BDD.
De plus, de nombreuses BDD sont maintenant consultables sur CDROM.

Les sources de données en soins infirmiers

Les accès en ligne aux banques de données

Ces BDD répondent plus aux besoins de chercheurs ou d'enseignants. Mais par la diversité des notions abordées, il est toujours possible de trouver des références sur le sujet étudié. Cependant, il existe peu de banques de données spécialisées en soins infirmiers. Voici les principales BDD :

Pascal
est une BDD multidisciplinaire développée depuis 1973 par l'INIST-CNRS (Institut National de l'Information Scientifique et Technique - Centre National de la Recherche Scientifique). La moitié des documents sont en langue anglaise, 10% en français. Deux rubriques sont consacrées à la Santé publique : "Santé publique. Hygiène" (épidémiologie, organisation, enseignement, législation et hygiène) et "Informatique et statistique biomédicales".
Francis
développe les aspects juridiques, économiques, sociologiques, psychologiques, démographiques et historiques de la santé. 13000 références depuis 1977. C'est le complément indispensable de PASCAL.
Bird
est produite par le Centre International de l'Enfance et concerne tous les aspects de l'enfance de la conception à l'adolescence. 74 000 références depuis 1981.
Ramis
présente des références en santé publique, en éducation de la santé. Son volume est de 8000 références.
Nursing and allied health
s'intéresse aux soins médicaux, à la formation du personnel , santé, médecine. 89 000 références depuis 1983.
Medline
BDD américaine produite par la National Library of Medicine (NLM), couvre la médecine clinique, la pharmacologie, la toxicologie, la nutrition, la psychologie. 3000 périodiques du monde entier sont dépouillés depuis 1971, ce qui représente plus de 5 millions de références.
Bioethics
également produite par la NLM, est orientée sur les problèmes d'éthique et de déontologie .

Les accès télématiques (accès vidéotex Minitel)

Les procédures de connexion sont simples : il suffit d'allumer son Minitel, de composer le numéro d'appel choisi (36.13 par exemple), au signal sonore d'appuyer sur la touche de fonction CONNEXION/FIN, et de taper le code de la BDD. L'interrogation est guidée, sélectionnez votre choix parmi ceux proposés. Les coûts sont très variables selon les BDD (jusqu'à 9 F la minute). En appuyant sur la touche SOMMAIRE en début d'interrogation, le prix de celle-ci s'affichera régulièrement.
A titre d'exemples, voici un certain nombre de services développés sur Minitel :

3614 ANFH
service de l'Association Nationale de Formation permanente du personnel hospitalier
3616 KSP
à l'attention des kinésithérapeutes
3616 REDATEL
la rééducation des handicapés
3615 SIDA
des informations sur le SIDA ainsi qu'un Annuaire des centres de dépistage
36 29 00 14 : la BDD JURISANTE
droit hospitalier, actualités
36 29 00 36 : la BDD MEDLINE
bibliographique, la plus importante dans le domaine biomédical possédant des rubriques intéressant le domaine paramédical. A la différence de l'interrogation en ligne qui demande une connaissance du logiciel pour interroger la BDD, l'objectif est de toucher un public large, non-initié aux techniques documentaires. Pour cela, il existe un guide Medline/Minitel
36 29 00 36 : la BDD BIOETHICS
26000 références sur l'éthique, la déontologie de la santé
3614 APHP
Annuaire des hôpitaux et services de l'Assistance Publique de Paris
3616 EMC
service de l'Encyclopédie Médico-chirurgicale (EMC) comprenant 300 000 références parmi lesquelles le personnel paramédical peut trouver des informations : techniques chirurgicales, thérapeutique, SIDA, Urgences
3616 INFMAG
service de la revue "Infirmière magazine"
3616 VIDAL
consultation du dictionnaire Vidal

Les banques de données sur CDROM (Compact-disc Read Only Memory)

Qu'est-ce qu'un CDROM ?

