L'entreprise - Jean-Philippe Accart https://www.jpaccart.ch/articles/l-entreprise/feed/atom/ 2025-04-16T21:36:34+00:00 Jean-Philippe Accart bs@sturmundbraem.ch Joomla! - Open Source Content Management (2019) - Vive le marketing, Livres-Hebdo, février 2019 2019-02-22T13:41:59+00:00 2019-02-22T13:41:59+00:00 https://www.jpaccart.ch/l-entreprise/2019-vive-le-marlketing-livres-hebdo-fevrier-2019.html jpaccart info@jpaccart.ch <div class="page-intro"> <!-- START IMAGE 1 --> <div class="page-image"> <div id="lightbox-zoom"> <a class="fancybox" href="https://www.jpaccart.ch/images/content//27000100112080m-2_size2.jpg" title="collection Boîte à outils #44"><img src="https://www.jpaccart.ch/images/content//27000100112080m-2_size1.jpg" alt="collection Boîte à outils #44" /></a> </div> <p class="image-caption"> collection Boîte à outils #44 </p> </div> <!-- END IMAGE 1 --> </div> <div class="page-intro"> <!-- START IMAGE 1 --> <div class="page-image"> <div id="lightbox-zoom"> <a class="fancybox" href="https://www.jpaccart.ch/images/content//27000100112080m-2_size2.jpg" title="collection Boîte à outils #44"><img src="https://www.jpaccart.ch/images/content//27000100112080m-2_size1.jpg" alt="collection Boîte à outils #44" /></a> </div> <p class="image-caption"> collection Boîte à outils #44 </p> </div> <!-- END IMAGE 1 --> </div> (2019) - Interview Archimag de Clotilde Vaissaire-Agard et de Jean-Philippe Accart 2019-02-22T13:37:20+00:00 2019-02-22T13:37:20+00:00 https://www.jpaccart.ch/l-entreprise/2019-interview-archimag-de-clotilde-vaissaire-agard-et-de-jean-philippe.html jpaccart info@jpaccart.ch <div class="page-intro"> <!-- START IMAGE 1 --> <div class="page-image"> <div id="lightbox-zoom"> <a class="fancybox" href="https://www.jpaccart.ch/images/content//couv321_size2.png" title="n° 321, Archimag, Février 2019"><img src="https://www.jpaccart.ch/images/content//couv321_size1.png" alt="n° 321, Archimag, Février 2019" /></a> </div> <p class="image-caption"> n° 321, Archimag, Février 2019 </p> </div> <!-- END IMAGE 1 --> </div> <div class="page-intro"> <!-- START IMAGE 1 --> <div class="page-image"> <div id="lightbox-zoom"> <a class="fancybox" href="https://www.jpaccart.ch/images/content//couv321_size2.png" title="n° 321, Archimag, Février 2019"><img src="https://www.jpaccart.ch/images/content//couv321_size1.png" alt="n° 321, Archimag, Février 2019" /></a> </div> <p class="image-caption"> n° 321, Archimag, Février 2019 </p> </div> <!-- END IMAGE 1 --> </div> (2018) - Comment l'esprit entrepreunarial vient aux bibliothécaires documentalistes 2018-10-18T12:06:08+00:00 2018-10-18T12:06:08+00:00 https://www.jpaccart.ch/l-entreprise/2018-comment-lesprit-entrepreunarial-vient-aux-bibliothecaires-documentalistes.html jpaccart info@jpaccart.ch <div class="page-intro"> <!-- START IMAGE 1 --> <div class="page-image"> <div id="lightbox-zoom"> <a class="fancybox" href="https://www.jpaccart.ch/images/content//dnnja7bw0aenqkd-3_size2.jpg" title="Les Cahiers de la documentation (Association belge de documentation - ABD)"><img src="https://www.jpaccart.ch/images/content//dnnja7bw0aenqkd-3_size1.jpg" alt="Les Cahiers de la documentation (Association belge de documentation - ABD)" /></a> </div> <p class="image-caption"> Les Cahiers de la documentation (Association belge de documentation - ABD) </p> </div> <!-- END IMAGE 1 --> </div> <div class="page-intro"> <!-- START IMAGE 1 --> <div class="page-image"> <div id="lightbox-zoom"> <a class="fancybox" href="https://www.jpaccart.ch/images/content//dnnja7bw0aenqkd-3_size2.jpg" title="Les Cahiers de la documentation (Association belge de documentation - ABD)"><img src="https://www.jpaccart.ch/images/content//dnnja7bw0aenqkd-3_size1.jpg" alt="Les Cahiers de la documentation (Association belge de documentation - ABD)" /></a> </div> <p class="image-caption"> Les Cahiers de la documentation (Association belge de documentation - ABD) </p> </div> <!-- END IMAGE 1 --> </div> (2002) - Du système d’information personnel au système d’information collectif 2007-04-03T17:58:37+00:00 2007-04-03T17:58:37+00:00 https://www.jpaccart.ch/l-entreprise/2002-du-systeme-d-information-personnel-au-systeme-d-information-collectif.html jpaccart info@jpaccart.ch <p><p>Conf&eacute;rence annuelle de l&#39;Association canadienne des sciences de l&#39;information (CAIS/ACSI), 2 juin 2002, Toronto. </p><h3>Ecrit en collaboration avec:</h3><p>Marie-France Peyrelong <br />Ecole Nationale Sup&eacute;rieure en Sciences de l&#39;information et des Biblioth&egrave;ques, chercheur au Gresi (Groupe de REcherche sur les Services d&#39;Information), <a href="mailto:peyrelon@enssib.fr">peyrelon@enssib.fr</a> </p><h2>R&eacute;sum&eacute;</h2><p>Des formes de coordination renouvel&eacute;es sont aujourd&#39;hui instrument&eacute;es par les technologies de l&#39;information et de la communication, dans des situations o&ugrave; les personnes se situent de moins en moins en co-pr&eacute;sence, o&ugrave; les questions de la &quot;localit&eacute;&quot; sont particuli&egrave;rement vives pour les diff&eacute;rents acteurs dans leur activit&eacute; concr&egrave;te de travail. <br />Au sein des entreprises observ&eacute;es, on voit en effet se mettre en place simultan&eacute;ment deux syst&egrave;mes d&#39;information : un syst&egrave;me d&#39;information individuel et un syst&egrave;me d&#39;information collectif. L&#39;enqu&ecirc;te montre que ces deux syst&egrave;mes sont parfois compl&eacute;mentaires mais r&eacute;v&egrave;lent des failles dans la strat&eacute;gie de communication interne des entreprises : le partage d&#39;information est parfois difficile, voire inexistant. Comment &eacute;chapper &agrave; cette localit&eacute;? Comment passer de l&#39;activit&eacute; d&#39;information personnelle &agrave; l&#39;activit&eacute; d&#39;information au niveau de l&#39;entreprise? Lorsque des processus d&#39;int&eacute;gration informationnelle lourds sont mis en place quelles sont, en retour, les incidences sur les pratiques des individus? <br />C&#39;est &agrave; partir d&#39;une enqu&ecirc;te exploratoire aupr&egrave;s d&#39;une dizaine d&#39;entreprises, et d&#39;une enqu&ecirc;te plus approfondie &agrave; partir des transformations op&eacute;r&eacute;es sur les documents que nous avons essay&eacute; de mettre en &eacute;vidence ce passage de la localit&eacute; &agrave; l&#39;espace de l&#39;entreprise en mettant en &eacute;vidence la complexit&eacute; du partage d&#39;information. </p><h2>Abstract</h2><p>New forms of coordination are supported by information and communication technologies where face to face working situations are becoming less and less frequent, where the question of &quot;locality&quot; becomes essential for those engaged in the concret activity of information sharing. Two distinct information systems are developping simultaneously in enterprises : an individual information system and a collective information system. The study shows that while these two systems may be complementary, they reveal the shortcomings of the internal communication strategy of the enterprises : sharing information is sometimes difficult, even non existant. How to escape from the localised aspect of information? how to go from personal-level information to enterprise-level information? When global information integration processes are set up, how do they affect individual, local practices? <br />These questions are explored through a survey of ten enterprises and an in-depth study of document transformation and underline the complexities of information sharing.<em> </em></p><h2>R&eacute;alit&eacute;s et mirages du partage de l&rsquo;information en entreprise</h2><p>Aujourd&#39;hui les grandes entreprises sont souvent multilocalis&eacute;es, et, de mani&egrave;re plus g&eacute;n&eacute;rale, les individus, y compris dans le m&ecirc;me service ou &eacute;tablissement, doivent travailler avec des &quot;autruis absents&quot;, pour reprendre l&#39;expression d&#39;Anthony Giddens, soit pour des raisons de disponibilit&eacute;s incompatibles, soit pour des raisons de mobilit&eacute; g&eacute;ographique. Cette tension des dimensions de temps et d&#39;espace mise en &eacute;vidence par Giddens (<a href="https://www.jpaccart.ch/#Gid1994">1994</a>, <a href="https://www.jpaccart.ch/#Gid1987">1987</a>), est caract&eacute;ristique pour cet auteur de la &quot;modernit&eacute;&quot;. C&#39;est une des explications du renouvellement des formes de coordination et de coop&eacute;ration dans les entreprises. </p><p>Ces tensions sur l&#39;espace et le temps s&#39;expriment &eacute;galement pour les entreprises dans un souci d&#39;&ecirc;tre pr&eacute;sentes sur des march&eacute;s de plus en plus &eacute;tendus, mondialis&eacute;s, tout en &eacute;tant en m&ecirc;me temps, du fait d&#39;une attention accrue au client, au plus pr&egrave;s de ce dernier. Cette r&eacute;activit&eacute;, ne se concentre pas uniquement dans l&#39;interface finale entre client et entreprise, mais agit de mani&egrave;re syst&eacute;mique sur l&#39;ensemble des processus de production. </p><p>Ces transformations s&#39;op&egrave;rent &eacute;galement dans des contextes o&ugrave; les entreprises ont connu ou connaissent d&#39;importantes crises d&eacute;mographiques (restructurations, gel d&#39;embauche, turn over, appel &agrave; l&#39;externalisation). Dans ces contextes, plus marqu&eacute;s par des ruptures que par de la continuit&eacute;, les entreprises sont confront&eacute;es de mani&egrave;re plus importante qu&#39;autrefois &agrave; des probl&egrave;mes de transmission d&#39;information ou de connaissances. </p><p>Des formes renouvel&eacute;es de coordination ou de coop&eacute;ration sont aujourd&#39;hui instrument&eacute;es par les technologies de l&#39;information et de la communication, et rendent plus vives les questions de la &quot;localit&eacute;&quot; pour les diff&eacute;rents acteurs dans leurs activit&eacute;s concr&egrave;tes de travail. Comment &eacute;chapper &agrave; cette localit&eacute;, comment passer de l&#39;activit&eacute; d&#39;information personnelle &agrave; l&#39;activit&eacute; d&#39;information au niveau de l&#39;entreprise? </p><h2>M&eacute;thodologie </h2><p>Une premi&egrave;re r&eacute;ponse &agrave; cette question a &eacute;t&eacute; apport&eacute;e lors d&#39;une enqu&ecirc;te exploratoire sur les processus de gestion d&#39;information et/ou de connaissances dans une dizaine d&#39;entreprises de la r&eacute;gion Rh&ocirc;ne-Alpes en 2001. Pour la plupart, ces entreprises font partie du secteur d&#39;activit&eacute; &quot;peinture industrielle&quot;. Il &eacute;tait d&egrave;s lors possible d&#39;avancer l&#39;hypoth&egrave;se d&#39;une certaine homog&eacute;n&eacute;it&eacute; dans la mani&egrave;re de g&eacute;rer des connaissances dans ces entreprises. Ces r&eacute;sultats ont &eacute;t&eacute; confront&eacute;s &agrave; des d&eacute;marches engag&eacute;es dans des entreprises d&#39;autres secteurs (conseil, ing&eacute;nierie et t&eacute;l&eacute;communication). Si l&#39;hypoth&egrave;se de l&#39;homog&eacute;n&eacute;it&eacute; s&#39;est trouv&eacute;e infirm&eacute;e par les r&eacute;sultats, l&#39;enqu&ecirc;te a mis en &eacute;vidence ces deux syst&egrave;mes compl&eacute;mentaires que sont le syst&egrave;me d&#39;information personnel et le syst&egrave;me d&#39;information plus global de l&#39;entreprise et leurs interrelations. </p><p>Par ailleurs, nous nous &eacute;tions int&eacute;ress&eacute;s, dans une recherche ant&eacute;rieure sur les processus de capitalisation de connaissances (<a href="https://www.jpaccart.ch/#kol99">Kolmayer et Peyrelong, 1999</a>), &agrave; la mani&egrave;re dont des informations issues de la pratique des techniciens, subissaient des transformations, via des op&eacute;rations de filtrage reposant sur l&#39;expertise (responsable d&#39;&eacute;quipe, puis inspecteur appartenant &agrave; l&#39;entreprise fournisseur des machines). Cette recherche nous a conduit &agrave; nous focaliser par la suite <a href="https://www.jpaccart.ch/#note1">[1]</a> sur les formes de partage d&#39;information organis&eacute;es par l&#39;entreprise, dans des processus plus vastes d&#39;int&eacute;gration informationnelle, en &eacute;tant attentifs &agrave; ces processus de l&eacute;gitimation et de formalisation. C&#39;est &agrave; partir d&#39;observations longues et de nombreux entretiens <a href="https://www.jpaccart.ch/#note2">[2]</a> dans une des entreprises observ&eacute;es que nous nous proposons d&#39;analyser ces passages du &quot;local&quot; au &quot;global&quot;, le global &eacute;tant ici entendu comme une activit&eacute; d&#39;information organis&eacute;e au niveau de l&#39;entreprise toute enti&egrave;re. </p><p>Dans cette communication nous nous placerons successivement &agrave; partir de deux points de vue du partage d&#39;information. Dans un premier temps il s&#39;agit de consid&eacute;rer l&#39;utilisateur, organisant son propre syst&egrave;me d&#39;information en interrelation avec le syst&egrave;me d&#39;information de l&#39;entreprise. Dans une deuxi&egrave;me partie l&#39;angle d&#39;&eacute;tude adopt&eacute; est celui du processus d&#39;int&eacute;gration informationnelle mis en place par l&#39;entreprise, organisant, par des dispositifs et proc&eacute;dures de formalisation, la mise &agrave; distance du syst&egrave;me d&#39;information personnel ou local. Nous conclurons sur la complexit&eacute; du partage de l&#39;information, et plus sp&eacute;cifiquement sur ce passage du local au global. </p><h3>Le management de l&#39;information dans l&#39;entreprise : la construction de syst&egrave;mes d&#39;information personnels </h3><p>Le management de l&#39;information dans l&#39;entreprise suit une d&eacute;marche diff&eacute;rente si on le consid&egrave;re au plan individuel et/ou au plan collectif : dans un premier temps, nous &eacute;tudierons les syst&egrave;mes d&#39;information dits &quot; personnels &quot; car correspondant &agrave; une logique d&#39;acteur singuli&egrave;re dans un contexte de travail particulier. Dans un second temps, nous verrons leur ad&eacute;quation avec les syst&egrave;mes d&#39;information dits &quot; collectifs &quot;, c&#39;est-&agrave;-dire int&eacute;gr&eacute;s dans une d&eacute;marche globale et strat&eacute;gique de l&#39;entreprise. <br />Parmi les entreprises &eacute;tudi&eacute;es, des syst&egrave;mes d&#39;information personnels voient le jour et prennent diff&eacute;rentes formes. Le cas des ing&eacute;nieurs issus de l&#39;Institut textile de Lyon (ITECH) est &agrave; cet &eacute;gard exemplaire : ils forment un r&eacute;seau professionnel solide, vivant et dynamique d&#39;une centaine de personnes. Nous les avons rencontr&eacute;s une premi&egrave;re fois dans le cadre d&#39;une journ&eacute;e d&#39;&eacute;tude de l&#39;association AFTPVA en juin 2000 <a href="https://www.jpaccart.ch/#note3">[3]</a>, puis individuellement pour certains d&#39;entre eux dans le cadre d&#39;une enqu&ecirc;te men&eacute;e en 2001. Hormis ces rencontres r&eacute;guli&egrave;res , ces ing&eacute;nieurs suivent &eacute;galement des stages professionnels et chacun d&#39;eux sait qu&#39;il peut avoir recours au r&eacute;seau pour obtenir des informations d&#39;ordre technique, sur des clients ou des fournisseurs. Form&eacute;s aux m&eacute;thodes de la recherche d&#39;information, ils utilisent Internet et montrent de l&#39;int&eacute;r&ecirc;t pour cette technologie : ing&eacute;nieurs et responsables communiquent par messagerie &eacute;lectronique et &eacute;changent des informations. Concernant leurs besoins en information documentaire, les structures documentaires &eacute;tant peu d&eacute;velopp&eacute;es, il leur est n&eacute;cessaire, sinon imp&eacute;ratif, de cr&eacute;er leur propre syst&egrave;me d&#39;information : c&#39;est &agrave; partir de ce besoin d&#39;information, dans le cadre d&#39;une activit&eacute; de travail pr&eacute;cise, encadr&eacute; par des r&egrave;gles et des proc&eacute;dures, que na&icirc;t un syst&egrave;me d&#39;information dit &quot; personnel &quot;. Un responsable commercial du secteur de la peinture industrielle consacre un temps important dans son activit&eacute; quotidienne &agrave; s&#39;informer (plusieurs heures par jour selon sa propre estimation) ; il utilise pour cela les moyens documentaires classiques (consultation de revues ou de sites Internet sp&eacute;cialis&eacute;s <a href="https://www.jpaccart.ch/#note4">[4]</a> ; demande de documents &agrave; l&#39;ext&eacute;rieur ; classement et archivage des informations dans des dossiers th&eacute;matiques...). A cela s&#39;ajoute le recours r&eacute;gulier au r&eacute;seau professionnel d&eacute;j&agrave; cit&eacute;. Pour lui, <em>&quot; cette d&eacute;marche d&#39;information est essentielle &agrave; sa pratique professionnelle : outre le fait de se tenir inform&eacute;, il entretient, construit et compl&egrave;te ses connaissances &quot;</em>. Selon Brigitte Guyot (<a href="https://www.jpaccart.ch/#guy2000">2000</a>), On peut donc parler ici &quot; d&#39;action situ&eacute;e dans la mesure o&ugrave; l&#39;individu reconna&icirc;t le fait qu&#39;elle n&eacute;cessite et produit des connaissances, tant pour l&#39;individu lui-m&ecirc;me que pour ceux avec lesquels il travaille &quot;. Il construit ainsi sa &quot; m&eacute;moire de travail &quot; [Stiegler, 1988] : cette &quot; m&eacute;moire de travail &quot;, constitu&eacute;e d&#39;informations diverses, tri&eacute;es et class&eacute;es selon des crit&egrave;res personnels, s&#39;apparente &agrave; ce que Tourtier (<a href="https://www.jpaccart.ch/#tou1995">1995</a>) appelle la &quot; m&eacute;moire m&eacute;tier &quot;, compos&eacute;e des r&eacute;f&eacute;rentiels, documents, outils, et m&eacute;thodes employ&eacute;s dans un m&eacute;tier donn&eacute;. </p><p>Dans un autre secteur industriel, celui de la conception d&#39;outils informatiques, les ing&eacute;nieurs les plus &quot; avanc&eacute;s &quot; en terme de management de l&#39;information utilisent des syst&egrave;mes de veille d&#39;information, soit externe, soit gr&acirc;ce &agrave; des logiciels de veille sur Internet : c&#39;est le cas d&#39;un responsable consulting d&#39;une entreprise qui con&ccedil;oit des produits technologiques orient&eacute;s veille d&#39;information et knowledge management. Abonn&eacute; &agrave; des services d&#39;information sur Internet, il re&ccedil;oit dans sa messagerie &eacute;lectronique une revue de presse &agrave; partir des th&egrave;mes qu&#39;il a choisis. Ayant peu de temps &agrave; consacrer &agrave; cette activit&eacute; d&#39;information, il a adopt&eacute; ce syst&egrave;me bas&eacute; sur la technologie <em>push</em> qui r&eacute;pond &agrave; ses attentes en mati&egrave;re d&#39;information. </p><h2>Syst&egrave;me d&#39;information personnel et syst&egrave;me d&#39;information collectif : int&eacute;gration ou superposition? </h2><p>A ces syst&egrave;mes personnels s&#39;ajoutent parfois des syst&egrave;mes d&#39;information collectifs. Dans certains cas, la strat&eacute;gie de communication de l&#39;entreprise s&#39;affiche clairement et tout est mis en &oelig;uvre pour que l&#39;information circule, le plus souvent par le biais d&#39;un r&eacute;seau interne d&#39;entreprise, type r&eacute;seau Intranet : c&#39;est le cas d&#39;une entreprise de t&eacute;l&eacute;communications, deuxi&egrave;me op&eacute;rateur en t&eacute;l&eacute;phonie mobile en France, et dont la politique adopt&eacute;e en mati&egrave;re d&#39;information, est celle du &quot; z&eacute;ro papier &quot;. La cellule Marketing et Communication contribue alors &agrave; l&#39;information des cadres en concevant des produits cibl&eacute;s et en diffusant l&#39;information par messagerie ou sous forme de lettre interne et de journal d&#39;entreprise. </p><p>Dans certains cas, assez rares, les deux syst&egrave;mes, individuels et collectifs, s&#39;alimentent l&#39;un l&#39;autre : un rapport, une note d&#39;&eacute;tonnement, une synth&egrave;se, une information ponctuelle sur un march&eacute; qui ont &eacute;t&eacute; obtenus par un salari&eacute; de l&#39;entreprise dans le cadre d&#39;une conf&eacute;rence, d&#39;un s&eacute;minaire ou gr&acirc;ce &agrave; un contact particulier, peuvent &ecirc;tre signal&eacute;s, archiv&eacute;s sur le r&eacute;seau interne de l&#39;entreprise (type Intranet). Ces documents ou ces &eacute;l&eacute;ments d&#39;information sortent ainsi du cadre du syst&egrave;me d&#39;information personnel pour rentrer dans la sph&egrave;re collective. La d&eacute;marche vise un objectif, celui d&#39;une meilleure organisation du travail rendue possible gr&acirc;ce au partage de l&#39;information. </p><p>L&#39;enqu&ecirc;te men&eacute;e aupr&egrave;s d&#39;une diz<br />ine d&#39;entreprises en Rh&ocirc;ne-Alpes conduit &agrave; d&eacute;livrer un certain nombre de constats : dans la plupart des cas, les pratiques d&#39;information sont tr&egrave;s h&eacute;t&eacute;rog&egrave;nes, peu formalis&eacute;es et peu d&eacute;velopp&eacute;es dans les entreprises observ&eacute;es. N&eacute;gligence, manque de moyens, peu d&#39;importance accord&eacute;e &agrave; l&#39;information, &agrave; la culture de l&#39;information, sont des explications qui ont &eacute;t&eacute; &eacute;mises lors des entretiens par nos interlocuteurs. Malgr&eacute; tout un courant manag&eacute;rial, une litt&eacute;rature abondante consacr&eacute;e &agrave; ce sujet, les pratiques informationnelles des entreprises s&#39;appuyant sur un syst&egrave;me d&#39;information, li&eacute;es &agrave; la prise de d&eacute;cision et &agrave; la strat&eacute;gie d&#39;entreprise, sont peu formalis&eacute;es et reposent souvent sur des pratiques de type individuel. </p><p>Dans d&#39;autres cas, comme l&#39;explicite Patrick, Rourke et Phillips (<a href="https://www.jpaccart.ch/#pat2000">2000</a>), si l&#39;int&eacute;r&ecirc;t d&#39;un individu et celui d&#39;une organisation sont vus comme mutuels et compatibles, l&#39;organisation tente de s&#39;accaparer l&#39;information individuelle. L&#39;individu tend alors &agrave; prot&eacute;ger ses int&eacute;r&ecirc;ts en conservant l&#39;information. </p><h2>La question de la confiance </h2><p>Certains interlocuteurs ont &eacute;t&eacute; plus explicites dans leurs r&eacute;ponses par rapport au partage de l&#39;information (c&#39;est le cas dans certains laboratoires de recherches). Pour eux, la question de la confiance se pose entre collaborateurs au sein d&#39;une m&ecirc;me &eacute;quipe : ils d&eacute;veloppent ce qu&#39;un d&#39;entre eux appelle &quot; une culture du secret &quot; par rapport aux recherches touchant certains produits. Selon Patrick, Rourke et Philipps (<a href="https://www.jpaccart.ch/#pat2000">2000</a>), <em>&quot; la confiance doit &ecirc;tre mutuelle et r&eacute;ciproque. En terme d&#39;&eacute;change d&#39;information et de connaissances dans les organisations, cela est possible &agrave; l&#39;int&eacute;rieur d&#39;un r&eacute;seau social informel &quot;</em>. </p><p>Certains interlocuteurs rencontr&eacute;s constatent qu&#39;ils n&#39;&eacute;changent que peu d&#39;informations au sein de leurs &eacute;quipes de travail, et parfois, cette pratique correspond &agrave; la volont&eacute; de la direction elle-m&ecirc;me qui ne souhaite pas que les chercheurs aient des &eacute;changes interpersonnels. Dans ce cas pr&eacute;cis, le partage d&#39;informations dites &quot; sensibles &quot; (car touchant &agrave; la recherche) n&#39;est pas encourag&eacute; et ne s&#39;inscrit pas comme une des &quot; valeurs &quot; de l&#39;entreprise. D&#39;autres interlocuteurs parlent alors d&#39;un &quot; cloisonnement de la connaissance &quot;. Cette culture du secret repr&eacute;sente donc une barri&egrave;re difficile &agrave; franchir. Elle est, en quelque sorte, &quot; voulue &quot;. </p><h2>Int&eacute;gration informationnelle : dispositifs et proc&eacute;dures de formalisation </h2><a href="https://www.jpaccart.ch/#note5">[5]</a> <p>L&#39;un de nos terrains d&#39;observation (il s&#39;agit d&#39;un groupe multinational sp&eacute;cialis&eacute; dans le secteur de l&#39;&eacute;nergie) a offert la possibilit&eacute; d&#39;une analyse fine de la mise en place d&#39;un syst&egrave;me d&#39;information technique int&eacute;gr&eacute; pendant trois ann&eacute;es. Ce syst&egrave;me constitue une des briques du projet d&#39;Enterprise Ressource Planning (ERP) de cette entreprise, et met en relation &eacute;troite des bureaux d&#39;&eacute;tude et des ateliers diss&eacute;min&eacute;s sur plusieurs &eacute;tablissements sur le territoire fran&ccedil;ais et dans plusieurs pays d&#39;europe, voire en asie. Actuellement, cette int&eacute;gration informationnelle, en cours de d&eacute;ploiement, a surtout des effets structurants sur les &eacute;tablissements de l&#39;espace europ&eacute;en. </p><p>La volont&eacute; de rationaliser l&#39;activit&eacute; de Recherche et D&eacute;veloppement (R&amp;D) du groupe, et le souci d&#39;&ecirc;tre pr&eacute;sent sur des march&eacute;s internationaux (avec le rachat d&#39;entreprises dans diff&eacute;rents pays) sont &agrave; l&#39;origine de ce projet. </p><p>La gamme des produits a &eacute;t&eacute; r&eacute;duite, et les diff&eacute;rents bureaux d&#39;&eacute;tudes se sont vus attribuer, en fonction de leur savoir faire et expertise ant&eacute;rieure, la conception d&#39;un produit ou partie de produit particulier. Cette sp&eacute;cialisation s&#39;est accompagn&eacute;e d&#39;une d&eacute;solidarisation entre le bureau d&#39;&eacute;tude et l&#39;atelier de fabrication situ&eacute;s sur le m&ecirc;me lieu. Un bureau d&#39;&eacute;tude aura d&eacute;sormais &agrave; travailler avec son homologue d&#39;un autre pays ou d&#39;une autre usine, mais &eacute;galement pourra lancer des ordres de fabrication aupr&egrave;s d&#39;un atelier distant. <br />Tout ceci implique de nouvelles coordinations, et de nouvelles coop&eacute;rations entre bureaux d&#39;&eacute;tudes &eacute;trangers ou fran&ccedil;ais, et entre bureaux d&#39;&eacute;tudes et ateliers de fabrication. Or le processus de conception se heurte &agrave; un probl&egrave;me majeur : il n&#39;y a pas qu&#39;une seule et unique fa&ccedil;on de concevoir. </p><p>Cette ouverture de l&#39;entreprise &agrave; l&#39;international est en m&ecirc;me temps fortement contrainte par le passage oblig&eacute; de production en local. Or produire sur place signifie : des mati&egrave;res qui auront des caract&eacute;ristiques diff&eacute;rentes, des sous-traitants qui fourniront des prestations diff&eacute;rentes, des outils de production locaux qui pourront &quot;traduire&quot; une