International - Jean-Philippe Accart https://www.jpaccart.ch/articles/international/ Wed, 16 Apr 2025 21:38:58 +0000 Joomla! - Open Source Content Management fr-fr bs@sturmundbraem.ch (Jean-Philippe Accart) 2023 - IFLA 2023 - Rotterdam :"Let's Library" https://www.jpaccart.ch/international/2023-ifla-2023-lets-library.html https://www.jpaccart.ch/international/2023-ifla-2023-lets-library.html

L'affiche du congrès 2023

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info@jpaccart.ch (jpaccart) International Mon, 30 Oct 2023 09:25:26 +0000
2022 - IFLA 2022 - Dublin : « Inspirer, engager, activer, connecter » https://www.jpaccart.ch/international/2022-ifla-2022-inspirer-engager-activer-connecter.html https://www.jpaccart.ch/international/2022-ifla-2022-inspirer-engager-activer-connecter.html

IFLA Dublin 2022

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2022 - « La Fédération internationale des bibliothèques (IFLA) tient son 87ème congrès » https://www.jpaccart.ch/international/2022-la-federation-internationale-des-bibliotheques-ifla-tient-son-87eme-congres.html https://www.jpaccart.ch/international/2022-la-federation-internationale-des-bibliotheques-ifla-tient-son-87eme-congres.html ]]> info@jpaccart.ch (jpaccart) International Thu, 01 Sep 2022 06:22:49 +0000 2021 - Veille & actualité 7 (CNED) : La stratégie de l'IFLA 2019-2024 https://www.jpaccart.ch/international/2021-veille-actualite-7-cned-la-strategie-de-lifla-2019-2024.html https://www.jpaccart.ch/international/2021-veille-actualite-7-cned-la-strategie-de-lifla-2019-2024.html

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2021 - Congrès de l'IFLA 2021 : découvrir, discuter, provoquer, résoudre https://www.jpaccart.ch/international/2021-congres-de-lifla-2021-decouvrir-discuter-provoquer-resoudre.html https://www.jpaccart.ch/international/2021-congres-de-lifla-2021-decouvrir-discuter-provoquer-resoudre.html

revue Lectures-Cultures

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2020 - L'IFLA en temps de pandémie https://www.jpaccart.ch/international/2020-lifla-en-temps-de-pandemie.html https://www.jpaccart.ch/international/2020-lifla-en-temps-de-pandemie.html

L'IFLA en temps de pandémie

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2019 - Athènes (Grèce) https://www.jpaccart.ch/international/2019-athenes-grece.html https://www.jpaccart.ch/international/2019-athenes-grece.html

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2017 - IFLA Wroclaw (Pologne) https://www.jpaccart.ch/international/2017-ifla-wroclaw-pologne.html https://www.jpaccart.ch/international/2017-ifla-wroclaw-pologne.html

Ifla 2017

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2016 - IFLA Columbus (Etats-Unis) https://www.jpaccart.ch/international/2016-ifla-columbus-usa.html https://www.jpaccart.ch/international/2016-ifla-columbus-usa.html

IFLA Columbus

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info@jpaccart.ch (jpaccart) International Tue, 06 Dec 2016 19:06:20 +0000
2015 - IFLA Cape Town (Afrique du Sud) https://www.jpaccart.ch/international/2015-ifla-cape-town-afrique-du-sud.html https://www.jpaccart.ch/international/2015-ifla-cape-town-afrique-du-sud.html

IFLA 2015

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info@jpaccart.ch (jpaccart) International Thu, 13 Aug 2015 06:17:57 +0000
2015 - Crimea 2015 : La documentation en Russie https://www.jpaccart.ch/international/2015-crime-2015-la-documentation-en-russie.html https://www.jpaccart.ch/international/2015-crime-2015-la-documentation-en-russie.html

Crimea 2015

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info@jpaccart.ch (jpaccart) International Mon, 29 Jun 2015 07:53:49 +0000
2014 - Séminaire IFLA P&C - Genève (Suisse) https://www.jpaccart.ch/international/2014-seminaire-ifla-p-c-geneve-suisse.html https://www.jpaccart.ch/international/2014-seminaire-ifla-p-c-geneve-suisse.html ]]> bernhard.sturm@daszeichen.ch (Super User) International Wed, 21 Jan 2015 16:48:23 +0000 2013 - IFLA Singapour https://www.jpaccart.ch/international/2013-ifla-singapour.html https://www.jpaccart.ch/international/2013-ifla-singapour.html

IFLA WLIC Singapore 2013

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bernhard.sturm@daszeichen.ch (Super User) International Wed, 21 Jan 2015 16:48:23 +0000
2012 - IFLA Helsinki (Finlande) https://www.jpaccart.ch/international/2012-ifla-helsinki-finlande.html https://www.jpaccart.ch/international/2012-ifla-helsinki-finlande.html

in, Archimag, n° 257, sept. 2012, p.40-41

Nous, bibliothécaires


Le Congrès mondial des bibliothèques et de l'information organisé annuellement par l'IFLA a tenu sa 78ème édition à Helsinki en Finlande du 11 au 17 août derniers. De par son titre - « Libraries Now! - Inspiring, Surprising, Empowering » - cette édition était censée nous surprendre et nous inspirer, ce qui est toujours en partie vrai par rapport à ce rendez-vous annuel.  Mais le lieu de la conférence et le pays lui-même ont une forte tradition en matière de bibliothèques, d'architecture et de design, de services novateurs aux utilisateurs, et ce sont certainement des éléments qui ont attiré près de 4000 professionnels de l'information à la conférence : ils ont pu assister à quelque 200 conférences, ateliers et visites de bibliothèques.

Les bibliothèques finlandaises : les raisons du succès

Comment se caractérisent ces bibliothèques à l'autre bout de l'Europe ? Qu'ont-elles que d'autres n'ont pas ? Tuula Havisto, directrice des bibliothèques de la ville de Tampere à deux heures de route d'Helsinki, résume ainsi les raisons d'un succès enviable : « Mise en réseau, architecture, collections de qualité, professionnels de haut niveau... à quoi s'ajoute la popularité ! Voilà comment se caractérisent nos bibliothèques : toutes sont gratuites et ouvertes à tout un chacun - ce qui incluent bien sûr les bibliothèques publiques, mais également universitaires et de recherche, la Bibliothèque nationale, celle du Parlement. »

Quelques chiffres significatifs, et parfois surprenants, nous aident à mieux comprendre :

-  pour être au plus près de la population (la Finlande compte 5.3 millions d'habitants sur le cinquième plus vaste pays de l'Union européenne composé de plus de 3000 lacs et d'innombrables îles, les bibliothèques desservent par tous les moyens possibles (bus, bateaux...) 12 378 points-livres sur tout le territoire ;

- 80% des Finlandais sont inscrits en bibliothèque ;

- en 2011, plus de 2 800 000 prêts de livres en langues étrangères ont été enregistrés ;

-  211 millions d'euros ont été dépensés en 2011 pour les dépenses de personnel et de matériel...

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Helsinki, ville mondiale du Design 2012


Il n'y a qu'à se promener dans les rues animées de la capitale finlandaise en ce milieu du mois d'août pour constater que le design fait partie intégrante du quotidien et du paysage urbain à Helsinki. Ceci se reflète vivement à travers la structure et l'histoire de la ville. Alors que Helsinki devint la capitale de la Finlande en 1812, la planification de son espace urbain et son architecture furent révisées selon le style néoclassique. L'architecture est caractérisée par de nombreux bâtiments néoclassiques de style Empire, mais également par des édifices de styles Romantisme national, Art nouveau et Fonctionnalisme.
La Finlande est connue pour ses grandes marques internationales comme Marimekko, Kone et Nokia, mais également pour l'École
supérieure de Design de l'Université Aalto (du nom du plus célèbre architecte du pays, Alvar Aalto)  dont la visite est très instructive.

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La majorité des participants rencontrés a exprimé son enthousiasme par rapport aux bibliothèques finlandaises et leur design. La célèbre « Library 10"à Helsinki qui est la bibliothèque de la ville remporte à juste titre tous les suffrages. Les bibliothèques de la ville de Tampere ne sont pas moins méritantes de par leur design, leur proximité du public et leurs services.

Quelques travaux d'importance de l'IFLA en 2012

Parmi de nombreux dossiers sur lesquels la Fédération travaille, quelques-uns retiennent principalement l'attention et ont été présentés à Helsinki :

-  le premier concerne les « 5 initiatives-clés de l'IFLA » qui se déclinent en programmes sur:
 

o       le contenu numérique pour l'accès au contenu et aux ressources des bibliothèques numériques ;
o       le développement de la bibliothéconomie ;
o       la défense et l'avancement de la profession ;
o       la reconstruction du patrimoine culturel après un désastre ;
o       le multilinguisme.

-  le second porte sur le « Rapport d'activités 2011 de l'IFLA » qui est publié traditionnellement pour la conférence annuelle et qui résume l'activité intense menée par la Fédération dont le slogan est « The Global Voice for Libraries ».

-  un troisième concerne le « Code d'éthique de l'IFLA » qui a été très suivi sur les réseaux sociaux : au cours de 2011 et 2012, le groupe de travail FAIFE (groupe pour la liberté d'information et d'expression) a largement consulté les bibliothécaires sur un projet de code international d'éthique. Des centaines de commentaires des membres de l'IFLA et de non membres ont été reçus pour le projet, et une version finale a été préparée et approuvée par le Conseil d'administration de l'IFLA. Il est maintenant disponible en ligne.

-   enfin, le programme « Adopt a student 2.0 » : l'objectif est de parrainer des étudiants en bibliothèque et sciences de l'Information (LIS) pour une adhésion à l'IFLA pendant un an soit 59 euros. Ils pourront travailler avec les sections de l'IFLA ou à différents projets.

Quelques thèmes débattus lors de la conférence

Parmi les très nombreux thèmes débattus, quelques-uns retiennent l'attention :

- le thème de la curation, qui fait l'objet de nombreux articles en France et en Europe, n'est pas un sujet très nouveau Outre-Atlantique : la curation est, très schématiquement, une pratique qui consiste à sélectionner des contenus en ligne les plus pertinents et à les partager d'où le développement du métier dit de « community manager ». Une session très suivie et très commentée
portait sur le rôle des bibliothécaires par rapport à la curation dans différents pays du monde (Allemagne, Canada, Etats-Unis, Grande-Bretagne). OCLC a lancé un projet de recherche très important sur la curation.

- autre thème, celui du cloud computing et son impact sur la vie privée : Clifford A. Lynch (Coalition for Networked Information  - CNI) explique que l'idée du cloud computing remonte aux années 1960 et il fractionne le cloud computing en
deux catégories - public et privé - avec trois types de clouds :


1) stockage ;
2) calculs ;
3) et des applications en tant que services.


Il a ensuite exposé un certain nombre d'avantages et d'inconvénients des clouds : problème de dépendance, de manque de transparence, mais capacité importante de stockage et d'archivage.

- Helena Ranta, professeur à l'Université d'Helsinki, a prononcé un discours puissant sur la destruction de biens culturels et la récupération du patrimoine culturel après une guerre : on pense bien sûr aux événements récents au Mali à Tombouctou ou en cours en Syrie dans la ville d'Alep. Mais cela peut être aussi en cas de génocide ou d'emprisonnement : l'exemple de la poétesse russe Anna Ahmatova emprisonnée au temps de Staline et qui a vu son poème Requiem reconstitué de mémoire par ses amis.  H. Ranta insiste sur le rôle des professionnels de l'information dans le travail de collecte et d'archivage de la mémoire.

- l'Open Data est un thème débattu par la Section des bibliothèques nationales et fait également l'objet d'une table ronde organisée par OCLC. La Bibliothèque nationale d'Ecosse fait part de son expérience. D'autres instittuions sont prêtes à se lancer telles la British Library, la Deutsche Nationalbibliothek, la BnF. OCLC a récemment ouvert les données de WorldCat en Schema.org sous licence ouverte.

Un peu de francophonie  et les prochains congrès

L'Association internationale francophone des bibliothécaires et documentalistes (AIFB) tient son assemblée générale en parallèle à la conférence de l'IFLA. Avec pour objectif principal la défense te la promotion de la langue française au sein de l'IFLA (par des traductions, des bourses attribuées aux professionnels du Sud), c ‘est l'occasion de revenir sur les congrès de cette jeune association (à
Montréal en 2008 ou en Martinique en 2011), de préparer le prochain en 2014 (les villes intéressées peuvent déposer un dossier de candidature), de promouvoir la liste de diffusion Bibliodoc qui totalise plus de 1000 inscrits et pour ceux qui le souhaitent devenir   membre (soit une cotisation individuelle de 10 euros).


L'annonce de l'élection de la ville de Lyon pour le congrès IFLA 2014 est bien évidemment d'importance et réjouit les francophones présents. Nul doute que ces deux prochaines années ne seront pas de trop pour sa préparation.

En attendant, en août 2013, c'est le continent asiatique qui est honoré avec la ville de Singapour comme lieu du congrès. Il se tiendra du 17 au 23 août 2013, avec un thème ambitieux : « Les bibliothèques du futur : d'infinies possibilités » .