Né en 1984, il se présente de la même manière qu'un disque compact musical. Mais ce sont des données qui sont enregistrées au lieu de notes de musique. La capacité de stockage d'un seul disque est impressionnante : un disque compact, de 12 cm de diamètre, peut contenir jusqu'à 280.000 pages dactylographiées, ainsi que des images, des graph
ques et des sons
.
La majorité des banques de données desservies "en ligne" sont accessibles le plus souvent grâce à un intermédiaire : le bibliothécaire-documentaliste. Les producteurs des banques de données, conscients des difficultés d'accès à ces outils, commencent à diffuser des supports mieux adaptés. A peu près 40% des fournisseurs de BDD envisage une édition supplémentaire sur CDROM. De plus, au bout d'un certain temps de pratique, l'utilisateur (médecin, infirmière, documentaliste) doit trouver son autonomie. Medline, Pascal, Bird sont disponibles sur ce support.

On peut trouver maintenant sur CDROM des dictionnaires (le Vidal), des annuaires, des catalogues et des revues médicales. Le CDROM n'est pas la simple restitution sur support informatique d'un texte papier ; grâce à un logiciel d'interrogation, il offre les mêmes possibilités qu'une BDD interrogeable en ligne : croisement de différents mots-clés grâce aux opérateurs booléens, interrogation dans tous les champs de la notice (auteur, titre, etc).
Un micro-ordinateur, un lecteur de CDROM, et un abonnement au CDROM désiré sont nécessaires à la consultation.
L'intérêt d'un tel support, surtout pour les bibliothèques et centres de documentation, est que l'interrogation d'un CDROM n'est pas prise en compte : le prix à payer étant l'abonnement global, des économies substantielles sont réalisées par rapport à l'interrogation en ligne, qui elle, se paye en temps de connexion (2, 50 F la minute sur Medline par exemple) et aux références affichées (1 F la référence Medline).

La documentation informatisée fait donc appel à de nombreux supports développés par les nouvelles technologies. L'Enseignement Assisté par Ordinateur (EAO) à l'aide de didacticiels est une manière différente de se former à la fois durant les études et tout au long de la vie professionnelle.

L'enseignement assisté par ordinateur (EAO)

Qu'est-ce que l'EAO ?

Déjà abordé dans le précédent article, l'Enseignement Assisté par Ordinateur permet, soit à l'élève-infirmier(e), soit à l'infirmier(e) confirmé(e) un apprentissage de nouvelles techniques, ou une remise à jour des connaissances sans l'intervention d'un tiers, monitrice ou enseignant. Le didacticiel nécessite un micro-ordinateur pour être utilisé; il est conçu à l'aide d'un programme informatique et sa présentation ressemble à celle des jeux vidéos. L'utilisateur n'a besoin que d'appuyer sur des touches ou d'utiliser une souris pour progresser, en répondant par oui ou par non, ou choisissant une réponse parmi d'autres. Il ne pourra progresser que si les réponses sont positives. On le voit, le côté ludique n'a pas été négligé, allié à une mise en images souvent très soignée.
Cette formule se met en place petit à petit dans les hôpitaux par l'intermédiaire du service de la formation continue.

Quelques expériences hospitalières

L'hôpital de Colombes (AP-HP) a ainsi mis sur pied une expérience originale : une "Formathèque" est à la disposition du personnel soignant de l'hôpital, proposant un catalogue de didacticiels .
Le Centre Hospitalier d'Argenteuil , pour sa part, réfléchit sur la question.
Le Centre Hospitalier Universitaire de Saint Etienne a développé ce même type de structure de formation pour le personnel paramédical, et les heures de formation se chiffrent à plus d'un millier par an. Fort de cette expérience, a été créé en 1983, le SHIP (Service Hospitalier d'Ingéniérie Pédagogique) : ce service conçoit et réalise des didacticiels de santé. Parmi ceux-ci : "Le Coeur côté pile" destiné aux infirmières de salles d'opération afin d'étudier les éléments de connaissances anatomo-physio-pathologiques qui conduisent à l'implantation d'un stimulateur cardiaque, et les étapes de l'hospitalisation d'un malade simulé.
D'autres didacticiels concernent "l'Hygiène dans les services de soins", "la Sécurité dans les blocs opératoires"...