information (y compris num&eacute;rique) avec quelques &eacute;carts en fonction de leurs propres param&egrave;tres (puissance, etc.), et produire ainsi des r&eacute;sultats diff&eacute;rents. Nous retrouvons l&#39;id&eacute;e du r&eacute;seau derri&egrave;re l&#39;objet de B. Latour (<a href="https://www.jpaccart.ch/#lat1994">1994</a>), dans les diff&eacute;rentes phases du processus de conception-production. R&eacute;seau que le dessinateur dans son activit&eacute; de conception doit prendre en compte. </p><h2>Les &eacute;changes d&#39;information et leurs objets</h2><p>Nous nous int&eacute;resserons ici &agrave; l&#39;activit&eacute; de conception et de fabrication sous l&#39;angle des &eacute;changes d&#39;informations que la distance introduit, en argumentant que c&#39;est moins le probl&egrave;me de la distance physique que celui de la distance entre les pratiques concr&egrave;tes de la &quot;place&quot;, dans ce que ce concept exprime comme pratiques situ&eacute;es et de positionnements hi&eacute;rarchiques (<a href="https://www.jpaccart.ch/#cha1992">Charasse, 1992</a>), qui pr&eacute;domine. <br />Comment les groupes professionnels d&eacute;cideurs mod&egrave;lent-ils certaines formes de coordination et d&#39;&eacute;changes d&#39;information <em>via</em> ce que nous appelons, &agrave; la suite de L. Th&eacute;venot, les investissements de forme? La notion d&#39;investissements de forme qualifie en effet tout un ensemble d&#39;objets normatifs qui permettent d&#39;articuler la &quot; relation &eacute;tablie entre la production, les machines, les mati&egrave;res premi&egrave;res et les personnes au travail &quot; (<a href="https://www.jpaccart.ch/#the1985">Th&eacute;venot, 1985</a>, p 22). </p><p>Nous nous sommes en particulier int&eacute;ress&eacute;s aux &quot; objets interm&eacute;diaires &quot; de la conception (<a href="https://www.jpaccart.ch/#jea1998">Jeantet, 1998</a>) que sont les plans ou documents li&eacute;s (nomenclatures, etc.), et les dispositifs qui permettent ces circulations que sont les &eacute;quipements de CAO <a href="https://www.jpaccart.ch/#note6">[6]</a> et DAO <a href="https://www.jpaccart.ch/#note7">[7]</a>. En d&#39;autres termes, nous nous sommes attach&eacute;s &agrave; cette mat&eacute;rialit&eacute; de l&#39;information au travers de l&#39;activit&eacute; de mise en formes, de normalisation, <em>via</em> ces dispositifs et outils ; &agrave; la mani&egrave;re dont la coordination est instrument&eacute;e par les groupes d&eacute;cideurs ; et aux incidences dans le travail concret des dessinateurs qui sont appel&eacute;s &agrave; coordonner leurs t&acirc;ches. </p><p>Le concept d&#39;objet interm&eacute;diaire propos&eacute; par A. Jeantet et D. Vinck &agrave; la suite des travaux de B. Latour, concept qu&#39;ils ont forg&eacute; pour aborder justement des activit&eacute;s de conception, nous a paru tout &agrave; fait riche &agrave; &ecirc;tre utilis&eacute; dans cette analyse. Recouvrant des concepts comme le &quot;document&quot; ou le &quot;dispositif&quot; ils permettent de restituer aux objets un r&ocirc;le important dans la mani&egrave;re dont une activit&eacute; de travail collective &quot;tient ensemble&quot;, en tant qu&#39;op&eacute;rateurs de traduction, de m&eacute;diation et de repr&eacute;sentation (<a href="https://www.jpaccart.ch/#jea1998">Jeantet, 1998</a>). Ce sont par les objets et documents que les dessinateurs voient leur activit&eacute; de conception se transformer et se plier aux contraintes du partage de l&#39;information. </p><h2>Au del&agrave; de logiques locales : faire un produit commun</h2><p>Cette r&eacute;organisation qui se traduit par des changements dans les diff&eacute;rents syst&egrave;mes d&#39;information (y compris ou peut-&ecirc;tre surtout personnel ) se fait &quot;&agrave; petit pas&quot; dans un m&eacute;lange de fermet&eacute; (il s&#39;agit souvent d&#39;imposer, de trancher), mais aussi d&#39;attention, ou du moins de compr&eacute;hension devant les difficult&eacute;s rencontr&eacute;es par les acteurs de la base. Il s&#39;agit donc bien de strat&eacute;gies d&#39;int&eacute;ressement qui sont &agrave; l&#39;&oelig;uvre, avec des cr&eacute;ations de r&egrave;gles, mais aussi de la n&eacute;gociation autour de ces r&egrave;gles. </p><p>Ces deux mouvements se sont traduits dans l&#39;acte de travail concret, c&#39;est &agrave; dire dans le partage des informations qu&#39;ils induisent, par l&#39;exigence de construire, au del&agrave; des logiques locales, des langages communs, des outils communs, et une m&ecirc;me mani&egrave;re de nommer des choses, mais encore plus de travailler. </p><p>Ces investissements de forme sont pour la plupart des op&eacute;rations qui encapsulent des repr&eacute;sentations ou des traductions partielles de l&#39;activit&eacute; dans des documents. Pour comprendre le r&ocirc;le de ces investissements de forme, nous partirons en premier lieu du travail du dessinateur qui, lors de la conception d&#39;un objet doit r&eacute;aliser deux op&eacute;rations : la cr&eacute;ation d&#39;une nomenclature et la cr&eacute;ation d&#39;un plan. </p><h3>R&eacute;aliser une nomenclature : </h3><p>L&#39;ing&eacute;nieur d&#39;&eacute;tudes ou le chef de projet a la vision globale du produit &agrave; concevoir. Le dessinateur d&eacute;cide des choix techniques des pi&egrave;ces de d&eacute;tails ou des sous-ensembles qu&#39;il con&ccedil;oit &agrave; partir des grandes lignes ou fonctions d&eacute;cid&eacute;es par l&#39;ing&eacute;nieur d&#39;&eacute;tudes. Avant la mise en place du syst&egrave;me d&#39;information technique int&eacute;gr&eacute;, il disposait d&#39;une certaine marge de man&oelig;uvre dans l&#39;acte concret de conception. Ainsi, le dessinateur nommait l&#39;objet qu&#39;il cr&eacute;ait d&#39;une mani&egrave;re qui faisait sens localement. </p><p>La nomenclature agit sur la mani&egrave;re dont on nomme l&#39;univers de l&#39;activit&eacute;. Elle d&eacute;crit un produit de mani&egrave;re quasi compl&egrave;te, chaque pi&egrave;ce de l&#39;ensemble ayant &eacute;galement sa propre nomenclature. </p><h3>Faire un plan : </h3><p>O. Lavoisy et D. Vinck se sont interrog&eacute;s sur cet objet interm&eacute;diaire que constitue un dessin industriel, et pr&eacute;cisent qu&#39; il est souvent d&eacute;crit par les dessinateurs comme un ordre de fabrication. Il est &eacute;galement un langage codifi&eacute;, et un &eacute;l&eacute;ment de coordination organisationnelle (<a href="https://www.jpaccart.ch/#loi2000">Lavoisy, Vinck, 2000</a>). </p><p>Le plan comporte en dehors du dessin proprement dit un espace &quot;textuel&quot; assez important. Cet espace comprend des annotations plus ou moins d&eacute;taill&eacute;es (allant jusqu&#39;&agrave; des conditions d&#39;emploi), et une surface appel&eacute;e &quot;cartouche&quot; o&ugrave; sont not&eacute;es quelques informations concernant les caract&eacute;ristiques qui serviront ensuite &agrave; la fabrication (mati&egrave;re, tol&eacute;rance, traitement, etc.). Le cartouche, avec le passage &agrave; un syst&egrave;me technique int&eacute;gr&eacute;, a fait l&#39;objet d&#39;une normalisation. Il est devenu moins &quot;bavard&quot; car son &eacute;laboration doit &ecirc;tre standardis&eacute;e au maximum pour &ecirc;tre transmis &agrave; des destinataires que le dessinateur ne conna&icirc;t plus n&eacute;cessairement. </p><h4>L&#39;&eacute;laboration du plan</h4><p>Si <em>&quot; au d&eacute;part on peut aller dans toutes les directions &quot;</em>, le dessinateur doit prendre en compte la fabrication et projeter son objet dans les phases suivantes : <em>&quot; il faut penser &agrave; l&#39;ouvrier qui va &ecirc;tre amen&eacute; &agrave; assembler l&#39;appareil, il faut qu&#39;il le fasse au moindre effort, que les choses ne soient pas trop lourdes, il y a des normes aussi &quot;</em> Cette projection dans la suite du processus de production ne va pas de soi. C&#39;est m&ecirc;me plut&ocirc;t une certaine d&eacute;fiance qui existe le plus souvent entre les diff&eacute;rents groupes d&#39;acteurs, et une certaine m&eacute;connaissance de la &quot;mat&eacute;rialit&eacute;&quot; du travail apr&egrave;s la conception. Ce sont bien derri&egrave;re ces moments &quot;d&#39;&eacute;preuves&quot; (<a href="https://www.jpaccart.ch/#dod1993">Dodier, 1993</a>) des enjeux entre des &quot;eux &quot; (les &eacute;quipe de l&#39;atelier de fabrication) et des &quot;nous&quot; (les dessinateurs de tel bureau d&#39;&eacute;tude) et la construction de ces cat&eacute;gories qui apparaissent en filigrane. Le nouveau dispositif d&#39;int&eacute;gration informationnelle technique a reconfigur&eacute; ces cat&eacute;gories, permettant de d&eacute;passer des conflits locaux existants dans certains cas entre la fabrication et le bureau d&#39;&eacute;tude, ou au contraire ralentissant la prise en compte d&#39;une r&eacute;alit&eacute; que le dessinateur pouvait appr&eacute;hender directement en se rendant dans l&#39;atelier et en discutant avec les ouvriers. </p><p>Le plan est un document vivant : il peut subir un certain nombre de modifications. Le dessinateur doit projeter dans le temps son dessin et prendre en compte d&egrave;s la conception de sa pi&egrave;ce les possibles &eacute;volutions. La tra&ccedil;abilit&eacute; et le suivi de ces modifications est l&#39;une des difficult&eacute;s du processus de conception. El&eacute;ment d&#39;une collection, le plan est en interd&eacute;pendance &eacute;troite avec les autres plans du dossier : une modification doit ainsi &ecirc;tre rep&eacute;r&eacute;e sur d&#39;autres plans. C&#39;est pr&eacute;cis&eacute;ment sur cette gestion dynamique de cette collection que se jouent les contraintes de la co-conception. <br />M&eacute;diateur entre la phase de conception et la phase de production, le plan doit assurer une repr&eacute;sentation fiable &agrave; un instant T du processus : il faut &ecirc;tre s&ucirc;r que les deux acteurs travaillent &agrave; partir de la m&ecirc;me (bonne) repr&eacute;sentation. </p><p>Cette repr&eacute;sentation ne d&eacute;finit jamais totalement l&#39;action qui va avoir lieu : il faut en effet souvent rectifier d&egrave;s que l&#39;on a affaire &agrave; la mati&egrave;re &agrave; travailler. Or les multiples arrangements de la production face &agrave; la repr&eacute;sentation ne sont pas n&eacute;cessairement retranscrits sur le dessin, ou le sont en fonction d&#39;arrangements de personne &agrave; personne, selon la mani&egrave;re dont les relations entre un dessinateur et une personne de l&#39;atelier de fabrication se sont &eacute;tablies. Cela pose le probl&egrave;me du partage de l&#39;information, et d&#39;une certaine capitalisation des <br />onnaissances pour le groupe con</p><p></p><p>&nbsp;</p> <p><p>Conf&eacute;rence annuelle de l&#39;Association canadienne des sciences de l&#39;information (CAIS/ACSI), 2 juin 2002, Toronto. </p><h3>Ecrit en collaboration avec:</h3><p>Marie-France Peyrelong <br />Ecole Nationale Sup&eacute;rieure en Sciences de l&#39;information et des Biblioth&egrave;ques, chercheur au Gresi (Groupe de REcherche sur les Services d&#39;Information), <a href="mailto:peyrelon@enssib.fr">peyrelon@enssib.fr</a> </p><h2>R&eacute;sum&eacute;</h2><p>Des formes de coordination renouvel&eacute;es sont aujourd&#39;hui instrument&eacute;es par les technologies de l&#39;information et de la communication, dans des situations o&ugrave; les personnes se situent de moins en moins en co-pr&eacute;sence, o&ugrave; les questions de la &quot;localit&eacute;&quot; sont particuli&egrave;rement vives pour les diff&eacute;rents acteurs dans leur activit&eacute; concr&egrave;te de travail. <br />Au sein des entreprises observ&eacute;es, on voit en effet se mettre en place simultan&eacute;ment deux syst&egrave;mes d&#39;information : un syst&egrave;me d&#39;information individuel et un syst&egrave;me d&#39;information collectif. L&#39;enqu&ecirc;te montre que ces deux syst&egrave;mes sont parfois compl&eacute;mentaires mais r&eacute;v&egrave;lent des failles dans la strat&eacute;gie de communication interne des entreprises : le partage d&#39;information est parfois difficile, voire inexistant. Comment &eacute;chapper &agrave; cette localit&eacute;? Comment passer de l&#39;activit&eacute; d&#39;information personnelle &agrave; l&#39;activit&eacute; d&#39;information au niveau de l&#39;entreprise? Lorsque des processus d&#39;int&eacute;gration informationnelle lourds sont mis en place quelles sont, en retour, les incidences sur les pratiques des individus? <br />C&#39;est &agrave; partir d&#39;une enqu&ecirc;te exploratoire aupr&egrave;s d&#39;une dizaine d&#39;entreprises, et d&#39;une enqu&ecirc;te plus approfondie &agrave; partir des transformations op&eacute;r&eacute;es sur les documents que nous avons essay&eacute; de mettre en &eacute;vidence ce passage de la localit&eacute; &agrave; l&#39;espace de l&#39;entreprise en mettant en &eacute;vidence la complexit&eacute; du partage d&#39;information. </p><h2>Abstract</h2><p>New forms of coordination are supported by information and communication technologies where face to face working situations are becoming less and less frequent, where the question of &quot;locality&quot; becomes essential for those engaged in the concret activity of information sharing. Two distinct information systems are developping simultaneously in enterprises : an individual information system and a collective information system. The study shows that while these two systems may be complementary, they reveal the shortcomings of the internal communication strategy of the enterprises : sharing information is sometimes difficult, even non existant. How to escape from the localised aspect of information? how to go from personal-level information to enterprise-level information? When global information integration processes are set up, how do they affect individual, local practices? <br />These questions are explored through a survey of ten enterprises and an in-depth study of document transformation and underline the complexities of information sharing.<em> </em></p><h2>R&eacute;alit&eacute;s et mirages du partage de l&rsquo;information en entreprise</h2><p>Aujourd&#39;hui les grandes entreprises sont souvent multilocalis&eacute;es, et, de mani&egrave;re plus g&eacute;n&eacute;rale, les individus, y compris dans le m&ecirc;me service ou &eacute;tablissement, doivent travailler avec des &quot;autruis absents&quot;, pour reprendre l&#39;expression d&#39;Anthony Giddens, soit pour des raisons de disponibilit&eacute;s incompatibles, soit pour des raisons de mobilit&eacute; g&eacute;ographique. Cette tension des dimensions de temps et d&#39;espace mise en &eacute;vidence par Giddens (<a href="https://www.jpaccart.ch/#Gid1994">1994</a>, <a href="https://www.jpaccart.ch/#Gid1987">1987</a>), est caract&eacute;ristique pour cet auteur de la &quot;modernit&eacute;&quot;. C&#39;est une des explications du renouvellement des formes de coordination et de coop&eacute;ration dans les entreprises. </p><p>Ces tensions sur l&#39;espace et le temps s&#39;expriment &eacute;galement pour les entreprises dans un souci d&#39;&ecirc;tre pr&eacute;sentes sur des march&eacute;s de plus en plus &eacute;tendus, mondialis&eacute;s, tout en &eacute;tant en m&ecirc;me temps, du fait d&#39;une attention accrue au client, au plus pr&egrave;s de ce dernier. Cette r&eacute;activit&eacute;, ne se concentre pas uniquement dans l&#39;interface finale entre client et entreprise, mais agit de mani&egrave;re syst&eacute;mique sur l&#39;ensemble des processus de production. </p><p>Ces transformations s&#39;op&egrave;rent &eacute;galement dans des contextes o&ugrave; les entreprises ont connu ou connaissent d&#39;importantes crises d&eacute;mographiques (restructurations, gel d&#39;embauche, turn over, appel &agrave; l&#39;externalisation). Dans ces contextes, plus marqu&eacute;s par des ruptures que par de la continuit&eacute;, les entreprises sont confront&eacute;es de mani&egrave;re plus importante qu&#39;autrefois &agrave; des probl&egrave;mes de transmission d&#39;information ou de connaissances. </p><p>Des formes renouvel&eacute;es de coordination ou de coop&eacute;ration sont aujourd&#39;hui instrument&eacute;es par les technologies de l&#39;information et de la communication, et rendent plus vives les questions de la &quot;localit&eacute;&quot; pour les diff&eacute;rents acteurs dans leurs activit&eacute;s concr&egrave;tes de travail. Comment &eacute;chapper &agrave; cette localit&eacute;, comment passer de l&#39;activit&eacute; d&#39;information personnelle &agrave; l&#39;activit&eacute; d&#39;information au niveau de l&#39;entreprise? </p><h2>M&eacute;thodologie </h2><p>Une premi&egrave;re r&eacute;ponse &agrave; cette question a &eacute;t&eacute; apport&eacute;e lors d&#39;une enqu&ecirc;te exploratoire sur les processus de gestion d&#39;information et/ou de connaissances dans une dizaine d&#39;entreprises de la r&eacute;gion Rh&ocirc;ne-Alpes en 2001. Pour la plupart, ces entreprises font partie du secteur d&#39;activit&eacute; &quot;peinture industrielle&quot;. Il &eacute;tait d&egrave;s lors possible d&#39;avancer l&#39;hypoth&egrave;se d&#39;une certaine homog&eacute;n&eacute;it&eacute; dans la mani&egrave;re de g&eacute;rer des connaissances dans ces entreprises. Ces r&eacute;sultats ont &eacute;t&eacute; confront&eacute;s &agrave; des d&eacute;marches engag&eacute;es dans des entreprises d&#39;autres secteurs (conseil, ing&eacute;nierie et t&eacute;l&eacute;communication). Si l&#39;hypoth&egrave;se de l&#39;homog&eacute;n&eacute;it&eacute; s&#39;est trouv&eacute;e infirm&eacute;e par les r&eacute;sultats, l&#39;enqu&ecirc;te a mis en &eacute;vidence ces deux syst&egrave;mes compl&eacute;mentaires que sont le syst&egrave;me d&#39;information personnel et le syst&egrave;me d&#39;information plus global de l&#39;entreprise et leurs interrelations. </p><p>Par ailleurs, nous nous &eacute;tions int&eacute;ress&eacute;s, dans une recherche ant&eacute;rieure sur les processus de capitalisation de connaissances (<a href="https://www.jpaccart.ch/#kol99">Kolmayer et Peyrelong, 1999</a>), &agrave; la mani&egrave;re dont des informations issues de la pratique des techniciens, subissaient des transformations, via des op&eacute;rations de filtrage reposant sur l&#39;expertise (responsable d&#39;&eacute;quipe, puis inspecteur appartenant &agrave; l&#39;entreprise fournisseur des machines). Cette recherche nous a conduit &agrave; nous focaliser par la suite <a href="https://www.jpaccart.ch/#note1">[1]</a> sur les formes de partage d&#39;information organis&eacute;es par l&#39;entreprise, dans des processus plus vastes d&#39;int&eacute;gration informationnelle, en &eacute;tant attentifs &agrave; ces processus de l&eacute;gitimation et de formalisation. C&#39;est &agrave; partir d&#39;observations longues et de nombreux entretiens <a href="https://www.jpaccart.ch/#note2">[2]</a> dans une des entreprises observ&eacute;es que nous nous proposons d&#39;analyser ces passages du &quot;local&quot; au &quot;global&quot;, le global &eacute;tant ici entendu comme une activit&eacute; d&#39;information organis&eacute;e au niveau de l&#39;entreprise toute enti&egrave;re. </p><p>Dans cette communication nous nous placerons successivement &agrave; partir de deux points de vue du partage d&#39;information. Dans un premier temps il s&#39;agit de consid&eacute;rer l&#39;utilisateur, organisant son propre syst&egrave;me d&#39;information en interrelation avec le syst&egrave;me d&#39;information de l&#39;entreprise. Dans une deuxi&egrave;me partie l&#39;angle d&#39;&eacute;tude adopt&eacute; est celui du processus d&#39;int&eacute;gration informationnelle mis en place par l&#39;entreprise, organisant, par des dispositifs et proc&eacute;dures de formalisation, la mise &agrave; distance du syst&egrave;me d&#39;information personnel ou local. Nous conclurons sur la complexit&eacute; du partage de l&#39;information, et plus sp&eacute;cifiquement sur ce passage du local au global. </p><h3>Le management de l&#39;information dans l&#39;entreprise : la construction de syst&egrave;mes d&#39;information personnels </h3><p>Le management de l&#39;information dans l&#39;entreprise suit une d&eacute;marche diff&eacute;rente si on le consid&egrave;re au plan individuel et/ou au plan collectif : dans un premier temps, nous &eacute;tudierons les syst&egrave;mes d&#39;information dits &quot; personnels &quot; car correspondant &agrave; une logique d&#39;acteur singuli&egrave;re dans un contexte de travail particulier. Dans un second temps, nous verrons leur ad&eacute;quation avec les syst&egrave;mes d&#39;information dits &quot; collectifs &quot;, c&#39;est-&agrave;-dire int&eacute;gr&eacute;s dans une d&eacute;marche globale et strat&eacute;gique de l&#39;entreprise. <br />Parmi les entreprises &eacute;tudi&eacute;es, des syst&egrave;mes d&#39;information personnels voient le jour et prennent diff&eacute;rentes formes. Le cas des ing&eacute;nieurs issus de l&#39;Institut textile de Lyon (ITECH) est &agrave; cet &eacute;gard exemplaire : ils forment un r&eacute;seau professionnel solide, vivant et dynamique d&#39;une centaine de personnes. Nous les avons rencontr&eacute;s une premi&egrave;re fois dans le cadre d&#39;une journ&eacute;e d&#39;&eacute;tude de l&#39;association AFTPVA en juin 2000 <a href="https://www.jpaccart.ch/#note3">[3]</a>, puis individuellement pour certains d&#39;entre eux dans le cadre d&#39;une enqu&ecirc;te men&eacute;e en 2001. Hormis ces rencontres r&eacute;guli&egrave;res , ces ing&eacute;nieurs suivent &eacute;galement des stages professionnels et chacun d&#39;eux sait qu&#39;il peut avoir recours au r&eacute;seau pour obtenir des informations d&#39;ordre technique, sur des clients ou des fournisseurs. Form&eacute;s aux m&eacute;thodes de la recherche d&#39;information, ils utilisent Internet et montrent de l&#39;int&eacute;r&ecirc;t pour cette technologie : ing&eacute;nieurs et responsables communiquent par messagerie &eacute;lectronique et &eacute;changent des informations. Concernant leurs besoins en information documentaire, les structures documentaires &eacute;tant peu d&eacute;velopp&eacute;es, il leur est n&eacute;cessaire, sinon imp&eacute;ratif, de cr&eacute;er leur propre syst&egrave;me d&#39;information : c&#39;est &agrave; partir de ce besoin d&#39;information, dans le cadre d&#39;une activit&eacute; de travail pr&eacute;cise, encadr&eacute; par des r&egrave;gles et des proc&eacute;dures, que na&icirc;t un syst&egrave;me d&#39;information dit &quot; personnel &quot;. Un responsable commercial du secteur de la peinture industrielle consacre un temps important dans son activit&eacute; quotidienne &agrave; s&#39;informer (plusieurs heures par jour selon sa propre estimation) ; il utilise pour cela les moyens documentaires classiques (consultation de revues ou de sites Internet sp&eacute;cialis&eacute;s <a href="https://www.jpaccart.ch/#note4">[4]</a> ; demande de documents &agrave; l&#39;ext&eacute;rieur ; classement et archivage des informations dans des dossiers th&eacute;matiques...). A cela s&#39;ajoute le recours r&eacute;gulier au r&eacute;seau professionnel d&eacute;j&agrave; cit&eacute;. Pour lui, <em>&quot; cette d&eacute;marche d&#39;information est essentielle &agrave; sa pratique professionnelle : outre le fait de se tenir inform&eacute;, il entretient, construit et compl&egrave;te ses connaissances &quot;</em>. Selon Brigitte Guyot (<a href="https://www.jpaccart.ch/#guy2000">2000</a>), On peut donc parler ici &quot; d&#39;action situ&eacute;e dans la mesure o&ugrave; l&#39;individu reconna&icirc;t le fait qu&#39;elle n&eacute;cessite et produit des connaissances, tant pour l&#39;individu lui-m&ecirc;me que pour ceux avec lesquels il travaille &quot;. Il construit ainsi sa &quot; m&eacute;moire de travail &quot; [Stiegler, 1988] : cette &quot; m&eacute;moire de travail &quot;, constitu&eacute;e d&#39;informations diverses, tri&eacute;es et class&eacute;es selon des crit&egrave;res personnels, s&#39;apparente &agrave; ce que Tourtier (<a href="https://www.jpaccart.ch/#tou1995">1995</a>) appelle la &quot; m&eacute;moire m&eacute;tier &quot;, compos&eacute;e des r&eacute;f&eacute;rentiels, documents, outils, et m&eacute;thodes employ&eacute;s dans un m&eacute;tier donn&eacute;. </p><p>Dans un autre secteur industriel, celui de la conception d&#39;outils informatiques, les ing&eacute;nieurs les plus &quot; avanc&eacute;s &quot; en terme de management de l&#39;information utilisent des syst&egrave;mes de veille d&#39;information, soit externe, soit gr&acirc;ce &agrave; des logiciels de veille sur Internet : c&#39;est le cas d&#39;un responsable consulting d&#39;une entreprise qui con&ccedil;oit des produits technologiques orient&eacute;s veille d&#39;information et knowledge management. Abonn&eacute; &agrave; des services d&#39;information sur Internet, il re&ccedil;oit dans sa messagerie &eacute;lectronique une revue de presse &agrave; partir des th&egrave;mes qu&#39;il a choisis. Ayant peu de temps &agrave; consacrer &agrave; cette activit&eacute; d&#39;information, il a adopt&eacute; ce syst&egrave;me bas&eacute; sur la technologie <em>push</em> qui r&eacute;pond &agrave; ses attentes en mati&egrave;re d&#39;information. </p><h2>Syst&egrave;me d&#39;information personnel et syst&egrave;me d&#39;information collectif : int&eacute;gration ou superposition? </h2><p>A ces syst&egrave;mes personnels s&#39;ajoutent parfois des syst&egrave;mes d&#39;information collectifs. Dans certains cas, la strat&eacute;gie de communication de l&#39;entreprise s&#39;affiche clairement et tout est mis en &oelig;uvre pour que l&#39;information circule, le plus souvent par le biais d&#39;un r&eacute;seau interne d&#39;entreprise, type r&eacute;seau Intranet : c&#39;est le cas d&#39;une entreprise de t&eacute;l&eacute;communications, deuxi&egrave;me op&eacute;rateur en t&eacute;l&eacute;phonie mobile en France, et dont la politique adopt&eacute;e en mati&egrave;re d&#39;information, est celle du &quot; z&eacute;ro papier &quot;. La cellule Marketing et Communication contribue alors &agrave; l&#39;information des cadres en concevant des produits cibl&eacute;s et en diffusant l&#39;information par messagerie ou sous forme de lettre interne et de journal d&#39;entreprise. </p><p>Dans certains cas, assez rares, les deux syst&egrave;mes, individuels et collectifs, s&#39;alimentent l&#39;un l&#39;autre : un rapport, une note d&#39;&eacute;tonnement, une synth&egrave;se, une information ponctuelle sur un march&eacute; qui ont &eacute;t&eacute; obtenus par un salari&eacute; de