Jean-Philippe Accart, cop. 2013



Quelques sites et références


- http://conference.ifla.org/ifla78


- « Finnish Libraries now ! » brochure publiée à l'occasion de l'IFLA 2012 : http://now.libraries.fi/   


- Chiffres cités dans Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Finlande


- http://now.libraries.fi/onthemove.htm


- http://www.finncult.be/fr/actualites/137-helsinki-2012


- http://fr.wikipedia.org/wiki/Alvar_Aalto


- http://www.helsinkischool.fi/helsinkischool/index.php?k=8358


- « Bibliothèque » en finlandais se traduit par « Kirjasto »


- http://www.lib.hel.fi/en-GB/kirjasto10/


- http://www.tampere.fi/english/librariesandarchives.html


- http://www.ifla.org/files/hq/gb/strategic-plan/key-initiatives-2011.pdf


- http://www.ifla.org/files/hq/annual-reports/2011.pdf  


- http://www.ifla.org/en/news/ifla-code-of-ethics-for-librarians-and-other-information-workers


- http://www.ifla.org/en/faife


- http://www.ifla.org/en/set/adopt-a-student


- http://www.oclc.org/research/activities/datacuration.html


- http://www.cni.org/about-cni/

- http://express.ifla.org/node/5419


- http://www.aifbd.org


- Bibliodoc : http://bibliodoc.francophonie.org/



- http://conference.ifla.org/ifla79







 

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) International Sun, 31 Mar 2013 18:37:11 +0000
2012 - 101ème Congrès des bibliothèques allemandes - Hambourg (Allemagne) https://www.jpaccart.ch/international/2012-101eme-congres-des-bibliotheques-allemandes-hambourg-allemagne.html https://www.jpaccart.ch/international/2012-101eme-congres-des-bibliotheques-allemandes-hambourg-allemagne.html Intitulée « Les bibliothèques, portes d'accès au savoir », cette manifestation d'envergure a réuni à Hambourg du 22 au 25 mai 2012 quelque 4700 bibliothécaires et invités internationaux (plus d'une trentaine, hôtes du Ministère allemand des affaires étrangères) ]]> bernhard.sturm@daszeichen.ch (Super User) International Wed, 29 May 2013 15:35:21 +0000 2011 - Un reflet de la documentation internationale à Genève: The Association of International Librarians and Information Specialists (AILIS) https://www.jpaccart.ch/international/2011-un-reflet-de-la-documentation-internationale-a-geneve-the-association-of-international-librarians-and-information-specialists-ailis.html https://www.jpaccart.ch/international/2011-un-reflet-de-la-documentation-internationale-a-geneve-the-association-of-international-librarians-and-information-specialists-ailis.html

AILIS

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info@jpaccart.ch (jpaccart) International Mon, 07 Sep 2015 08:26:13 +0000
2011 - Lire le monde comme un grand livre - Fort-de-France (Martinique) https://www.jpaccart.ch/international/2011-lire-le-monde-comme-un-grand-livre-fort-de-france-martinique.html https://www.jpaccart.ch/international/2011-lire-le-monde-comme-un-grand-livre-fort-de-france-martinique.html

Les 2èmes Assises de la lecture publique en Martinique avec Marie-Françoise Bernabé, Bulletin des Bibliothèques de France, 2011, n° 2, p. 93-94

martiniqueAprès une première édition en 2000, la seconde édition des Assises de la lecture publique en Martinique a eu lieu les 17 et 18 novembre 2010 à Fort-de-France, et une centaine de professionnels ont pu échanger autour du thème « Livres, multimédia et Internet : quels nouveaux enjeux pour les bibliothèques ? ». L'Association des bibliothèques publiques de Martinique (ABPM) et sa dynamique présidente Anique Sylvestre - en outre directrice de la  Bibliothèque Schoelcher, la DRAC Martinique représentée par Mme Michèle Nardi, le Conseil général de la Martinique ainsi que la Région Martinique ont soutenu cette manifestation très attendue par les participants. En dix années, il est peu de dire que le paysage de l'information a changé, plongeant la profession de plain pied dans l'ère du numérique. Les bibliothèques en Martinique ont trente ans d'existence, et de nombreux projets sont en cours de réalisation.

Le professeur Jean Bernabe, linguiste et écrivain, a introduit de belle façon les Assises en mentionnant la bibliothèque comme « outil d'ingénierie sociale, permettant de mieux vivre ensemble » : la mondialisation est vue comme une mise en relation des individus où l'on parle de culture, de civilisation et civilité. Les Antilles sont un carrefour entre l'Europe, l'Afrique, l'Orient, le Levant où la question de l'identité se pose. Il faut « apprendre à lire le monde, qui est un grand livre ». La bibliothèque est devenue « transculturelle ». Michèle Nardi /DRAC) souligne quant à elle, avec une vigueur semble-t-il coutumière, l'importance de ces Assises qui rassemblent les différents acteurs du livre, permettant de décloisonner les territoires et les métiers. Elle rappelle, notamment, les 14 mesures pour la lecture édictées par Frédéric Mitterand, ministre de la Culture. Les passionnantes interventions d'Anne-Laure Collomb, responsable du « Guichet du savoir » à la bibliothèque de la Part Dieu, à Lyon, et de Jean-Philippe Accart, de l'Université de Genève, présentent deux types de service de références en ligne, dont les performances sont essentielles à l'image de la bibliothèque. Les réactions des participants démontrent l'utilité pour la Martinique des pistes dégagées.

 Au niveau de la Martinique, le mariage réussi entre Cyberbase et bibliothèque municipale de Rivière-Salée offre un exemple de collaboration intelligente entre deux services municipaux pour offrir Internet au plus grand nombre. Le projet RIBINO (Réseau Informatisé des Bibliothèques du Nord), mené sans réelle implication des bibliothèques concernées et non abouti depuis des années, permet en contrepoint, de mesurer les effets néfastes d'une gestion technocratique. Béa Bazile, directrice de la BDP de Guadeloupe, expose un bilan très documenté de la mise en application du Plan Développement Lecture signé il y a une quinzaine d'années entre Conseil Régional, Conseil Général et DRAC : toutes les communes guadeloupéennes, à une exception près, participent au réseau informatique de la BDP. Le Portail Documentaire Guadeloupéen, incluant toutes les bibliothèques, y compris universitaires, est pour bientôt. Simone Marie-Rose, directrice de la BDP Martinique, détaille le plan départemental de lecture publique en Martinique, voté et appliqué depuis deux ans. Le débat suggère la nécessité d'un dialogue prenant en compte l'existant et cherchant des solutions pour le faire évoluer au mieux, entre l'ensemble des élus et leurs bibliothèques.

M. Marcellin Nadeau, président de la Commission Culture du département, évoque les principales dispositions prises pour la lecture publique, véritable enjeu pour la solidarité. Il rappelle que la population en Martinique (soit 402 000 habitants) compte un peu plus de 15 % d'illettrés (9% en métropole) : l'objectif visé est bien entendu la réduction dans les 5 ans de ce chiffre. Sont ensuite mentionnés les contrats territoires-lecture qui sont de véritables partenariats entre les différents acteurs de la lecture. À sa suite, Myriam Sangre détaille les raisons qui font que la Martinique déplore un pourcentage qui est presque le double de la moyenne nationale. Raoul Maran, évoquant les grandes lignes du plan académique, rend compte de la riche expérience « programme parler », menée dans les communes du Marin, du François et de Saint-Pierre et intégrée dans le Plan Régional d'Action 2011-2013.

La table ronde sur l'édition, la diffusion et la distribution du livre aux Antilles, objet d'un débat passionné entre auteurs, éditeurs, libraires, diffuseurs, réunis autour d'Arlette Pacquit, journaliste, a montré l'acuité du problème en Martinique, pays de très grande production desservie par une médiocre diffusion et menacée de tomber partiellement dans l'oubli, faute de réédition. Tous les handicaps répertoriés amènent le débat sur le projet d'Agence Régionale du Livre, pour lequel, depuis trois ans, Madame Nardi, de la DRAC, a constitué un groupe de travail. À ce sujet, Yvette Gallot, représentante du Conseil Régional, précise l'état de la réflexion des élus, soucieux de soutenir la production locale du livre comme facteur de promotion des langues et cultures créoles

Les premières assises avaient établi un constat général de carence en matière de mètres carrés de bibliothèque, de formations initiale et continue des personnels, de chiffres fiables, et surtout de volonté politique affirmée. Dix ans après, le déficit a été pratiquement comblé en Martinique. Dans sa conclusion, au terme d'une journée et demie intense de travaux, Anique Sylvestre insiste avec raison sur l'ampleur des tâches à venir, forcément tributaires d'une collaboration améliorée des différents acteurs. Un constat final : de notables progrès accomplis, une feuille de route et des projets émergents, propres à améliorer le « mieux vivre  ensemble » de la population martiniquaise.

Dernière demi-journée dédiée à la situation du livre et de la lecture en Haïti : Erik Toussaint, ingénieur en sciences de l'information, en charge de la gestion de trente bibliothèques de proximité, expose le Plan d'Action post-séisme à court, moyen et long terme élaboré par les professionnels. Alice Gradel, conservateur, adjointe au directeur du SCD lance la discussion en présentant les actions concrètes de collaboration entre SCD, BSF et Haïti, et pose la délicate question du don de livres.

Marie-Françoise Bernabe

Jean-Philippe Accart

cop. 2012

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) International Fri, 03 Feb 2012 09:18:33 +0000
2011 - IFLA San Juan de Puerto Rico (Etats-Unis) https://www.jpaccart.ch/international/2011-ifla-san-juan-de-puerto-rico-etats-unis.html https://www.jpaccart.ch/international/2011-ifla-san-juan-de-puerto-rico-etats-unis.html

- "Les bibliothèques au-delà des bibliothèques : intégration, innovation et information pour tous" compte rendu publié dans : Hors-Texte, oct. 2011, n° 96, p. 6-9 et le Bulletin des bibliothèques de France, 2011, n° 6, p. 124-125 (http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2011-06-0124-009)  

- "IFLA 2011. Interview", Archimag, oct. 2011

                                                                                                                                                                                                                                                                                

Les bibliothèques au-delà des bibliothèques : intégration, innovation et information pour tous

Les conférences annuelles de l'Ifla  1 se suivent année après année, mais affirment à chaque fois leur différence : le pays et la ville de la conférence y sont évidemment pour beaucoup et San Juan de Puerto Rico est à cet égard un dépaysement complet. Le rendez-vous mondial des professionnels de l'information reste incontournable, même - et surtout - à l'heure des réseaux sociaux. Cependant, la crise économique est passée par là : nombre de participants divisé par deux (2 200 cette année), prestations offertes nettement moins attrayantes également  2  malgré le prix élevé de l'inscription   3, nombre d'exposants lui aussi en baisse. Malgré cela, les efforts faits par le conseil d'administration de l'Ifla depuis plusieurs années portent leurs fruits, avec un contenu nettement plus riche et actualisé, de nombreuses manifestations satellites et des ateliers de travail diversifiés. La conférence est aussi le reflet de l'époque : participants en provenance de Chine, ainsi que des pays scandinaves ou d'Afrique, ces derniers bénéficiant de bourses d'études (celles du comité francophone Ifla   4, de la Fondation Bill et Melinda Gates   5 ou d'autres fonds privés). Concernant le fonctionnement interne de la Fédération, l'assemblée générale a vu cette année peu de résolutions émerger. Ellen Tise prononçait son discours de fin de mandat en tant que présidente. Ingrid Parent prend sa relève pour deux ans  6 .

Les orientations stratégiques de l'Ifla

Les orientations seront les suivantes : numérisation des contenus afin de favoriser la plus grande accessibilité à la connaissance ; programme de leadership afin de développer une présence significative des bibliothèques aux plans régional, national et sur la scène internationale ; promotion et défense de la profession ; programme de soutien à la reconstruction des bibliothèques suite à des destructions.

Pour information, le budget total de l'Ifla pour 2010 s'élevait à 1,87 millions d'euros, couvert pour moitié par les cotisations des membres, un tiers par la Fondation Bill et Melinda Gates, et le reste par d'autres subventions.

En outre, la Fédération travaille en étroite collaboration avec d'autres acteurs, tels l'Unesco, le Conseil international des archives (ICA), les éditeurs ou l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI).

Projet de traité sur les exceptions et limitations pour les bibliothèques et les archives

Trevor C. Clarke, directeur général assistant du « Secteur de la culture et des industries créatives » de l'OMPI a animé une session sur le droit d'auteur. Cet acteur important de l'OMPI a pu ainsi mieux comprendre le contexte des bibliothèques. Puis une conférence du CLM (Committee on Copyright and other Legal Matters) a mis en relief le travail accompli cette année, soit la création d'un projet de traité, qui sera soumis à l'OMPI en novembre prochain à Genève. Ce changement de régime veut offrir un meilleur outil politique pour les pays et vise à soutenir la discussion à l'OMPI. Il a été souligné que le respect du droit des auteurs est un principe qui sous-tend l'écriture du projet.

Ce projet est conforme au droit international existant et il s'applique aux activités spécifiques des bibliothèques ayant pour objectif de soutenir les politiques publiques. De plus, il est soumis à la norme internationale d'utilisation équitable (fair use/fair deal) déterminée par le législateur national, et s'applique aux utilisations non commerciales seulement, sans affecter les droits moraux.

Le défi actuel : les bibliothèques doivent être (sur) « mobiles »

De plus en plus, et certainement pour les jeunes générations, l'accès à internet se fait par téléphone mobile ou smartphone. Klaus Ceynowa, directeur de la Bibliothèque d'État de Bavière, préconise que tous les services de base d'une bibliothèque deviennent disponibles sur téléphone mobile  7. La Bibliothèque d'État de Bavière, à Munich, a ainsi numérisé une collection de livres rares visibles sur mobile . Un des ouvrages s'est classé au dix-neuvième rang en septembre dernier des applications les plus vendues... Même Europeana sera appelée à être diffusée sur les plateformes mobiles. Les bibliothèques de la ville de Londres possèdent aussi une application sur mobile  8 , qui permet de rechercher la bibliothèque la plus proche, de connaître son programme et d'accéder au catalogue.