Cette forme d'apprentissage, totalement nouvelle et qui tend à se développer, est une manière différente de placer l'infirmier(e) devant l'état de ses connaissances, et de les faire ainsi évoluer. Il existe des didacticiels dans de nombreux domaines, et surtout en médecine. La Cité des Sciences et de l'Industrie de la Villette a développé une didacthèque professionnelle accessible à tout un chacun.

Conclusion

Une bibliothèque ou un centre de documentation, en Ecole d'Infirmier(e)s ou à l'hôpital, ne sont plus seulement des lieux où l'on emprunte des ouvrages, consulte des revues ou effectue des photocopies d'articles. Avec les nouvelles technologies, ils deviennent de véritables centres de recherches bibliographiques. Les pays anglo-saxons l'ont compris depuis longtemps, et la documentation en soins infirmiers y est très développée. Pour que ce même phénomène touche la France, les besoins doivent s'exprimer. Cet article, en démontrant les accès possibles grâce à l'informatique aux sources de données, devrait y contribuer.

Références

1. Annuaire des services télématiques. Paris : A Jour, 1992.
2. BATIFOULIER C., PASQUIER M.H. du. Organiser sa documentation et savoir consulter d'autres sources. Paris : CFPJ, 1990.
3. BARRE F. Les Nouvelles technologies en bibliothèque universitaire médicale : CDROM et EAO : rapport de stage. Lyon : ENSSIB, 1990.
4. GUENOT C., GOUPIL M. S'Informer, se documenter : guides des sources de données en santé publique. Rennes : ENSP, 1990.
5. HOUPIER J.CH. Répertoire des bases de données médicales : accès minitel et terminal informatique. Paris : Mediscript, 1991.
6. Répertoire des banques de données professionnelles 1990. Paris : ADBS, ANRT, 1990
7. SUTTER E. Le Disque optique compact (CDROM), l'usage au quotidien : dossier documentaire. Paris : ADBS, 1991.

Adresses

1. La Formathèque, Hôpital de Colombes, 178 rue des Renouillers, 92701 COLOMBES Cedex. Tél. : (1) 47.60.64.71 (Mr A. PRESCHEL)

2. Service Hospitalier d'Ingéniérie Pédagogique (SHIP), Hôpital de Bellevue - Pavillon 54, 25 bd Pasteur, 42023 SAINT-ETIENNE Cedex 2. Tél. : 77.42.77.68 (Mr J.C. BANET)

3. Didacthèque professionnelle, Cité des Sciences et de l'Industrie, 30 avenue Corentin Cariou 75930 PARIS Cedex 19 (Réservation au (1) 40.05.82.91 ou Mme J. MULLER tél. 40.05.70.54)

4. Centre de Documentation-Bibliothèque médicale, Centre Hospitalier d'Argenteuil, 69 rue du Lt-Cl Prudhon, 95107 ARGENTEUIL Cedex. Tél. : (1) 34.23.24.69. (Mr J.P. ACCART, Melle A. LOURY)

cop. JP Accart, 2007

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) L'hôpital Thu, 12 Apr 2007 06:11:37 +0000
(1992) - Bibliothèque et documentation à l'hôpital https://www.jpaccart.ch/l-hopital/1992-bibliotheque-et-documentation-a-l-hopital.html https://www.jpaccart.ch/l-hopital/1992-bibliotheque-et-documentation-a-l-hopital.html

Bulletin des bibliothèques de France, 1992, t. 37, n° 6, pp. 46-50.

Résumé

En cette fin de XXème siècle, la documentation hospitalière est, comme l'hôpital, en pleine mutation. Multidisciplinaire (médicale, mais aussi paramédicale, administrative, financière, juridique, technique), elle est le plus souvent décentralisée, a recours en grande partie aux nouvelles technologies et répond aux besoins d'utilisateurs aussi diversifiés qu'exigeants : médecins, paramédicaux, administratifs. Actuellement, une tendance se manifeste vers une bibliothèque hospitalière centralisée facilitant la délivrance d'informations spécialisées.