l&#39;entreprise dans le cadre d&#39;une conf&eacute;rence, d&#39;un s&eacute;minaire ou gr&acirc;ce &agrave; un contact particulier, peuvent &ecirc;tre signal&eacute;s, archiv&eacute;s sur le r&eacute;seau interne de l&#39;entreprise (type Intranet). Ces documents ou ces &eacute;l&eacute;ments d&#39;information sortent ainsi du cadre du syst&egrave;me d&#39;information personnel pour rentrer dans la sph&egrave;re collective. La d&eacute;marche vise un objectif, celui d&#39;une meilleure organisation du travail rendue possible gr&acirc;ce au partage de l&#39;information. </p><p>L&#39;enqu&ecirc;te men&eacute;e aupr&egrave;s d&#39;une diz<br />ine d&#39;entreprises en Rh&ocirc;ne-Alpes conduit &agrave; d&eacute;livrer un certain nombre de constats : dans la plupart des cas, les pratiques d&#39;information sont tr&egrave;s h&eacute;t&eacute;rog&egrave;nes, peu formalis&eacute;es et peu d&eacute;velopp&eacute;es dans les entreprises observ&eacute;es. N&eacute;gligence, manque de moyens, peu d&#39;importance accord&eacute;e &agrave; l&#39;information, &agrave; la culture de l&#39;information, sont des explications qui ont &eacute;t&eacute; &eacute;mises lors des entretiens par nos interlocuteurs. Malgr&eacute; tout un courant manag&eacute;rial, une litt&eacute;rature abondante consacr&eacute;e &agrave; ce sujet, les pratiques informationnelles des entreprises s&#39;appuyant sur un syst&egrave;me d&#39;information, li&eacute;es &agrave; la prise de d&eacute;cision et &agrave; la strat&eacute;gie d&#39;entreprise, sont peu formalis&eacute;es et reposent souvent sur des pratiques de type individuel. </p><p>Dans d&#39;autres cas, comme l&#39;explicite Patrick, Rourke et Phillips (<a href="https://www.jpaccart.ch/#pat2000">2000</a>), si l&#39;int&eacute;r&ecirc;t d&#39;un individu et celui d&#39;une organisation sont vus comme mutuels et compatibles, l&#39;organisation tente de s&#39;accaparer l&#39;information individuelle. L&#39;individu tend alors &agrave; prot&eacute;ger ses int&eacute;r&ecirc;ts en conservant l&#39;information. </p><h2>La question de la confiance </h2><p>Certains interlocuteurs ont &eacute;t&eacute; plus explicites dans leurs r&eacute;ponses par rapport au partage de l&#39;information (c&#39;est le cas dans certains laboratoires de recherches). Pour eux, la question de la confiance se pose entre collaborateurs au sein d&#39;une m&ecirc;me &eacute;quipe : ils d&eacute;veloppent ce qu&#39;un d&#39;entre eux appelle &quot; une culture du secret &quot; par rapport aux recherches touchant certains produits. Selon Patrick, Rourke et Philipps (<a href="https://www.jpaccart.ch/#pat2000">2000</a>), <em>&quot; la confiance doit &ecirc;tre mutuelle et r&eacute;ciproque. En terme d&#39;&eacute;change d&#39;information et de connaissances dans les organisations, cela est possible &agrave; l&#39;int&eacute;rieur d&#39;un r&eacute;seau social informel &quot;</em>. </p><p>Certains interlocuteurs rencontr&eacute;s constatent qu&#39;ils n&#39;&eacute;changent que peu d&#39;informations au sein de leurs &eacute;quipes de travail, et parfois, cette pratique correspond &agrave; la volont&eacute; de la direction elle-m&ecirc;me qui ne souhaite pas que les chercheurs aient des &eacute;changes interpersonnels. Dans ce cas pr&eacute;cis, le partage d&#39;informations dites &quot; sensibles &quot; (car touchant &agrave; la recherche) n&#39;est pas encourag&eacute; et ne s&#39;inscrit pas comme une des &quot; valeurs &quot; de l&#39;entreprise. D&#39;autres interlocuteurs parlent alors d&#39;un &quot; cloisonnement de la connaissance &quot;. Cette culture du secret repr&eacute;sente donc une barri&egrave;re difficile &agrave; franchir. Elle est, en quelque sorte, &quot; voulue &quot;. </p><h2>Int&eacute;gration informationnelle : dispositifs et proc&eacute;dures de formalisation </h2><a href="https://www.jpaccart.ch/#note5">[5]</a> <p>L&#39;un de nos terrains d&#39;observation (il s&#39;agit d&#39;un groupe multinational sp&eacute;cialis&eacute; dans le secteur de l&#39;&eacute;nergie) a offert la possibilit&eacute; d&#39;une analyse fine de la mise en place d&#39;un syst&egrave;me d&#39;information technique int&eacute;gr&eacute; pendant trois ann&eacute;es. Ce syst&egrave;me constitue une des briques du projet d&#39;Enterprise Ressource Planning (ERP) de cette entreprise, et met en relation &eacute;troite des bureaux d&#39;&eacute;tude et des ateliers diss&eacute;min&eacute;s sur plusieurs &eacute;tablissements sur le territoire fran&ccedil;ais et dans plusieurs pays d&#39;europe, voire en asie. Actuellement, cette int&eacute;gration informationnelle, en cours de d&eacute;ploiement, a surtout des effets structurants sur les &eacute;tablissements de l&#39;espace europ&eacute;en. </p><p>La volont&eacute; de rationaliser l&#39;activit&eacute; de Recherche et D&eacute;veloppement (R&amp;D) du groupe, et le souci d&#39;&ecirc;tre pr&eacute;sent sur des march&eacute;s internationaux (avec le rachat d&#39;entreprises dans diff&eacute;rents pays) sont &agrave; l&#39;origine de ce projet. </p><p>La gamme des produits a &eacute;t&eacute; r&eacute;duite, et les diff&eacute;rents bureaux d&#39;&eacute;tudes se sont vus attribuer, en fonction de leur savoir faire et expertise ant&eacute;rieure, la conception d&#39;un produit ou partie de produit particulier. Cette sp&eacute;cialisation s&#39;est accompagn&eacute;e d&#39;une d&eacute;solidarisation entre le bureau d&#39;&eacute;tude et l&#39;atelier de fabrication situ&eacute;s sur le m&ecirc;me lieu. Un bureau d&#39;&eacute;tude aura d&eacute;sormais &agrave; travailler avec son homologue d&#39;un autre pays ou d&#39;une autre usine, mais &eacute;galement pourra lancer des ordres de fabrication aupr&egrave;s d&#39;un atelier distant. <br />Tout ceci implique de nouvelles coordinations, et de nouvelles coop&eacute;rations entre bureaux d&#39;&eacute;tudes &eacute;trangers ou fran&ccedil;ais, et entre bureaux d&#39;&eacute;tudes et ateliers de fabrication. Or le processus de conception se heurte &agrave; un probl&egrave;me majeur : il n&#39;y a pas qu&#39;une seule et unique fa&ccedil;on de concevoir. </p><p>Cette ouverture de l&#39;entreprise &agrave; l&#39;international est en m&ecirc;me temps fortement contrainte par le passage oblig&eacute; de production en local. Or produire sur place signifie : des mati&egrave;res qui auront des caract&eacute;ristiques diff&eacute;rentes, des sous-traitants qui fourniront des prestations diff&eacute;rentes, des outils de production locaux qui pourront &quot;traduire&quot; une information (y compris num&eacute;rique) avec quelques &eacute;carts en fonction de leurs propres param&egrave;tres (puissance, etc.), et produire ainsi des r&eacute;sultats diff&eacute;rents. Nous retrouvons l&#39;id&eacute;e du r&eacute;seau derri&egrave;re l&#39;objet de B. Latour (<a href="https://www.jpaccart.ch/#lat1994">1994</a>), dans les diff&eacute;rentes phases du processus de conception-production. R&eacute;seau que le dessinateur dans son activit&eacute; de conception doit prendre en compte. </p><h2>Les &eacute;changes d&#39;information et leurs objets</h2><p>Nous nous int&eacute;resserons ici &agrave; l&#39;activit&eacute; de conception et de fabrication sous l&#39;angle des &eacute;changes d&#39;informations que la distance introduit, en argumentant que c&#39;est moins le probl&egrave;me de la distance physique que celui de la distance entre les pratiques concr&egrave;tes de la &quot;place&quot;, dans ce que ce concept exprime comme pratiques situ&eacute;es et de positionnements hi&eacute;rarchiques (<a href="https://www.jpaccart.ch/#cha1992">Charasse, 1992</a>), qui pr&eacute;domine. <br />Comment les groupes professionnels d&eacute;cideurs mod&egrave;lent-ils certaines formes de coordination et d&#39;&eacute;changes d&#39;information <em>via</em> ce que nous appelons, &agrave; la suite de L. Th&eacute;venot, les investissements de forme? La notion d&#39;investissements de forme qualifie en effet tout un ensemble d&#39;objets normatifs qui permettent d&#39;articuler la &quot; relation &eacute;tablie entre la production, les machines, les mati&egrave;res premi&egrave;res et les personnes au travail &quot; (<a href="https://www.jpaccart.ch/#the1985">Th&eacute;venot, 1985</a>, p 22). </p><p>Nous nous sommes en particulier int&eacute;ress&eacute;s aux &quot; objets interm&eacute;diaires &quot; de la conception (<a href="https://www.jpaccart.ch/#jea1998">Jeantet, 1998</a>) que sont les plans ou documents li&eacute;s (nomenclatures, etc.), et les dispositifs qui permettent ces circulations que sont les &eacute;quipements de CAO <a href="https://www.jpaccart.ch/#note6">[6]</a> et DAO <a href="https://www.jpaccart.ch/#note7">[7]</a>. En d&#39;autres termes, nous nous sommes attach&eacute;s &agrave; cette mat&eacute;rialit&eacute; de l&#39;information au travers de l&#39;activit&eacute; de mise en formes, de normalisation, <em>via</em> ces dispositifs et outils ; &agrave; la mani&egrave;re dont la coordination est instrument&eacute;e par les groupes d&eacute;cideurs ; et aux incidences dans le travail concret des dessinateurs qui sont appel&eacute;s &agrave; coordonner leurs t&acirc;ches. </p><p>Le concept d&#39;objet interm&eacute;diaire propos&eacute; par A. Jeantet et D. Vinck &agrave; la suite des travaux de B. Latour, concept qu&#39;ils ont forg&eacute; pour aborder justement des activit&eacute;s de conception, nous a paru tout &agrave; fait riche &agrave; &ecirc;tre utilis&eacute; dans cette analyse. Recouvrant des concepts comme le &quot;document&quot; ou le &quot;dispositif&quot; ils permettent de restituer aux objets un r&ocirc;le important dans la mani&egrave;re dont une activit&eacute; de travail collective &quot;tient ensemble&quot;, en tant qu&#39;op&eacute;rateurs de traduction, de m&eacute;diation et de repr&eacute;sentation (<a href="https://www.jpaccart.ch/#jea1998">Jeantet, 1998</a>). Ce sont par les objets et documents que les dessinateurs voient leur activit&eacute; de conception se transformer et se plier aux contraintes du partage de l&#39;information. </p><h2>Au del&agrave; de logiques locales : faire un produit commun</h2><p>Cette r&eacute;organisation qui se traduit par des changements dans les diff&eacute;rents syst&egrave;mes d&#39;information (y compris ou peut-&ecirc;tre surtout personnel ) se fait &quot;&agrave; petit pas&quot; dans un m&eacute;lange de fermet&eacute; (il s&#39;agit souvent d&#39;imposer, de trancher), mais aussi d&#39;attention, ou du moins de compr&eacute;hension devant les difficult&eacute;s rencontr&eacute;es par les acteurs de la base. Il s&#39;agit donc bien de strat&eacute;gies d&#39;int&eacute;ressement qui sont &agrave; l&#39;&oelig;uvre, avec des cr&eacute;ations de r&egrave;gles, mais aussi de la n&eacute;gociation autour de ces r&egrave;gles. </p><p>Ces deux mouvements se sont traduits dans l&#39;acte de travail concret, c&#39;est &agrave; dire dans le partage des informations qu&#39;ils induisent, par l&#39;exigence de construire, au del&agrave; des logiques locales, des langages communs, des outils communs, et une m&ecirc;me mani&egrave;re de nommer des choses, mais encore plus de travailler. </p><p>Ces investissements de forme sont pour la plupart des op&eacute;rations qui encapsulent des repr&eacute;sentations ou des traductions partielles de l&#39;activit&eacute; dans des documents. Pour comprendre le r&ocirc;le de ces investissements de forme, nous partirons en premier lieu du travail du dessinateur qui, lors de la conception d&#39;un objet doit r&eacute;aliser deux op&eacute;rations : la cr&eacute;ation d&#39;une nomenclature et la cr&eacute;ation d&#39;un plan. </p><h3>R&eacute;aliser une nomenclature : </h3><p>L&#39;ing&eacute;nieur d&#39;&eacute;tudes ou le chef de projet a la vision globale du produit &agrave; concevoir. Le dessinateur d&eacute;cide des choix techniques des pi&egrave;ces de d&eacute;tails ou des sous-ensembles qu&#39;il con&ccedil;oit &agrave; partir des grandes lignes ou fonctions d&eacute;cid&eacute;es par l&#39;ing&eacute;nieur d&#39;&eacute;tudes. Avant la mise en place du syst&egrave;me d&#39;information technique int&eacute;gr&eacute;, il disposait d&#39;une certaine marge de man&oelig;uvre dans l&#39;acte concret de conception. Ainsi, le dessinateur nommait l&#39;objet qu&#39;il cr&eacute;ait d&#39;une mani&egrave;re qui faisait sens localement. </p><p>La nomenclature agit sur la mani&egrave;re dont on nomme l&#39;univers de l&#39;activit&eacute;. Elle d&eacute;crit un produit de mani&egrave;re quasi compl&egrave;te, chaque pi&egrave;ce de l&#39;ensemble ayant &eacute;galement sa propre nomenclature. </p><h3>Faire un plan : </h3><p>O. Lavoisy et D. Vinck se sont interrog&eacute;s sur cet objet interm&eacute;diaire que constitue un dessin industriel, et pr&eacute;cisent qu&#39; il est souvent d&eacute;crit par les dessinateurs comme un ordre de fabrication. Il est &eacute;galement un langage codifi&eacute;, et un &eacute;l&eacute;ment de coordination organisationnelle (<a href="https://www.jpaccart.ch/#loi2000">Lavoisy, Vinck, 2000</a>). </p><p>Le plan comporte en dehors du dessin proprement dit un espace &quot;textuel&quot; assez important. Cet espace comprend des annotations plus ou moins d&eacute;taill&eacute;es (allant jusqu&#39;&agrave; des conditions d&#39;emploi), et une surface appel&eacute;e &quot;cartouche&quot; o&ugrave; sont not&eacute;es quelques informations concernant les caract&eacute;ristiques qui serviront ensuite &agrave; la fabrication (mati&egrave;re, tol&eacute;rance, traitement, etc.). Le cartouche, avec le passage &agrave; un syst&egrave;me technique int&eacute;gr&eacute;, a fait l&#39;objet d&#39;une normalisation. Il est devenu moins &quot;bavard&quot; car son &eacute;laboration doit &ecirc;tre standardis&eacute;e au maximum pour &ecirc;tre transmis &agrave; des destinataires que le dessinateur ne conna&icirc;t plus n&eacute;cessairement. </p><h4>L&#39;&eacute;laboration du plan</h4><p>Si <em>&quot; au d&eacute;part on peut aller dans toutes les directions &quot;</em>, le dessinateur doit prendre en compte la fabrication et projeter son objet dans les phases suivantes : <em>&quot; il faut penser &agrave; l&#39;ouvrier qui va &ecirc;tre amen&eacute; &agrave; assembler l&#39;appareil, il faut qu&#39;il le fasse au moindre effort, que les choses ne soient pas trop lourdes, il y a des normes aussi &quot;</em> Cette projection dans la suite du processus de production ne va pas de soi. C&#39;est m&ecirc;me plut&ocirc;t une certaine d&eacute;fiance qui existe le plus souvent entre les diff&eacute;rents groupes d&#39;acteurs, et une certaine m&eacute;connaissance de la &quot;mat&eacute;rialit&eacute;&quot; du travail apr&egrave;s la conception. Ce sont bien derri&egrave;re ces moments &quot;d&#39;&eacute;preuves&quot; (<a href="https://www.jpaccart.ch/#dod1993">Dodier, 1993</a>) des enjeux entre des &quot;eux &quot; (les &eacute;quipe de l&#39;atelier de fabrication) et des &quot;nous&quot; (les dessinateurs de tel bureau d&#39;&eacute;tude) et la construction de ces cat&eacute;gories qui apparaissent en filigrane. Le nouveau dispositif d&#39;int&eacute;gration informationnelle technique a reconfigur&eacute; ces cat&eacute;gories, permettant de d&eacute;passer des conflits locaux existants dans certains cas entre la fabrication et le bureau d&#39;&eacute;tude, ou au contraire ralentissant la prise en compte d&#39;une r&eacute;alit&eacute; que le dessinateur pouvait appr&eacute;hender directement en se rendant dans l&#39;atelier et en discutant avec les ouvriers. </p><p>Le plan est un document vivant : il peut subir un certain nombre de modifications. Le dessinateur doit projeter dans le temps son dessin et prendre en compte d&egrave;s la conception de sa pi&egrave;ce les possibles &eacute;volutions. La tra&ccedil;abilit&eacute; et le suivi de ces modifications est l&#39;une des difficult&eacute;s du processus de conception. El&eacute;ment d&#39;une collection, le plan est en interd&eacute;pendance &eacute;troite avec les autres plans du dossier : une modification doit ainsi &ecirc;tre rep&eacute;r&eacute;e sur d&#39;autres plans. C&#39;est pr&eacute;cis&eacute;ment sur cette gestion dynamique de cette collection que se jouent les contraintes de la co-conception. <br />M&eacute;diateur entre la phase de conception et la phase de production, le plan doit assurer une repr&eacute;sentation fiable &agrave; un instant T du processus : il faut &ecirc;tre s&ucirc;r que les deux acteurs travaillent &agrave; partir de la m&ecirc;me (bonne) repr&eacute;sentation. </p><p>Cette repr&eacute;sentation ne d&eacute;finit jamais totalement l&#39;action qui va avoir lieu : il faut en effet souvent rectifier d&egrave;s que l&#39;on a affaire &agrave; la mati&egrave;re &agrave; travailler. Or les multiples arrangements de la production face &agrave; la repr&eacute;sentation ne sont pas n&eacute;cessairement retranscrits sur le dessin, ou le sont en fonction d&#39;arrangements de personne &agrave; personne, selon la mani&egrave;re dont les relations entre un dessinateur et une personne de l&#39;atelier de fabrication se sont &eacute;tablies. Cela pose le probl&egrave;me du partage de l&#39;information, et d&#39;une certaine capitalisation des <br />onnaissances pour le groupe con</p><p></p><p>&nbsp;</p> (2001) - Systèmes d'information-documentation en réseau et performance de l'entreprise 2007-04-03T18:04:38+00:00 2007-04-03T18:04:38+00:00 https://www.jpaccart.ch/l-entreprise/2001-systemes-d-information-documentation-en-reseau-et-performance-de-l-entreprise.html jpaccart info@jpaccart.ch <p><p><strong>Bulletin des biblioth&egrave;ques de France, 2001, t. 46, n&deg; 4, pp. 97-98.</strong> </p><p>L&#39;Association des professionnels de l&#39;information et de la documentation (ADBS) a tenu les 30 et 31 mars derniers &agrave; Reims ses Deuxi&egrave;mes Rencontres biennales, conjointement avec les Assises qui r&eacute;unissent r&eacute;guli&egrave;rement l&#39;ensemble des animateurs de l&#39;association. Avec 144 participants, une douzaine d&#39;interventions, des d&eacute;bats, une session de posters, des flash d&#39;informations sur la vie de l&#39;association, ces deux journ&eacute;es riches et diversifi&eacute;es s&#39;articulent autour de trois th&egrave;mes : l&#39;Information-documentation dans l&#39;entreprise ; les Mutations juridiques et le droit de l&#39;information ; les Evolutions et perceptions du m&eacute;tier. </p><p>La mutation actuelle des m&eacute;tiers de l&#39;information est en relation directe avec l&#39;&eacute;volution des entreprises : le management de l&#39;information fait partie d&#39;une strat&eacute;gie globale et le r&ocirc;le des professionnels de l&#39;information-documentation s&#39;accro&icirc;t. Trois orientations sont explor&eacute;es : le Knowledge Management, le Records Management et les archives, l&#39;intelligence &eacute;conomique. Daniel Atlan, directeur des ressources humaines chez Usinor, expose la notion de d&eacute;veloppement durable et reprenant les termes employ&eacute;s par I. Nonaka (Harvard Business Review, nov. 1991), &quot; la seule source s&ucirc;re d&#39;avantage concurrentiel est la connaissance &quot;. Consid&eacute;rant que l&#39;entreprise vit encore sur des th&eacute;ories &eacute;conomiques &eacute;labor&eacute;es dans les ann&eacute;es 1970, il estime que le r&ocirc;le des dirigeants a chang&eacute; et notamment dans le domaine des ressources humaines : autonomie, polyvalence, travail en &eacute;quipe, &eacute;changes d&#39;information conduisent &agrave; g&eacute;rer des connaissances et par cons&eacute;quent, des travailleurs de la connaissance. Citant Peter Drucker (Atlantic Monthly, oct. 1999), &quot;les travailleurs du savoir (...) devront &ecirc;tre transform&eacute;s de subordonn&eacute;s en d&eacute;cideurs et de salari&eacute;s en partenaires &quot;. Jacques Portevin, responsable du Records Management &agrave; Saint-Gobain et pr&eacute;sident de l&#39;Association des archivistes fran&ccedil;ais (AAF), d&eacute;montre que les m&eacute;tiers de l&#39;information, tout en gardant leurs caract&eacute;ristiques d&#39;origine, sont int&eacute;gr&eacute;s dans les modes de gestion et dans les finalit&eacute;s de production : l&#39;information conserv&eacute;e doit &ecirc;tre utile, &quot; on ne parlera plus d&#39;archives, mais de documents supports d&#39;information, c&#39;est-&agrave;-dire de &quot; records &quot;. Il aborde des questions importantes, telle celle de la conservation de l&#39;information &eacute;lectronique, il s&#39;interroge sur l&#39;utilit&eacute; de la m&eacute;moire propre d&#39;un organisme &agrave; l&#39;heure de la mondialisation. Le &quot;Records Management &quot;, discipline &agrave; laquelle sont pr&eacute;dispos&eacute;s les archivistes, documentalistes, qualiticiens et informaticiens, organise le syst&egrave;me d&#39;information pour en assurer l&#39;acc&egrave;s utile. Jean-Pierre Larcher, secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de SCIP France, explique son r&ocirc;le d&#39;animateur du R&eacute;seau de diffusion technologique de Basse-Normandie : ce r&eacute;seau &quot; apporte son soutien aux PME-PMI en mati&egrave;re de d&eacute;couverte, de compr&eacute;hension et d&#39;appropriation des m&eacute;thodes et outils de l&#39;intelligence &eacute;conomique &quot;. Une op&eacute;ration pilote a &eacute;t&eacute; lanc&eacute;e visant &agrave; int&eacute;grer les entreprises dans une d&eacute;marche de r&eacute;seau et les aider &agrave; mieux structurer leurs syst&egrave;mes d&#39;information. </p><p>Les m&eacute;tiers de l&#39;information doivent suivre &eacute;galement, outre les mutations de l&#39;entreprise, celles du droit de l&#39;information. Sandra Travers de Faultrier, avocate et enseignante, dresse un &eacute;tat de la question et donne le point de vue d&#39;un juriste : les actes, r&eacute;alisations, responsabilit&eacute;s et les r&ocirc;les appartenant &agrave; la sph&egrave;re de l&#39;information sont d&eacute;taill&eacute;s. Elle pr&eacute;cise que leur &eacute;num&eacute;ration est &quot; une mesure tr&egrave;s fiable des m&eacute;tamorphoses d&#39;une fonction &quot;. Val&eacute;rie Sedallian, avocate, d&eacute;crit les clauses importantes concernant les offres de services en ligne, notamment l&#39;exploitation d&#39;une base de donn&eacute;es. Sont abord&eacute;es, d&#39;une part, les obligations du fournisseur (acc&egrave;s technique et formation) : la confidentialit&eacute; des informations ; leur fourniture ; la responsabilit&eacute; ; et d&#39;autre part, les obligations du client : respect des restrictions d&#39;usage ; statut des informations ; obligation de payer le prix ; et enfin la vie du contrat. <br />D&#39;autres points, li&eacute;s au droit, furent trait&eacute;s : par Philippe Jannet, pr&eacute;sident du GESTE &quot; Le droit d&#39;auteur et la presse &quot; et par Catherine Lupovici, de la Biblioth&egrave;que nationale de France, sur &quot; L&#39;archivage des sites Web &quot;. </p><p>Les &eacute;volutions des m&eacute;tiers de l&#39;information sont tr&egrave;s concr&egrave;tes et d&eacute;coulent de ce qui a &eacute;t&eacute; d&eacute;velopp&eacute; pr&eacute;c&eacute;demment. Jean Michel, conseiller aupr&egrave;s du directeur de l&#39;Ecole nationale des Ponts-et-Chauss&eacute;es (ENPC), apr&egrave;s avoir montr&eacute; les &eacute;volutions de la documentation depuis 1970, inscrit la profession dans la mondialisation et la net-&eacute;conomie : la documentation s&#39;organise selon de nouvelles modalit&eacute;s (fusions, d&eacute;centralisation, mise en r&eacute;seau, autonomie du client, fonctions nouvelles et partag&eacute;es, virtualit&eacute;, ...). L&#39;information-documentation est d&eacute;finie comme &quot; un continuum de pratiques &quot; ; le champ professionnel s&#39;&eacute;largit et tend &agrave; g&eacute;rer des connaissances plus que l&#39;information elle-m&ecirc;me. Il invente un sigle nouveau, l&#39;IDC, c&#39;est-&agrave;-dire : l&#39;Information-Documentation-Connaissance. Dominique Lecoq, enseignant chercheur au CNAM, cl&ocirc;t ces interventions sur l&#39;image, selon lui, nouvelle des documentalistes : conseil, formation et management. </p><p>Suite &agrave; ces Deuxi&egrave;mes Rencontres qui sont le moment de r&eacute;fl&eacute;chir ensemble au devenir d&#39;une profession, l&#39;ADBS souhaite en tirer des orientations concr&egrave;tes. Dans les mois &agrave; venir, elle ouvrira le chantier de son mode futur de fonctionnement &agrave; travers, par exemple, de nouveaux regroupements par m&eacute;tier. </p><p>cop. JP Accart, 2007</p></p><p></p><p>&nbsp;</p> <p><p><strong>Bulletin des biblioth&egrave;ques de France, 2001, t. 46, n&deg; 4, pp. 97-98.