Pour la Bibliothèque nationale de Singapour   9, la question cruciale est l'optimisation de la diffusion de ses contenus. La bibliothèque numérise le contenu de ses documents, même assujettis à la loi sur le droit d'auteur, dans un but de signalement. Si le document est assujetti aux droits d'auteur, l'usager accède de 10 % à 30 % du contenu selon les contrats avec les éditeurs. Il est mentionné sur le catalogue mais il faut aller à la bibliothèque pour obtenir le document entier. Google et les autres moteurs de recherche peuvent également recenser les contenus numérisés pour favoriser l'accès.

Réseaux sociaux, services en ligne, médiation numérique et sur place

La session intitulée « How to fix the world », du comité FAIFE (Freedom of Access to Information and Freedom of Expression) de l'Ifla a quant à elle abordé l'utilisation des réseaux sociaux dans les Caraïbes ou en Afrique aussi bien que leur impact pour les nouveaux professionnels dans des démarches telles que la recherche d'emploi ou l'enseignement  10 .

La section « Services de référence et d'information » s'interroge sur les services innovants à l'heure du numérique. La bibliothèque est une véritable « entreprise de recherche d'information », notamment au travers de ses espaces de référence (service de référence et d'accueil, salle de référence). Cinq âges de la bibliothèque sont distingués : la bibliothèque « autocentrée », notamment sur ses collections, ne s'interroge pas sur les services aux usagers ; la bibliothèque de 2e génération positionne l'usager au centre de ses préoccupations ; la 3e génération met en avant son expérience, comme entreprise du savoir ; la 4e génération connecte les expériences entre elles (celle de l'usager et celle du bibliothécaire) ; enfin, la 5e génération est la bibliothèque mobile.

Que viennent chercher les étudiants ou d'autres générations à la bibliothèque universitaire ou publique ? Rencontrer leurs amis, travailler en groupe, utiliser un espace de travail tranquille avec l'accès au wifi... un lieu de vie en somme. C'est dans ce cadre que certaines bibliothèques pratiquent le roving reference, que l'on peut traduire par « la référence nomade », et qui vise à faciliter le travail des usagers dans la bibliothèque en rendant les professionnels le plus disponibles possible à leurs questions, et non plus seulement accessibles derrière un bureau d'accueil.

  • De nombreux autres thèmes sont bien sûr traités lors d'une telle conférence. On peut les retrouver sur le site de l'Ifla11 . La prochaine conférence de l'Ifla en 2012 aura lieu à Helsinki, en Finlande, sous le titre dynamique de : « Libraries now ! -Inspiring, surprising, empowering ». 

1.  http://www.ifla.org/ (retour)

2.  Les conférences annuelles étaient célèbres auparavant par leurs évènements sociaux grandioses, et les personnalités invités lors de la cérémonie d'ouverture. (retour)

3.  425 euros. (retour)

4.  http://leblogducfi.over-blog.com/10-index.html (retour)

5.  http://www.gatesfoundation.org/Pages/home.aspx (retour)

6.  Ingrid Parent est la nouvelle présidente élue de l'Ifla pour 2011-2013. Elle est Assistant Deputy Minister à Bibliothèque et Archives Canada. (retour)

tle="note-7">7.  http://www.bsb-muenchen.de/Mobile-Apps.3027.0.html (retour)

8.  http://www.cityoflondon.gov.uk/corporation/LGNL_Services/Leisure_and_culture/Libraries/City_of_London_libraries (retour)

9.  http://www.nlb.gov.sg/ (retour)

10.  Le début de ce paragraphe s'inspire directement du billet d'Emmanuelle Bermès publié le 18 août 2011 sur le blog du CFI : http://leblogducfi.over-blog.com/ (retour)

11.  (retour)

« IFLA 2011. Interview », Archimag, oct. 2011

Le thème du congrès de l'Ifla 2011 était "Les bibliothèques au-delà des bibliothèques : intégration, innovation et information pour tous". Comment ce thème a-t-il été principalement illustré ? Peux-tu citer deux ou trois idées fortes qui en ressortent ?

L'idée sous-jacente de ce titre est à mon sens que les bibliothèques doivent se dépasser elles-mêmes, se réinventer, aller « au-delà » de ce qu'elles sont actuellement. Il faut donc intégrer et innover (avec de nouveaux services, pour de nouvelles populations dans des espaces réinventés sur place ou virtuels) tout en informant qui est le rôle principal des bibliothèques. Un des grands défis de l'Ifla est d'aider les bibliothèques détruites lors de catastrophes (on pense à Haïti, au Japon) : tout est à refaire, mais avec l'expérience acquise. Le Rapport mondial des bibliothèques 2010 fait part de ces initiatives : http://www.ifla.org/en/news/out-now-2010-ifla-annual-report


A-t-il été question des bibliothèques des pays concernés par "le printemps arabe" ? sous forme de témoignages (de qui, de quels établissements...) ? d'alertes ? d'appels à des soutiens ? autres ?

Assez peu de pays arabes ont participé cette année à l'Ifla, probablement pour des raisons économiques et au fait que Puerto Rico est une destination lointaine. Le Comité pour la Liberté d'Accès à l'Information (FAIFE) a relaté les événements en Egypte et en Tunisie principalement au travers du Rapport de l'agence non-gouvernementale RAND (http://www.ifla.org/en/publications/the-role-of-information-technology-in-defeating-the-arab-regimes-facebook-2-0-arab-pres). Ce Comité publie régulièrement des informations sur ce sujet sur le site de l'Ifla et Twitter (http://twitter.com/#!/IFLA_FAIFE).


A-t-il été question des nouvelles règles de catalogage Resource Description and Access (RDA) ? Comment cette question a-t-elle été évoquée : sous l'angle politique ? technique ? compétences ? qui se sont montrés les plus réticents ? les plus volontaires ?

RDA est un code de catalogage soutenu et promu par l'IFLA en vue de remplacer les règles AACR2. Il pourrait même devenir le « code international de catalogage » tel qu'évoqué lors des travaux des Rencontres IFLA d'experts pour un Code international de catalogage. Ce code est adopté par Bibliothèque et Archives Canada, la Bibliothèque nationale d'Australie, la British Library et la Bibliothèque du Congrès qui lance un site dédié (http://www.loc.gov/aba/rda). De nombreux pays se posent actuellement la question du changement de leurs propres règles : l'IFLA a donc clairement émis un choix politique, qui montre aussi le poids américain dans la section de catalogage.


Site IFLA 2011 : http://conference.ifla.org/ifla77

Le site francophone du congrès :
http://www.cfifla.asso.fr/conferences/portorico/indexportorico.htm

Jean-Philippe Accart,

vice-président de l'Association genevoise des bibliothécaires documentalistes (AGBD)

cop. JP Accart 2012

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) International Thu, 12 Jan 2012 14:47:22 +0000
2011 - Crimea 2011 - Sudak (Ukraine) https://www.jpaccart.ch/international/2011-crimea-2011-sudak-ukraine.html https://www.jpaccart.ch/international/2011-crimea-2011-sudak-ukraine.html

"New Trends in Reference Services" - Workshop

Voir la page de la conférence avec le texte intégral de la présentation. 

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) International Thu, 12 Jan 2012 14:29:24 +0000
2010 - Symposium "Le livre. La Roumanie. L'Europe" - Bucarest (Roumanie) https://www.jpaccart.ch/international/2010-symposium-le-livre-la-roumanie-l-europe-bucarest-roumanie.html https://www.jpaccart.ch/international/2010-symposium-le-livre-la-roumanie-l-europe-bucarest-roumanie.html

Compte rendu publié dans le  

Bulletin des Bibliothèques de France, 1, 56, 2011, p. 85

La 3ème édition du symposium « Le Livre, la Roumanie et l'Europe » organisé par la Bibliothèque métropolitaine de Bucarest, la Mairie de Bucarest, l'Université de Bucarest et l'Académie roumaine entre le 20 et le 24 septembre 2010  rassemble des participants provenant d'une vingtaine de pays. Placée sous le signe de la francophonie qui fête ses 40 ans, avec un large appui de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), la cérémonie d'ouverture est l'occasion d'un rappel des liens unissant la Roumanie et la France depuis la Révolution française (même si la langue française n'est plus la seconde langue parlée dans ce pays) : la culture française constitue le lien le plus évident et le plus fort. « L'esprit européen » cher à Montesquieu est cité. Le Professeur Ion Panzaru, Recteur de l'Université de Bucarest, tout en évoquant le  livre « vu comme un cas de figure sémantique », parle de Gallica en tant qu'outil important de promotion de la langue française, ainsi que du processus actuel de dématérialisation de la culture. « Internet nous pousse à réfléchir », « Les réseaux sociaux traversent les frontières » sont autant de remarques pertinentes qui amènent à se poser la question suivante : la mission de la bibliothèque a-t-elle changé ?

La section des Sciences de l'information - coordonnée par Rejean Savard, professeur à l'EBSI, Université de Montréal et Chantal Stanescu, bibliothécaire-dirigeante  de la Bibliothèque Publique Centrale pour la Région de Bruxelles-Capitale - propose dans ce cadre un programme « Francophonies et modernités dans les bibliothèques à l'ère du web 2.0 ». Plus d'une vingtaine d'interventions sont au programme de la section. Celui-ci débute par « Etre bibliothécaire dans un environnement numérique » de votre serviteur qui dresse le tableau actuel de l'information numérique : des archives ouvertes aux moteurs de recherche, des services de référence virtuels aux plateformes d'apprentissage à distance (e-learning), du phénomène actuel de « numérisation du monde » aux nouveaux usages numériques, le bibliothécaire est confronté à un environnement très complexe qu'il doit apprendre à maîtriser [1].  Trois interventions de collègues africains - Eustache Megnigbeto de la République du Bénin, d'Amadou Anta Samb du Sénégal et d'Ahmed Ksibi de Tunisie - rappellent que,  s'ils sont convaincus de la nécessité d'élaborer et d'améliorer les services en ligne de bibliothèque, cela passe aussi par une incontournable formation à l'information des usagers, des connexions Internet et électriques pérennes et  l'accès à une information non censurée.  Un discours qui  nous ramène vers des problématiques bien plus pragmatiques et peut être essentielles [2], notamment celles du Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI) [3].

Marie Martel, bibliothécaire du réseau des Bibliothèques de la Ville de Montréal, décrit le dispositif mis en place dans ce réseau  pour forger « une culture de la médiation numérique » aux bibliothécaires. Lionel Dujol complète ce concept en l'éclairant avec l'expérience menée dans les Médiathèques du Pays de Romans puisqu'il est lui-même chargé de cette fonction [4]. Cristina Ion de la Bibliothèque nationale de France axe son intervention sur « Bibliothèques, web 2.0 et démocratie » : l'évolution actuelle du web, appliquée aux bibliothèques, conduit à un véritable renversement dans le domaine des relations entre la bibliothèque et ses publics. Les termes suivants sont alors cités : « co-construction » ; « bibliothèque participative » ; « évaluation par les usagers » montrant le passage d'un public-objet à un public-sujet. Celui-ci est autonome, individualisé, « indifférent aux objectifs collectifs préétablis et aux savoirs validés ».

Outre ces différentes communications axées sur le savoir numérique et son utilisation, d'autres abordent la question des nouvelles bibliothèques (en terme architectural), des ressources papier versus ressources électroniques, de la difficulté des petites bibliothèques à s'insérer dans le mouvement du web 2.0.

L'ensemble de ces interventions forme un tout cohérent, en phase avec les préoccupations du moment, à savoir le devenir des bibliothèques et les nouveaux usages numériques.

Jean-Philippe Accart

cop. février 2011

  

[1] Pour plus d'informations voir : http://www.jpaccart.ch/me-conna-tre/editoriaux/edito-n-53-septembre-2010-etre-biblioth-caire-dans-un-environnement-num-3.html

[2] Cité par Lionel Dujol (Lire le billet de Lionel Dujol du 7 octobre 2010 sur son blog "La bibliothèque apprivoisée" : http://labibapprivoisee.wordpress.com/2010/10/07/la-mediation-numerique-un-projet-global-de-bibliotheque-lexemple-des-mediatheques-du-pays-de-romans-symposium-bucarest-septembre-2010/ )

[3] Voir le site du SMSI : http://www.itu.int/wsis/index-fr.html

[4] Déjà en 2007, Silvère Mercier, auteur du blog Bibliobsession donnait la définition suivante de la médiation numérique : « L'utilisation d'outils numériques afin de se faire rencontrer une offre et  une demande de contenus dans le cadre d'une politique documentaire ». http://www.bibliobsession.net/2007/06/28/la-mediation-numerique-dans-les-bibliotheques-une-voie-d-avenir/

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) International Sat, 05 Feb 2011 18:26:32 +0000
2010 - IFLA Göteborg (Suède) https://www.jpaccart.ch/international/2010-ifla-goeteborg-suede.html https://www.jpaccart.ch/international/2010-ifla-goeteborg-suede.html

logo_gothenburg_2010_medium 

- voir l'Edito d'août 2010 sur ce site consacré au "Temps de l'IFLA" :

http://www.jpaccart.ch/me-conna-tre/editoriaux/edito-n-52-ao-t-2010-le-temps-de-lifla-3.html

- voir le site de la conférence : http://www.ifla.org/en/ifla76

 - voir sur Twitter : rechercher avec #IFLA2010, les tweets sur l'IFLA

- compte rendu publié dans  ; 

* Hors-Texte, Bulletin de l'AGBD, nov. 2010, n° 93, p. 32-35

* et le Bulletin des Bibliothèques de France, 1, 56, 2011, p. 83-84.