Abstract

At the end of the XXth century, documentation within public hospitals is fully developing. It is becoming more and more multidisciplinary in the fields of law, administration, nursing, medicine, sciences and technics. The documentation is more often not centralized, it is a wide user of the new technologies and is acting in accordance with the demands of varied and exacting customers like doctors, nurses or administrative agents. At the present time, an increasing tendancy towards a centralized hospital library, delivering technical and specialised documentation, is noticeable.

L'emploi de termes tels que "bibliothèque" et "hôpital" fait immédiatement songer aux bibliothèques pour les malades telles que l'Assistance Publique des Hôpitaux de Paris a développé. De nombreux articles ont été écrits sur ce sujet et nous n'y reviendrons pas. Nous aborderons un domaine moins connu, la documentation hospitalière, afin d' approfondir les différentes catégories d' utilisateurs des bibliothèques et centres de documentation au sein des hôpitaux : leur diversité, la pluralité des disciplines et des domaines abordés, et les moyens mis en oeuvre pour répondre aux besoins exprimés.

Photographie de l'hôpital en 1992

L'hôpital, en 1992, offre une image en pleine mutation : les plateaux techniques des hôpitaux deviennent de plus en plus performants et les équipes médicales et soignantes sont de mieux en mieux formées. La gestion de l'hôpital est dorénavant confiée à des cadres de direction, qui ont suivi une formation spécifique à l'Ecole Nationale de la Santé Publique (ENSP) de Rennes : les attachés de direction, aux finances (budget, investissements), au personnel, aux services économiques ("intendance" de l'hôpital) par exemple. Plus rien n'est laissé au hasard : l'hôpital, de nos jours, se gère comme une véritable entreprise. Etudes de marché, planification à long terme, informatisation des services sont devenus des outils courants.

C'est sous cet éclairage nouveau qu'il faut considérer l'hôpital : non pas comme un monde clos, mais un lieu composite, diversifié et riche, à l'image de notre société, s'ouvrant de plus en plus sur l'extérieur ; le bibliothécaire documentaliste hospitalier se doit de l'appréhender de manière appropriée, et de comprendre cette réalité particulière.
Les acteurs de l'hôpital des années 1990 sont variés, exigeants : il y a, en effet, toujours une urgence à soigner, tout en raccourcissant la durée de séjour des malades, et en réduisant les coûts de fonctionnement.

Cette urgence se traduit souvent dans le domaine de la documentation : avec l'arrivée des nouvelles technologies, la diffusion de l'information en temps réel, la constitution de réseaux locaux, de catalogues collectifs, le bibliothécaire documentaliste est à même de répondre efficacement à tout type de demandes.
La Bibliothèque médicale est devenue partie intégrante de la vie hospitalière.


L'organisation des hôpitaux en bref

Les hôpitaux publics se divisent en 3 catégories d'établissements :

  • la première catégorie concerne le centre hospitalier régional (CHR) et le centre hospitalier universitaire (CHU) qui assurent des activités de soins, d'enseignement et de recherche dans des domaines très spécialisés.
  • la deuxième catégorie concerne le centre hospitalier général (CHG) ayant une fonction d'hôpital de secteur, et qui peut également être spécialisé (hôpital psychiatrique, hôpital pédiatrique)
  • la troisième catégorie concerne l'hôpital local qui regroupe l'hôpital-hospice et l'hôpital rural. Il dessert la population de petites villes éloignées des grandes agglomérations. Ces hôpitaux sont gérés par une équipe de direction et présidé par un conseil d'administration ayant lui-même à sa tête le Président du Conseil Général si l'hôpital est départemental, ou le Maire de la ville si l'hôpital est municipal.

Qu'ils proviennent des personnels médicaux, paramédicaux, administratifs ou techniques, les besoins documentaires sont permanents et multidisiplinaires : de l'économie de la santé aux soins infirmiers en passant par le traitement d'une pathologie, le bibliothécaire a donc en face de lui des interlocuteurs variés et exigeants. Deux grands groupes d'utilisateurs ont été dégagés.