</strong> </p><p>L&#39;Association des professionnels de l&#39;information et de la documentation (ADBS) a tenu les 30 et 31 mars derniers &agrave; Reims ses Deuxi&egrave;mes Rencontres biennales, conjointement avec les Assises qui r&eacute;unissent r&eacute;guli&egrave;rement l&#39;ensemble des animateurs de l&#39;association. Avec 144 participants, une douzaine d&#39;interventions, des d&eacute;bats, une session de posters, des flash d&#39;informations sur la vie de l&#39;association, ces deux journ&eacute;es riches et diversifi&eacute;es s&#39;articulent autour de trois th&egrave;mes : l&#39;Information-documentation dans l&#39;entreprise ; les Mutations juridiques et le droit de l&#39;information ; les Evolutions et perceptions du m&eacute;tier. </p><p>La mutation actuelle des m&eacute;tiers de l&#39;information est en relation directe avec l&#39;&eacute;volution des entreprises : le management de l&#39;information fait partie d&#39;une strat&eacute;gie globale et le r&ocirc;le des professionnels de l&#39;information-documentation s&#39;accro&icirc;t. Trois orientations sont explor&eacute;es : le Knowledge Management, le Records Management et les archives, l&#39;intelligence &eacute;conomique. Daniel Atlan, directeur des ressources humaines chez Usinor, expose la notion de d&eacute;veloppement durable et reprenant les termes employ&eacute;s par I. Nonaka (Harvard Business Review, nov. 1991), &quot; la seule source s&ucirc;re d&#39;avantage concurrentiel est la connaissance &quot;. Consid&eacute;rant que l&#39;entreprise vit encore sur des th&eacute;ories &eacute;conomiques &eacute;labor&eacute;es dans les ann&eacute;es 1970, il estime que le r&ocirc;le des dirigeants a chang&eacute; et notamment dans le domaine des ressources humaines : autonomie, polyvalence, travail en &eacute;quipe, &eacute;changes d&#39;information conduisent &agrave; g&eacute;rer des connaissances et par cons&eacute;quent, des travailleurs de la connaissance. Citant Peter Drucker (Atlantic Monthly, oct. 1999), &quot;les travailleurs du savoir (...) devront &ecirc;tre transform&eacute;s de subordonn&eacute;s en d&eacute;cideurs et de salari&eacute;s en partenaires &quot;. Jacques Portevin, responsable du Records Management &agrave; Saint-Gobain et pr&eacute;sident de l&#39;Association des archivistes fran&ccedil;ais (AAF), d&eacute;montre que les m&eacute;tiers de l&#39;information, tout en gardant leurs caract&eacute;ristiques d&#39;origine, sont int&eacute;gr&eacute;s dans les modes de gestion et dans les finalit&eacute;s de production : l&#39;information conserv&eacute;e doit &ecirc;tre utile, &quot; on ne parlera plus d&#39;archives, mais de documents supports d&#39;information, c&#39;est-&agrave;-dire de &quot; records &quot;. Il aborde des questions importantes, telle celle de la conservation de l&#39;information &eacute;lectronique, il s&#39;interroge sur l&#39;utilit&eacute; de la m&eacute;moire propre d&#39;un organisme &agrave; l&#39;heure de la mondialisation. Le &quot;Records Management &quot;, discipline &agrave; laquelle sont pr&eacute;dispos&eacute;s les archivistes, documentalistes, qualiticiens et informaticiens, organise le syst&egrave;me d&#39;information pour en assurer l&#39;acc&egrave;s utile. Jean-Pierre Larcher, secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de SCIP France, explique son r&ocirc;le d&#39;animateur du R&eacute;seau de diffusion technologique de Basse-Normandie : ce r&eacute;seau &quot; apporte son soutien aux PME-PMI en mati&egrave;re de d&eacute;couverte, de compr&eacute;hension et d&#39;appropriation des m&eacute;thodes et outils de l&#39;intelligence &eacute;conomique &quot;. Une op&eacute;ration pilote a &eacute;t&eacute; lanc&eacute;e visant &agrave; int&eacute;grer les entreprises dans une d&eacute;marche de r&eacute;seau et les aider &agrave; mieux structurer leurs syst&egrave;mes d&#39;information. </p><p>Les m&eacute;tiers de l&#39;information doivent suivre &eacute;galement, outre les mutations de l&#39;entreprise, celles du droit de l&#39;information. Sandra Travers de Faultrier, avocate et enseignante, dresse un &eacute;tat de la question et donne le point de vue d&#39;un juriste : les actes, r&eacute;alisations, responsabilit&eacute;s et les r&ocirc;les appartenant &agrave; la sph&egrave;re de l&#39;information sont d&eacute;taill&eacute;s. Elle pr&eacute;cise que leur &eacute;num&eacute;ration est &quot; une mesure tr&egrave;s fiable des m&eacute;tamorphoses d&#39;une fonction &quot;. Val&eacute;rie Sedallian, avocate, d&eacute;crit les clauses importantes concernant les offres de services en ligne, notamment l&#39;exploitation d&#39;une base de donn&eacute;es. Sont abord&eacute;es, d&#39;une part, les obligations du fournisseur (acc&egrave;s technique et formation) : la confidentialit&eacute; des informations ; leur fourniture ; la responsabilit&eacute; ; et d&#39;autre part, les obligations du client : respect des restrictions d&#39;usage ; statut des informations ; obligation de payer le prix ; et enfin la vie du contrat. <br />D&#39;autres points, li&eacute;s au droit, furent trait&eacute;s : par Philippe Jannet, pr&eacute;sident du GESTE &quot; Le droit d&#39;auteur et la presse &quot; et par Catherine Lupovici, de la Biblioth&egrave;que nationale de France, sur &quot; L&#39;archivage des sites Web &quot;. </p><p>Les &eacute;volutions des m&eacute;tiers de l&#39;information sont tr&egrave;s concr&egrave;tes et d&eacute;coulent de ce qui a &eacute;t&eacute; d&eacute;velopp&eacute; pr&eacute;c&eacute;demment. Jean Michel, conseiller aupr&egrave;s du directeur de l&#39;Ecole nationale des Ponts-et-Chauss&eacute;es (ENPC), apr&egrave;s avoir montr&eacute; les &eacute;volutions de la documentation depuis 1970, inscrit la profession dans la mondialisation et la net-&eacute;conomie : la documentation s&#39;organise selon de nouvelles modalit&eacute;s (fusions, d&eacute;centralisation, mise en r&eacute;seau, autonomie du client, fonctions nouvelles et partag&eacute;es, virtualit&eacute;, ...). L&#39;information-documentation est d&eacute;finie comme &quot; un continuum de pratiques &quot; ; le champ professionnel s&#39;&eacute;largit et tend &agrave; g&eacute;rer des connaissances plus que l&#39;information elle-m&ecirc;me. Il invente un sigle nouveau, l&#39;IDC, c&#39;est-&agrave;-dire : l&#39;Information-Documentation-Connaissance. Dominique Lecoq, enseignant chercheur au CNAM, cl&ocirc;t ces interventions sur l&#39;image, selon lui, nouvelle des documentalistes : conseil, formation et management. </p><p>Suite &agrave; ces Deuxi&egrave;mes Rencontres qui sont le moment de r&eacute;fl&eacute;chir ensemble au devenir d&#39;une profession, l&#39;ADBS souhaite en tirer des orientations concr&egrave;tes. Dans les mois &agrave; venir, elle ouvrira le chantier de son mode futur de fonctionnement &agrave; travers, par exemple, de nouveaux regroupements par m&eacute;tier. </p><p>cop. JP Accart, 2007</p></p><p></p><p>&nbsp;</p> (2001) - Business Intelligence : A New Challenge for Librarians? 2007-04-03T18:03:23+00:00 2007-04-03T18:03:23+00:00 https://www.jpaccart.ch/l-entreprise/2001-business-intelligence-a-new-challenge-for-librarians.html jpaccart info@jpaccart.ch <p><p><strong>International Journal of Special Libraries, 2001, vol. 35, n&deg; 2, pp. 85-93.</strong> </p><blockquote> <p> &quot;The information watch consists in observing and analyzing the scientific, technical, technological, and economical environment of a company to counteract potential threats and seize growth opportunities. It especially aims at identifying information as it becomes available to make good use of it within a network of experts.&quot; (op. cit. JAKOBIAK F. Pratique de la veille technologique. Paris : Editions d&#39;Organisation, 1990) </p></blockquote><h2>Abstract</h2><p>Watching for information is an occupation which can be aimed at many fields of activity: <br />competitive business watch, information technology watch, scientific watch, commercial watch, social watch, business strategy watch, current information watch, etc. The operation is a continuous and dynamic process which requires data as it becomes available to the individuals or more specifically to information scientists, with a view to being used by them. It requires a sense of expertise consistent with the topic or nature of the gathered information. <br />Information watch services are different from services provided by librarians in that the course of the event is being anticipated. For instance, business competition is the main trigger of the technology watch process. In the framework of a government service, information watch is performed in order to know of the repercussions of decision-making on public opinion. <br />The information watch process involves a wide range of tools which can be combined altogether: databases specialized in the field of patents, trademarks, corporate files, press releases, etc; reviews of the press and journals, mail-order catalogues, marketing offers, etc; conferences, meetings and forums. </p><p>&nbsp;&nbsp; </p><h2>Information at the centre of the watch process</h2><p>The information watch is a process that involves networks of individuals and technologies. A &quot; watch culture &quot; should be part of the life of any company. In the United States, the concept is known as &quot; Business Intelligence &quot;. At the core of watch concerns is information basically. </p><p>Ninety per cent of the information useful is easily accessible via databases, scientific and technical publications, journals, promotional business brochures, etc via the informal exchange of ideas between various experts. <br />Such information is all the more accessible as electronic information networks grow. <br />The difficulty of financing business plans is increased as technologies become more sophisticated. The right to error is not allowed in the adoption of a business plan and subsequent implementation of a strategy. This is rendered more complex with the increase in business competition. The decision-makers must be meticulous and keep a watchful eye on the examination of business plans before making decisions. This <em>beforehand</em> requires an expertise in gathering and processing technological information (including competitive businesses whenever possible). <em>Information watch as an occupation is becoming a mandatory strategic objective in a range of activities which may be huge</em>. <table > <tbody> <tr> <td><strong>The role of information and watch in a company</strong> </td> </tr> </tbody></table><table > <tbody> <tr> <td>FLOW OF CURRENT INFORMATION</td> <td>WATCH</td> </tr> <tr> <td>Sporadic needs</td> <td>Must be considered in terms of duration/delay as many unknowns are often encountered in the search for information</td> </tr> <tr> <td>Unique origin/source</td> <td>Multiple origins/sources: gathering of the available data once the nature of the watch has been determined</td> </tr> <tr> <td>Gives information about the present time</td> <td>Anticipate information</td> </tr> <tr> <td>Rough information processing</td> <td>Elaborate information processing</td> </tr> <tr> <td>Functional nature</td> <td>Strategic nature</td> </tr> </tbody></table></p><h2>At the centre of the information watch: the business strategy </h2><p>To establish corporate information watch systems, 5 aspects need answering: </p><ul> <li>information field; </li> <li>information sources; </li> <li>value of the information; </li> <li>participants involved; </li> <li>modes of conveying information. </li></ul><p>The key object of the information watch must be searched for. To get the right information, the exact nature of the search must be determined. A certain number of priority trends in a variety of domains must be chosen. <br />The concept of &quot; vertical watch &quot; restricted to the field of business activity must be combined with the &quot; horizontal watch &quot; concept (matching several fields of activity). <br />Then, a good information watch <em>approach stems from the assessment of the risks involved in making certain choices</em>. The watch does not provide raw facts but reliable, current, and analyzed data presenting the opportunities, risks and issues at stake. The decision-makers will partly rely on this information to formulate the business strategy. <em>The information watch may well go beyond the encompassing view of things or the multidisciplinary state-of-the-art and claim a twofold skill: both the skill of a librarian/information scientist and the skill of an expert in a given specialty.</em> </p><p>To thoroughly assess the best investigation field to perform the information watch requires that the specificity of the company be determined by the leading authorities: </p><ul> <li><em>orientation and strategy of the company</em> : data which have to be watched and managed as a priority may then come out more clearly in specific fields (products, guidelines, technologies, marketplaces, competitive businesses), just as in the characteristics of the possible origin/source of information: fresh news, experts&#39; sources. </li> <li><em>the sum total of the know-how specific to the industry</em> (in techniques, marketing and management) </li> <li><em>merchandized products as a whole, corresponding and competitive markets, and distribution channels</em>. </li></ul><p><strong>Incite the management team to precisely formulate the strategy which implies that the decision-makers have to clearly expose the objectives of the watch to their personnel.</strong> </p><h3>Identifying the source persons</h3><p>Get information outside the usual body of experience and competence of the company often consists in identifying the source persons via the address books of the decision-makers and many other networks of public relations. <br />These books are supplied with information gathered at conferences, seminars, forums which are attended by the managerial staff. The experts met there may help in giving valuable advice to others or showing the way to another type of information sources. <br />The documentation service (when in charge of the watch) looks out for the experts in reviewing press releases and minutes from symposiums, questioning specific databases, information networks and taking part in newsgroups on the Internet. Once the experts are identified, the decision-makers are informed of conferences and forthcoming meetings. </p><h2>Difficulties encountered while performing the watch</h2><table > <tbody> <tr> <td><em>The aim is to get to know where the interesting grey information is, to learn how to identify, crosscheck and validate it. (...) One must be able to: </em> <ul> <li><em>find the information, </em></li> <li><em>and detect the part of truth which it contains. </em></li> </ul> (<strong>op. cit. BERNAT J.P.</strong> <em>Les M&eacute;tiers de la documentation</em>. Paris : Editions d&#39;Organisation, 1998. p. 31) </td> </tr> </tbody></table><p>Decision-makers run short of time and searches performed in the information watch process must be related to well-defined objectives so as not to be diluted in a mass of data. The amount of functional information necessary for the management of companies sometimes takes precedence over certain prospects. <br />The shortage of time experts experience as regards analysis of data is another pitfall. </p><p>The relevance and reliability of published and unpublished data are carefullly checked out and the results sorted. The documentation service in charge of the information watch has to keep a constant watchful eye on the course of events and stay tuned in to decision-makers. </p><p>These various aspects show that the implementation of an information watch is not done spontaneously by the company. Most importantly, it corresponds to a full-time occupation that requires a rigorous and structured approach. </p><h3>The person in charge of the watch</h3><table > <tbody> <tr> <td> <p> Michael E. Porter, teacher at the Harvard Business School epitomizes the philosophical outlook of the watch: <br /> <em>&quot; Give the right piece of information to the right person at the right time to make the right decision &quot;</em>. </p> </td> </tr> </tbody></table><br /><em>The person in charge of the information watch, be it a librarian or another person, is not the only one to collect information useful for the company. Its role as a moderator consists in establishing networks in urging each employee in the company to trace back/find the information, collect and analyze (whenever possible) every part of it. The information provided to the chief executive is processed and should be as reliable as possible.</em> <p>The art of performing the information watch is to identify and incorporate <em>the right piece of information</em> among an ever-increasing bulk of data, a great variety of business activities that worldwide exchanges make complex. In addition, the life cycle of products grows shorter, competition is fiercer and demand changes more and more rapidly. </p><p><em>To keep people informed at the right moment is a priority for the watch specialist</em> who must grasp the news as it comes out, follow its evolution and keep a steady pace in performing the information watch (even anticipate its developments). <br />The facts show that this watchfulness is a means of access to greater and more successful sources of information or still unpublished data. Information of a strategic importance may result from contacts with experts in a given field. </p><p>The person who performs the information watch is not limited to the corporate address books, nor to the boundaries of published information. The watch specialist uses a whole lot of instruments: databases, specialized periodicals of general interest, patents, manuals and publications, business brochures, etc and orally-transmitted information likely to emerge from all categories of experts (in technological nodes, corporate trade-unions, universities, industries, etc). </p><p>The watch specialist handles data files concerning experts with the following information: identification, domain(s), level of skill, nature of the ongoing searches. Contacts and regular exchanges with experts allow to check out and validate the information. Meetings/interviews also make it possible to take minutes. </p><h4>Selective dissemination of information (SDI) </h4><p>The selective dissemination of information is a type of watch. However, if it meets the criterion of permanence in the information watch process, it does not take into account certain basic criteria in the search performed: <br /></p><ul> <li>selection of data by the user in order to make a decision on an individual basis; </li> <li>consequences of the facts set out about the management of activities in a company are not considered; </li> <li>risks and stakes related to the company; </li> <li>orally transmitted information is not retained. </li></ul><p>This type of information watch is adapted to a logic of supply corresponding to the current interests of the company but not to the development of a prospective stragegy. </p><h4>Methods for the watch</h4><p>Functional analysis (i.e. the analysis of the function of the technology as target of the watch), the strategic analysis, marketing, evaluation of risks, are tools elaborated by the watch specialists. These tools allow to stratify/structure information. </p><p>The watch specialist endeavours to make the information to be conveyed attractive. Beyond the synthetical analysis that is made, it is necessary to elaborate blueprints and tables to make the text format richer. </p><h4>Information watch and the Intranet</h4><p>The information watch specialists within a company have to exchange ideas. The creation of a specific &quot; information watch &quot; website on the Intranet helps them in that respect. The information gathered by the various information sensors and watch specialists in the company are accessible in a limited way (e.g. the Intranet of the Lagard&egrave;re combine testifies to this). </p><h4>The participants in the watch</h4><p>The prospective aspect of the information watch may induce a sense of data privacy when being initiated. Only a few fellow workers are contacted to become <em>information sensors</em>, notably through a network of contacts and potential sources. They convey every information gathered to the analysts of the watch department in the form of minutes, interviews or quizzes. Such elements promote the information watch process, and when combined with others allow to check out the information gathered and help the decision-makers to formulate the best strategy possible for the company. </p><p>The concept of professional hierarchy, the type of activity, the understanding of the concept of information watch determine the modalities of communication with the potential users of the information watch. </p><h4>The expectations of information watch users</h4><p>Decision-makers in information watch departments show all diverse interests consistent with various needs when information watch is at stake. <br />It is therefore necessary to devise a system of information applied to the watch whereby individual exchanges can take precedence over documents: </p><ul> <li>The managerial staff expects to be given a synthesis of all informative elements which will serve as a basis to its strategy/action programme. </li> <li>The operational departments need a more extensive base/background presenting the facts, data and lines of argument. </li> <li>The field specialists need to identify their scope of activities within the business plan as a whole and rely on precise information as regards their own business assignments. </li></ul><h4>Watch and quality assessment: comparable approaches</h4><p>The information watch system of a company mandates the presence of a person in charge. The watch specialist is somehow a conductor with a good knowledge of the company and a good handling of the system. This person can evaluate the costs and efficacy of such a system for the company. <br />The information watch approach is comparable to that undertaken since the last decade in the field of quality scoring. Previously, the concept of quality scoring represented a stake and an industrial reality. However, the quality business (which was the key objective of so many industries) did only exist implicitly. Today the quality business is clearly a matter for the individual. To set it up means to integrate it within a professional, structured, and formalized background with a quality analyst to get it going &frac34; the quality analyst using proven and reproducible methods. Likewise if the company tends to spontaneously perform the information watch, it is presently essential to make this approach formal to optimize it in terms of efficacy. <br />The information watch specialist in a company must show similar skills to the ones of a quality analyst, that is <em>to lead and motivate employees</em>. </p><h3>From the watch to business intelligence (information in economics) </h3><p>The contemporary industries are subject to the hazards of technology, economics, finance, and politics, etc. However, the person in charge of the watch cannot watch everything. Priorities must be taken based on the corporate strategy. Indeed, the corporate strategy commands a specific know-how which must be preserved and reinforced with an increased watch of <br />he corresponding technologies. <br />It is the strategy which allows to identify which products to use and which markets to watch as a priority. </p><p>Additionally to the sense of watchfulness, the information watch specialist is keen on the processing of the gathered information. Easily understandable, the information conveyed to the chief executives acts as a <em>guideline/recommendation</em> to launch a project. It can lead to re-evaluate the strategy of the company. <br />Not only is the watch addressed to the evolution in sciences and technologies, but also it <em>focuses on solving daily industrial problems</em> as it takes into account any factors likely to have an impact on business activities. </p><p>As a result, the concept of <em>business intelligence</em> increasingly tends to take over the more limited concept of competitive business or commercial watch. <strong>Business intelligence is defined as the combination of coordinated steps of research, processing, dissemination, and protection of the information useful to economical participants</strong>. </p><h3>Industries and the approach of business intelligence</h3><p>Coordinated methods of information management are tools of strategic efficacy. The managerial staff must make good use of the information watch which mobilizes a whole lot of skills to promote strategy. This necessitates that the employees be trained, the organization and structuring of the company memory be transformed. <br />A project manager is appointed: either having a general knowledge or being a specialist, that person must have a perfect knowledge of the company and play the role of network moderator. The useful information is formalized in accordance with management protocols. <br />Business intelligence practice must allow to identify: </p><ul> <li><em>strategic information</em> in order to build competitive strategic approaches; </li> <li><em>tactical information</em>; </li> <li><em>competitive information</em> (with the use of benchmarking); </li> <li><em>commercial information</em> (marketplaces/customers) providing the best service to the customer; </li> <li><em>social information</em> allowing for the mobilization of all inner energies and resources. </li></ul><h2>References </h2><p>CLERC P. <em>Intelligence &eacute;conomique</em> : Rapport mondial sur l&#39;information 1997-1998. Paris : UNESCO, 1998. <br />COURTIAL J.P. <em>Introduction &agrave; la scientom&eacute;trie : de la bibliom&eacute;trie &agrave; la veille technologique</em>. Paris : Anthropos, 1990. <br />DASSA F. <em>L&#39;utilisation des banques de donn&eacute;es pour la veille technologique : l&#39;exemple d&#39;un groupe industriel</em>. Documentaliste, sciences de l&#39;information, 1991, vol. 28, n&deg; l, pp.8-18. <br />DEGOU P. <em>L&#39;information scientifique et &eacute;conomique (ISTE) pour l&#39;entreprise</em>. Documentaliste, sciences de l&#39;information, 1990, vol. 27, n&deg; l, pp.11. <br />DESVAL H., DOU H. <em>La Veille technologique : l&#39;information scientifique, technique et industrielle</em>. Paris : Dunod, 1992. <br /><em>Intelligence &eacute;conomique et strat&eacute;gie des entreprises</em> : Rapport du groupe de travail pr&eacute;sid&eacute; par Henri MARTRE, Commissariat g&eacute;n&eacute;ral du Plan. Paris : La Documentation fran&ccedil;aise, 1994. <br />JAKOBIAK F. <em>Exemples comment&eacute;s de veille technologique</em>. Paris : Editions d&#39;Organisation, 1992. <br />JAKOBIAK F. <em>Pratique de la veille technologique</em>. Paris : Editions d&#39;Organisation, 1990. <br />MARTINET B., RIBAUT J. M. <em>La Veille technologique, concurrentielle et commerciale : sources, m&eacute;thodologie, organisation</em>. Paris : Editions d&#39;Organisation, 1988. <br />OBERSON P. <em>L&#39;Internet et l&#39;intelligence &eacute;conomique</em>. Paris : Editions d&#39;Organisation, 1997. <br />WERNER E., DEGOUL P. <em>La veille technologique. Un nouveau m&eacute;tier pour l&#39;entreprise</em>. La Recherche, 1994, vol. 25, n&deg; 269, pp. 1068-77. </p><p>cop. JP Accart, 2007 </p></p><p></p><p>&nbsp;</p> <p><p><strong>International Journal of Special Libraries, 2001, vol. 35, n&deg; 2, pp. 85-93.</strong> </p><blockquote> <p> &quot;The information watch consists in observing and analyzing the scientific, technical, technological, and economical environment of a company to counteract potential threats and seize growth opportunities. It especially aims at identifying information as it becomes available to make good use of it within a network of experts.