IFLA 2010: Haïti, l'Afrique et le Web 2.0

Au goût du jour, la conférence IFLA 2010 l'est à maints égards : branchés, connectés sur YouTube, Twitter, Facebook...en temps réel, les bibliothécaires du monde entier peuvent suivre la version 2010 de la conférence de Göteborg (ou Gothenburg, en Suède) du 9 au 15 août 2010. Avec pour thème générique « Accès libre au savoir, promouvoir un progrès durable » [1], plus de 3000 participants [2] sont dénombrés. Une cinquantaine d' « IFLA bloggers » [3] se relaie pour informer la communauté professionnelle des tendances, nouveautés et avancées du monde de l'information. Le site de l'IFLA reprend sous forme syndiquée (soit la liste compilée de tous les messages heure par heure, dans toutes les langues) tous ces micro-messages qui, assemblés les uns aux autres, forment un portrait certainement fidèle de la conférence [4]. D'autre part, le groupe IFLA FAIFE (Comité pour la liberté d'expression) ouvre une page Facebook [5].

Le dossier brûlant d'Haïti

La conférence est loin d'être virtuelle avec des préoccupations très concrètes : l'une d'elle, et non la moindre, est : « Comment sauver Haïti ? ». L'IFLA s'implique fortement dès le début de l'annonce de la catastrophe le 12 janvier 2010 en désignant Danielle Mincio, membre du Conseil d'administration de l'IFLA, comme représentante officielle de la Fédération pour Haïti : suite à plusieurs voyages et de nombreux contacts, un premier rapport est remis [6]. A Gothenburg, une session spéciale est organisée sur la reconstruction des bibliothèques dévastées par le tremblement de terre et la reconstitution d'une offre documentaire et éditoriale. L'accent est mis sur le projet d'Arche (Ark) lancé par Danielle Mincio, un centre de traitement et de restauration réalisé avec l'aide d'Architectes Sans Frontières. De nombreuses initiatives sont prises, telles celles du Bouclier bleu, de Bibliothèques Sans Frontières ou de la Bibliothèque nationale de France.  Les efforts pour rebâtir les bibliothèques haïtiennes vont se poursuivre. Les bonnes volontés sont nombreuses, qu'elles viennent d'associations nationales (comme l'ABF - Association des Bibliothécaires de France), de bibliothèques (comme la Médiathèque de Hyères) ou de particuliers. L'association suisse AGBD [7] fait un don en argent.

Un lien entre la Suède et l'Afrique

Un des premiers orateurs invités est le célèbre auteur suédois de romans policiers, Henning Mankell. Outre un discours introductif, il est également l'invité d'une session à l'Université de Gothenburg [8]. D'une façon générale les questions ont porté sur l'Afrique, les bibliothèques et la politique car l'écrivain partage son temps entre la Suède et le Mozambique depuis une vingtaine d'années, et il est très impliqué au plan humanitaire sur ce continent.  Pour lui, les bibliothécaires en Afrique ont un rôle important à jouer pour lutter contre l'illettrisme. Une histoire qui l'a toujours beaucoup ému est celle d'un projet dont le but est de remettre à des enfants des livres en mémoire de leurs parents décédés du SIDA. Une fillette de 10 ans lui a montré un de ces livres, qui consistait en une feuille de papier pliée en deux, et ne contenant qu'un papillon bleu desséché, mais dont le message était clair : le souvenir de quelque chose que sa mère décédée avait aimé. Des périodes de crise économique, souvent les enfants et la culture sont les premières victimes. Et ce, parce que les enfants ne votent pas et ne se plaignent pas, et parce que la culture est une "cible facile". De cette réalité, Henning Mankell  dit « nous ne devrions pas seulement dire aux hommes politiques qu'ils doivent nous aider, mais aussi pourquoi ils doivent nous aider ». Quant à la manière d'aborder les hommes politiques, il dit que l'on devrait « utiliser un langage efficace ».

Le Rapport mondial 2010 sur l'accès à l'information [9]

Sorti juste avant la conférence annuelle, la publication du Rapport mondial de l'IFLA est un des moments forts de l'année : il dresse un état de l'art de la liberté d'expression et de l'accès à l'information dans 122 pays en prenant un spectre assez large de bibliothèques. Une carte Google permet la navigation dans les différents pays du Rapport avec la possibilité offerte aux utilisateurs de déposer des commentaires [10]. Parmi les thèmes traités :

  • - «Bibliothèques et Internet»: accessibilité sur le plan local; utilisation du filtrage et du blocage; accès ouvert;
  • - «Aspects juridiques et légaux»: lois sur le copyright; liberté de l'information; protections de la liberté intellectuelle
  • - «Aspects sociaux»: informations sur la santé et le SIDA ; formation des femmes et liberté d'accès à l'information; accès des citoyens âgés à l'information; les bibliothèques et la fourniture d'une éducation de base; les bibliothèques et l'environnement...

Une manière différente de conduire les actions de l'IFLA

L'IFLA est souvent perçue de l'extérieur comme une organisation complexe, peu capable de produire du concret. Rien n'est plus faux, et ce grâce à l'action des derniers présidents et secrétaires généraux, plus pragmatiques peut-être que leurs prédécesseurs. La conférence annuelle est en cours de réévaluation et subit d'importants changements (plus courte qu'auparavant, avec de nombreux ateliers satellites) ; le secrétariat permanent est plus efficace sous la houlette de l'Australienne Jennefer Nicholson ; l'IFLA essaye de réagir rapidement (voir le cas d'Haïti), elle est présente dans le monde grâce à ses représentations régionales. La future présidente de l'IFLA en 2011, la canadienne Ingrid Parent, a présenté le programme « Construire des associations de bibliothèques solides » (Programme BSLA). Non seulement, les associations de bibliothèques constituent une part essentielle de la profession, mais ce sont elles qui constituent l'IFLA. Le programme facilite la création et le maintien dans la durée des associations de bibliothèques. Trois pays sont sélectionnés par l'IFLA chaque année pour trois ans et la Sud-Africaine Ellen Tise - actuelle présidente - a annoncé que les pays sélectionnés pour l'année 2010 sont le Cameroun, le Liban et le Pérou. La Fondation Bill and Melinda Gates, qui soutient l'IFLA depuis plusieurs années, permet à trois pays supplémentaires de prendre part au Programme BSLA : le Botswana, la Lituanie et l'Ukraine. Un site Internet du BSLA est opérationnel à partir de septembre 2010, permettant ainsi à tous les membres de l'IFLA de faire usage des études de cas et du matériel de formation.

Le prix Marketing IFLA 2010

Depuis huit ans maintenant, la dynamique Section Management et Marketing remet un prix annuel comprenant la somme de 1000 $ ainsi que l'inscription gratuite au prochain congrès, sous l'égide du groupe éditorial Emerald - par ailleurs un des sponsors officiels de l'IFLA [11] : le prix récompense des actions marquantes pour faire connaitre les bibliothèques. Cette année, il est décerné au Centre de ressources et d'apprentissage (LCR) de l'Ecole de commerce indienne représentée par le Dr. K. Mohan. La seconde place est accordée à la bibliothèque publique de quartier Gail Borden, aux Etats-Unis, et la troisième place à la bibliothèque de l'Université de Bergen, en Norvège [12]

La Bibliothèque 2.0 et les Linked Data [13]

Le thème des réseaux sociaux est un thème sous-jacent et présent dans bon nombre de présentations cette année à l'IFLA. Cette présence montre que les bibliothèques, mais surtout les bibliothécaires contribuent fortement à cette réalité. En déclinaison, nous retrouvons le thème de la Bibliothèque 2.0. Peut-on parler d'un réel concept « Bibliothèque 2.0 » ? Comment se définit-elle ? Plusieurs termes sont évoqués : la bibliothèque hyperliens  (Stephens et Collins) ; la bibliothèque sociale (de Sozial Bibliothek - Danesky et Heller) ; le catalogue 2.0 (Coyle, 2007) ; le Cataloblog (Bigwood). Le concept de bibliothèque hybride revient assez régulièrement. Olivier Le Deuff, l'un des intervenants d'un atelier très suivi « Marketing et Bibliothèque 2.0 » souligne que la blogosphère bibliothéconomique - qu'il appelle une « biblio-blogosphère » - est très dynamique,. Les blogs de bibliothèques permettent à tout utilisateur de « contribuer à construire l'identité de la bibliothèque » ce qui est une définition très juste.

La technologie des Linked Data est en plein essor et intéresse au plus haut point les bibliothèques. Rendre les données du Web « plus intelligentes », c'est l'objectif avoué et qui semble atteignable grâce à cette technologie dites des données liées, projet du World Wide Web Consortium (W3C).  Défendue par Tim Berners-Lee co-inventeur avec Robert Cailliau du World Wide Web, cette technologie lie les données du web entre elles non pas par un lien hypertexte (comme c'est le cas actuellement pour les documents), mais par un identifiant, le "Uniform Ressource Identifier" (URI).  Un moteur de recherche dit "intelligent" fournira donc de meilleurs résultats grâce à cette technologie.

Seules quelques préoccupations actuelles des professionnels de l'information sont développées ici : il va sans dire que de nombreuses autres auraient pu être développées. Le programme intégral est en ligne sur le site de l'IFLA, avec quelques traductions françaises. La prochaine conférence internationale de l'IFLA est prévue à San Juan de Puerto Rico en août 2011.

JP Accart

cop. février 2011

[1]  Le programme en français sur le site du Comité français IFLA : http://www.cfifla.asso.fr/conferences/goteborg/indexgoteborg.htm

[2] Avec l'aide de huit mécènes différents, plus de 40 bibliothécaires de pays en voie de développement ont pu assister à la conférence de Göteborg, dont la bourse Shawky Salem 2010. Le Dr. Ismail Serageldin, directeur de la bibliothèque alexandrine, et la secrétaire générale de l'IFLA, Jennefer Nicholson, ont eu le plaisir de confirmer la poursuite de la coopération avec le Centre de langue arabe de l'IFLA, grâce à la signature d'un accord renouvelé.

[3] Soit tous les membres de la communauté professionnelle possédant un blog, un compte Twitter... qui parle de la conférence et qui se voit attribuer le statut d' »IFLA blogger ».

[4] Voir « Activity stream » : http://2010.ifla.org/

[5] IFLA FAIFE : http://www.facebook.com/faife

[6] Rapport IFLA/Haïti : http://www.ifla.org/news/international-blue-shields-mission-to-haiti-online-report

[7] Association genevoise des bibliothécaires et professionnels diplômés en information documentaire: http://www.agbd.ch/

[8]  Ce compte rendu de la rencontre est extrait de celui rédigé par Johan Magnusson : http://2010.ifla.org/node/1374

[9]  Rapport mondial IFLA 2010 : http://www.ifla-world-report.org/

[10]  http://ifla-world-report.org/

[11]  Pour déposer un dossier : http://www.ifla.org/en/management-and-marketing/marketing-award

[12] Plus d'informations : http://www.ifla.org/en/news/winners-announced-for-the-8th-ifla-international-marketing-award

[13] A partir de la présentation d'Olivier Le Deuff, « La bibliothèque 2.0, Genèse et évolutions d'un concept », IFLA 2010, https://docs.google.com/present/view?id=dfsgrrd6_11899hswfkddh

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) International Thu, 30 Sep 2010 14:20:10 +0000
2009 - IFLA Milan (Italie) https://www.jpaccart.ch/international/2009-ifla-milan-italie.html https://www.jpaccart.ch/international/2009-ifla-milan-italie.html

Compte rendu publié dans le numéro 228 d'octobre 2009 d'Archimag, p. 26 : "Les bibliothécaires interrogent les oracles". 

 ifla_congrescentrum_01 La 75e conférence annuelle des associations de bibliothécaires est retournée à son berceau pour tenter de voir clair dans l'avenir.

1929 fut l'année du congrès fondateur de la Fédération internationale des associations et institutions de bibliothèques (Fiab, Ifla en anglais), à Florence et à Rome. Retour en Italie, quatre-vingts ans plus tard : Milan, ville de culture et de... bibliothèques, avec notamment la célèbre bibliothèque Ambrosiana, datant de 1604, et son Codex Atlanticus de Léonard de Vinci, ou la Pinacoteca Ambrosiana et ses Botticelli et Brueghel. La ville a accueilli le 75e congrès de l'Ifla, du 23 au 27 août.
Avec un intitulé particulièrement adapté au pays hôte, « Les bibliothèques créent le futur : construire sur l'héritage culturel », 3 500 participants de plus de 130 pays ont pu débattre des avancées et des nouveautés de la profession. Quelles sont-elles ? L'heure semble d'autant plus cruciale pour les professions de l'information, et l'inquiétude est palpable avec des questions récurrentes : quel est notre avenir ? Doit-on croire les rumeurs persistantes de disparition annoncée des bibliothèques et des services documentaires ? Et une question en forme de boutade : les bibliothèques seraient-elles inventées maintenant ? Ces interrogations vont de pair, paradoxalement, avec des réalisations novatrices ou des offres de services et de prestations inégalées : dans son discours introductif, la présidente sortante de l'Ifla, Claudia Lux, a insisté sur le rôle social des bibliothèques en temps de crise économique : ateliers de formation, services aux entreprises, expertises se développent... La convergence entre archives, musées et bibliothèques est de plus en plus d'actualité car les préoccupations sont communes - préservation et numérisation des collections, notamment.