1er groupe d'utilisateurs de la documentation hospitalière : la population médicale

Le corps médical, bien qu'ayant suivi un cursus universitaire de dix à quinze années d'études, n'a pas de formation particulière en ce qui concerne la documentation ou la recherche bibliographique. Les banques de données spécialisées ne vont pas toujours résoudre ses problèmes.
Malgré des réunions de service régulières, les " staffs de bibliographie", il existe peu d'échanges d'informations entre membres du corps médical à l'hôpital.
Conscients de cette réalité, de nombreux praticiens hospitaliers ont réagi et ont été à l'origine de la création de bibliothèques médicales hospitalières (mis à part les bibliothèques universitaires des Centres Hospitaliers Universitaires) à partir des années 1975-1980. C'est un phénomène en pleine expansion à l'heure actuelle.
La bibliothèque médicale hospitalière devient de plus en plus un centre de recherches bibliographiques intégré : elle permet aux praticiens hospitaliers de se tenir informés. A Argenteuil, comme dans d'autres hôpitaux, l'exploitation des ressources documentaires passent par exemple par des cours de bibliographie médicale donnés aux internes.

On distingue donc , dans le premier groupe, 4 types d'utilisateurs potentiels :

  • L'interne ou l'étudiant en médecine ou en pharmacie, qui, au cours de ses études, utilise essentiellement les ressources proposées par la bibliothèque médicale de son hôpital, (quand celle-ci existe), pour rédiger sa thèse. Parallèlement, il s'abonne personnellement à un ou deux titres de revues, ou à une spécialité de l'Encyclopédie Médico-Chirurgicale (EMC). Il est de plus en plus attiré par l'informatique ; l'utilisation des banques de données et de CDROM médicaux (PASCAL, Medline) pour ses recherches est d'un grand intérêt pour lui. Une initiation à ces outils documentaires performants est souvent nécessaire.
    A Paris, la Bibliothèque de l'Internat (ADDM, Association pour le Développement de la Documentation Médicale) et la Bibliothèque Interuniversitaire de Médecine (BIUM) sont des outils précieux pour approfondir ses connaissances. Il peut ainsi accéder à la littérature primaire relative à son domaine d'intérêt.

     

  • Le professeur et le médecin-chef de service, dans un Centre Hospitalier Universitaire ou un Centre Hospitalier Général. Il a recours à des monographies, des comptes rendus de congrès, des recueils de revues générales telles qu'en offre le chapitre "Bibliography of Medical Reviews" de l'Index Medicus ou les revues de synthèse. Il dépouille les bibliographies analytiques dans sa spécialité (type Bulletin signalétique du CNRS) ou des sommaires des revues (Current contents, Medexpress ou Medactua).

     

  • Le chercheur : il fait une recherche bibliographique rétrospective sur un sujet pointu à l'aide de l'Index Medicus, qui est la bibliographie de base en médecine, des Bulletins signalétiques du CNRS, des "Chemical Abstracts". Les banques de données (Medline et PASCAL) lui sont très utiles pour affiner et approfondir ses recherches. Il utilise les mêmes outils que le professeur ou le médecin-chef de service.
    La Bibliothèque Interuniversitaire de Médecine de Paris a reçu la charge d'un CADIST (Centre d'Acquisition et de Diffusion de l'Information Scientifique et Technique) pour la médecine et la Bibliothèque Universitaire de Lyon I, section santé, pour la pharmacie ; elles sont devenues des pôles très spécialisés pour la recherche.
    Environ 80 % de l'information qui est nécessaire au chercheur lui est apportée par les périodiques anglo-saxons. Il peut ainsi se tenir au courant des nouvelles techniques et des derniers résultats parus dans son domaine. Ayant intégré la micro-informatique, de nombreux produits de gestion documentaire ont été développés par et pour le chercheur : un des derniers, testé par l'INSERM, est "BIBLIOMAC" sur MACINTOSH ; gérer, classer, indexer sa documentation personnelle et professionnelle est désormais possible.