&quot; (op. cit. JAKOBIAK F. Pratique de la veille technologique. Paris : Editions d&#39;Organisation, 1990) </p></blockquote><h2>Abstract</h2><p>Watching for information is an occupation which can be aimed at many fields of activity: <br />competitive business watch, information technology watch, scientific watch, commercial watch, social watch, business strategy watch, current information watch, etc. The operation is a continuous and dynamic process which requires data as it becomes available to the individuals or more specifically to information scientists, with a view to being used by them. It requires a sense of expertise consistent with the topic or nature of the gathered information. <br />Information watch services are different from services provided by librarians in that the course of the event is being anticipated. For instance, business competition is the main trigger of the technology watch process. In the framework of a government service, information watch is performed in order to know of the repercussions of decision-making on public opinion. <br />The information watch process involves a wide range of tools which can be combined altogether: databases specialized in the field of patents, trademarks, corporate files, press releases, etc; reviews of the press and journals, mail-order catalogues, marketing offers, etc; conferences, meetings and forums. </p><p>&nbsp;&nbsp; </p><h2>Information at the centre of the watch process</h2><p>The information watch is a process that involves networks of individuals and technologies. A &quot; watch culture &quot; should be part of the life of any company. In the United States, the concept is known as &quot; Business Intelligence &quot;. At the core of watch concerns is information basically. </p><p>Ninety per cent of the information useful is easily accessible via databases, scientific and technical publications, journals, promotional business brochures, etc via the informal exchange of ideas between various experts. <br />Such information is all the more accessible as electronic information networks grow. <br />The difficulty of financing business plans is increased as technologies become more sophisticated. The right to error is not allowed in the adoption of a business plan and subsequent implementation of a strategy. This is rendered more complex with the increase in business competition. The decision-makers must be meticulous and keep a watchful eye on the examination of business plans before making decisions. This <em>beforehand</em> requires an expertise in gathering and processing technological information (including competitive businesses whenever possible). <em>Information watch as an occupation is becoming a mandatory strategic objective in a range of activities which may be huge</em>. <table > <tbody> <tr> <td><strong>The role of information and watch in a company</strong> </td> </tr> </tbody></table><table > <tbody> <tr> <td>FLOW OF CURRENT INFORMATION</td> <td>WATCH</td> </tr> <tr> <td>Sporadic needs</td> <td>Must be considered in terms of duration/delay as many unknowns are often encountered in the search for information</td> </tr> <tr> <td>Unique origin/source</td> <td>Multiple origins/sources: gathering of the available data once the nature of the watch has been determined</td> </tr> <tr> <td>Gives information about the present time</td> <td>Anticipate information</td> </tr> <tr> <td>Rough information processing</td> <td>Elaborate information processing</td> </tr> <tr> <td>Functional nature</td> <td>Strategic nature</td> </tr> </tbody></table></p><h2>At the centre of the information watch: the business strategy </h2><p>To establish corporate information watch systems, 5 aspects need answering: </p><ul> <li>information field; </li> <li>information sources; </li> <li>value of the information; </li> <li>participants involved; </li> <li>modes of conveying information. </li></ul><p>The key object of the information watch must be searched for. To get the right information, the exact nature of the search must be determined. A certain number of priority trends in a variety of domains must be chosen. <br />The concept of &quot; vertical watch &quot; restricted to the field of business activity must be combined with the &quot; horizontal watch &quot; concept (matching several fields of activity). <br />Then, a good information watch <em>approach stems from the assessment of the risks involved in making certain choices</em>. The watch does not provide raw facts but reliable, current, and analyzed data presenting the opportunities, risks and issues at stake. The decision-makers will partly rely on this information to formulate the business strategy. <em>The information watch may well go beyond the encompassing view of things or the multidisciplinary state-of-the-art and claim a twofold skill: both the skill of a librarian/information scientist and the skill of an expert in a given specialty.</em> </p><p>To thoroughly assess the best investigation field to perform the information watch requires that the specificity of the company be determined by the leading authorities: </p><ul> <li><em>orientation and strategy of the company</em> : data which have to be watched and managed as a priority may then come out more clearly in specific fields (products, guidelines, technologies, marketplaces, competitive businesses), just as in the characteristics of the possible origin/source of information: fresh news, experts&#39; sources. </li> <li><em>the sum total of the know-how specific to the industry</em> (in techniques, marketing and management) </li> <li><em>merchandized products as a whole, corresponding and competitive markets, and distribution channels</em>. </li></ul><p><strong>Incite the management team to precisely formulate the strategy which implies that the decision-makers have to clearly expose the objectives of the watch to their personnel.</strong> </p><h3>Identifying the source persons</h3><p>Get information outside the usual body of experience and competence of the company often consists in identifying the source persons via the address books of the decision-makers and many other networks of public relations. <br />These books are supplied with information gathered at conferences, seminars, forums which are attended by the managerial staff. The experts met there may help in giving valuable advice to others or showing the way to another type of information sources. <br />The documentation service (when in charge of the watch) looks out for the experts in reviewing press releases and minutes from symposiums, questioning specific databases, information networks and taking part in newsgroups on the Internet. Once the experts are identified, the decision-makers are informed of conferences and forthcoming meetings. </p><h2>Difficulties encountered while performing the watch</h2><table > <tbody> <tr> <td><em>The aim is to get to know where the interesting grey information is, to learn how to identify, crosscheck and validate it. (...) One must be able to: </em> <ul> <li><em>find the information, </em></li> <li><em>and detect the part of truth which it contains. </em></li> </ul> (<strong>op. cit. BERNAT J.P.</strong> <em>Les M&eacute;tiers de la documentation</em>. Paris : Editions d&#39;Organisation, 1998. p. 31) </td> </tr> </tbody></table><p>Decision-makers run short of time and searches performed in the information watch process must be related to well-defined objectives so as not to be diluted in a mass of data. The amount of functional information necessary for the management of companies sometimes takes precedence over certain prospects. <br />The shortage of time experts experience as regards analysis of data is another pitfall. </p><p>The relevance and reliability of published and unpublished data are carefullly checked out and the results sorted. The documentation service in charge of the information watch has to keep a constant watchful eye on the course of events and stay tuned in to decision-makers. </p><p>These various aspects show that the implementation of an information watch is not done spontaneously by the company. Most importantly, it corresponds to a full-time occupation that requires a rigorous and structured approach. </p><h3>The person in charge of the watch</h3><table > <tbody> <tr> <td> <p> Michael E. Porter, teacher at the Harvard Business School epitomizes the philosophical outlook of the watch: <br /> <em>&quot; Give the right piece of information to the right person at the right time to make the right decision &quot;</em>. </p> </td> </tr> </tbody></table><br /><em>The person in charge of the information watch, be it a librarian or another person, is not the only one to collect information useful for the company. Its role as a moderator consists in establishing networks in urging each employee in the company to trace back/find the information, collect and analyze (whenever possible) every part of it. The information provided to the chief executive is processed and should be as reliable as possible.</em> <p>The art of performing the information watch is to identify and incorporate <em>the right piece of information</em> among an ever-increasing bulk of data, a great variety of business activities that worldwide exchanges make complex. In addition, the life cycle of products grows shorter, competition is fiercer and demand changes more and more rapidly. </p><p><em>To keep people informed at the right moment is a priority for the watch specialist</em> who must grasp the news as it comes out, follow its evolution and keep a steady pace in performing the information watch (even anticipate its developments). <br />The facts show that this watchfulness is a means of access to greater and more successful sources of information or still unpublished data. Information of a strategic importance may result from contacts with experts in a given field. </p><p>The person who performs the information watch is not limited to the corporate address books, nor to the boundaries of published information. The watch specialist uses a whole lot of instruments: databases, specialized periodicals of general interest, patents, manuals and publications, business brochures, etc and orally-transmitted information likely to emerge from all categories of experts (in technological nodes, corporate trade-unions, universities, industries, etc). </p><p>The watch specialist handles data files concerning experts with the following information: identification, domain(s), level of skill, nature of the ongoing searches. Contacts and regular exchanges with experts allow to check out and validate the information. Meetings/interviews also make it possible to take minutes. </p><h4>Selective dissemination of information (SDI) </h4><p>The selective dissemination of information is a type of watch. However, if it meets the criterion of permanence in the information watch process, it does not take into account certain basic criteria in the search performed: <br /></p><ul> <li>selection of data by the user in order to make a decision on an individual basis; </li> <li>consequences of the facts set out about the management of activities in a company are not considered; </li> <li>risks and stakes related to the company; </li> <li>orally transmitted information is not retained. </li></ul><p>This type of information watch is adapted to a logic of supply corresponding to the current interests of the company but not to the development of a prospective stragegy. </p><h4>Methods for the watch</h4><p>Functional analysis (i.e. the analysis of the function of the technology as target of the watch), the strategic analysis, marketing, evaluation of risks, are tools elaborated by the watch specialists. These tools allow to stratify/structure information. </p><p>The watch specialist endeavours to make the information to be conveyed attractive. Beyond the synthetical analysis that is made, it is necessary to elaborate blueprints and tables to make the text format richer. </p><h4>Information watch and the Intranet</h4><p>The information watch specialists within a company have to exchange ideas. The creation of a specific &quot; information watch &quot; website on the Intranet helps them in that respect. The information gathered by the various information sensors and watch specialists in the company are accessible in a limited way (e.g. the Intranet of the Lagard&egrave;re combine testifies to this). </p><h4>The participants in the watch</h4><p>The prospective aspect of the information watch may induce a sense of data privacy when being initiated. Only a few fellow workers are contacted to become <em>information sensors</em>, notably through a network of contacts and potential sources. They convey every information gathered to the analysts of the watch department in the form of minutes, interviews or quizzes. Such elements promote the information watch process, and when combined with others allow to check out the information gathered and help the decision-makers to formulate the best strategy possible for the company. </p><p>The concept of professional hierarchy, the type of activity, the understanding of the concept of information watch determine the modalities of communication with the potential users of the information watch. </p><h4>The expectations of information watch users</h4><p>Decision-makers in information watch departments show all diverse interests consistent with various needs when information watch is at stake. <br />It is therefore necessary to devise a system of information applied to the watch whereby individual exchanges can take precedence over documents: </p><ul> <li>The managerial staff expects to be given a synthesis of all informative elements which will serve as a basis to its strategy/action programme. </li> <li>The operational departments need a more extensive base/background presenting the facts, data and lines of argument. </li> <li>The field specialists need to identify their scope of activities within the business plan as a whole and rely on precise information as regards their own business assignments. </li></ul><h4>Watch and quality assessment: comparable approaches</h4><p>The information watch system of a company mandates the presence of a person in charge. The watch specialist is somehow a conductor with a good knowledge of the company and a good handling of the system. This person can evaluate the costs and efficacy of such a system for the company. <br />The information watch approach is comparable to that undertaken since the last decade in the field of quality scoring. Previously, the concept of quality scoring represented a stake and an industrial reality. However, the quality business (which was the key objective of so many industries) did only exist implicitly. Today the quality business is clearly a matter for the individual. To set it up means to integrate it within a professional, structured, and formalized background with a quality analyst to get it going &frac34; the quality analyst using proven and reproducible methods. Likewise if the company tends to spontaneously perform the information watch, it is presently essential to make this approach formal to optimize it in terms of efficacy. <br />The information watch specialist in a company must show similar skills to the ones of a quality analyst, that is <em>to lead and motivate employees</em>. </p><h3>From the watch to business intelligence (information in economics) </h3><p>The contemporary industries are subject to the hazards of technology, economics, finance, and politics, etc. However, the person in charge of the watch cannot watch everything. Priorities must be taken based on the corporate strategy. Indeed, the corporate strategy commands a specific know-how which must be preserved and reinforced with an increased watch of <br />he corresponding technologies. <br />It is the strategy which allows to identify which products to use and which markets to watch as a priority. </p><p>Additionally to the sense of watchfulness, the information watch specialist is keen on the processing of the gathered information. Easily understandable, the information conveyed to the chief executives acts as a <em>guideline/recommendation</em> to launch a project. It can lead to re-evaluate the strategy of the company. <br />Not only is the watch addressed to the evolution in sciences and technologies, but also it <em>focuses on solving daily industrial problems</em> as it takes into account any factors likely to have an impact on business activities. </p><p>As a result, the concept of <em>business intelligence</em> increasingly tends to take over the more limited concept of competitive business or commercial watch. <strong>Business intelligence is defined as the combination of coordinated steps of research, processing, dissemination, and protection of the information useful to economical participants</strong>. </p><h3>Industries and the approach of business intelligence</h3><p>Coordinated methods of information management are tools of strategic efficacy. The managerial staff must make good use of the information watch which mobilizes a whole lot of skills to promote strategy. This necessitates that the employees be trained, the organization and structuring of the company memory be transformed. <br />A project manager is appointed: either having a general knowledge or being a specialist, that person must have a perfect knowledge of the company and play the role of network moderator. The useful information is formalized in accordance with management protocols. <br />Business intelligence practice must allow to identify: </p><ul> <li><em>strategic information</em> in order to build competitive strategic approaches; </li> <li><em>tactical information</em>; </li> <li><em>competitive information</em> (with the use of benchmarking); </li> <li><em>commercial information</em> (marketplaces/customers) providing the best service to the customer; </li> <li><em>social information</em> allowing for the mobilization of all inner energies and resources. </li></ul><h2>References </h2><p>CLERC P. <em>Intelligence &eacute;conomique</em> : Rapport mondial sur l&#39;information 1997-1998. Paris : UNESCO, 1998. <br />COURTIAL J.P. <em>Introduction &agrave; la scientom&eacute;trie : de la bibliom&eacute;trie &agrave; la veille technologique</em>. Paris : Anthropos, 1990. <br />DASSA F. <em>L&#39;utilisation des banques de donn&eacute;es pour la veille technologique : l&#39;exemple d&#39;un groupe industriel</em>. Documentaliste, sciences de l&#39;information, 1991, vol. 28, n&deg; l, pp.8-18. <br />DEGOU P. <em>L&#39;information scientifique et &eacute;conomique (ISTE) pour l&#39;entreprise</em>. Documentaliste, sciences de l&#39;information, 1990, vol. 27, n&deg; l, pp.11. <br />DESVAL H., DOU H. <em>La Veille technologique : l&#39;information scientifique, technique et industrielle</em>. Paris : Dunod, 1992. <br /><em>Intelligence &eacute;conomique et strat&eacute;gie des entreprises</em> : Rapport du groupe de travail pr&eacute;sid&eacute; par Henri MARTRE, Commissariat g&eacute;n&eacute;ral du Plan. Paris : La Documentation fran&ccedil;aise, 1994. <br />JAKOBIAK F. <em>Exemples comment&eacute;s de veille technologique</em>. Paris : Editions d&#39;Organisation, 1992. <br />JAKOBIAK F. <em>Pratique de la veille technologique</em>. Paris : Editions d&#39;Organisation, 1990. <br />MARTINET B., RIBAUT J. M. <em>La Veille technologique, concurrentielle et commerciale : sources, m&eacute;thodologie, organisation</em>. Paris : Editions d&#39;Organisation, 1988. <br />OBERSON P. <em>L&#39;Internet et l&#39;intelligence &eacute;conomique</em>. Paris : Editions d&#39;Organisation, 1997. <br />WERNER E., DEGOUL P. <em>La veille technologique. Un nouveau m&eacute;tier pour l&#39;entreprise</em>. La Recherche, 1994, vol. 25, n&deg; 269, pp. 1068-77. </p><p>cop. JP Accart, 2007 </p></p><p></p><p>&nbsp;</p> (1998) - La documentation, un outil majeur d'aide à la décision. 2007-04-03T18:05:46+00:00 2007-04-03T18:05:46+00:00 https://www.jpaccart.ch/l-entreprise/1998-la-documentation-un-outil-majeur-d-aide-a-la-decision.html jpaccart info@jpaccart.ch <p><p><strong>Travail et changement, 1998, n&deg; 235, pp. 17-18.</strong> </p><p>La documentation fait d&eacute;sormais partie de la strat&eacute;gie de l&#39;entreprise. D&#39;une information bien ma&icirc;tris&eacute;e d&eacute;pend la r&eacute;ussite des politiques mises en oeuvre. Et ce &agrave; tous les niveaux, en interne comme en externe. </p><p>La fonction documentaire a commenc&eacute; &agrave; &eacute;merger v&eacute;ritablement dans les entreprises apr&egrave;s la Seconde Guerre mondiale, et de fa&ccedil;on plus visible &agrave; partir des ann&eacute;es 60. La sp&eacute;cificit&eacute; d&#39;un tel service n&#39;est pas &eacute;vidente, et l&#39;aide qu&#39;elle peut apporter n&#39;est pas toujours appr&eacute;hend&eacute;e dans toutes ses dimensions. Quelques grandes entreprises ont cependant compris l&#39;enjeu que repr&eacute;sente une information pointue, actualis&eacute;e et organis&eacute;e : aucune entreprise, quelle qu&#39;elle soit, ne peut vivre et survivre sans information. </p><h2>Le point de vue des &eacute;conomistes</h2><p>Le documentaliste travaillant en entreprise doit axer la politique de d&eacute;veloppement de son service en fonctions des priorit&eacute;s et de la strat&eacute;gie propre &agrave; l&#39;entreprise. Car, aujourd&#39;hui, l&#39;information est une ressource strat&eacute;gique, la recherche de documentation aidant &agrave; formuler un probl&egrave;me, &agrave; d&eacute;terminer des objectifs et &agrave; &eacute;laborer une politique. L&#39;information pr&eacute;c&egrave;de la d&eacute;cision. En fournissant des arguments, elle aide &agrave; la d&eacute;cision et en tire sa valeur ajout&eacute;e. </p><p>Dans le temps de l&#39;information, on peut distinguer quatre phases : l&#39;identification des modes d&#39;action pour recueillir l&#39;information, l&#39;&eacute;tude de l&#39;environnement concern&eacute;, l&#39;analyse du probl&egrave;me et enfin la prise de d&eacute;cision finale. </p><p>Le Prix Nobel d&#39;&eacute;conomie, Herbert A. Simon, a &eacute;tudi&eacute; l&#39;information en relation avec la d&eacute;cision : gr&acirc;ce &agrave; l&#39;information, les d&eacute;cisions prises modifient l&#39;environnement, l&#39;action est alors possible. Cependant, &quot; le fait de ne pas ma&icirc;triser compl&egrave;tement l&#39;environnement nous rend subjectif et l&#39;information re&ccedil;ue peut &ecirc;tre partiale ou partielle. On peut donc avoir une appr&eacute;hension maximale mais pas optimale d&#39;un probl&egrave;me donn&eacute; &quot;. </p><p>L&#39;information reste n&eacute;anmoins une solution efficace pour &eacute;clairer la complexit&eacute; de l&#39;environnement. Elle est aussi l&#39;un des moyens d&#39;adapter les organisations, car elle est le lien entre le management (ressources humaines, organisation) et les autres fonctions de l&#39;entreprise. </p><p>Exercer le m&eacute;tier de documentaliste, c&#39;est appliquer des techniques, tout en gardant en permanence &agrave; l&#39;esprit la communication de l&#39;information. Il est parfois difficile de resituer son action dans l&#39;environnement : que fait l&#39;entreprise, quels sont ses clients, quelle est sa place dans l&#39;environnement &eacute;conomique ? </p><h2>Pour une approche syst&eacute;mique</h2><p>Le poids des habitudes, du quotidien, le manque de reconnaissance, de dialogue avec la direction, de moyens et, parfois encore, le manque de formation peuvent amener temporairement les professionnels &agrave; perdre de vue le but, les int&eacute;r&ecirc;ts de l&#39;entreprise. Un des dangers est le repli sur soi ou sur les t&acirc;ches documentaires. </p><p>Face &agrave; cela, l&#39;approche syst&eacute;mique apporte une m&eacute;thodologie de r&eacute;flexion et d&#39;action ; elle permet de cr&eacute;er ou de renforcer le dialogue avec la direction, et de mieux ins&eacute;rer la place de la documentation dans l&#39;entreprise. La fonction documentaire est ainsi envisag&eacute;e dans sa globalit&eacute;, avec des objectifs d&eacute;termin&eacute;s, et une politique d&#39;action. L&#39;approche syst&eacute;mique constitue une m&eacute;thode de management prenant en compte un certain nombre de principes : la documentation est envisag&eacute;e comme un syst&egrave;me en soi ; elle est en interaction avec son environnement ; elle doit correspondre &agrave; une politique coh&eacute;rente. </p><p>La documentation &eacute;voluant dans des environnements souvent complexes qui ne sont pas toujours faciles &agrave; appr&eacute;hender, cette m&eacute;thode de management syst&eacute;mique est une aide pr&eacute;cieuse pour le documentaliste. Elle lui permet de trouver sa place, d&#39;assurer sa position, et finalement d&#39;&ecirc;tre plus responsable de son r&ocirc;le au sein de l&#39;organisation. Il y a trois ma&icirc;tre mots en documentation : appliquer des techniques, g&eacute;rer et surtout communiquer. </p><p>cop. JP Accart, 2007 </p></p><p></p><p>&nbsp;</p> <p><p><strong>Travail et changement, 1998, n&deg; 235, pp. 17-18.