Propriété intellectuelle

Le comité sur le copyright et les questions juridiques de l'Ifla a organisé un débat très suivi entre un avocat, un éditeur et un ingénieur de Google sur l'équilibre juridique entre droit d'auteur et droit de l'utilisateur, entre privilège des ayants-droit et accès gratuit à l'information. L'accord conclu à l'automne dernier entre l'association des éditeurs états-uniens, la guilde des auteurs et Google soulève bien des questions. L'Ifla suit de près toutes les questions ayant trait au droit de l'information et à la propriété intellectuelle avec l'aide de l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (Wipo en anglais).
Parmi les expériences novatrices, citons la campagne de marketing de la toujours dynamique bibliothèque nationale de Singapour avec « Go Library », ayant reçu le Prix international du marketing Ifla 2009. Ou le service créé par la bibliothèque de sciences économiques de l'université de l'Illinois (États-Unis) pour ses étudiants : un bibliothécaire est détaché pour aider à constituer des dossiers de candidature à un emploi ou pour simuler des entretiens d'embauche. Cette démarche se situe dans une politique globale de proactivité vis-àvis de l'utilisateur, démarche qui met en avant le contact direct avec celui-ci et dont la conférence Ifla 2008 s'était déjà fait l'écho.
Cette année, le prix de la fondation Bill et Melinda Gates pour l'accès au savoir, doté d'un million de dollars, est décerné à la Fondation empresas publicas de Medellin (Colombie) : celle-ci, avec l'aide de Microsoft, va pouvoir développer son projet d'accès au savoir pour tous, notamment grâce à internet. En 2010, l'Ifla continuera à chercher le Nord à Göteborg (Suède).

cop. jpaccart novembre 2009

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) International Mon, 12 Oct 2009 11:29:00 +0000
2008 - Nouveautés bibliothéconomiques suisses (3) https://www.jpaccart.ch/international/2008-nouveautes-bibliotheconomiques-suisses-3.html https://www.jpaccart.ch/international/2008-nouveautes-bibliotheconomiques-suisses-3.html

http://blogbbf.enssib.fr/ (2008)

ISplus, le répertoire collectif des institutions de mémoire suisses (archives, bibliothèques, musées et centres de documentation) : http://www.helveticarchives.ch/index_fr.html

ISplus contient les adresses, les descriptifs des institutions et de leurs collections, les sigles ainsi que les localisations des fonds manuscrits des institutions répertoriées. La recherche s'effectue en principe sur l'ensemble de la base de données, mais peut également être restreinte à une partie spécifique. Afin d'actualiser les adresses répertoriées et les indications complémentaires, les 1555 institutions ISIL actives ainsi que 1660 autres institutions de mémoire non encore répertoriées ont été invitées par lettre à vérifier leur notice ISplus, à signaler toute modification nécessaire ou le cas échéant à s'inscrire. En 2007/08, la Bibliothèque nationale suisse (BN) et l'association professionnelle Bibliothèque Information Suisse (BIS) ont actualisé les données et migré la base sur le logiciel scopeArchiv dans le cadre d'un projet commun. La BN en assume l'administration et le financement, mais son existence et la qualité de ses données sont largement tributaires du soutien de toutes les institutions de mémoire suisses.

172 années d'archives du Journal de Genève (1826-1998) numérisées et accessibles gratuitement

Il s'agit de la totalité des archives d'un quotidien francophone qui sont mises à disposition du public. Dans le cadre de son 10e anniversaire, le quotidien suisse Le Temps vient de mettre en ligne l'intégralité du Journal de Genève en collaboration avec la Bibliothèque nationale suisse et la Bibliothèque de Genève. Cela représente 550 000 pages imprimées et deux millions d'articles. Les recherches par mot-clé, par date ou par jour de la semaine sont proposées, avec des possibilités de limitation par période ou par contenu (articles, titres des articles, images, publicité). Cette initiative est à souligner dans la mesure où l'accès aux journaux numérisés et à leurs archives est généralement payant.

La Fondation Pellegrini-Canevascini et le mouvement ouvrier de la Suisse italienne

La Fondation Pellegrini-Canevascini collecte et met à disposition les documents sur l'histoire sociale et le mouvement ouvrier en Suisse italienne (le Tessin) et sur les Italiens en Suisse (antifascisme, immigration,...). Elle publie des recherches, met en place des projets, organise des cours de formation, rencontres, séminaires, conférences..., et collabore avec le service des archives cantonales du Tessin. Voir le site de la Fondation : http://www.fpct.ch/

SPRINT, portail de recherche rénové

Le portail suisse pour la recherche sur Internet (« der Schweizer Portal für die
Recherche im Internet » - Sprint) est un des plus anciens au niveau germanophone, puisqu'il existe depuis douze ans. Il connaît une nouvelle version grâce au travail réalisé par les étudiants de la Haute Ecole de Coire, spécialisée dans les sciences de l'information. Voir : http://www.sprint.htwt3.info/

cop. JP Accart, 2010

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) International Mon, 21 Dec 2009 09:41:23 +0000
2008 - Nouveautés bibliothéconomiques suisses (2) https://www.jpaccart.ch/international/2008-nouveautes-bibliotheconomiques-suisses-2.html https://www.jpaccart.ch/international/2008-nouveautes-bibliotheconomiques-suisses-2.html  

croix_suisse

http://blogbbf.enssib.fr/ (juillet 2008)

Digicoord: plate-forme d'information et d'échange sur la numérisation

La Bibliothèque nationale suisse (BN) et le Réseau des bibliothèques de Suisse occidentale (RERO) mettent à disposition des bibliothèques suisses une plateforme d'échange et d'information sur la numérisation, «Digicoord», www.digicoord.ch.

Digicoord a pour but d'informer les professionnels sur l'état des projets de numérisation des bibliothèques suisses et de permettre l'échange d'expériences dans ce domaine. Digicoord recense également les collections numérisées dans les bibliothèques et fournit des exemples concrets d'appel d'offre pour la numérisation, la reconnaissance de caractères et la segmentation des documents Une rubrique «Foire aux questions, FAQ» liste les adresses des principaux fournisseurs de services, en Suisse et dans le monde. Digicoord est un service gratuit, accessible publiquement et conçu comme une plateforme évolutive.  

ARESO.CH: le 1er annuaire électronique de ressources économiques sur la Suisse Occidentale

La Haute Ecole de Gestion de Genève lance le site ARESO, répertoire de ressources électroniques en économie, destiné à simplifier la recherche d'informations économiques utiles sur la Suisse romande (répertoires d'entreprises, conjoncture économique, statistiques, aide à l'entreprise, gestion financière, ressources humaines, secteurs d'activité, etc...).

Cet annuaire de sources électroniques, dont l'objectif est de recenser quelque 500 sources d'informations utiles, s'adresse à un large public comprenant les entreprises, les administrations publiques, les fédérations d'entreprises, les Hautes Ecoles, les Chambres de commerce, les médias, et plus généralement tout acteur, suisse ou francophone, amené à rechercher de l'information économique concernant en priorité la Suisse romande : http://campus.hesge.ch/areso/

Rapport « Mémopolitique » sur la politique de la mémoire en Suisse

L'Office fédéral de la culture (OFC) équivalent du ministère de la Culture en France vient de mettre en ligne le rapport « Mémopolitique » . Ce rapport préconise un certain nombre de mesures pour la conservation à long terme de la mémoire papier et électronique des bibliothèques, archives et musées suisses.

Fusion des associations de bibliothécaires et de documentalistes : la nouvelle association Bibliothèque Information Suisse (BIS)

L'Assemblée générale du 29 août doit entériner les statuts de la nouvelle association qui rassemblera documentalistes et bibliothécaires (env. 1500 membres). Voir : http://www.bbs.ch/. Associés aux archivistes, ils publient ensemble la revue ARBIDO (http://www.arbido.ch/) dont le numéro de juin 2008 est consacré à « L'économie des nouveaux médias » et celui de septembre au sport suite à l'Eurofoot 2008 : la plupart des organisations internationales du sport ont leur siège en Suisse.

Deux nouvelles bases de données : HelveticArchives et ISPlus

Le 23 mai 2008, la nouvelle base de données des archives de la Bibliothèque nationale suisse (BN) a été mise en ligne : HelveticArchives (http://www.helveticarchives.ch/index_fr.html). Peu à peu, tous les fonds d'archives de la BN y sont signalés. Les photos numérisées d'Annemarie Schwarzenbach - et quelques autres - peuvent déjà êtres consultées.

HelveticArchives contient aussi le répertoire collectif des archives, bibliothèques, centres de documentation et musées suisses sous le nom d'ISplus.

ISplus réunit :

  • - les adresses de toutes les institutions ISIL suisses (ISIL = International Standard Identifier for Libraries and Related Organizations) ;
  • - les données sur les institutions et leurs collections qui ont été reprises de «Information Schweiz - Information suisse». La quatrième et dernière parution de ce répertoire imprimé est sortie en 1998 aux éditions Sauerländer;
  • - le «Répertoire sommaire des fonds manuscrits conservés dans les bibliothèques et archives».

Le résultat est un instrument de travail adapté aux bibliothèques, musées, centres d'archives et de documentation ainsi qu'à leurs usagers.

JP Accart

cop. octobre 2008

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) International Tue, 30 Sep 2008 07:41:24 +0000
2008 - Nouveautés bibliothéconomiques suisses (1) https://www.jpaccart.ch/international/2008-nouveautes-bibliotheconomiques-suisses-1.html https://www.jpaccart.ch/international/2008-nouveautes-bibliotheconomiques-suisses-1.html

 croix_suisse 

 http://blogbbf.enssib.fr/ (février 2008)

Projet Memoriav

Préservation du patrimoine audiovisuel suisse (http://www.memoriav.ch/)

L'association Memoriav a pour mission d'assurer à long terme la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine audiovisuel suisse. Elle contribue ainsi à l'enrichissement de la mémoire collective du pays. Memoriav constitue et anime un réseau d'institutions et de personnes (conservateurs, producteurs, utilisateurs) dans le but d'échanger compétences et informations et d'optimiser les ressources. Elle initie, soutient et gère des projets de conservation, description/classement et mise à disposition du patrimoine audiovisuel suisse dans le respect des normes et de l'éthique professionnelle.

Le Livre suisse en ligne

Le Livre suisse en ligne - la bibliographie nationale suisse -  offre depuis 2006 des possibilités de recherche différenciées et flexibles. Depuis le début de cette année, les critères de recherche supplémentaires suivants sont disponibles:

  • on peut dorénavant choisir d'inclure ou d'exclure les critères de recherche Genre de publication et Contenu (dès no 2001/1)
  • dans le mode de recherche Lieu de publ. Suisse / canton, 1 click sur Suisse limite la recherche aux documents parus en Suisse (dès no 2006/1)et nouveau dans le masque de recherche
  • dans le mode de recherche Lieu de publ. Suisse / canton, 1 click sur un canton ou sur plusieurs cantons (à l'aide de la touche Ctrl ou Shift) limite la recherche aux documents parus dans ces cantons (dès no 2008/1)
  • lien vers la version PFD gratuite

Pour toute question, suggestion ou remarque: catref@nb.admin.ch  

Statistiques des bibliothèques suisses

Ces dernières années, le paysage bibliothécaire suisse s'est profondément modifié. Les prestations fournies par les bibliothèques ont évolué ainsi que les définitions et concepts à la base de la statistique. La nouvelle statistique, développée conjointement par l'Office fédéral de la statistique OFS et l'Association des bibliothèques et bibliothécaires suisses BBS dès 2003, présente de nouveaux chiffres-clés et indicateurs, couvre un nombre plus important de bibliothèques réparties en catégories et maintient sa comparabilité sur le plan international. Actuellement, cette statistique fournit une photographie des prestations et des ressources d'une partie des bibliothèques suisses. A terme, l'ambition est de mettre en lumière le développement dans le temps de l'ensemble des bibliothèques.

Les données complètes non anonymisées des bibliothèques participantes sont présentées par catégorie, bibliothèque et chiffre-clé. Les cinq catégories (avant 2005 six) sont : à vocation nationale, universitaire, publique, réseaux universitaires, réseaux HES et spécialisées (jusqu'en 2004). Selon la catégorie à laquelle elles appartiennent, les bibliothèques ne doivent pas répondre à l'ensemble des 72 questions du questionnaire.

Les directions des bibliothèques ont donné leur accord écrit pour la publication de ces données non anonymisées. Dès 2005, les bibliothèques publiques des communes entre 10'000 et 20'000 habitants participent également à la statistique.

Voir : l'Office fédéral de la statistique OFS  

Données et documents électroniques: Le Conseil fédéral approuve un train de mesures

Le Conseil fédéral a approuvé, à la demande du Département fédéral de l'intérieur (DFI), un plan d'action relatif au traitement des données et des documents électroniques. Cette étape marque le début de la mise en oeuvre d'un vaste train de mesures visant à moderniser la gestion des documents et la gestion des informations, dont l'une des étapes-clés sera l'introduction de la gestion électronique des affaires dans l'ensemble de l'administration fédérale d'ici la fin 2011.

Parmi les mesures prévues, on peut citer:
- l'introduction de la gestion électronique des affaires au sein des départements et à la chancellerie fédérale d'ici la fin 2011 (programme GEVER Confédération) ;

- le passage progressif, sous la houlette de la Chancellerie fédérale, à un déroulement électronique intégral des affaires du Conseil fédéral et du Parlement d'ici la fin 2010.

Ces mesures doivent garantir l'efficacité et la transparence du déroulement des affaires à la Confédération et mettre à la disposition des cantons, des communes et des particuliers intéressés des interfaces définies (définition des formats de transfert des données). La distinction actuelle existant entre gestion papier et gestion électronique est ainsi amenée à disparaître, ce qui permettra de garantir un déroulement plus efficace et plus rentable des processus.