     

  • Le médecin-praticien hospitalier : pour sa formation permanente à l'hôpital, il a recours aux Encyclopédies (EMC), aux périodiques de médecine interne, aux revues de spécialités, aux "clinics" qui font le point sur un sujet spécifique (il existe un "clinics" par spécialité : dermatologie, gastroentérologie, médecine interne...). Il a recours également aux banques de données. Il attend des réponses rapides et précises pour affiner un diagnostic, connaître les nouvelles thérapeutiques pour une pathologie. Il peut également décider d'entreprendre un travail de réflexion ou de recherche dans le cadre de sa participation à une enquête épidémiologique : le CREDES (Centre de Recherche d'Etude et de Documentation en Economie de la Santé) et la banque de données RHESUS peuvent répondre à ses questions.
    Il compte beaucoup sur les relations professionnelles, les rencontres, les colloques, la formation médicale continue pour s'informer.

     

  • le médecin-praticien libéral : de plus en plus, l'hôpital montre une volonté d'ouverture sur "la médecine de ville". Cette ouverture passe par l'accès aux ressources documentaires de l'hôpital. Ses besoins en la matière sont ponctuels, épisodiques. Il reçoit généralement un certain nombre de revues à son cabinet. L'hôpital peut cependant lui être utile pour sa documentation générale ou pour résoudre un cas spécifique qui lui est posé en mettant à sa disposition des outils qui sont trop onéreux pour lui. La bibliothèque médicale peut aussi être un lieu de rencontre avec ses collègues hospitaliers.

Nous l'avons vu, les médecins sont donc preneurs d'informations documentaires : la connaissance scientifique est un des moteurs de la médecine, et une bonne appréhension et un savoir intégré rejaillissent forcément sur les malades soignés à l'hôpital. Il ne faut pas oublier que la médecine du XXIè siècle sera une médecine de l'information, décloisonant les spécialités, et s'efforçant de partager plus largement le savoir scientifique.

Les médécins et l'écrit scientifique

A la fin de leur cursus, les étudiants rédigent un mémoire d'études spécialisées ou une thèse. Puis, au cours de leur carrière, les médecins, et plus particulièrement les praticiens hospitaliers, sont amenés à faire part de leurs conclusions sur un cas qui leur est soumis à l'hôpital, sur un sujet qu'ils étudient plus particulièrement dans leur service. Il est fréquent que plusieurs médecins de services différents, voire de plusieurs centres hospitaliers, rédigent un article en commun. Publier dans une revue spécialisée d'un certain renom rejaillit automatiquement sur son auteur ou l'équipe qui l'entoure. Si l'article est publié dans une revue indexée par une banque de données, cet article n'en aura que plus d'importance et sa diffusion n'en sera que plus grande : l'indexation et la citation dans une banque de données (américaine type Medline ou française PASCAL) constituent la reconnaissance d'un travail, d'une étude. Cela peut ainsi faire référence sur un sujet donné. La qualité et l'importance des publications est primordiale dans le curriculum vitae du médecin, et donc dans la progression de sa carrière.

En conclusion, la bibliothèque médicale ou le centre de documentation de l' hôpital sont donc une ressource précieuse pour les médecins : recherche d'articles ou de tirés à part, de références bibliographiques, aide à la rédaction scientifique, à la rédaction d'"abstracts", à la réalisation de posters ou de diapositives en vue d'une présentation à un congrès par exemple. Dans ce domaine, la Bibliothèque Médicale de l'Hôpital d
#39;Argenteuil possède un service de PAO (Présentation Assistée sur Ordinateur) : le matériel est mis à la disposition du corps médical ; les documentalistes ont un rôle de conseil quant à son utilisation. Cette expérience, originale pour un service de documentation, est un prolongement de l'aide à la communication scientifique.