</strong> </p><p>La documentation fait d&eacute;sormais partie de la strat&eacute;gie de l&#39;entreprise. D&#39;une information bien ma&icirc;tris&eacute;e d&eacute;pend la r&eacute;ussite des politiques mises en oeuvre. Et ce &agrave; tous les niveaux, en interne comme en externe. </p><p>La fonction documentaire a commenc&eacute; &agrave; &eacute;merger v&eacute;ritablement dans les entreprises apr&egrave;s la Seconde Guerre mondiale, et de fa&ccedil;on plus visible &agrave; partir des ann&eacute;es 60. La sp&eacute;cificit&eacute; d&#39;un tel service n&#39;est pas &eacute;vidente, et l&#39;aide qu&#39;elle peut apporter n&#39;est pas toujours appr&eacute;hend&eacute;e dans toutes ses dimensions. Quelques grandes entreprises ont cependant compris l&#39;enjeu que repr&eacute;sente une information pointue, actualis&eacute;e et organis&eacute;e : aucune entreprise, quelle qu&#39;elle soit, ne peut vivre et survivre sans information. </p><h2>Le point de vue des &eacute;conomistes</h2><p>Le documentaliste travaillant en entreprise doit axer la politique de d&eacute;veloppement de son service en fonctions des priorit&eacute;s et de la strat&eacute;gie propre &agrave; l&#39;entreprise. Car, aujourd&#39;hui, l&#39;information est une ressource strat&eacute;gique, la recherche de documentation aidant &agrave; formuler un probl&egrave;me, &agrave; d&eacute;terminer des objectifs et &agrave; &eacute;laborer une politique. L&#39;information pr&eacute;c&egrave;de la d&eacute;cision. En fournissant des arguments, elle aide &agrave; la d&eacute;cision et en tire sa valeur ajout&eacute;e. </p><p>Dans le temps de l&#39;information, on peut distinguer quatre phases : l&#39;identification des modes d&#39;action pour recueillir l&#39;information, l&#39;&eacute;tude de l&#39;environnement concern&eacute;, l&#39;analyse du probl&egrave;me et enfin la prise de d&eacute;cision finale. </p><p>Le Prix Nobel d&#39;&eacute;conomie, Herbert A. Simon, a &eacute;tudi&eacute; l&#39;information en relation avec la d&eacute;cision : gr&acirc;ce &agrave; l&#39;information, les d&eacute;cisions prises modifient l&#39;environnement, l&#39;action est alors possible. Cependant, &quot; le fait de ne pas ma&icirc;triser compl&egrave;tement l&#39;environnement nous rend subjectif et l&#39;information re&ccedil;ue peut &ecirc;tre partiale ou partielle. On peut donc avoir une appr&eacute;hension maximale mais pas optimale d&#39;un probl&egrave;me donn&eacute; &quot;. </p><p>L&#39;information reste n&eacute;anmoins une solution efficace pour &eacute;clairer la complexit&eacute; de l&#39;environnement. Elle est aussi l&#39;un des moyens d&#39;adapter les organisations, car elle est le lien entre le management (ressources humaines, organisation) et les autres fonctions de l&#39;entreprise. </p><p>Exercer le m&eacute;tier de documentaliste, c&#39;est appliquer des techniques, tout en gardant en permanence &agrave; l&#39;esprit la communication de l&#39;information. Il est parfois difficile de resituer son action dans l&#39;environnement : que fait l&#39;entreprise, quels sont ses clients, quelle est sa place dans l&#39;environnement &eacute;conomique ? </p><h2>Pour une approche syst&eacute;mique</h2><p>Le poids des habitudes, du quotidien, le manque de reconnaissance, de dialogue avec la direction, de moyens et, parfois encore, le manque de formation peuvent amener temporairement les professionnels &agrave; perdre de vue le but, les int&eacute;r&ecirc;ts de l&#39;entreprise. Un des dangers est le repli sur soi ou sur les t&acirc;ches documentaires. </p><p>Face &agrave; cela, l&#39;approche syst&eacute;mique apporte une m&eacute;thodologie de r&eacute;flexion et d&#39;action ; elle permet de cr&eacute;er ou de renforcer le dialogue avec la direction, et de mieux ins&eacute;rer la place de la documentation dans l&#39;entreprise. La fonction documentaire est ainsi envisag&eacute;e dans sa globalit&eacute;, avec des objectifs d&eacute;termin&eacute;s, et une politique d&#39;action. L&#39;approche syst&eacute;mique constitue une m&eacute;thode de management prenant en compte un certain nombre de principes : la documentation est envisag&eacute;e comme un syst&egrave;me en soi ; elle est en interaction avec son environnement ; elle doit correspondre &agrave; une politique coh&eacute;rente. </p><p>La documentation &eacute;voluant dans des environnements souvent complexes qui ne sont pas toujours faciles &agrave; appr&eacute;hender, cette m&eacute;thode de management syst&eacute;mique est une aide pr&eacute;cieuse pour le documentaliste. Elle lui permet de trouver sa place, d&#39;assurer sa position, et finalement d&#39;&ecirc;tre plus responsable de son r&ocirc;le au sein de l&#39;organisation. Il y a trois ma&icirc;tre mots en documentation : appliquer des techniques, g&eacute;rer et surtout communiquer. </p><p>cop. JP Accart, 2007 </p></p><p></p><p>&nbsp;</p> (1996) - Santé publique et aide à la décision 2007-04-03T18:07:39+00:00 2007-04-03T18:07:39+00:00 https://www.jpaccart.ch/l-entreprise/1996-sante-publique-et-aide-a-la-decision.html jpaccart info@jpaccart.ch <p><p><strong>Documentaliste, sciences de l&#39;information, 1996, vol. 33, n&deg; 3, pp. 161-166.</strong> </p><p>Les h&ocirc;pitaux publics sont confront&eacute;s, comme nombre d&#39;entreprises, au probl&egrave;me vital que repr&eacute;sente la gestion de l&#39;information. Comment organiser et exploiter &agrave; bon escient l&#39;&eacute;norme masse d&#39;informations produites dans des domaines aussi vari&eacute;s que l&#39;administration, la m&eacute;decine, les sciences, les soins infirmiers, les techniques? Documentalistes et sp&eacute;cialistes de l&#39;information r&eacute;pondent &agrave; ce d&eacute;fi par la cr&eacute;ation de biblioth&egrave;ques ou de services d&#39;information sp&eacute;cifiques. Apr&egrave;s avoir rappel&eacute; l&#39;&eacute;volution r&eacute;cente de la fonction documentaire &agrave; l&#39;h&ocirc;pital, cet article &eacute;tudie la diversit&eacute; des utilisateurs et la pluralit&eacute; des besoins qui la caract&eacute;risent. Et explique que, en s&#39;inscrivant au sein du syst&egrave;me d&#39;information et de la politique d&#39;&eacute;tablissement, les structures documentaires hospitali&egrave;res constituent des aides &agrave; la prise de d&eacute;cision en sant&eacute; publique. </p><p>&laquo;<em>L&#39;information est la ressource la plus importante du syst&egrave;me de sant&eacute;, et en particulier de l&#39;h&ocirc;pital ; aucun h&ocirc;pital ne peut s&#39;offrir le luxe de ne pas avoir un syst&egrave;me d&#39;information adapt&eacute;</em>&raquo;. <br />Fran&ccedil;ois Gr&eacute;my </p><p>L&#39;&eacute;volution de la documentation en sant&eacute; publique a &eacute;t&eacute; tr&egrave;s nette durant ces vingt derni&egrave;res ann&eacute;es. Il y a plusieurs explications &agrave; cela : la prise en compte, par les directions hospitali&egrave;res des ressources humaines, de l&#39;&eacute;mergence d&#39;un nouveau m&eacute;tier au sein de l&#39;h&ocirc;pital, celui de documentaliste hospitalier, m&ecirc;me si un certain nombre de progr&egrave;s restent &agrave; faire ; le besoin de plus en plus grand pour les divers groupes socio-professionnels travaillant dans ce domaine de s&#39;informer des &eacute;volutions de l&#39;&eacute;conomie, du droit, des sciences et des techniques ; et l&#39;arriv&eacute;e en force des technologies nouvelles (type Minitel en France, micro-ordinateurs, banques de donn&eacute;es, CD-Rom, r&eacute;seaux informatiques tel Internet), surtout en documentation m&eacute;dicale. </p><p>La fonction documentaire &agrave; l&#39;h&ocirc;pital a commenc&eacute; &agrave; &eacute;merger v&eacute;ritablement depuis 1977. La sp&eacute;cificit&eacute; d&#39;un tel service n&#39;&eacute;tait alors pas &eacute;vidente en milieu hospitalier et l&#39;aide qu&#39;il peut apporter n&#39;&eacute;tait pas bien per&ccedil;ue, contrairement &agrave; ce qui s&#39;est pass&eacute; dans les grandes entreprises ou dans certains laboratoires pharmaceutiques qui ont tr&egrave;s t&ocirc;t compris quel enjeu repr&eacute;sente une information pointue, actualis&eacute;e et organis&eacute;e : aucune entreprise, quelle qu&#39;elle soit et quel que soit son champ d&#39;action, ne peut vivre et survivre sans information et sans circulation de l&#39;information. </p><p>Aujourd&#39;hui, selon Jean de Kervasdou&eacute;, directeur des h&ocirc;pitaux de 1981 &agrave; 1988, le temps pass&eacute; &agrave; traiter de l&#39;information &agrave; l&#39;h&ocirc;pital repr&eacute;sente soixante &agrave; soixante-dix pour cent du budget de fonctionnement d&#39;un &eacute;tablissement. La gestion d&#39;un &eacute;tablissement hospitalier fait appel &agrave; des connaissances dans des domaines tr&egrave;s divers tels que le droit, l&#39;&eacute;conomie, les statistiques, la m&eacute;decine, les soins infirmiers. Comment retrouver une information pertinente, exhaustive et fiable dans la masse des ouvrages et des documents publi&eacute;s? </p><p>Un certain nombre d&#39;enqu&ecirc;tes ont &eacute;t&eacute; r&eacute;alis&eacute;es, par la Direction des h&ocirc;pitaux, la Conf&eacute;rence des pr&eacute;sidents de commission m&eacute;dicale d&#39;&eacute;tablissement (CME), et derni&egrave;rement par le R&eacute;seau national des documentalistes hospitaliers (cr&eacute;&eacute; en 1991 &agrave; l&#39;initiative du Centre hospitalier r&eacute;gional universitaire de Rouen et qui compte plus de deux cents documentalistes &agrave; l&#39;heure actuelle). Ce qui appara&icirc;t &agrave; la lecture de ces enqu&ecirc;tes, c&#39;est que des services de documentation ont &eacute;t&eacute; effectivement mis en place, principalement dans les grands &eacute;tablissements (les vingt-neuf centres hospitaliers universitaires, quelques h&ocirc;pitaux g&eacute;n&eacute;raux), mais que ce ph&eacute;nom&egrave;ne reste modeste par rapport au parc hospitalier fran&ccedil;ais (soit trois mille structures de soins). On trouve donc des biblioth&egrave;ques administratives, des biblioth&egrave;ques m&eacute;dicales, en g&eacute;n&eacute;ral bien pourvues en moyens, des biblioth&egrave;ques pour les &eacute;tudiants en soins infirmiers qui s&#39;ouvrent peu &agrave; peu au personnel des services, et enfin, mais ceci est r&eacute;cent, des centres de documentation pluridisciplinaires. </p><p>En quoi ces structures, tr&egrave;s diff&eacute;rentes par leur sp&eacute;cialisation et par les cat&eacute;gories d&#39;utilisateurs qui les fr&eacute;quentent, aident-elles &agrave; la prise de d&eacute;cision? Nous &eacute;tudierons d&#39;abord les besoins exprim&eacute;s et les moyens mis en &oelig;uvre, puis ce que peut apporter aux d&eacute;cideurs un syst&egrave;me documentaire performant au sein du syst&egrave;me d&#39;information hospitalier. Enfin, nous pr&eacute;senterons les orientations actuelles et futures de la documentation hospitali&egrave;re. </p><h2>La documentation hospitali&egrave;re : diversit&eacute; des utilisateurs et pluralit&eacute; des moyens</h2><p>&laquo;<em>Pour une d&eacute;cision, il faut conna&icirc;tre la r&eacute;glementation applicable, mais aussi des &eacute;l&eacute;ments de fait, des statistiques, des &eacute;tudes, des synth&egrave;ses... Le probl&egrave;me, s&#39;il n&#39;est pas jug&eacute; globalement, ne sera jamais r&eacute;gl&eacute;</em>&raquo;. <br />Francis de Baeque, Pr&eacute;sident de la CCDA, 1981 </p><h3>Les directeurs d&#39;h&ocirc;pitaux et les attach&eacute;s de direction</h3><p>Le directeur repr&eacute;sente la personne morale de l&#39;h&ocirc;pital ; il doit, &agrave; ce titre, assurer la s&eacute;curit&eacute; et la permanence du service hospitalier, la coh&eacute;rence et l&#39;efficience des organisations et des moyens mis en &oelig;uvre. Son action se place dans le cadre administratif, mais les r&eacute;alit&eacute;s &eacute;conomiques et politiques, le jeu complexe des relations et le poids d&#39;une logistique industrielle orientent l&#39;h&ocirc;pital vers un fonctionnement comparable &agrave; celui d&#39;une entreprise, ce qui vient s&#39;ajouter &agrave; sa mission sociale. L&#39;action du directeur et de son &eacute;quipe doit r&eacute;pondre aux probl&egrave;mes pos&eacute;s par le quotidien et envisager une strat&eacute;gie &agrave; plus long terme ; elle s&#39;appuie donc sur une r&eacute;flexion ayant recours &agrave; une information disponible et fiable, comprenant tout &agrave; la fois des &eacute;l&eacute;ments de droit, la jurisprudence et la litt&eacute;rature administrative. Cette information doit &ecirc;tre compl&eacute;t&eacute;e par une connaissance des pratiques et usages m&eacute;dicaux, et de l&#39;&eacute;tat des &eacute;tudes. </p><p>Form&eacute; par l&#39;Ecole nationale de la sant&eacute; publique (ENSP, Rennes), le jeune directeur doit constamment se r&eacute;f&eacute;rer &agrave; la l&eacute;gislation et &agrave; la jurisprudence administratives. Son premier r&eacute;flexe est de s&#39;adresser &agrave; son r&eacute;seau personnel pour obtenir des informations (anciens &eacute;l&egrave;ves de l&#39;ENSP, coll&egrave;gues, Minist&egrave;re de la sant&eacute;). Ensuite, il fera appel au service de documentation ou &agrave; ce qui en tient lieu (souvent son propre secr&eacute;tariat). Le directeur d&#39;h&ocirc;pital avait ainsi l&#39;habitude de se constituer un fonds documentaire personnel. Le moins que l&#39;on puisse dire est que les canaux emprunt&eacute;s par l&#39;information administrative &eacute;taient un peu h&eacute;t&eacute;rodoxes. Malgr&eacute; un souci plus grand &agrave; l&#39;heure actuelle d&#39;une meilleure gestion de l&#39;information administrative, on constate une tr&egrave;s large dispersion des moyens et des structures selon les h&ocirc;pitaux. </p><p>Certains h&ocirc;pitaux universitaires ou g&eacute;n&eacute;raux se sont cependant dot&eacute;s d&#39;une biblioth&egrave;que administrative, g&eacute;r&eacute;e par un professionnel (biblioth&eacute;caire-documentaliste), avec des moyens informatiques ; ces biblioth&egrave;ques sont des outils pr&eacute;cieux pour la pr&eacute;paration de dossiers, de r&eacute;unions et de conseils d&#39;administration. L&#39;information administrative est le plus souvent diffus&eacute;e, en premier lieu, &agrave; l&#39;&eacute;quipe de direction, sous forme de bulletins d&#39;information, de revues de presse et de dossiers documentaires. Des banques de donn&eacute;es existent &agrave; l&#39;heure actuelle dans ce domaine, parmi lesquelles : <em>JOEL</em> (<em>Journal officiel de la R&eacute;publique fran&ccedil;aise</em>) ; <em>Lexis</em> et <em>Jurisdata</em> (textes et jurisprudence en texte int&eacute;gral) ; <em>Reflex</em> et la <em>BDSP</em> (banque de donn&eacute;es en sant&eacute; publique) qui fournissent, pour leur part, des r&eacute;f&eacute;rences bibliographiques ; l&#39;<em>APM</em> (Agence de presse m&eacute;dicale) qui diffuse des d&eacute;p&ecirc;ches en mati&egrave;re de sant&eacute; et de m&eacute;decine. </p><h3>Les personnels hospitaliers</h3><p>Les directeurs ne sont pas les seuls demandeurs en mati&egrave;re d&#39;information administrative. La Fonction publique hospitali&egrave;re est, en effet, r&eacute;gie par un statut diff&eacute;rent de celui de la Fonction publique, et le recours aux textes de lois est maintenant une pratique qui tend &agrave; se g&eacute;n&eacute;raliser et &agrave; se syst&eacute;matiser. Plusieurs cat&eacute;gories sont &agrave; citer. </p><p><em>Les personnels administratifs et ouvriers</em> : leurs demandes portent sur les textes de lois r&eacute;gissant leurs carri&egrave;res, les pr&eacute;parations aux concours, la formation continue. </p><p><em>Les personnels techniques</em> : avec l&#39;apparition de nouveaux m&eacute;tiers li&eacute;s &agrave; des plateaux techniques (blocs op&eacute;ratoires, &eacute;quipements divers, etc.) plus performants, comme celui d&#39;ing&eacute;nieur biom&eacute;dical par exemple, ou d&#39;informaticien, la documentation technique se d&eacute;veloppe. </p><p><em>Les personnels sociaux</em> (assistant de service social, &eacute;ducateur) : le recours &agrave; la documentation administrative s&#39;av&egrave;re essentiel pour cette cat&eacute;gorie professionnelle devant r&eacute;soudre des probl&egrave;mes tels que prises en charge, placements et cas litigieux concernant les patients hospitalis&eacute;s. </p><p>En outre, que ce soit pour les personnels de direction ou pour les personnels administratifs, l&#39;information administrative passe &eacute;galement par la presse hospitali&egrave;re et de sant&eacute; publique qui traite de gestion et de techniques propres &agrave; l&#39;h&ocirc;pital. </p><h3>La population m&eacute;dicale</h3><p>Le corps m&eacute;dical, bien qu&#39;ayant suivi un cursus universitaire de dix &agrave; quinze ann&eacute;es d&#39;&eacute;tudes, n&#39;a pas de formation particuli&egrave;re en documentation ou en recherche bibliographique ; c&#39;est une lacune importante &agrave; laquelle seules quelques facult&eacute;s de m&eacute;decine (Lyon, Nancy) rem&eacute;dient en proposant des modules de recherche documentaire. Les URFIST (unit&eacute;s r&eacute;gionales de formation &agrave; l&#39;information scientifique et technique) pallient &eacute;galement le manque en la mati&egrave;re. Le Minist&egrave;re de l&#39;&eacute;ducation nationale, de l&#39;enseignement sup&eacute;rieur et de la recherche r&eacute;fl&eacute;chit &agrave; l&#39;heure actuelle &agrave; l&#39;int&eacute;gration d&#39;un module obligatoire. </p><p>En effet, devant la masse impressionnante d&#39;informations scientifiques publi&eacute;es annuellement, comment un m&eacute;decin se comporte-t-il? Quels moyens utilise-t-il pour s&#39;y retrouver? Il faut consid&eacute;rer &agrave; ce sujet un certain nombre de cas distincts. </p><p><em>L&#39;interne ou l&#39;&eacute;tudiant en m&eacute;decine ou en pharmacie</em> : au cours de ses &eacute;tudes, il utilise essentiellement les ressources propos&eacute;es par la biblioth&egrave;que universitaire ou la biblioth&egrave;que m&eacute;dicale de son h&ocirc;pital pour r&eacute;diger sa th&egrave;se ; le plus souvent, les documentalistes organisent des cours de bibliographie sur l&#39;Index <em>Medicus</em> et <em>Medline</em>. Parall&egrave;lement, l&#39;interne ou l&#39;&eacute;tudiant s&#39;abonne &agrave; un ou deux titres de revues ou &agrave; une sp&eacute;cialit&eacute; de l&#39;<em>Encyclop&eacute;die m&eacute;dico-chirurgicale</em> (EMC). De plus en plus attir&eacute; par l&#39;informatique, il utilise les banques de donn&eacute;es et les CD-Rom m&eacute;dicaux, parmi les premiers &agrave; &ecirc;tre apparus sur le march&eacute;. </p><p><em>Le professeur et le m&eacute;decin-chef de service</em> : il exerce dans un centre hospitalier universitaire et un centre hospitalier g&eacute;n&eacute;ral. Il a recours &agrave; des monographies, des comptes rendus de congr&egrave;s, des recueils de revues g&eacute;n&eacute;rales. Il d&eacute;pouille les bibliographies analytiques et les revues de sommaires (<em>Current contents</em>, <em>Reference Update</em>, <em>Medexpress</em>). </p><p><em>Le chercheur</em> : il utilisera les outils bibliographiques classiques et de plus en plus les banques de donn&eacute;es type <em>Medline</em>, <em>Pascal</em> et <em>Embase</em>. Une partie de son information proviendra &eacute;galement des ressources offertes par Internet. </p><p><em>Le m&eacute;decin-praticien hospitalier</em> : pour sa formation continue &agrave; l&#39;h&ocirc;pital et pour alimenter les &laquo; staffs de bibliographie &raquo;, r&eacute;unions r&eacute;guli&egrave;res &agrave; l&#39;int&eacute;rieur du service, il a recours aux encyclop&eacute;dies, aux revues de sp&eacute;cialit&eacute;s, aux <em>clinics</em>, ainsi qu&#39;aux banques de donn&eacute;es ; il attend de celles-ci des r&eacute;ponses rapides et pr&eacute;cises pour affiner un diagnostic ou conna&icirc;tre les nouvelles th&eacute;rapeutiques utilis&eacute;es pour une pathologie. Il compte beaucoup sur les relations professionnelles, les rencontres, les colloques, la formation m&eacute;dicale continue pour s&#39;informer. </p><p><em>Le m&eacute;decin-praticien lib&eacute;ral</em> : ses besoins sont ponctuels, &eacute;pisodiques. Recevant un certain nombre de revues &agrave; son cabinet, il peut utiliser les ressources documentaires de l&#39;h&ocirc;pital pour sa documentation g&eacute;n&eacute;rale ou pour r&eacute;soudre un cas sp&eacute;cifique. </p><p>Le corps m&eacute;dical a l&#39;obligation de s&#39;informer et de se former, et ce de fa&ccedil;on permanente durant sa carri&egrave;re : apr&egrave;s avoir r&eacute;dig&eacute; sa th&egrave;se en tant qu&#39;&eacute;tudiant, le m&eacute;decin, surtout s&#39;il exerce en milieu hospitalier, sera souvent amen&eacute;, comme praticien, &agrave; &eacute;crire des articles dans une revue sp&eacute;cialis&eacute;e (si celle-ci est index&eacute;e dans une banque de donn&eacute;es type <em>Medline</em> ou <em>Pascal</em>, cela constituera la reconnaissance de son travail et fera ainsi r&eacute;f&eacute;rence). La qualit&eacute; et l&#39;importance des publications est primordiale dans le curriculum vitae du m&eacute;decin et donc dans la progression de sa carri&egrave;re. </p><p>La connaissance scientifique est un des moteurs de la m&eacute;decine, et une bonne appr&eacute;hension et un savoir int&eacute;gr&eacu<br />e; rejaillissent forc&eacute;ment sur les soins prodigu&eacute;s aux malades &agrave; l&#39;h&ocirc;pital. La m&eacute;decine est &agrave; l&#39;heure actuelle une m&eacute;decine de l&#39;information, d&eacute;cloisonnant les sp&eacute;cialit&eacute;s et s&#39;effor&ccedil;ant de partager plus largement le savoir scientifique. </p><h3>La population infirmi&egrave;re et param&eacute;dicale</h3><p>La documentation en soins infirmiers s&#39;est d&eacute;velopp&eacute;e diff&eacute;remment et b&eacute;n&eacute;ficie d&#39;autres moyens (en personnel et en techniques) que la documentation m&eacute;dicale. Elle pr&eacute;sente cependant un certain nombre de caract&eacute;ristiques int&eacute;ressantes. Il faut distinguer plusieurs cat&eacute;gories dans cette population. </p><p><em>Les &eacute;tudiants en soins infirmiers</em> : la plupart des &eacute;coles d&#39;infirmi&egrave;res en France poss&egrave;dent une biblioth&egrave;que, g&eacute;r&eacute;e par un documentaliste ou un cadre enseignant selon des r&egrave;gles classiques qui ont fait leurs preuves. Peu sont informatis&eacute;es et le corps infirmier n&#39;a ainsi qu&#39;un acc&egrave;s r&eacute;duit &agrave; l&#39;information. Les besoins des &eacute;tudiants sont cependant r&eacute;els, car un travail personnel important leur est demand&eacute; durant leurs trois ann&eacute;es d&#39;&eacute;tudes. </p><p><em>Les personnels soignants</em> : avec &agrave; leur t&ecirc;te les infirmiers g&eacute;n&eacute;raux, ils b&eacute;n&eacute;ficient de peu de moyens pour assurer une formation continue digne de ce nom. Quelques abonnements sont souscrits en commun pour le service, et le cadre infirmier a un r&ocirc;le non n&eacute;gligeable &agrave; jouer en mati&egrave;re de documentation et d&#39;information. L&#39;Assistance publique - H&ocirc;pitaux de Paris a mis en place un Centre de documentation p&eacute;dagogique centralis&eacute;, et quelques h&ocirc;pitaux poss&egrave;dent une biblioth&egrave;que pour le personnel soignant. La biblioth&egrave;que centrale du Minist&egrave;re de la sant&eacute; lui est &eacute;galement ouverte. La litt&eacute;rature en soins infirmiers est abondante, ainsi que les titres de p&eacute;riodiques ; des banques de donn&eacute;es sp&eacute;cialis&eacute;es (<em>CINHAL</em> par exemple) ont vu le jour, la plupart &eacute;tant anglo-saxonnes. </p><p>D&#39;autre part, il est &agrave; noter que, outre les &eacute;coles de cadres infirmiers classiques, de nombreuses formations dipl&ocirc;mantes en soins infirmiers, accessibles aux professionnels en poste dans le cadre de la formation continue, sont mises en place &agrave; l&#39;Universit&eacute; (&agrave; Bobigny, &agrave; Lyon). </p><p>Quelle est la place du service de documentation dans l&#39;organigramme hospitalier? Dans quelle politique globale de l&#39;&eacute;tablissement peut-il s&#39;inscrire &agrave; long terme? </p><h2>Syst&egrave;me d&#39;information et syst&egrave;me documentaire &agrave; l&#39;h&ocirc;pital</h2><p>Dans le fonds documentaire d&#39;un h&ocirc;pital, il faut distinguer : </p><ul> <li>la documentation interne, comprenant les d&eacute;cisions, d&eacute;lib&eacute;rations, &eacute;tudes techniques : c&#39;est une ressource propre &agrave; tout h&ocirc;pital, riche d&#39;informations diverses. Elle en constitue sa m&eacute;moire vivante ; </li> <li>la documentation externe, comprenant les revues, les ouvrages et maintenant les banques de donn&eacute;es. Cette documentation a un co&ucirc;t certain qui d&eacute;pend de la volont&eacute; politique du responsable hospitalier de l&#39;assumer et de la d&eacute;velopper. </li></ul><p>La vocation premi&egrave;re d&#39;un centre de documentation est d&#39;assurer la transmission de l&#39;information et d&#39;&ecirc;tre la m&eacute;moire collective de l&#39;entreprise ou de l&#39;&eacute;tablissement. Il faut donc un personnel comp&eacute;tent pour g&eacute;rer et exploiter ces documentations, un personnel qui doit &eacute;galement exercer une veille informative permanente. </p><h3>Approche syst&eacute;mique</h3><p>Tout h&ocirc;pital est ins&eacute;r&eacute; dans un environnement mouvant avec lequel il est en interaction permanente. Dans l&#39;entreprise, il existe un syst&egrave;me de d&eacute;cision, un syst&egrave;me op&eacute;rationnel et un syst&egrave;me d&#39;information. Ce dernier a pour r&ocirc;le de traiter des donn&eacute;es de l&#39;environnement interne et externe et de les diffuser. La fonction documentation se situe au sein du syst&egrave;me d&#39;information ; consid&eacute;r&eacute;e comme un syst&egrave;me en soi, elle poss&egrave;de ses propres syst&egrave;mes de management, op&eacute;rationnel et d&#39;information. </p><p>Cette approche syst&eacute;mique, situant le r&ocirc;le de la fonction documentaire au sein du syst&egrave;me d&#39;information, propose une appr&eacute;hension globale de la cha&icirc;ne documentaire, ainsi qu&#39;une m&eacute;thodologie de conception d&#39;une unit&eacute; documentaire. La question de la transversalit&eacute; de l&#39;information se pose alors ; le centre de documentation permet en effet de multiplier les &eacute;changes d&#39;information, et de pallier dans une certaine mesure le manque de communication interne. Ainsi, l&#39;acc&egrave;s &agrave; l&#39;information, offerte &agrave; tous, est d&eacute;cloisonn&eacute;. </p><p>Dans tout organisme, les d&eacute;cisions de politique et de gestion sont &eacute;troitement tributaires des informations dont on dispose. Le syst&egrave;me d&#39;information assure la liaison entre l&#39;h&ocirc;pital et son environnement, en transmettant des informations utiles en provenance ou &agrave; destination de l&#39;ext&eacute;rieur. Il assure &eacute;galement &agrave; l&#39;int&eacute;rieur de l&#39;entreprise la communication entre les hommes, aux diff&eacute;rents niveaux hi&eacute;rarchiques. </p><p>Aujourd&#39;hui, l&#39;information est une ressource strat&eacute;gique. La recherche de documentation aide &agrave; formuler un probl&egrave;me, &agrave; d&eacute;terminer des objectifs et &agrave; &eacute;laborer une politique. </p><h3>L&#39;information, facteur de d&eacute;cision</h3><p>Le fait de s&#39;informer est l&#39;action qui pr&eacute;c&egrave;de la d&eacute;cision ; c&#39;est elle permet de d&eacute;cider, d&#39;o&ugrave; sa valeur &eacute;conomique. On peut distinguer quatre phases dans le processus de d&eacute;cision : </p><ul> <li>celle du renseignement : l&#39;information sert &agrave; &eacute;tudier l&#39;environnement ; </li> <li>celle de l&#39;analyse du probl&egrave;me : on identifie les modes d&#39;action pour recueillir l&#39;information ; </li> <li>celle de la s&eacute;lection des modes d&#39;information ; </li> <li>enfin celle de la d&eacute;cision finale, qui intervient apr&egrave;s les trois autres phases. </li></ul><br />Une derni&egrave;re &eacute;tape est celle de la validation : en recherchant de nouveau l&#39;information et en la v&eacute;rifiant, on valide l&#39;action. <p>Ainsi, l&#39;information, comme facteur de d&eacute;cision, r&eacute;duit l&#39;incertitude, affecte r&eacute;ellement la ou les d&eacute;cisions, affecte les cons&eacute;quences de la d&eacute;cision : celle-ci est plus ou moins r&eacute;versible gr&acirc;ce &agrave; un nouvel appel &agrave; l&#39;information. L&#39;&eacute;conomiste Danila distingue deux types de d&eacute;cisions : les d&eacute;cisions op&eacute;rationnelles, prises au niveau local, dans un cadre quotidien, avec une r&eacute;versibilit&eacute; forte, et les d&eacute;cisions strat&eacute;giques, prises au niveau de la direction g&eacute;n&eacute;rale, avec des objectifs &agrave; plus long terme, dont la r&eacute;versibilit&eacute; est faible et qui n&eacute;cessitent une information plus compl&egrave;te, multidimensionnelle et qualitative. </p><p>Le prix Nobel d&#39;&eacute;conomie H. E. Simon a &eacute;tudi&eacute; l&#39;information en relation avec la d&eacute;cision : gr&acirc;ce &agrave; l&#39;information, on peut modifier l&#39;environnement, on est capable d&#39;agir et de d&eacute;cider. Cependant, le fait de ne pas ma&icirc;triser compl&egrave;tement l&#39;environnement expose &agrave; une certaine subjectivit&eacute;, et l&#39;information re&ccedil;ue peut &ecirc;tre partiale ou partielle. </p><h2>Perspectives de la documentation hospitali&egrave;re</h2><p>Certaines &eacute;volutions significatives s&#39;op&egrave;rent &agrave; l&#39;heure actuelle dans le monde de la documentation hospitali&egrave;re. Une premi&egrave;re tendance se dessine nettement en faveur du recrutement, au sein de l&#39;h&ocirc;pital public, de professionnels de l&#39;information pour g&eacute;rer le domaine de la documentation, et ce malgr&eacute; l&#39;inexistence d&#39;un statut de documentaliste. Le recrutement se fait sur la base d&#39;un grade administratif, en cat&eacute;gorie A ou B. Le R&eacute;seau national des documentalistes hospitaliers &oelig;uvre fermement, avec l&#39;ADBS, pour la reconnaissance du m&eacute;tier. </p><p>Le deuxi&egrave;me point est le d&eacute;veloppement d&#39;un certain nombre de structures diff&eacute;rentes et r&eacute;pondant &agrave; des besoins vari&eacute;s : centres de documentation pluridisciplinaires, centres de documentation sp&eacute;cialis&eacute;s (urgences, infections nosocomiales, r&eacute;&eacute;ducation fonctionnelle, etc.), regroupements de centres de documentation, d&eacute;partements d&#39;information m&eacute;dicale et archives, ou encore centres desservant plusieurs h&ocirc;pitaux. </p><p>Un troisi&egrave;me et dernier point est la perc&eacute;e importante que font les nouvelles technologies dans le monde hospitalier, et en particulier en documentation. D&#39;abord le d&eacute;veloppement des banques de donn&eacute;es m&eacute;dicales, en soins infirmiers, ou administratives, qui permettent un acc&egrave;s tr&egrave;s rapide &agrave; l&#39;information sp&eacute;cialis&eacute;e. Un ph&eacute;nom&egrave;ne concomitant est la mise en place de r&eacute;seaux informatis&eacute;s dans le domaine de la sant&eacute;, qui nous font entrer dans l&#39;&egrave;re du virtuel : &eacute;changes de donn&eacute;es informatis&eacute;es (EDI) pour la transmission de messages ; t&eacute;l&eacute;m&eacute;decine permettant le suivi &agrave; distance des patients et les &eacute;changes t&eacute;l&eacute;matiques d&#39;informations ; transferts d&#39;images ; t&eacute;l&eacute;diagnostic. Et comment ne pas parler d&#39;Internet, r&eacute;seau de r&eacute;seaux, d&eacute;j&agrave; tr&egrave;s utilis&eacute; par les chercheurs scientifiques et qui commence &agrave; s&#39;implanter dans les h&ocirc;pitaux? </p><p>En guise de conclusion, et en lien direct avec ce qui pr&eacute;c&egrave;de, il est important de r&eacute;affirmer la position centrale qu&#39;occupe la documentation dans la d&eacute;livrance de l&#39;information au sein de l&#39;h&ocirc;pital. L&#39;information reste le meilleur moyen de r&eacute;soudre la complexit&eacute; dans le monde d&#39;aujourd&#39;hui. Interface entre le management (ressources humaines, organisations) et la complexit&eacute; (gestion des objectifs, gestion strat&eacute;gique), l&#39;information est le seul moyen d&#39;adapter les organisations - en l&#39;occurrence les h&ocirc;pitaux - &agrave; leur environnement. </p><h2>Orientation bibliographique</h2><p>GREMY F. L&#39;information m&eacute;dicale &agrave; l&#39;h&ocirc;pital : r&eacute;volution culturelle et linguistique. In : <em>Actes de la 3e conf&eacute;rence europ&eacute;enne des biblioth&egrave;ques de sant&eacute;, Montpellier, France, 23-26 septembre 1992</em>. Dordrecht : Kluwers Academic publishers, 1993. pp. 5-10. <br />LESCA H., LESCA E. <em>Gestion de l&#39;information : qualit&eacute; de l&#39;information et performances de l&#39;entreprise</em>. Paris : Litec, 1995. <br />SALVET J.-M. Du management panique &agrave; l&#39;entreprise du XXIe si&egrave;cle. In M. Crozier, H. S&eacute;rieyx, &eacute;d, <em>Management...</em>. Paris : Maxima, 1994. <br />SERIEYX H. <em>Mobiliser l&#39;intelligence de l&#39;entreprise : cercles de qualit&eacute;, cercle de pilotage</em>. Paris : ESF, 1990. </p><p>Cet article est issu d&#39;une communication pr&eacute;sent&eacute;e au congr&egrave;s du Comit&eacute; hospitalier de l&#39;Union europ&eacute;enne (HOPE), &agrave; Madrid, en juin 1995, dont une premi&egrave;re version a fait l&#39;objet d&#39;une publication dans la revue <em>Gestions hospitali&egrave;res</em> (n&deg; 350, novembre 1995), sous le titre <em>Communication et information &agrave; l&#39;h&ocirc;pital public</em>. </p><p><a name="1" title="1"></a>(1) Cette partie est inspir&eacute;e d&#39;un cours de ma&icirc;trise de Daniel Confland sur l&#39;Economie de l&#39;information (Universit&eacute; de Paris VIII, 1995). </p><p>cop. JP Accart, 2007 </p></p><p></p><p>&nbsp;</p> <p><p><strong>Documentaliste, sciences de l&#39;information, 1996, vol. 33, n&deg; 3, pp. 161-166.</strong> </p><p>Les h&ocirc;pitaux publics sont confront&eacute;s, comme nombre d&#39;entreprises, au probl&egrave;me vital que repr&eacute;sente la gestion de l&#39;information. Comment organiser et exploiter &agrave; bon escient l&#39;&eacute;norme masse d&#39;informations produites dans des domaines aussi vari&eacute;s que l&#39;administration, la m&eacute;decine, les sciences, les soins infirmiers, les techniques? Documentalistes et sp&eacute;cialistes de l&#39;information r&eacute;pondent &agrave; ce d&eacute;fi par la cr&eacute;ation de biblioth&egrave;ques ou de services d&#39;information sp&eacute;cifiques. Apr&egrave;s avoir rappel&eacute; l&#39;&eacute;volution r&eacute;cente de la fonction documentaire &agrave; l&#39;h&ocirc;pital, cet article &eacute;tudie la diversit&eacute; des utilisateurs et la pluralit&eacute; des besoins qui la caract&eacute;risent. Et explique que, en s&#39;inscrivant au sein du syst&egrave;me d&#39;information et de la politique d&#39;&eacute;tablissement, les structures documentaires hospitali&egrave;res constituent des aides &agrave; la prise de d&eacute;cision en sant&eacute; publique. </p><p>&laquo;<em>L&#39;information est la ressource la plus importante du syst&egrave;me de sant&eacute;, et en particulier de l&#39;h&ocirc;pital ; aucun h&ocirc;pital ne peut s&#39;offrir le luxe de ne pas avoir un syst&egrave;me d&#39;information adapt&eacute;</em>&raquo;. <br />Fran&ccedil;ois Gr&eacute;my </p><p>L&#39;&eacute;volution de la documentation en sant&eacute; publique a &eacute;t&eacute; tr&egrave;s nette durant ces vingt derni&egrave;res ann&eacute;es. Il y a plusieurs explications &agrave; cela : la prise en compte, par les directions hospitali&egrave;res des ressources humaines, de l&#39;&eacute;mergence d&#39;un nouveau m&eacute;tier au sein de l&#39;h&ocirc;pital, celui de documentaliste hospitalier, m&ecirc;me si un certain nombre de progr&egrave;s restent &agrave; faire ; le besoin de plus en plus grand pour les divers groupes socio-professionnels travaillant dans ce domaine de s&#39;informer des &eacute;volutions de l&#39;&eacute;conomie, du droit, des sciences et des techniques ; et l&#39;arriv&eacute;e en force des technologies nouvelles (type Minitel en France, micro-ordinateurs, banques de donn&eacute;es, CD-Rom, r&eacute;seaux informatiques tel Internet), surtout en documentation m&eacute;dicale. </p><p>La fonction documentaire &agrave; l&#39;h&ocirc;pital a commenc&eacute; &agrave; &eacute;merger v&eacute;ritablement depuis 1977. La sp&eacute;cificit&eacute; d&#39;un tel service n&#39;&eacute;tait alors pas &eacute;vidente en milieu hospitalier et l&#39;aide qu&#39;il peut apporter n&#39;&eacute;tait pas bien per&ccedil;ue, contrairement &agrave; ce qui s&#39;est pass&eacute; dans les grandes entreprises ou dans certains laboratoires pharmaceutiques qui ont tr&egrave;s t&ocirc;t compris quel enjeu repr&eacute;sente une information pointue, actualis&eacute;e et organis&eacute;e : aucune entreprise, quelle qu&#39;elle soit et quel que soit son champ d&#39;action, ne peut vivre et survivre sans information et sans circulation de l&#39;information. </p><p>Aujourd&#39;hui, selon Jean de Kervasdou&eacute;, directeur des h&ocirc;pitaux de 1981 &agrave; 1988, le temps pass&eacute; &agrave; traiter de l&#39;information &agrave; l&#39;h&ocirc;pital repr&eacute;sente soixante &agrave; soixante-dix pour cent du budget de fonctionnement d&#39;un &eacute;tablissement. La gestion d&#39;un &eacute;tablissement hospitalier fait appel &agrave; des connaissances dans des domaines tr&egrave;s divers tels que le droit, l&#39;&eacute;conomie, les statistiques, la m&eacute;decine, les soins infirmiers. Comment retrouver une information pertinente, exhaustive et fiable dans la masse des ouvrages et des documents publi&eacute;s? </p><p>Un certain nombre d&#39;enqu&ecirc;tes ont &eacute;t&eacute; r&eacute;alis&eacute;es, par la Direction des h&ocirc;pitaux, la Conf&eacute;rence des pr&eacute;sidents de commission m&eacute;dicale d&#39;&eacute;tablissement (CME), et derni&egrave;rement par le R&eacute;seau national des documentalistes hospitaliers (cr&eacute;&eacute; en 1991 &agrave; l&#39;initiative du Centre hospitalier r&eacute;gional universitaire de Rouen et qui compte plus de deux cents documentalistes &agrave; l&#39;heure actuelle). Ce qui appara&icirc;t &agrave; la lecture de ces enqu&ecirc;tes, c&#39;est que des services de documentation ont &eacute;t&eacute; effectivement mis en place, principalement dans les grands &eacute;tablissements (les vingt-neuf centres hospitaliers universitaires, quelques h&ocirc;pitaux g&eacute;n&eacute;raux), mais que ce ph&eacute;nom&egrave;ne reste modeste par rapport au parc hospitalier fran&ccedil;ais (soit trois mille structures de soins). On trouve donc des biblioth&egrave;ques administratives, des biblioth&egrave;ques m&eacute;dicales, en g&eacute;n&eacute;ral bien pourvues en moyens, des biblioth&egrave;ques pour les &eacute;tudiants en soins infirmiers qui s&#39;ouvrent peu &agrave; peu au personnel des services, et enfin, mais ceci est r&eacute;cent, des centres de documentation pluridisciplinaires. </p><p>En quoi ces structures, tr&egrave;s diff&eacute;rentes par leur sp&eacute;cialisation et par les cat&eacute;gories d&#39;utilisateurs qui les fr&eacute;quentent, aident-elles &agrave; la prise de d&eacute;cision? Nous &eacute;tudierons d&#39;abord les besoins exprim&eacute;s et les moyens mis en &oelig;uvre, puis ce que peut apporter aux d&eacute;cideurs un syst&egrave;me documentaire performant au sein du syst&egrave;me d&#39;information hospitalier. Enfin, nous pr&eacute;senterons les orientations actuelles et futures de la documentation hospitali&egrave;re. </p><h2>La documentation hospitali&egrave;re : diversit&eacute; des utilisateurs et pluralit&eacute; des moyens</h2><p>&laquo;<em>Pour une d&eacute;cision, il faut conna&icirc;tre la r&eacute;glementation applicable, mais aussi des &eacute;l&eacute;ments de fait, des statistiques, des &eacute;tudes, des synth&egrave;ses... Le probl&egrave;me, s&#39;il n&#39;est pas jug&eacute; globalement, ne sera jamais r&eacute;gl&eacute;</em>&raquo;. <br />Francis de Baeque, Pr&eacute;sident de la CCDA, 1981 </p><h3>Les directeurs d&#39;h&ocirc;pitaux et les attach&eacute;s de direction</h3><p>Le directeur repr&eacute;sente la personne morale de l&#39;h&ocirc;pital ; il doit, &agrave; ce titre, assurer la s&eacute;curit&eacute; et la permanence du service hospitalier, la coh&eacute;rence et l&#39;efficience des organisations et des moyens mis en &oelig;uvre. Son action se place dans le cadre administratif, mais les r&eacute;alit&eacute;s &eacute;conomiques et politiques, le jeu complexe des relations et le poids d&#39;une logistique industrielle orientent l&#39;h&ocirc;pital vers un fonctionnement comparable &agrave; celui d&#39;une entreprise, ce qui vient s&#39;ajouter &agrave; sa mission sociale. L&#39;action du directeur et de son &eacute;quipe doit r&eacute;pondre aux probl&egrave;mes pos&eacute;s par le quotidien et envisager une strat&eacute;gie &agrave; plus long terme ; elle s&#39;appuie donc sur une r&eacute;flexion ayant recours &agrave; une information disponible et fiable, comprenant tout &agrave; la fois des &eacute;l&eacute;ments de droit, la jurisprudence et la litt&eacute;rature administrative. Cette information doit &ecirc;tre compl&eacute;t&eacute;e par une connaissance des pratiques et usages m&eacute;dicaux, et de l&#39;&eacute;tat des &eacute;tudes. </p><p>Form&eacute; par l&#39;Ecole nationale de la sant&eacute; publique (ENSP, Rennes), le jeune directeur doit constamment se r&eacute;f&eacute;rer &agrave; la l&eacute;gislation et &agrave; la jurisprudence administratives. Son premier r&eacute;flexe est de s&#39;adresser &agrave; son r&eacute;seau personnel pour obtenir des informations (anciens &eacute;l&egrave;ves de l&#39;ENSP, coll&egrave;gues, Minist&egrave;re de la sant&eacute;). Ensuite, il fera appel au service de documentation ou &agrave; ce qui en tient lieu (souvent son propre secr&eacute;tariat). Le directeur d&#39;h&ocirc;pital avait ainsi l&#39;habitude de se constituer un fonds documentaire personnel. Le moins que l&#39;on puisse dire est que les canaux emprunt&eacute;s par l&#39;information administrative &eacute;taient un peu h&eacute;t&eacute;rodoxes. Malgr&eacute; un souci plus grand &agrave; l&#39;heure actuelle d&#39;une meilleure gestion de l&#39;information administrative, on constate une tr&egrave;s large dispersion des moyens et des structures selon les h&ocirc;pitaux. </p><p>Certains h&ocirc;pitaux universitaires ou g&eacute;n&eacute;raux se sont cependant dot&eacute;s d&#39;une biblioth&egrave;que administrative, g&eacute;r&eacute;e par un professionnel (biblioth&eacute;caire-documentaliste), avec des moyens informatiques ; ces biblioth&egrave;ques sont des outils pr&eacute;cieux pour la pr&eacute;paration de dossiers, de r&eacute;unions et de conseils d&#39;administration. L&#39;information administrative est le plus souvent diffus&eacute;e, en premier lieu, &agrave; l&#39;&eacute;quipe de direction, sous forme de bulletins d&#39;information, de revues de presse et de dossiers documentaires. Des banques de donn&eacute;es existent &agrave; l&#39;heure actuelle dans ce domaine, parmi lesquelles : <em>JOEL</em> (<em>Journal officiel de la R&eacute;publique fran&ccedil;aise</em>) ; <em>Lexis</em> et <em>Jurisdata</em> (textes et jurisprudence en texte int&eacute;gral) ; <em>Reflex</em> et la <em>BDSP</em> (banque de donn&eacute;es en sant&eacute; publique) qui fournissent, pour leur part, des r&eacute;f&eacute;rences bibliographiques ; l&#39;<em>APM</em> (Agence de presse m&eacute;dicale) qui diffuse des d&eacute;p&ecirc;ches en mati&egrave;re de sant&eacute; et de m&eacute;decine. </p><h3>Les personnels hospitaliers</h3><p>Les directeurs ne sont pas les seuls demandeurs en mati&egrave;re d&#39;information administrative. La Fonction publique hospitali&egrave;re est, en effet, r&eacute;gie par un statut diff&eacute;rent de celui de la Fonction publique, et le recours aux textes de lois est maintenant une pratique qui tend &agrave; se g&eacute;n&eacute;raliser et &agrave; se syst&eacute;matiser. Plusieurs cat&eacute;gories sont &agrave; citer. </p><p><em>Les personnels administratifs et ouvriers</em> : leurs demandes portent sur les textes de lois r&eacute;gissant leurs carri&egrave;res, les pr&eacute;parations aux concours, la formation continue. </p><p><em>Les personnels techniques</em> : avec l&#39;apparition de nouveaux m&eacute;tiers li&eacute;s &agrave; des plateaux techniques (blocs op&eacute;ratoires, &eacute;quipements divers, etc.) plus performants, comme celui d&#39;ing&eacute;nieur biom&eacute;dical par exemple, ou d&#39;informaticien, la documentation technique se d&eacute;veloppe. </p><p><em>Les personnels sociaux</em> (assistant de service social, &eacute;ducateur) : le recours &agrave; la documentation administrative s&#39;av&egrave;re essentiel pour cette cat&eacute;gorie professionnelle devant r&eacute;soudre des probl&egrave;mes tels que prises en charge, placements et cas litigieux concernant les patients hospitalis&eacute;s. </p><p>En outre, que ce soit pour les personnels de direction ou pour les personnels administratifs, l&#39;information administrative passe &eacute;galement par la presse hospitali&egrave;re et de sant&eacute; publique qui traite de gestion et de techniques propres &agrave; l&#39;h&ocirc;pital. </p><h3>La population m&eacute;dicale</h3><p>Le corps m&eacute;dical, bien qu&#39;ayant suivi un cursus universitaire de dix &agrave; quinze ann&eacute;es d&#39;&eacute;tudes, n&#39;a pas de formation particuli&egrave;re en documentation ou en recherche bibliographique ; c&#39;est une lacune importante &agrave; laquelle seules quelques facult&eacute;s de m&eacute;decine (Lyon, Nancy) rem&eacute;dient en proposant des modules de recherche documentaire. Les URFIST (unit&eacute;s r&eacute;gionales de formation &agrave; l&#39;information scientifique et technique) pallient &eacute;galement le manque en la mati&egrave;re. Le Minist&egrave;re de l&#39;&eacute;ducation nationale, de l&#39;enseignement sup&eacute;rieur et de la recherche r&eacute;fl&eacute;chit &agrave; l&#39;heure actuelle &agrave; l&#39;int&eacute;gration d&#39;un module obligatoire. </p><p>En effet, devant la masse impressionnante d&#39;informations scientifiques publi&eacute;es annuellement, comment un m&eacute;decin se comporte-t-il? Quels moyens utilise-t-il pour s&#39;y retrouver? Il faut consid&eacute;rer &agrave; ce sujet un certain nombre de cas distincts. </p><p><em>L&#39;interne ou l&#39;&eacute;tudiant en m&eacute;decine ou en pharmacie</em> : au cours de ses &eacute;tudes, il utilise essentiellement les ressources propos&eacute;es par la biblioth&egrave;que universitaire ou la biblioth&egrave;que m&eacute;dicale de son h&ocirc;pital pour r&eacute;diger sa th&egrave;se ; le plus souvent, les documentalistes organisent des cours de bibliographie sur l&#39;Index <em>Medicus</em> et <em>Medline</em>. Parall&egrave;lement, l&#39;interne ou l&#39;&eacute;tudiant s&#39;abonne &agrave; un ou deux titres de revues ou &agrave; une sp&eacute;cialit&eacute; de l&#39;<em>Encyclop&eacute;die m&eacute;dico-chirurgicale</em> (EMC). De plus en plus attir&eacute; par l&#39;informatique, il utilise les banques de donn&eacute;es et les CD-Rom m&eacute;dicaux, parmi les premiers &agrave; &ecirc;tre apparus sur le march&eacute;. </p><p><em>Le professeur et le m&eacute;decin-chef de service</em> : il exerce dans un centre hospitalier universitaire et un centre hospitalier g&eacute;n&eacute;ral. Il a recours &agrave; des monographies, des comptes rendus de congr&egrave;s, des recueils de revues g&eacute;n&eacute;rales. Il d&eacute;pouille les bibliographies analytiques et les revues de sommaires (<em>Current contents</em>, <em>Reference Update</em>, <em>Medexpress</em>). </p><p><em>Le chercheur</em> : il utilisera les outils bibliographiques classiques et de plus en plus les banques de donn&eacute;es type <em>Medline</em>, <em>Pascal</em> et <em>Embase</em>. Une partie de son information proviendra &eacute;galement des ressources offertes par Internet. </p><p><em>Le m&eacute;decin-praticien hospitalier</em> : pour sa formation continue &agrave; l&#39;h&ocirc;pital et pour alimenter les &laquo; staffs de bibliographie &raquo;, r&eacute;unions r&eacute;guli&egrave;res &agrave; l&#39;int&eacute;rieur du service, il a recours aux encyclop&eacute;dies, aux revues de sp&eacute;cialit&eacute;s, aux <em>clinics</em>, ainsi qu&#39;aux banques de donn&eacute;es ; il attend de celles-ci des r&eacute;ponses rapides et pr&eacute;cises pour affiner un diagnostic ou conna&icirc;tre les nouvelles th&eacute;rapeutiques utilis&eacute;es pour une pathologie. Il compte beaucoup sur les relations professionnelles, les rencontres, les colloques, la formation m&eacute;dicale continue pour s&#39;informer. </p><p><em>Le m&eacute;decin-praticien lib&eacute;ral</em> : ses besoins sont ponctuels, &eacute;pisodiques. Recevant un certain nombre de revues &agrave; son cabinet, il peut utiliser les ressources documentaires de l&#39;h&ocirc;pital pour sa documentation g&eacute;n&eacute;rale ou pour r&eacute;soudre un cas sp&eacute;cifique. </p><p>Le corps m&eacute;dical a l&#39;obligation de s&#39;informer et de se former, et ce de fa&ccedil;on permanente durant sa carri&egrave;re : apr&egrave;s avoir r&eacute;dig&eacute; sa th&egrave;se en tant qu&#39;&eacute;tudiant, le m&eacute;decin, surtout s&#39;il exerce en milieu hospitalier, sera souvent amen&eacute;, comme praticien, &agrave; &eacute;crire des articles dans une revue sp&eacute;cialis&eacute;e (si celle-ci est index&eacute;e dans une banque de donn&eacute;es type <em>Medline</em> ou <em>Pascal</em>, cela constituera la reconnaissance de son travail et fera ainsi r&eacute;f&eacute;rence). La qualit&eacute; et l&#39;importance des publications est primordiale dans le curriculum vitae du m&eacute;decin et donc dans la progression de sa carri&egrave;re. </p><p>La connaissance scientifique est un des moteurs de la m&eacute;decine, et une bonne appr&eacute;hension et un savoir int&eacute;gr&eacu<br />e; rejaillissent forc&eacute;ment sur les soins prodigu&eacute;s aux malades &agrave; l&#39;h&ocirc;pital. La m&eacute;decine est &agrave; l&#39;heure actuelle une m&eacute;decine de l&#39;information, d&eacute;cloisonnant les sp&eacute;cialit&eacute;s et s&#39;effor&ccedil;ant de partager plus largement le savoir scientifique. </p><h3>La population infirmi&egrave;re et param&eacute;dicale</h3><p>La documentation en soins infirmiers s&#39;est d&eacute;velopp&eacute;e diff&eacute;remment et b&eacute;n&eacute;ficie d&#39;autres moyens (en personnel et en techniques) que la documentation m&eacute;dicale. Elle pr&eacute;sente cependant un certain nombre de caract&eacute;ristiques int&eacute;ressantes. Il faut distinguer plusieurs cat&eacute;gories dans cette population. </p><p><em>Les &eacute;tudiants en soins infirmiers</em> : la plupart des &eacute;coles d&#39;infirmi&egrave;res en France poss&egrave;dent une biblioth&egrave;que, g&eacute;r&eacute;e par un documentaliste ou un cadre enseignant selon des r&egrave;gles classiques qui ont fait leurs preuves. Peu sont informatis&eacute;es et le corps infirmier n&#39;a ainsi qu&#39;un acc&egrave;s r&eacute;duit &agrave; l&#39;information. Les besoins des &eacute;tudiants sont cependant r&eacute;els, car un travail personnel important leur est demand&eacute; durant leurs trois ann&eacute;es d&#39;&eacute;tudes. </p><p><em>Les personnels soignants</em> : avec &agrave; leur t&ecirc;te les infirmiers g&eacute;n&eacute;raux, ils b&eacute;n&eacute;ficient de peu de moyens pour assurer une formation continue digne de ce nom. Quelques abonnements sont souscrits en commun pour le service, et le cadre infirmier a un r&ocirc;le non n&eacute;gligeable &agrave; jouer en mati&egrave;re de documentation et d&#39;information. L&#39;Assistance publique - H&ocirc;pitaux de Paris a mis en place un Centre de documentation p&eacute;dagogique centralis&eacute;, et quelques h&ocirc;pitaux poss&egrave;dent une biblioth&egrave;que pour le personnel soignant. La biblioth&egrave;que centrale du Minist&egrave;re de la sant&eacute; lui est &eacute;galement ouverte. La litt&eacute;rature en soins infirmiers est abondante, ainsi que les titres de p&eacute;riodiques ; des banques de donn&eacute;es sp&eacute;cialis&eacute;es (<em>CINHAL</em> par exemple) ont vu le jour, la plupart &eacute;tant anglo-saxonnes. </p><p>D&#39;autre part, il est &agrave; noter que, outre les &eacute;coles de cadres infirmiers classiques, de nombreuses formations dipl&ocirc;mantes en soins infirmiers, accessibles aux professionnels en poste dans le cadre de la formation continue, sont mises en place &agrave; l&#39;Universit&eacute; (&agrave; Bobigny, &agrave; Lyon). </p><p>Quelle est la place du service de documentation dans l&#39;organigramme hospitalier? Dans quelle politique globale de l&#39;&eacute;tablissement peut-il s&#39;inscrire &agrave; long terme? </p><h2>Syst&egrave;me d&#39;information et syst&egrave;me documentaire &agrave; l&#39;h&ocirc;pital</h2><p>Dans le fonds documentaire d&#39;un h&ocirc;pital, il faut distinguer : </p><ul> <li>la documentation interne, comprenant les d&eacute;cisions, d&eacute;lib&eacute;rations, &eacute;tudes techniques : c&#39;est une ressource propre &agrave; tout h&ocirc;pital, riche d&#39;informations diverses. Elle en constitue sa m&eacute;moire vivante ; </li> <li>la documentation externe, comprenant les revues, les ouvrages et maintenant les banques de donn&eacute;es. Cette documentation a un co&ucirc;t certain qui d&eacute;pend de la volont&eacute; politique du responsable hospitalier de l&#39;assumer et de la d&eacute;velopper. </li></ul><p>La vocation premi&egrave;re d&#39;un centre de documentation est d&#39;assurer la transmission de l&#39;information et d&#39;&ecirc;tre la m&eacute;moire collective de l&#39;entreprise ou de l&#39;&eacute;tablissement. Il faut donc un personnel comp&eacute;tent pour g&eacute;rer et exploiter ces documentations, un personnel qui doit &eacute;galement exercer une veille informative permanente. </p><h3>Approche syst&eacute;mique</h3><p>Tout h&ocirc;pital est ins&eacute;r&eacute; dans un environnement mouvant avec lequel il est en interaction permanente. Dans l&#39;entreprise, il existe un syst&egrave;me de d&eacute;cision, un syst&egrave;me op&eacute;rationnel et un syst&egrave;me d&#39;information. Ce dernier a pour r&ocirc;le de traiter des donn&eacute;es de l&#39;environnement interne et externe et de les diffuser. La fonction documentation se situe au sein du syst&egrave;me d&#39;information ; consid&eacute;r&eacute;e comme un syst&egrave;me en soi, elle poss&egrave;de ses propres syst&egrave;mes de management, op&eacute;rationnel et d&#39;information. </p><p>Cette approche syst&eacute;mique, situant le r&ocirc;le de la fonction