Le programme a été élaboré par les Archives fédérales suisses (AFS), en accord avec la Chancellerie fédérale et l'Unité de stratégie informatique de la Confédération (USIC), dans le cadre de la stratégie du Conseil fédéral pour une société de l'information en Suisse. Garantir un déroulement électronique intégral des affaires est une condition sine qua none pour assurer l'exhaustivité de la cyberadministration à la Confédération et satisfaire ainsi aux principes de la bonne gouvernance. L'électronique deviendra progressivement le support principal et les supports papier ne joueront plus qu'un rôle complémentaire.

11'000 nouveaux livres suisses en 2007

L'année dernière, les éditeurs suisses ont lancé plus de 11'000 nouveaux ouvrages sur le marché. C'est ce que révèle la statistique annuelle de la Bibliothèque nationale suisse sur la production suisse du livre.

En 2007, la Bibliothèque nationale suisse a enregistré 11'410 nouveaux titres produits par les éditeurs suisses et répertoriés dans la bibliographie nationale, «Le Livre suisse». Ceci représente une très légère diminution de 4 % par rapport à 2006 (11'875 titres). La répartition par langues dénote une diminution de 2 % du nombre de nouveaux titres en allemand (6'631 nouvelles parutions) et en italien (361), une forte baisse de 48 % des titres en romanche (21), de 29 % (663) pour les titres en plusieurs langues et enfin de 10 % (1225) pour l'anglais. Seule augmentation à signaler les nouveaux titres en français qui progressent de 6 % (2'509).

Toutes langues confondues, 1'983 nouveaux titres proviennent du domaine de la littérature (-1 %), de l'édition musicale 1'076 titres (-7 %), des arts 1'019 titres (-9 %) et du droit 949 titres (-3 %). Suivent la religion avec 948 titres (+14 %), les langues avec 467 titres (-22 %), la technique avec 446 titres (+9 %), la géographie avec 412 titres (-15 %) et enfin l'histoire avec 409 titres (-9 %).

La part des traductions (937) a diminué de 8 %. 410 titres ont été traduits de l'anglais (-12 %), 200 de l'allemand (-18 %) et 157 du français (-1 %). Des livres provenant de 31 langues ont été traduits dans une de nos langues nationales par des éditeurs suisses (2006 : 28 langues).

La production suisse du livre oscille depuis quelques années entre 10'000 et 12'000 titres par année. En 2003, la Bibliothèque nationale suisse a enregistré 10'376 nouveaux titres, 11'061 en 2004, 10'128 en 2005 et 11'875 en 2006.

Début du projet Bibliothèque électronique suisse - E-lib.ch


Le projet E-lib.ch visant à mettre sur pied une bibliothèque électronique suisse a commencé par une séance d'introduction: des représentants des sous-projets se sont réunis le 7 février 2008 à la Bibliothèque nationale suisse à Berne.

Le projet E-lib.ch
L'objectif stratégique est de développer et d'institutionnaliser durablement E-lib.ch comme le portail central pour la recherche et la mise à disposition d'informations scientifiques en Suisse. E-lib.ch se distingue d'autres projets en ce sens qu'il développe en même temps des instruments pour la recherche et qu'il rend de nouveaux contenus accessibles en les numérisant. Parallèlement, il s'agit de développer des compétences interdisciplinaires. Le résultat sera une offre intégrée, qui permettra aux hautes écoles universitaires suisses d'avoir un accès global à un spectre nettement vaste de sources d'informations électroniques et autres.

E-lib.ch forme le cadre dans lequel les institutions participantes réalisent leurs propres projets. L'intégration dans un projet global garantit une mise en œuvre coordonnée des projets individuels. Les résultats de ces projets et les offres qui en résultent constituent, dans leur totalité, la base de la Bibliothèque électronique suisse. Outre les bibliothèques des hautes écoles, de nombreuses autres institutions y sont impliquées en tant que partenaires.

Le projet E-lib.ch est financé par la Conférence universitaire suisse (CUS), le Conseil des EPF et l'Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie (OFFT) en tant que projet d'innovation et de coopération pour la période de subventionnement 2008-2011.

Nouveaux produits et offres innovants

Les thèmes suivants ont notamment été traités:

Recherche et utilisation
- Point d'accès centralisé pour les recherches scientifiques
- Recherche universelle au moyen de technologies de recherche récentes
- Portails d'informations spécialisées, p. ex. géo-information, sciences économiques, histoire
- Outils permettant un affichage uniforme des contenus multimédia
- Compétences informationnelles dans les hautes écoles suisses

Contenu électronique
- Numérisation de périodiques scientifiques
- Accès intégré aux serveurs de documents suisses
- Archivage des contenus sous licence
- Numérisation d'imprimés du XVIe au XIXe siècle
- Numérisation de manuscrits provenant de bibliothèques suisses
- Mise en place d'une infrastructure pour les Digital Object Identifiers (DOI)
- Archivage de longue durée de données primaires et secondaires

Créer des synergies grâce à une coopération
Ainsi que la séance d'introduction à Berne l'a montré, il existe de multiples interfaces professionnelles et techniques entre les différents projets. Une mise en œuvre coordonnée garantit leur intégration dans un projet global et permet d'utiliser les synergies de manière optimale. Le bureau de coordination se fera un plaisir d'informer les institutions intéressées des possibilités de coopération et de participation à E-lib.ch.

Contact
Vous trouverez de plus amples informations sur le projet E-lib.ch: Bibliothèque électronique suisse sur le site web: www.e-lib.ch

Bureau de coordination E-lib.ch
Dr. Matthias Töwe
c/o ETH-Bibliothek
Rämistrasse 101
8092 Zürich
matthias.toewe@library.ethz.ch

JP Accart

cop. octobre 2008

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) International Tue, 30 Sep 2008 07:33:17 +0000
2008 - Les bibliothèques suisses en chiffres https://www.jpaccart.ch/international/2008-les-bibliotheques-suisses-en-chiffres.html https://www.jpaccart.ch/international/2008-les-bibliotheques-suisses-en-chiffres.html

publié dans :   Bulletin des bibliothèques de France, n° 3, 2008, p. 61-63.

La Suisse, même si son territoire est modeste, est un des pays au monde les mieux doté en matière d'infrastructures du savoir : bibliothèques, médiathèques, centres de documentation et d'archives couvrent le pays en un maillage dense, enrichi par la diversité linguistique. Trois grands réseaux de bibliothèques coexistent : Der Informationsverbund Deutschschweiz (IDS), soit 450 bibliothèques pour la partie suisse-allemande ; le Réseau des bibliothèques de Suisse occidentale (RERO)  pour la partie francophone, soit 200 bibliothèques ; et le Sistema bibliotecario ticinese (SBT) pour la partie italienne avec 70 bibliothèques. A ces réseaux s'ajoutent des grandes institutions telles la Bibliothèque nationale, les bibliothèques des écoles polytechniques fédérales à Zürich et Lausanne, les bibliothèques des organisations internationales (soit plus de 190 institutions à Genève seulement, mais qui ne rentrent pas dans le cadre des statistiques officielles), des réseaux d'universités, et un certain nombre de bibliothèques petites et moyennes, généralement spécialisées.

De la collecte traditionnelle à la saisie en ligne

En Suisse, les bibliothèques font l'objet de statistiques depuis le XIXème siècle : en 1868, puis en 1911, près de 6000 bibliothèques sont auscultées. Les données commencent à être publiées dès 1927, et c'est depuis 1960 que l'Office fédéral de la statistique (OFS) collecte et publie les données, en conjonction avec l'Association des bibliothécaires suisses (BBS) qui délègue un des membres de son Comité directeur.

Le système de collecte des données, assez ancien, a dû évoluer en même temps que les bibliothèques. La technologie est pour beaucoup dans cette nouvelle appréciation des bibliothèques, avec la gamme étendue des prestations et services offerts : création de catalogues collectifs en ligne suite à la mise en place des réseaux de bibliothèques ; medias électroniques proposés (périodiques en ligne ; banques de données au travers du Consortium des bibliothèques universitaires suisses ; services de référence virtuels ; archivage du web suisse ; réservoirs de documents numériques tel RERODOC ,...). Ces prestations et services nouveaux doivent être mesurés à l'instar des acquisitions, du prêt, du prêt entre bibliothèques,...plus traditionnels.

En interne, les bibliothèques ont également évolué : dans le cadre de la Nouvelle gestion publique, elles s'apparentent à des entreprises de services et doivent présenter des résultats. A titre d'exemple, citons la Bibliothèque nationale suisse qui fait partie de l'Office fédéral de la culture, lui-même rattaché au Département fédéral de l'Intérieur. La BN est une unité GMEB (gestion avec mandat de prestation et enveloppe budgétaire) ; elle est gérée par la directrice qui s'appuie sur les conseils de la Commission de la Bibliothèque dont les membres sont désignés par le Conseil fédéral. Son activité suit un mandat de prestation évalué régulièrement. Dans ce but, des instruments de gestion qui permettent de contrôler l'activité globale et de réaliser des études comparatives sont introduits.

La méthodologie et les données actuelles

A partir de 2002, le groupe de travail « Statistique des bibliothèques » de la BBS, en collaboration avec l'OFS, a proposé un changement radical dans l'établissement des statistiques suisses, afin de tenir compte de ces évolutions. Dorénavant, les bibliothèques suivantes sont représentées :

  •  les bibliothèques à vocation nationale: la Bibliothèque nationale(dont le service principal est le prêt contrairement à d'autres bibliothèques nationales) ; la Phonothèque nationale; la Cinémathèque suissequi comprend 2 bibliothèques à Lausanne et Zürich ;
  • les bibliothèques universitaires, de réseaux universitaires, de facultés: soit 214 bibliothèques;
  • les bibliothèques des 7 hautes écoles spécialisées : soit 80 bibliothèques;
  • les bibliothèques publiques: soit 68 bibliothèques.

Les bibliothèques de ces catégories sont recensées comme des unités administratives (avec une direction ou une administration unique). Leurs collections doivent être supérieures à 10 000 documents, traitées selon les normes du catalogage par un personnel professionnel. Les bibliothèques scolaires ne sont pas incluses dans ces statistiques.

Les statistiques actuelles (soit 72 chiffres-clés) recensent :

  • les ressources et les prestations fournies aux usagers, notamment les services tels les prêts (par jour ouvrable; par utilisateur actif), les manifestations, visites guidées et formations;
  •  le personnel: nombre de personnes et équivalents plein temps ;
  • l'accessibilité: surface publique en m2, total des places de travail publiques dont celles informatisées;
  • les finances: dépenses courantes dont les charges de personnel et les dépenses de fonctionnement; les frais d'acquisition d'un document traditionnel ou électronique;
  • l'offre (documents traditionnels et électroniques), la croissance et l'utilisation des bibliothèques (avec le nombre d'utilisateurs actifs) dans leur état actuel et comparé avec l'état antérieur.

L'analyse des données est fondée sur un taux de réponse de 75 % des bibliothèques d'une catégorie. Le dernier taux (analyse 2006) était de 78.4 %.

Les données brutes relevées sont publiées sur le site de l'OFS qui réalise également des analyses ou des études sur les bibliothèques : nombre et utilisation des collections ; données sur la formation ; état et utilisation des médias électroniques,... sont parmi les éléments recensés. Cette nouvelle statistique des bibliothèques suisses s'avère précieuse pour comparer les bibliothèques entre elles et faire connaitre leurs prestations. Elle est compatible avec les normes internationales telles celles d'Eurostat, de l'ISO 2789 ou de LibEcon qui publie un rapport international sur les bibliothèques .

eBiblio

A partir de cette année, la collecte des données est informatisée à l'aide d'un instrument en ligne proposé par l'OFS : eSurvey décliné en eBiblio pour les bibliothèques. Il se présente sous la forme d'un questionnaire qui permet, hormis des gains de coûts et de temps non négligeables, de vérifier si les données recueillies sont complètes et cohérentes. C'est le fruit d'une coopération lancée en août 2006 entre l'OFS et l'Institut de gestion publique de la Haute école spécialisée zurichoise de Winterthur (IVM-ZHW). Jusqu'ici, l'Institut était mandaté par 22 grandes bibliothèques pour comparer annuellement leurs prestations : le travail de collecte était donc réalisé d'une part par l'OFS et d'autre part par l'Institut. Avec l'outil eSurvey, les données sont maintenant saisies en même temps, peuvent être extraites et analysées pour réaliser tout type d'analyse. L‘outil eSurvey fait partie d'un projet global, Generic Service Oriented Architecture.

Quelques chiffres

Les bibliothèques universitaires

En 2004 (chiffres publiés en avril 2006), les bibliothèques universitaires suisses ont réalisés 3.4 millions de prêts (soit 798 prêts par jour ouvrable) et possédaient 40 millions de documents dont 75 % d'imprimés. 185 000 journaux et périodiques électroniques sont mis à disposition.

122 000 m2 de surface étaient comptabilisés, avec une offre de 17 000 places de travail dont 2 300 informatisées.

2 169 bibliothécaires occupaient 1 440 postes de travail à temps plein.

La Bibliothèque nationale

En 2006, la Bibliothèque nationale compte 3 853 533 documents (soit + 1.6 % par rapport à 2005), 19 694 utilisateurs inscrits et 3 708 actifs. 83 000 documents ont été prêtés, 20 600 renseignements donnés et 10 226 utilisateurs ont visité les expositions et manifestations organisées par la BN. Le site web de la BN a été visité 205 000 fois.

Les bibliothèques publiques

Elles regroupent les bibliothèques cantonales et les bibliothèques de lecture publique, réparties selon leur taille (petite, moyenne et grande) en fonction du nombre d'équivalents temps plein. Sur 68 bibliothèques (analyse 2006), ce sont les prêts qui constituent l'activité la plus marquante. Seules les bibliothèques plus importantes offrent des medias électroniques, comme la Médiathèque Valais avec 34 753 documents électroniques.