2ème groupe : les autres types d'utilisateurs

Devant la croissance exponentielle de l'information sous toutes ses formes, les hôpitaux publics réagissent de diverses manières. L'Assistance Publique de Paris (AP-HP) a développé des centres de documentation spécialisés dans des domaines bien sériés : la formation professionnelle continue, le domaine paramédical, la Bibliothèque de l'Internat (ADDM). D'autres hôpitaux, en dehors de l'AP-HP, ont couplé bibliothèque médicale et formation continue. La règle commune est restée très longtemps le développement de petites unités documentaires dans les services de soins, de mini-bibliothèques dans les écoles d'infirmières, et enfin de bibliothèques médicales centralisées. La documentation s'est développée de manière empirique, chaque service a géré de façon plus ou moins organisée sa propre documentation.
Actuellement, la tendance va vers une bibliothèque hospitalière centralisée permettant une diffusion plus large à tous les niveaux de l'information.

Dans l'Equipe de direction et les services administratifs, ce rôle est encore dévolu aux secrétaires qui réceptionnent, dépouillent, classent les Journaux Officiels, les Bulletins Officiels de la Santé Publique, et toutes les revues traitant de la gestion hospitalière (Techniques hospitalières, Gestions hospitalières, Technologies et santé, la Revue du Trésor). Les recherches documentaires sont faites le plus souvent en fonction des demandes de l'équipe de direction en ayant recours à la télématique (banques de données juridiques "JOEL", "LEXIS", ou "JURISANTE" développée par le Centre National de l'Equipement Hospitalier) ; les abonnements papier ou sur microfiches correspondants représentent la meilleure façon de s'informer. Des revues de presse thématiques sont le plus souvent produites par les Centres de Documentation administratifs pour diffuser l'information.

Les Ecoles paramédicales : beaucoup d'hôpitaux ont ouvert leur propre école d'infimières, d'infirmières spécialisées. Une bibliothèque y est en général intégrée, un travail personnel important étant demandé aux élèves qui nécessite certaines ressources documentaires spécifiques : "l'Encyclopédie de l'Infirmière", des abonnements à "La Revue de l'Infimière" , à "Soins", à "l'Aide-soignante" etc.... L'indexation des documents se fait grâce à plusieurs systèmes : le "CANDO" de J. CHEVALLIER, la Classification du Centre International de l'Enfance, ou celle de l'Organisation Mondiale de la Santé. Ces structures sont bien gérées et répondent généralement aux normes bibliothéconomiques en vigueur.

Les personnels soignants, avec à leur tête les Infirmières Générales, bénéficient de peu de moyens de s'autoformer. Quelques abonnements sont achetés en commun par et pour le service de soins infirmiers. Le cadre infirmier responsable du service (en l'occurrence la Surveillante) a un rôle non négligeable à jouer en matière de documentation et d'autoformation. Elle peut également être amenée à assurer la formation des cadres de sa profession, après plusieurs années de pratique hospitalière. Des centres de documentation spécialisés (le Centre de Documentation Pédagogique de l'Assistance Publique par exemple), l'accès, grâce à une bibliothèque hospitalière centralisée ou à une autre structure extérieure, à des banques de données ("Cumulative Index to Nursing and Allied Health Literature") répondent à des questions aussi variées que : la thérapeutique, l'éthique, l'épidémiologie, le SIDA, l'hygiène, la qualité des soins, la douleur ou les infections nosocomiales.
A Argenteuil, l'Enseignement Assisté par Ordinateur (EAO), à l'aide de didacticiels, peut être offert pour une remise à niveau des connaissances (en techniques chirurgicales par exemple) aux personnels soignants.

Le Service Social et le personnel hospitalier de l'hôpital en général ont une demande en ce qui concerne les textes de lois, les décrets, arrêtés ministériels, et bien sûr les actualités sociales ainsi que des outils permettant la formation professionnelle continue de tous les agents. C'est le rôle normalement dévolu à une bibliothèque administrative.