documentaire au sein du syst&egrave;me d&#39;information, propose une appr&eacute;hension globale de la cha&icirc;ne documentaire, ainsi qu&#39;une m&eacute;thodologie de conception d&#39;une unit&eacute; documentaire. La question de la transversalit&eacute; de l&#39;information se pose alors ; le centre de documentation permet en effet de multiplier les &eacute;changes d&#39;information, et de pallier dans une certaine mesure le manque de communication interne. Ainsi, l&#39;acc&egrave;s &agrave; l&#39;information, offerte &agrave; tous, est d&eacute;cloisonn&eacute;. </p><p>Dans tout organisme, les d&eacute;cisions de politique et de gestion sont &eacute;troitement tributaires des informations dont on dispose. Le syst&egrave;me d&#39;information assure la liaison entre l&#39;h&ocirc;pital et son environnement, en transmettant des informations utiles en provenance ou &agrave; destination de l&#39;ext&eacute;rieur. Il assure &eacute;galement &agrave; l&#39;int&eacute;rieur de l&#39;entreprise la communication entre les hommes, aux diff&eacute;rents niveaux hi&eacute;rarchiques. </p><p>Aujourd&#39;hui, l&#39;information est une ressource strat&eacute;gique. La recherche de documentation aide &agrave; formuler un probl&egrave;me, &agrave; d&eacute;terminer des objectifs et &agrave; &eacute;laborer une politique. </p><h3>L&#39;information, facteur de d&eacute;cision</h3><p>Le fait de s&#39;informer est l&#39;action qui pr&eacute;c&egrave;de la d&eacute;cision ; c&#39;est elle permet de d&eacute;cider, d&#39;o&ugrave; sa valeur &eacute;conomique. On peut distinguer quatre phases dans le processus de d&eacute;cision : </p><ul> <li>celle du renseignement : l&#39;information sert &agrave; &eacute;tudier l&#39;environnement ; </li> <li>celle de l&#39;analyse du probl&egrave;me : on identifie les modes d&#39;action pour recueillir l&#39;information ; </li> <li>celle de la s&eacute;lection des modes d&#39;information ; </li> <li>enfin celle de la d&eacute;cision finale, qui intervient apr&egrave;s les trois autres phases. </li></ul><br />Une derni&egrave;re &eacute;tape est celle de la validation : en recherchant de nouveau l&#39;information et en la v&eacute;rifiant, on valide l&#39;action. <p>Ainsi, l&#39;information, comme facteur de d&eacute;cision, r&eacute;duit l&#39;incertitude, affecte r&eacute;ellement la ou les d&eacute;cisions, affecte les cons&eacute;quences de la d&eacute;cision : celle-ci est plus ou moins r&eacute;versible gr&acirc;ce &agrave; un nouvel appel &agrave; l&#39;information. L&#39;&eacute;conomiste Danila distingue deux types de d&eacute;cisions : les d&eacute;cisions op&eacute;rationnelles, prises au niveau local, dans un cadre quotidien, avec une r&eacute;versibilit&eacute; forte, et les d&eacute;cisions strat&eacute;giques, prises au niveau de la direction g&eacute;n&eacute;rale, avec des objectifs &agrave; plus long terme, dont la r&eacute;versibilit&eacute; est faible et qui n&eacute;cessitent une information plus compl&egrave;te, multidimensionnelle et qualitative. </p><p>Le prix Nobel d&#39;&eacute;conomie H. E. Simon a &eacute;tudi&eacute; l&#39;information en relation avec la d&eacute;cision : gr&acirc;ce &agrave; l&#39;information, on peut modifier l&#39;environnement, on est capable d&#39;agir et de d&eacute;cider. Cependant, le fait de ne pas ma&icirc;triser compl&egrave;tement l&#39;environnement expose &agrave; une certaine subjectivit&eacute;, et l&#39;information re&ccedil;ue peut &ecirc;tre partiale ou partielle. </p><h2>Perspectives de la documentation hospitali&egrave;re</h2><p>Certaines &eacute;volutions significatives s&#39;op&egrave;rent &agrave; l&#39;heure actuelle dans le monde de la documentation hospitali&egrave;re. Une premi&egrave;re tendance se dessine nettement en faveur du recrutement, au sein de l&#39;h&ocirc;pital public, de professionnels de l&#39;information pour g&eacute;rer le domaine de la documentation, et ce malgr&eacute; l&#39;inexistence d&#39;un statut de documentaliste. Le recrutement se fait sur la base d&#39;un grade administratif, en cat&eacute;gorie A ou B. Le R&eacute;seau national des documentalistes hospitaliers &oelig;uvre fermement, avec l&#39;ADBS, pour la reconnaissance du m&eacute;tier. </p><p>Le deuxi&egrave;me point est le d&eacute;veloppement d&#39;un certain nombre de structures diff&eacute;rentes et r&eacute;pondant &agrave; des besoins vari&eacute;s : centres de documentation pluridisciplinaires, centres de documentation sp&eacute;cialis&eacute;s (urgences, infections nosocomiales, r&eacute;&eacute;ducation fonctionnelle, etc.), regroupements de centres de documentation, d&eacute;partements d&#39;information m&eacute;dicale et archives, ou encore centres desservant plusieurs h&ocirc;pitaux. </p><p>Un troisi&egrave;me et dernier point est la perc&eacute;e importante que font les nouvelles technologies dans le monde hospitalier, et en particulier en documentation. D&#39;abord le d&eacute;veloppement des banques de donn&eacute;es m&eacute;dicales, en soins infirmiers, ou administratives, qui permettent un acc&egrave;s tr&egrave;s rapide &agrave; l&#39;information sp&eacute;cialis&eacute;e. Un ph&eacute;nom&egrave;ne concomitant est la mise en place de r&eacute;seaux informatis&eacute;s dans le domaine de la sant&eacute;, qui nous font entrer dans l&#39;&egrave;re du virtuel : &eacute;changes de donn&eacute;es informatis&eacute;es (EDI) pour la transmission de messages ; t&eacute;l&eacute;m&eacute;decine permettant le suivi &agrave; distance des patients et les &eacute;changes t&eacute;l&eacute;matiques d&#39;informations ; transferts d&#39;images ; t&eacute;l&eacute;diagnostic. Et comment ne pas parler d&#39;Internet, r&eacute;seau de r&eacute;seaux, d&eacute;j&agrave; tr&egrave;s utilis&eacute; par les chercheurs scientifiques et qui commence &agrave; s&#39;implanter dans les h&ocirc;pitaux? </p><p>En guise de conclusion, et en lien direct avec ce qui pr&eacute;c&egrave;de, il est important de r&eacute;affirmer la position centrale qu&#39;occupe la documentation dans la d&eacute;livrance de l&#39;information au sein de l&#39;h&ocirc;pital. L&#39;information reste le meilleur moyen de r&eacute;soudre la complexit&eacute; dans le monde d&#39;aujourd&#39;hui. Interface entre le management (ressources humaines, organisations) et la complexit&eacute; (gestion des objectifs, gestion strat&eacute;gique), l&#39;information est le seul moyen d&#39;adapter les organisations - en l&#39;occurrence les h&ocirc;pitaux - &agrave; leur environnement. </p><h2>Orientation bibliographique</h2><p>GREMY F. L&#39;information m&eacute;dicale &agrave; l&#39;h&ocirc;pital : r&eacute;volution culturelle et linguistique. In : <em>Actes de la 3e conf&eacute;rence europ&eacute;enne des biblioth&egrave;ques de sant&eacute;, Montpellier, France, 23-26 septembre 1992</em>. Dordrecht : Kluwers Academic publishers, 1993. pp. 5-10. <br />LESCA H., LESCA E. <em>Gestion de l&#39;information : qualit&eacute; de l&#39;information et performances de l&#39;entreprise</em>. Paris : Litec, 1995. <br />SALVET J.-M. Du management panique &agrave; l&#39;entreprise du XXIe si&egrave;cle. In M. Crozier, H. S&eacute;rieyx, &eacute;d, <em>Management...</em>. Paris : Maxima, 1994. <br />SERIEYX H. <em>Mobiliser l&#39;intelligence de l&#39;entreprise : cercles de qualit&eacute;, cercle de pilotage</em>. Paris : ESF, 1990. </p><p>Cet article est issu d&#39;une communication pr&eacute;sent&eacute;e au congr&egrave;s du Comit&eacute; hospitalier de l&#39;Union europ&eacute;enne (HOPE), &agrave; Madrid, en juin 1995, dont une premi&egrave;re version a fait l&#39;objet d&#39;une publication dans la revue <em>Gestions hospitali&egrave;res</em> (n&deg; 350, novembre 1995), sous le titre <em>Communication et information &agrave; l&#39;h&ocirc;pital public</em>. </p><p><a name="1" title="1"></a>(1) Cette partie est inspir&eacute;e d&#39;un cours de ma&icirc;trise de Daniel Confland sur l&#39;Economie de l&#39;information (Universit&eacute; de Paris VIII, 1995). </p><p>cop. JP Accart, 2007 </p></p><p></p><p>&nbsp;</p> (1995) - Communication et information à l'hôpital public 2007-04-03T18:08:33+00:00 2007-04-03T18:08:33+00:00 https://www.jpaccart.ch/l-entreprise/1995-communication-et-information-a-l-hopital-public.html jpaccart info@jpaccart.ch <p><ul> <li> <p> <strong>Gestions hospitali&egrave;res, 1995, n&deg; 350, pp. 686-690.</strong> </p> </li> <li> <p> <strong>Newsletter to European Health Librarians, 1995, October, n&deg; 33.</strong> </p> </li></ul><h4>&nbsp;&nbsp;</h4><h4>R&eacute;sum&eacute;</h4><h4>Hospital Committee of the European Union <br />Hope International Congress 1995 -Madrid <br />Communication and Hospitals </h4><h4>Communication and information in public hospitals : the role played by libraries and documentation in decision making / Communication et information &agrave; l&#39;h&ocirc;pital public: le r&ocirc;le jou&eacute; par les biblioth&egrave;ques et la documentation dans la prise de d&eacute;cision </h4><h4>French public hospitals are confronted with the challenging problem of organizing an enormous amount of information in the field of administration; medicine, science, nursing care, and technical challenge oby creating libraries and ressource centres in hospitals. The documentation is more often not centraJ&icirc;led, it is a wide user of the new technologies and is acting in accordance with the demand of varied and exac&#39;tingcustomers like managers, doctors or nurses. At the present time, an increasing tendancy towards a centralized hospital library; delivering technical and specialized documentaton is noticeable. </h4><h2>La fonction documentaire &agrave; l&#39;h&ocirc;pital</h2><p>L&#39;&eacute;volution de la documentation a &eacute;t&eacute; tr&egrave;s nette durant ces vingt derni&egrave;res ann&eacute;es, notamment gr&acirc;ce aux technologies dites nouvelles (type Minitel en France, micro-ordinateurs, banques de donn&eacute;es, CD-ROM, r&eacute;seaux informatiques tel Internet). La fonction documentaire &agrave; 1&#39;h&ocirc;pita1 a commenc&eacute; &agrave; &eacute;merger depuis 1971. </p><p>Un certain nombre; d&#39;enqu&ecirc;tes ont &eacute;t&eacute; r&eacute;a1is&eacute;es. On trouve donc: </p><ul> <li>des biblioth&egrave;ques administratives, encore embryonnaires </li> <li>des biblioth&egrave;ques m&eacute;dicales, en g&eacute;n&eacute;ral les mieux organis&eacute;es et pourvues de moyens </li> <li>des biblioth&egrave;ques pour les &eacute;tudiants en soins infirmiers qui s&#39;ouvrent peu &agrave; peu au personnel des services </li> <li>et enfin, mais ceci est r&eacute;cent, des centres de documentation pluridisciplinaires. </li></ul><h2>La documentation hospitali&egrave;re : diversit&eacute; des utilisateurs et pluralit&eacute; des moyens</h2><h3>1) Les directeurs d&#39;h&ocirc;pitaux et les attach&eacute;s de direction. </h3><p>Form&eacute; par l&#39;Ecole Nationale de la Sant&eacute; Publique (ENSP-Rennes), le jeune directeur doit se r&eacute;f&eacute;rer constamment &agrave; la l&eacute;gistation et &agrave; la jurisprudence administrative afin de faire face &agrave; ses responsabilit&eacute;s. Son premier r&eacute;flexe est de s&#39;adresser &agrave; son r&eacute;seau personnel pour obtenir des informations (anciens &eacute;l&egrave;ves, coll&egrave;gues, Minist&egrave;re de la Sant&eacute;). <br />Ensuite, il fera appel au service de documentation ou &agrave; ce qui en tient lieu (souvent son propre secr&eacute;tariat). <br />L&#39;information administrative est diffus&eacute;e le plus souvent, en premier lieu, &agrave; l&#39;&eacute;quipe de direction sous forme de bulletins d&#39;information, de revues de presse et de dossiers documentaires. Le recours aux banques de donn&eacute;es juridiques (textes de lois et jurisprudence) se g&eacute;n&eacute;ralise. </p><h3>2) les personnels hospitaliers</h3><ul> <li>les personnels administratifs, ouvriers: leurs demandes portent sur les textes de rois r&eacute;gissant leurs carri&egrave;res; les pr&eacute;parations aux concours, la formation permanente continue. </li> <li>les personnels techniques: avec l&#39;apparition de nouveaux m&eacute;tiers li&eacute;s &agrave; des plateaux techniques plus performants (ing&eacute;nierie biom&eacute;dical par exemp1e, informaticien), la documentation technique se d&eacute;veloppe. </li> <li>les personnels sociaux assistant de service social, &eacute;ducateur): avec notamment le recours &agrave; la documentation administrative. L&#39;information administrative passe &eacute;galement par la presse hospitali&egrave;re et de sant&eacute; publique. </li></ul><h3>3) La population m&eacute;dicale</h3><ul> <li>L&#39;interne ou l&#39;&eacute;tudiant en m&eacute;decine ou en pharmacie : Au cours de ces &eacute;tudes, il utilise essentiellement les ressources propos&eacute;es par la biblioth&egrave;que universitaire ou la biblioth&egrave;que m&eacute;dicale de son h&ocirc;pital pour r&eacute;diger sa th&egrave;se; il utilise les banques de donn&eacute;es et les CD-ROM m&eacute;dicaux, parmi les premiers &agrave; &ecirc;tre apparus sur le march&eacute;. </li> <li>Le professeur et le m&eacute;decin-chef de service: il a recours &agrave; des monographies, des comptes rendus de congr&egrave;s, des recueils de revues g&eacute;n&eacute;rales. Il d&eacute;pouille les bibliographies analytiques et les revues de sommaires (Current contents, Reference Update, Medexpress). </li> <li>le chercheur : Il utilisera les outils bibliographiques classiques et de plus en plus les banques de donn&eacute;es type Medline, Pascal et Embase. </li> <li>le m&eacute;decin praticien hospitalier : Pour sa formation continue &agrave; l&#39;h&ocirc;pital et pour alimenter les &quot;staffs de bibliographie&quot; r&eacute;guliers &agrave; l&#39;int&eacute;rieur du service, il a recours aux encyclop&eacute;dies, aux revues de sp&eacute;cialit&eacute;s, aux clinics, ainsi qu&#39;aux banques de donn&eacute;es. Il attend de celtes-ci des r&eacute;ponses rapides et pr&eacute;cises pour affiner un diagnostic ou conna&icirc;tre les nouvelles th&eacute;rapeutiques utilis&eacute;es pour une pathologie. Il compte beaucoup sur les relations professionnelles, les rencontres, les colloques, .la formation m&eacute;dicale continue pour s&#39;informer. </li></ul><h3>4) La population infirmi&egrave;re et param&eacute;dicale</h3><p>Encore embryonnaire, la documentation en soins infirmiers est moins d&eacute;velopp&eacute;e et b&eacute;n&eacute;ficie de moins de moyens (en personnel et en moyens techniques) que la documentation m&eacute;dicale. </p><ul> <li>Les &eacute;tudiants en soins infirmiers. La plupart des &eacute;coles d&#39;infirmi&egrave;res en France poss&egrave;dent une biblioth&egrave;que, g&eacute;r&eacute;e par un cadre enseignant selon des r&egrave;gles classiques qui ont fait leurs preuves. Tr&egrave;s peu sont informatis&eacute;es et le corps infirmier n&#39;a ainsi qu&#39;un acc&egrave;s r&eacute;duit &agrave; l&#39;information. Les besoins des &eacute;tudiants sont cependant r&eacute;els, car un travail personnel important leur est demand&eacute; durant leurs trois ann&eacute;es d&#39;&eacute;tudes. </li> <li>Les personnels soignants. Avec &agrave; leur t&ecirc;te les infirmiers g&eacute;n&eacute;raux, ils b&eacute;n&eacute;ficient de peu de moyens pour assurer une formation continue digne de ce nom. Quelques abonnements sont achet&eacute;s en commun pour le service et le cadre infirmier a un r&ocirc;le non n&eacute;gligeable &agrave; jouer en mati&egrave;re de dotumentation et d&#39;information. L&#39;Assistance Publique -H&ocirc;pitaux de Paris a mis en place un Centre de documentation p&eacute;dagogique centralis&eacute;, et quelques h&ocirc;pitaux poss&egrave;dent une biblioth&egrave;que pour le personnel soignant. Cependant, la litt&eacute;rature en soins infirmiers est abondante, ainsi que les titres de p&eacute;riodiques; des banques de donn&eacute;es sp&eacute;cialis&eacute;es (CINHAL par exemple) ont vu le jour, la plupart &eacute;tant anglo-saxonnes, </li></ul><h2>Conclusion</h2><h3>Les orientations actuelles et futures de la documentation hospitali&egrave;re</h3><p>Une premi&egrave;re tendance se dessine nettement pour le recrutement au sein de l&#39;h&ocirc;pital public de professionnels de l&#39;information (biblioth&eacute;caires, documentalistes). </p><p>Le deuxi&egrave;me point est le d&eacute;veloppement d&#39;un certain nombre de structures diff&eacute;rentes et r&eacute;pondant &agrave; des besoins vari&eacute;s : centres de documentation pluridisciplinaires; centres de documentation sp&eacute;cialis&eacute;s (urgences; infections nosocomiales; r&eacute;&eacute;ducation fonctionnelle...); centres de documentation, d&eacute;partement d&#39;information m&eacute;dicale et archives; centres desservant plusieurs h&ocirc;pitaux. </p><p>Un troisi&egrave;me et dernier point est la perc&eacute;e importante que font les .nouvelles technologies dans le monde hospitalier, et en documentation. </p><p>L&#39;information reste 1e meilleur moyen de r&eacute;soudre la comp1exit&eacute; dans le monde d&#39;aujourd&#39;hui. Probl&eacute;matique entre le management (ressources humaines, organisations) et la complexit&eacute; (gestion des objectifs, gestion strat&eacute;gique), l&#39;information est le seul moyen d&#39;adapter les organisations. </p><p>(R&eacute;sum&eacute; de la communication faite au Congr&egrave;s HOPE95, Madrid) </p><p>cop. JP Accart, 2007 </p></p><p></p><p>&nbsp;</p> <p><ul> <li> <p> <strong>Gestions hospitali&egrave;res, 1995, n&deg; 350, pp. 686-690.</strong> </p> </li> <li> <p> <strong>Newsletter to European Health Librarians, 1995, October, n&deg; 33.</strong> </p> </li></ul><h4>&nbsp;&nbsp;</h4><h4>R&eacute;sum&eacute;</h4><h4>Hospital Committee of the European Union <br />Hope International Congress 1995 -Madrid <br />Communication and Hospitals </h4><h4>Communication and information in public hospitals : the role played by libraries and documentation in decision making / Communication et information &agrave; l&#39;h&ocirc;pital public: le r&ocirc;le jou&eacute; par les biblioth&egrave;ques et la documentation dans la prise de d&eacute;cision </h4><h4>French public hospitals are confronted with the challenging problem of organizing an enormous amount of information in the field of administration; medicine, science, nursing care, and technical challenge oby creating libraries and ressource centres in hospitals. The documentation is more often not centraJ&icirc;led, it is a wide user of the new technologies and is acting in accordance with the demand of varied and exac&#39;tingcustomers like managers, doctors or nurses. At the present time, an increasing tendancy towards a centralized hospital library; delivering technical and specialized documentaton is noticeable. </h4><h2>La fonction documentaire &agrave; l&#39;h&ocirc;pital</h2><p>L&#39;&eacute;volution de la documentation a &eacute;t&eacute; tr&egrave;s nette durant ces vingt derni&egrave;res ann&eacute;es, notamment gr&acirc;ce aux technologies dites nouvelles (type Minitel en France, micro-ordinateurs, banques de donn&eacute;es, CD-ROM, r&eacute;seaux informatiques tel Internet). La fonction documentaire &agrave; 1&#39;h&ocirc;pita1 a commenc&eacute; &agrave; &eacute;merger depuis 1971. </p><p>Un certain nombre; d&#39;enqu&ecirc;tes ont &eacute;t&eacute; r&eacute;a1is&eacute;es. On trouve donc: </p><ul> <li>des biblioth&egrave;ques administratives, encore embryonnaires </li> <li>des biblioth&egrave;ques m&eacute;dicales, en g&eacute;n&eacute;ral les mieux organis&eacute;es et pourvues de moyens </li> <li>des biblioth&egrave;ques pour les &eacute;tudiants en soins infirmiers qui s&#39;ouvrent peu &agrave; peu au personnel des services </li> <li>et enfin, mais ceci est r&eacute;cent, des centres de documentation pluridisciplinaires. </li></ul><h2>La documentation hospitali&egrave;re : diversit&eacute; des utilisateurs et pluralit&eacute; des moyens</h2><h3>1) Les directeurs d&#39;h&ocirc;pitaux et les attach&eacute;s de direction. </h3><p>Form&eacute; par l&#39;Ecole Nationale de la Sant&eacute; Publique (ENSP-Rennes), le jeune directeur doit se r&eacute;f&eacute;rer constamment &agrave; la l&eacute;gistation et &agrave; la jurisprudence administrative afin de faire face &agrave; ses responsabilit&eacute;s. Son premier r&eacute;flexe est de s&#39;adresser &agrave; son r&eacute;seau personnel pour obtenir des informations (anciens &eacute;l&egrave;ves, coll&egrave;gues, Minist&egrave;re de la Sant&eacute;). <br />Ensuite, il fera appel au service de documentation ou &agrave; ce qui en tient lieu (souvent son propre secr&eacute;tariat). <br />L&#39;information administrative est diffus&eacute;e le plus souvent, en premier lieu, &agrave; l&#39;&eacute;quipe de direction sous forme de bulletins d&#39;information, de revues de presse et de dossiers documentaires. Le recours aux banques de donn&eacute;es juridiques (textes de lois et jurisprudence) se g&eacute;n&eacute;ralise. </p><h3>2) les personnels hospitaliers</h3><ul> <li>les personnels administratifs, ouvriers: leurs demandes portent sur les textes de rois r&eacute;gissant leurs carri&egrave;res; les pr&eacute;parations aux concours, la formation permanente continue. </li> <li>les personnels techniques: avec l&#39;apparition de nouveaux m&eacute;tiers li&eacute;s &agrave; des plateaux techniques plus performants (ing&eacute;nierie biom&eacute;dical par exemp1e, informaticien), la documentation technique se d&eacute;veloppe. </li> <li>les personnels sociaux assistant de service social, &eacute;ducateur): avec notamment le recours &agrave; la documentation administrative. L&#39;information administrative passe &eacute;galement par la presse hospitali&egrave;re et de sant&eacute; publique. </li></ul><h3>3) La population m&eacute;dicale</h3><ul> <li>L&#39;interne ou l&#39;&eacute;tudiant en m&eacute;decine ou en pharmacie : Au cours de ces &eacute;tudes, il utilise essentiellement les ressources propos&eacute;es par la biblioth&egrave;que universitaire ou la biblioth&egrave;que m&eacute;dicale de son h&ocirc;pital pour r&eacute;diger sa th&egrave;se; il utilise les banques de donn&eacute;es et les CD-ROM m&eacute;dicaux, parmi les premiers &agrave; &ecirc;tre apparus sur le march&eacute;. </li> <li>Le professeur et le m&eacute;decin-chef de service: il a recours &agrave; des monographies, des comptes rendus de congr&egrave;s, des recueils de revues g&eacute;n&eacute;rales. Il d&eacute;pouille les bibliographies analytiques et les revues de sommaires (Current contents, Reference Update, Medexpress). </li> <li>le chercheur : Il utilisera les outils bibliographiques classiques et de plus en plus les banques de donn&eacute;es type Medline, Pascal et Embase. </li> <li>le m&eacute;decin praticien hospitalier : Pour sa formation continue &agrave; l&#39;h&ocirc;pital et pour alimenter les &quot;staffs de bibliographie&quot; r&eacute;guliers &agrave; l&#39;int&eacute;rieur du service, il a recours aux encyclop&eacute;dies, aux revues de sp&eacute;cialit&eacute;s, aux clinics, ainsi qu&#39;aux banques de donn&eacute;es. Il attend de celtes-ci des r&eacute;ponses rapides et pr&eacute;cises pour affiner un diagnostic ou conna&icirc;tre les nouvelles th&eacute;rapeutiques utilis&eacute;es pour une pathologie. Il compte beaucoup sur les relations professionnelles, les rencontres, les colloques, .la formation m&eacute;dicale continue pour s&#39;informer. </li></ul><h3>4) La population infirmi&egrave;re et param&eacute;dicale</h3><p>Encore embryonnaire, la documentation en soins infirmiers est moins d&eacute;velopp&eacute;e et b&eacute;n&eacute;ficie de moins de moyens (en personnel et en moyens techniques) que la documentation m&eacute;dicale. </p><ul> <li>Les &eacute;tudiants en soins infirmiers. La plupart des &eacute;coles d&#39;infirmi&egrave;res en France poss&egrave;dent une biblioth&egrave;que, g&eacute;r&eacute;e par un cadre enseignant selon des r&egrave;gles classiques qui ont fait leurs preuves. Tr&egrave;s peu sont informatis&eacute;es et le corps infirmier n&#39;a ainsi qu&#39;un acc&egrave;s r&eacute;duit &agrave; l&#39;information. Les besoins des &eacute;tudiants sont cependant r&eacute;els, car un travail personnel important leur est demand&eacute; durant leurs trois ann&eacute;es d&#39;&eacute;tudes. </li> <li>Les personnels soignants. Avec &agrave; leur t&ecirc;te les infirmiers g&eacute;n&eacute;raux, ils b&eacute;n&eacute;ficient de peu de moyens pour assurer une formation continue digne de ce nom. Quelques abonnements sont achet&eacute;s en commun pour le service et le cadre infirmier a un r&ocirc;le non n&eacute;gligeable &agrave; jouer en mati&egrave;re de dotumentation et d&#39;information. L&#39;Assistance Publique -H&ocirc;pitaux de Paris a mis en place un Centre de documentation p&eacute;dagogique centralis&eacute;, et quelques h&ocirc;pitaux poss&egrave;dent une biblioth&egrave;que pour le personnel soignant. Cependant, la litt&eacute;rature en soins infirmiers est abondante, ainsi que les titres de p&eacute;riodiques; des banques de donn&eacute;es sp&eacute;cialis&eacute;es (CINHAL par exemple) ont vu le jour, la plupart &eacute;tant anglo-saxonnes, </li></ul><h2>Conclusion</h2><h3>Les orientations actuelles et futures de la documentation hospitali&egrave;re</h3><p>Une premi&egrave;re tendance se dessine nettement pour le recrutement au sein de l&#39;h&ocirc;pital public de professionnels de l&#39;information (biblioth&eacute;caires, documentalistes). </p><p>Le deuxi&egrave;me point est le d&eacute;veloppement d&#39;un certain nombre de structures diff&eacute;rentes et r&eacute;pondant &agrave; des besoins vari&eacute;s : centres de documentation pluridisciplinaires; centres de documentation sp&eacute;cialis&eacute;s (urgences; infections nosocomiales; r&eacute;&eacute;ducation fonctionnelle...); centres de documentation, d&eacute;partement d&#39;information m&eacute;dicale et archives; centres desservant plusieurs h&ocirc;pitaux. </p><p>Un troisi&egrave;me et dernier point est la perc&eacute;e importante que font les .nouvelles technologies dans le monde hospitalier, et en documentation. </p><p>L&#39;information reste 1e meilleur moyen de r&eacute;soudre la comp1exit&eacute; dans le monde d&#39;aujourd&#39;hui. Probl&eacute;matique entre le management (ressources humaines, organisations) et la complexit&eacute; (gestion des objectifs, gestion strat&eacute;gique), l&#39;information est le seul moyen d&#39;adapter les organisations. </p><p>(R&eacute;sum&eacute; de la communication faite au Congr&egrave;s HOPE95, Madrid) </p><p>cop. JP Accart, 2007 </p></p><p></p><p>&nbsp;</p>