En conclusion

La nouvelle statistique des bibliothèques suisses, bien que récente, est prometteuse : elle permettra d'avoir une vision d'ensemble plus exacte et plus précise que par le passé. L'Association des bibliothécaires suisses est un des maitres d'œuvre de ce travail essentiel pour la mesure de l'activité professionnelle, pour une comparaison internationale et au final, pour une meilleure reconnaissance des professions de l'information et de la documentation en Suisse.

Jean-Philippe Accart

Bibliographie

Office fédéral de la statistique

Les bibliothèques suisses - hier et aujourd'hui. Berne, 1986.

Bibliothèques suisses: aperçus statistiques. Berne, dès1992 et Neuchâtel dès 1998.

Indicateurs des dépenses publiques pour la culture, indices standardisés, 1990-1996, Neuchâtel, 1999.

Portail statistique de l'OFS, 2008, [en ligne], [consulté le 4 mars 2008], adresse URL : http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/

Association des bibliothèques et bibliothécaires suisses

Rapports d'activité I, II et III du groupe statistique OFS/BBS, 2008, [en ligne], [consulté le 4 mars 2008], adresse URL :

http://www.bbs.ch/sitemap/online/navigation3/frame3.cfm?DomainID=437&LanguageID=6&TreeID=5465&UserID=0&FolderID=0&Color=1

RIVIER A., Nouvelle statistique des bibliothèques suisses : entre idéal et pragmatisme, présentation à l'Assemblée générale des bibliothèques des HES, Aarau, 25 septembre 2002, [document non publié].

Organisations internationales

Eurostat Working Papers. Population et conditions sociales 3/2000/E/No1. Les statistiques culturelles dans l'UE. Rapport final du LEG, Commission européenne, Luxembourg, 2000.

International Library Economics Research Study, 2008, [en ligne], [consulté le 4 mars 2008], adresse URL : http://libecon.org.

ISO = Information et documentation - statistiques internationales des bibliothèques, révision de la seconde édition (ISO 2789: 1991), Genève: International Organization for Standardization, 2001.


Superficie de la Suisse : 41 285 km2 ; Population : 7 590 000 habitants ; Capitale : Berne

Langues nationales de la Suisse : Allemand (63.7 %) ; Français (20.4%) : Italien (6.5 %) ; Romanche (0.5 %) - Recensement 2000 - Source Office fédéral de la statistique

Der Informationsverbund Deutschschweiz (IDS) : http://www.informationsverbund.ch

Réseau des bibliothèques de Suisse occidentale (RERO) : http://www.rero.ch

Sistema bibliotecario ticinese : http://www.sbt.ti.ch

Bibliothèque nationale suisse : http://www.nb.admin.ch

Ecoles polytechniques fédérales : Zürich - http://www.ethz.ch/libraries/index ; Lausanne - http://library.epfl.ch/

Office fédéral de la statistique (OFS): http://www.bfs.admin.ch

Association des bibliothécaires suisses (BBS) : http://www.bbs.ch

Le Dr. Wilfried Lochbühler, sous-directeur de la Zentral- und Hochschulbibliothek de Lucerne, est président du groupe de travail « Statistique des bibliothèques » de l'Association des bibliothèques et bibliothécaires suisses (BBS)

Consortium des bibliothèques universitaires suisses : http://lib.consortium.ch/index.php?lang=1

RERODOC : http://doc.rero.ch/

NPM : New Public Management

Voir : http://www.nb.admin.ch/slb/org/organisation/index.html?lang=fr

En dehors des voies de formation universitaires, il est possible d'acquérir en Suisse, par la voie de la formation professionnelle, un diplôme de fin d'études tertiaires. En plus de la formation et de la formation continue, les hautes écoles spécialisées ont la mission de s'occuper de recherche pratique, d'encourager le transfert de technologies vers de petites et moyennes entreprises et d'offrir leurs services à des tiers. Aujourd'hui, elles proposent quelque 300 cursus de Bachelor surtout dans des domaines tels que l'économie, la technique, le design, la santé, le travail social et l'art. De plus en plus d'étudiants sont attirés par ce type de formation plus orientée vers la pratique. La croissance constante de ces dernières années a permis aux 7 hautes écoles spécialisées publiques et à la haute école spécialisée privée d'atteindre, en 20006/07, un effectif total de 57'181 étudiants.

Voir : http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/16/02/02/data.html

Libecon : http://www.libecon.org/

eBiblio: http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/infothek/erhebungen__quellen/blank/blank/biblio/05.html

Site web de la BN : http://www.nb.ad
in.ch

La Suisse est une confédération composée de 26 cantons : chaque canton décide de la politique culturelle en matière de bibliothèque publique.

Médiathèque Valais : http://www.mediatheque.ch/

 cop. JP Accart juin 2009

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) International Thu, 28 May 2009 10:34:57 +0000
2008 - Le lobbying des bibliothèques américaines https://www.jpaccart.ch/international/2008-le-lobbying-des-bibliotheques-americaines.html https://www.jpaccart.ch/international/2008-le-lobbying-des-bibliotheques-americaines.html

in ARBIDO, 1, 2008, p. 19-20 

Résumé allemand

Das Lobbying der amerikanischen Bibliotheken: "I love libraries!"

Bei der American Library Association (ALA) handelt es sich um den ältesten und bedeutendsten Berufsverband der Welt. Unsere Kolleginnen und Kollegen jenseits des Atlantiks verfügen uns gegenüber häufig über einen grossen Vorsprung. Dieser bestätigt sich beim Lobbying - oder Library Advocacy -, das bereits seit vielen Jahren einen wesentlichen Bestandteil der Politik der American Library Association bildet. Die ALA bietet Ratschläge, Empfehlungen sowie verschiedene Weiterbildungen an, um ihre Mitglieder für die Vertretung und Anerkennung der verbandseigenen Interessen fachgerecht auszubilden.

L'American Library Association (ALA) se définit comme la plus ancienne et la plus importante association professionnelle au monde, ce qui, avec 65 000 membres, ne parait pas exagéré. A cette échelle, la comparaison avec d'autres continents ou pays ne parait guère possible, avec, en outre, une conception de la vie politique et citoyenne très différente de la nôtre. Il faut cependant bien admettre que nos collègues outre-atlantique ont souvent une longueur d'avance : cela se vérifie avec le lobbying - ou Library Advocacy - qui fait partie intégrante depuis de nombreuses années de la politique de l'American Library Association. L'ALA prodigue conseils, recommandations, formations diverses à ses membres, afin qu'ils soient outillés en matière de défense et de reconnaissance de leurs intérêts propres. Prenons quelques exemples :

Le premier exemple est le plan stratégique intitulé « ALA Strategic Plan for Advocacy » : il développe l'argumentaire selon lequel l'ALA est le meilleur représentant de la défense des intérêts de la profession. Il met l'accent sur la mesure de la valeur et de l'impact des bibliothèques et des bibliothécaires : ainsi, le site http://www.ilovelibraries.org/ comporte une rubrique intitulée Why I Love My Library suite à la campagne lancée par ALA le printemps dernier pour les bibliothèques américaines. Le magazine féminin Woman's Day a demandé à ses lectrices d'expliquer en quoi les bibliothèques ont influencé leur vie. 2000 lectrices ont répondu et Lynn Cavanaugh, de Sparta, New Jersey, a vu son histoire publiée en ligne: celle-ci se termine par cette phrase « The library did not JUST change my life. It directed it and enhanced it and quite possibly saved it."

Le deuxième exemple est The Advocacy Institute, soit une équipe dédiée de « lobbyistes » à Washington recrutée par l'ALA. Leur rôle est d'articuler la politique générale de l'ALA avec les programmes fédéraux, locaux, et même internationaux débattus dans la capitale fédérale et de défendre les intérêts des bibliothèques auprès des politiques. The Advocacy Institute peut être défini comme la « tête de pont » des bibliothèques à Washington : il a été créé suivant l'idée que toutes les propositions et discussions législatives en cours ont ou auront des implications sur la vie des bibliothèques et des bibliothécaires.

Le troisième exemple est la campagne d'information nationale @yourlibrary lancée en 2002, relayée au plan international par l'IFLA : trois slogans sont proposés aux bibliothèques (« Libraries are changing and dynamic places » ; « Libraries are places of opportunity » ; « Libraries bring you the world »), slogans qui correspondent aux critères suivants :

  • faire ressurgir ce que les bibliothèques ont d'unique ;

  • communiquer sur les bibliothèques, mais aussi sur les bibliothécaires ;

  • montrer leur importance et leur pertinence à un public interne et externe ;

  • et enfin, montrer la diversité des bibliothèques.

2500 bibliothèques et institutions participent à cette campagne.

D'autres exemples peuvent être donnés, très nombreux. En dernier lieu, citons « Advocacy Resource Center » en ligne, véritable centre de ressources pour les bibliothèques en matière de lobbying.

JP Accart

cop. 2009 

  

Voir aussi :

http://www.skyways.org/KSL/development/libraryadvocacy.pdf

American Library Association: http://www.ala.org

Plan stratégique ALA : http://www.ala.org/ala/issues/alaadvocacydraftstrategicplan/draftplan.htm

Programme @yourlibrary : http://www.ala.org/ala/pio/campaign/campaignamericas.htm

Advocacy Resource Center : http://www.ala.org/ala/issues/issuesadvocacy.htm

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) International Sun, 15 Mar 2009 13:07:08 +0000
2008 - IFLA Québec (Canada) https://www.jpaccart.ch/international/2008-ifla-quebec-canada.html https://www.jpaccart.ch/international/2008-ifla-quebec-canada.html

2008ifla_logo"Bibliothèques sans frontières"

En 2008, Québec fête ses 400 ans et accueille la 74ème Conférence annuelle de l'IFLA : moment attendu par les 3500 délégués (dont une vingtaine de Suisses) venus de 150 pays différents, ce rendez-vous mondial des professionnels de l'information représente une opportunité unique de voir quelles sont les grandes tendances actuelles en matière d'accès à l'information, de technologies ou de recherche d'information. La convergence - déjà signalée lors de précédents congrès - ne fait que s'accentuer : bibliothèques, services de documentation et d'archives, musées travaillent conjointement pour la mise en commun de leurs ressources, avec par exemple les projets de numérisation qui se développent dans un grand nombre de pays. Cette convergence des intérêts se vérifie aussi dans le programme des conférences de l'IFLA qui propose de nombreuses sessions organisées conjointement par deux voire trois sections différentes (ce qui était moins le cas auparavant) : la nécessité de traiter en commun d'un thème unique, vu sous plusieurs angles, est une tendance actuelle très nette. Cela se vérifie également au niveau des pays : fusion d'associations nationales (c'est le cas en Suisse avec la nouvelle association BIS) ; création d'organisme fédérateur (en Allemagne avec DIB ; en Grande-Bretagne avec CILIP) ; agrégation de services d'archives et bibliothèques nationaux (au Canada, avec la BAnQ - Bibliothèque et Archives nationales du Québec)... Nos professions, parfois séparées, se retrouvent donc autour d'une communauté d'intérêts convergents, mouvement accentué par les technologies : les préoccupations sont identiques, autour de projets ou d'initiatives qui ne peuvent avancer que grâce à une mise en commun des moyens et des ressources (tel Europeana, http://www.europeana.org/ ).

Le poids actuel des moteurs de recherche, le mouvement des archives ouvertes, le développement des logiciels libres posent une question essentielle à nos métiers sur leur utilité dans l'avenir : même si des institutions d'envergure nationale semblent être peu remises en cause, les petites et moyennes structures luttent pour exister. La visibilité sur le Net est donc un point essentiel à améliorer et les bibliothèques multiplient les initiatives en la matière, notamment par l'emploi intensif des technologies du Web 2.0 et des techniques du marketing : loin d'être anecdotique, cette tendance montre une volonté de garder le lien avec l'utilisateur où qu'il soit, et surtout sur Internet. Les services de référence virtuels sont un exemple : l'aspect collaboratif permet d'étendre le service au niveau d'une région ou d'un pays avec des partenariats entre différentes bibliothèques (la mise en place d'un réseau francophone virtuel par la BnF, FrancoQuest, est une illustration). Il engendre la mutualisation de ressources jusque-là méconnues et une meilleure reconnaissance des compétences en recherche d'information. Le E-Learning, l'Information Literacy sont d'autres applications : l'exemple de CALIS de l'Université de Genève (http://www.unige.ch/biblio/ses/calis/index.html) est un exemple probant de formation à l'information. Même s'il parait difficile à l'heure actuelle d'avoir une vue exacte de l'influence de nos métiers dans le monde de l'information, force est de constater que bibliothèques, services de documentation et d'archives luttent de concert pour s'adapter à ce nouveau monde numérique et ne pas perdre la relation de service avec l'utilisateur.

Le Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI), devenu une des actions prioritaires de l'IFLA, constitue un excellent moyen de faire du lobbying pour nos professions auprès du monde politique. Processus en cours, le SMSI est une suite d'initiatives individuelles ou communes qui associe pays du Nord et pays du Sud dans une volonté de rendre plus aisé l'accès à l'information pour tous. La simple consultation de la base de données IFLA Success Stories (http://www.ifla.org/success-stories/ ) montre la diversité et la richesse des actions possibles. Même si beaucoup reste à faire, les professionnels de l'information doivent se sentir concernés par le SMSI qui parait nébuleux pour bon nombre.