Les Services Informatiques et Techniques présentent également des besoins spécifiques en documentation spécialisée, ainsi qu'une profession nouvellement apparue à l'hôpital : les ingénieurs bio-médicaux. Le développement de plateaux techniques de pointe, la mise en réseaux informatiques de tous les services de soins d'un même hôpital sont des données qui modifient profondément la gestion de l'hôpital en cette fin de siècle . Les informations sont en général traitées par la macro-informatique (systèmes IBM, Bull...) : la gestion du personnel et des horaires, la gestion administrative des malades, la facturation, les services économiques. La micro-informatique, pour sa part, gère le dossier médical du patient, en passant par la feuille de soins informatisée .

Des Départements d'Information Médicale (DIM), souvent couplés avec le centre de documentation, ont été créés pour connaître et évaluer l'activité médicale.

Une connexion du centre de documentation aux services médicaux, administratifs ou techniques peut être envisagée : le fonds documentaire serait donc interrogeable grâce à un serveur. C'est le cas notamment de l'Hôpital Saint-Louis à Paris, où les services médicaux interrogent à partir de leur minitel, la Bibliothèque Henri Feulard spécialisée en dermatologie. Au Centre Hospitalier d'Argenteuil, cette connexion fait l'objet d'une réflexion.

En conclusion

L'hôpital a essayé, qu'elle qu'en soit l'époque, et aujourd'hui plus encore de trouver des réponses face à l'angoisse de l'homme devant la souffrance et la mort. A l'heure actuelle, la majorité de la population naît et meurt à l'hôpital : cette donnée sociologique doit être prise en compte car elle soutient la qualité et l'offre de soins, le coût de la Santé publique et l'état de la recherche scientifique et médicale.
En milieu hospitalier, les besoins d'information sont donc multiples : ponctuels pour certains, permanents pour d'autres. Dans la plupart des cas, ce sont aussi des besoins de rapidité, de précision, d'exhaustivité et d'actualité.

Depuis les trente dernières années, la fonction de documentaliste a beaucoup évolué. La gestion des documents est devenu primordiale dans un monde où l'information est prépondérante, et pour cela, les hôpitaux n'y échappent pas ; la fonction de documentaliste a donc pris tout son sens, son caractère utile, voire indispensable, n'est plus à démontrer à l'heure actuelle.
De plus en plus spécialisé et spécifique, ce métier nécessite pourtant un niveau d'études supérieures devant s'exercer dans le cadre d' un poste de catégorie A de la Fonction Publique.

Comme le schéma ci-contre le démontre, le rôle du bibliothécaire documentaliste hospitalier est primordial dans la délivrance d'informations spécialisées. Ce rôle est appelé à se développer. La demande est très forte dans toutes sortes de domaines et montre ainsi la richesse, la diversité et les différentes interactions possibles de la documentation hospitalière.
Certains hôpitaux l'ont compris et font appel à des professionnels, spécialistes de l'information, bibliothécaires documentalistes hospitaliers.

Une bibliothèque hospitalière centralisée, ou un centre de documentation pluridisciplinaire, répondant aux besoins des différentes catégories d'utilisateurs, développant des techniques documentaires de pointe, joue un rôle essentiel dans la délivrance de l'information à l'hôpital. La tendance actuelle va vers le développement de telles structures.

Bibliographie

1. ACCART J.P. La mise en place d'un centre de documentation pluridisciplinaire et informatisé au Centre Hospitalier d'Argenteuil. Techniques hospitalières, 1992, n° 556, pp. 48-51.
2. ALPTUNA F. Des bibliothèques médicales en bonne santé : l'exemple américain. Bulletin des Bibliothèques de France, 1990, t. 35, n° 4, pp. 306-311.
3. ARCHIMBAUD J. Bibliographie et recherche documentaire en médecine et en pharmacie. Rueil-Malmaison : Laboratoires Sandoz, 1970.
4. ARCHIMBAUD J. Introduction à la bibliographie dans les sciences biomédicales. Rueil-Malmaison : Laboratoires Sandoz, 1973.
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6. BLONDEL F. Une Gestion des ressources documentaires innovantes. Gestions hospitalières, 1991, n° 311, pp. 914-917.
7. GUENOT C., GOUPIL M. S'informer, se documenter : guides des sources de données en santé publique. Rennes : ENSP, 1990.
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cop. JP Accart, 2007

 

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