Une autre grande question actuelle est la disparition éventuelle du lieu physique de la bibliothèque au profit du monde virtuel : les deux sont-ils dissociés ou complémentaires ? La création ou la restructuration d'institutions de plus ou moins grande envergure est un fait notable : la Grande bibliothèque de Montréal (http://www.banq.qc.ca/ ), la Bibliothèque publique d'Amsterdam (http://www.oba.nl/ ) - la plus grande d'Europe avec 28 000 m2, le prochain Rolex Learning Centre de l'Ecole polytechnique fédérale à Lausanne (http://learningcenter.epfl.ch/ ) sont trois exemples parmi tant d'autres des efforts consacrés à la culture et à l'éducation, au moment où le monde virtuel prend un essor considérable. Second Life ne compte plus les bibliothèques présentes dans son InfoIsland  (http://infoisland.org/ ) : selon les prévisions, d'ici une dizaine d'années, 80 % des internautes auront leur avatar sur Second Life. Une étude de février 2008 menée par l'Institute of Museum and Library Services (IMLS - http://www.interconnectionsreport.org/ ) auprès de 17 000 personnes montre que la consultation à distance ne se fait pas au détriment des consultations sur place : 91 % des personnes qui consultent les sites de bibliothèques se déplacent également. La consultation d'une source d'information n'élimine pas les autres, elle a même un effet stimulant et incite à recourir à d'autres sources. Enfin, l'utilisation des postes informatiques en bibliothèques n'affecte pas les services traditionnels, toujours utilisés. Plutôt que de disparition, il semble plutôt que la bibliothèque, lieu physique, doit exister aussi dans le monde virtuel.

Une autre tendance, enfin, est la diversification des prestations et services offerts : tout à la fois télécentre, learning centre, cybercafé, la bibliothèque physique prend toutes les initiatives pour attirer l'attention du public. A Londres, quatre « Idea Stores » ont vu le jour, nouveau concept où se rassemblent service d'information, loisirs divers et services aux usagers (http://www.ideastore.co.uk/ ). Les bibliothécaires américains de Radical Reference répondent aux questions d'utilisateurs lors de manifestations ou d'évènements publics qui se déroulent directement dans la rue : les transactions se font généralement par téléphone portable. « Radical Reference » offre également, par l'intermédiaire de son site (http://radicalreference.info/), un certain nombre de prestations, tels des formations ou un soutien à la recherche d'information pour les journalistes ou des mouvements associatifs. Le concept de « bibliothèque hors les murs » prend alors un nouveau visage.

Voici donc quelques grandes tendances notées lors de l'IFLA 2008 : se vérifieront-elles dans le futur ? La prochaine conférence de l'IFLA à Milan du 23 au 27 août 2009 devrait permettre de s'en assurer (http://www.ifla.org/IV/ifla75/index.htm).

JP Accart

Cop. Septembre 2008

Ce compte rendu est publié sur le site de Bibliothèque Information Suisse / Relations internationales: http://www.bbs.ch/documents/Compte_rendu_IFLA_2008.pdf

Photos, films et blogs sur l'IFLA 2008 : http://www.ifla.org/IV/ifla74/post-congress.htm

Voir également "Bibliothèques et innovations au Canada ", article de Claude trudel sur son blog Trouvailles

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) International Tue, 09 Sep 2008 13:34:44 +0000
2007 - Premières rencontre présidentielles de l'IFLA https://www.jpaccart.ch/international/2007-premieres-rencontre-presidentielles-de-l-ifla.html https://www.jpaccart.ch/international/2007-premieres-rencontre-presidentielles-de-l-ifla.html

in Bulletin des bibliothèques de France, 2007, t. 52, n° 3, pp. 120

« Le libre accès à l'information »

C'est à Berlin du 18 au 19 janvier 2007 que se sont tenues les premières rencontres présidentielles de l'IFLA, organisées à l'instigation de Mme Claudia Lux, directrice de la Zentralbibliothek de Berlin et nouvelle présidente de l'IFLA.

luxMme Lux, personnalité attachante et dynamique du monde bibliothéconomique germanophone et international, a choisi des thèmes forts pour sa présidence. L'un de ces thèmes, le lobbying, correspond à une préoccupation majeure des professionnels de l'information : comment faire se rencontrer le monde politique et le monde bibliothéconomique, comment intégrer les intérêts des bibliothèques dans les politiques gouvernementales et locales. Déjà en 2005, Mme Lux déclarait lors d'un entretien à la revue allemande BuB (6/2005, p. 415) : « Décideurs et bibliothécaires doivent s'asseoir autour de la même table ». Depuis, lors des conférences annuelles de l'IFLA, à Buenos Aires (2005) et à Séoul (2006), elle n'a eu de cesse de développer cette idée, en organisant par exemple des tables rondes qui ont rencontré un grand succès auprès des participants. Elle a également expliqué son slogan présidentiel « Les bibliothèques à l'ordre du jour » (1) dans une conférence très appréciée (2) : en résumé, Mme Lux incite fortement les bibliothécaires à mettre en avant leurs bibliothèques à chaque fois que l'occasion se présente, au niveau local ou au plan gouvernemental, avec des prises de position régulières sur les sujets qui les touchent. Mme Lux souhaite ainsi mettre en place un guide des meilleurs pratiques en la matière.

Les premières rencontres présidentielles de Berlin sont dans la continuité du processus entamé, sous forme d'un séminaire de deux journées co-organisées par l'IFLA (3), l'IFLA-Deutschland (4), le ministère des Affaires étrangères allemand, le Goethe Institut (5) et un certain nombre de bibliothèques allemandes. Avec pour thème « Le libre accès à l'information », l'objectif annoncé de ces rencontres est d'encourager les échanges internationaux, de renforcer les relations entre bibliothèques, représentants des politiques culturelles et décideurs. La bibliothèque, reflet d'une société démocratique, est le lieu idéal où les citoyens ont un libre accès à l'information. A partir de ce thème général découlent d'autres thèmes d'actualité tels que le droit d'auteur, les licences, la numérisation.

Berlin est choisie en fonction de sa situation géographique à proximité des autres pays d'Europe de l'Est (6) : sept bibliothécaires et sept politiciens de ces pays sont invités officiellement à un échange de vues sur les sujets précédemment cités. Après une série d'interventions des représentants officiels de l'IFLA (Alex Byrne et Claudia Lux), du gouvernement allemand (M. Gernot Erler, du ministère des Affaires étrangères, Berlin), la première journée est consacrée aux évolutions en cours dans les bibliothèques en Allemagne : la coopération avec les projets nationaux de licences, la Deutsche Internet Bibliothek (8), le projet Elan de la Bibliothèque technique de Hanovre (9), le métacatalogue virtuel (KVK) (10) de la Bibliothèque universitaire de Karlsruhe. Une visite de la Zentralbibliothek, une des principales de la ville de Berlin (11), clôt cette première journée.

La seconde journée met à l'ordre du jour les questions du droit d'auteur, du droit de copie numérique avec une intervention remarquée de Mme Ute Schwens (directrice de la Bibliothèque nationale allemande - DNB) (12) qui décrit la situation de l'Allemagne en la matière, avec une position très restrictive du droit dans les bibliothèques mais qui tend à s'assouplir. L' Open Access Initiative fait également l'objet d'un long développement au travers de différents projets européens. La fin de la journée est plus « politique » avec l'intervention de Mme Gundula Felten, chef de la bibliothèque et du transfert de l'information au ministère des Affaires étrangères et un débat sur l'importance des bibliothèques dans la société, avec des déclarations de trois bibliothécaires et de trois politiciens d'Europe de l'Est : leurs réflexions vont dans le même sens, à savoir que la bibliothèque, lieu de culture et d'accès à l'information, constitue un véritable lien social dans la cité.

La séance de clôture de ces premières rencontres présidentielles de l'IFLA est présidée par Mme Lux qui, après une synthèse de ces riches journées, fait adopter par l'assemblée des deux cents participants une déclaration finale sur l'accès libre à l'information comme élément central d'une politique culturelle.

Ce premier débat à Berlin sera suivi d'autres débats sur le même modèle en 2008 et en 2009, mais avec des représentants d'autres régions d'Europe ou du monde. Les informations seront données lors du prochain congrès mondial des bibliothèques, à Durban en Afrique du Sud en août 2007 (13). En outre, Mme Lux présentera une conférence sur le thème du lobbying lors du prochain congrès de l'Association des bibliothèques suisses (BBS) en septembre 2007 à Sierre (14).

Il ressort de ces deux journées à Berlin une impression de grande implication de la part des autorités de l'IFLA dans la société de l'information : les thèmes du lobbying et de l'accès à l'information sont en effet sous-jacent à toutes les discussions menées lors du Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI) (15). Un « groupe présidentiel SMSI» est d'ailleurs mis en place au sein de l'IFLA depuis la conférence de Séoul en août 2006, groupe constitué majoritairement par des bibliothécaires suisses qui se sont investis dans le pré-sommet SMSI de décembre 2003 à Genève (16). De par son action, Mme Lux continue la démarche entamée, en l'enrichissisant par des débats et réflexions, très utiles pour l'ensemble de la profession.

Jean-Philippe Accart

cop. 2007

Pour des informations concernant les prochaines rencontres présidentielles IFLA, contact:

Mme Hella Klauser : klauser@bibliotheksverband.de  


(1) Voir la présentation du thème présidentiel sur le site de l'IFLA (en bas de page) : http://www.ifla.org/III/PresidentsProgram.htm#President

(2) Voir le texte anglais de la conférence de Mme Lux „Libraries on the agenda": http://www.ifla.org/IV/ifla72/papers/106-Lux-en.pdf

(3) IFLA : http://www.ifla.org/

(4) IFLA-Deutschland : http://www.ifla-deutschland.de/

(5) Goethe Institut : http://www.goethe.de/

(6) Il faut signaler que toutes les interventions ont fait l'objet de traductions simultanées de l'allemand à l'anglais et au russe

(7) Die Deutsche Internet Bibliothek : http://www.internetbibliothek.de/index_user.jsp

(8) TIB Hannover: http://www.tib.uni-hannover.de/en/about_us/projects/elan/

(9) KVK: http://www.ubka.uni-karlsruhe.de/kvk/kvk/kvk_fr.html

(10) Zentralbibliothek de Berlin : http://www.zlb.de/index.html

(11) DNB: http://www.ddb.de/index.htm

(12) IFLA 2007 - Durban : http://www.ifla.org/IV/ifla73/index.htm

(14) BBS 2007 - Sierre: http://www.bbs.ch/

(15) SMSI / WSIS: http://www.itu.int/wsis/index-fr.html

(16)IFLA-Suisse: http://www.unige.ch/biblio/ses/IFLA/slir00.html

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) International Sat, 10 Nov 2007 09:41:48 +0000
2007 - Leipziger Kongress für Information und Bibliothek https://www.jpaccart.ch/international/2007-leipziger-kongress-fuer-information-und-bibliothek.html https://www.jpaccart.ch/international/2007-leipziger-kongress-fuer-information-und-bibliothek.html

Publié sur le site www.bbs.ch 

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Leipzig a accueilli du 19 au 22 mars derniers le 3ème congrès Bibliothek und Information Deutschland (BID) (1) suivi par le Salon du Livre de Leipzig (2), deuxième salon après Francfort. Le BID a la particularité de réunir tous les deux ans en congrès les principales associations professionnelles allemandes (3) : une moyenne de 3000 participants - une des manifestations professionnelles les plus importantes d'Europe - plus d'une centaine de communications, une dizaine de workshops, des exposants et des sponsors tels Bertelsman, Thomson Scientific ou OCLC-PICA, bref un congrès très suivi et peu connu dans le monde francophone.

Le thème choisi « Information et éthique » raisonne étrangement au vu d'un programme essentiellement axé vers les nouveautés technologiques appliquées à la documentation et aux bibliothèques : Open Access, E-Learning, services en ligne constituaient le gros du programme, avec les meilleurs spécialistes germaniques.

Mais ce qui semble susciter un grand intérêt outre-Rhin (on peut parler de déferlante) est le Web 2.0 : les bibliothèques allemandes se lancent à corps perdus dans les technologies Wikis, blogs, chats et autres RSS, au plus grand bonheur semble-t-il des bibliothécaires et des usagers qui peuvent ainsi communiquer plus facilement et obtenir nombre d'informations et de services.

Le Web 2.0 est connu aussi sous le nom de Web social, avec en point d'orgue le développement de l'intelligence collective. Est-ce une utopie ? Voyons de plus près les expériences menées sur le terrain : en 2006, la bibliothèque de l'Université de la Saar (4) lance ISIS, son nouveau système d'information (SI) ; celui-ci intègre grâce au Content Management System (CMS) Plone toutes les données nécessaires à la circulation de l'information : l'Intranet, la messagerie, les contacts téléphoniques. A cela s'ajoute ZWiki (5) qui complète le SI et permet une mise à jour et une interactivité de l'information. Un fil RSS est également installé. Les bibliothèques de Berlin-Brandebourg (soit des instituts culturels scientifiques, des bibliothèques administratives, des musées...) utilisent un weblog (6), basé sur un CMS, pour échanger et travailler en commun : cela évite ainsi la dispersion des ressources, des abonnements à de multiples sources d'information et listes de diffusion. L'intérêt apparait grand par rapport au coût d'un tel outil, sans commune mesure avec le calcul du temps passé à chercher et à lire l'information.

Le portail d'information Vascoda (7) (avec une version anglaise), sponsorisé par le ministère de la Formation, fonctionne comme un consortium, mais en proposant toute une gamme de services. 30 universités et partenaires mettent leurs ressources documentaires en commun (catalogues, périodiques, ouvrages....), mais également humaines avec le recours possibles aux experts des domaines. Fourniture de documents, tutoriels, services d'alertes et de recherches en ligne font partie de l'offre. Enfin, la Bibliothèque nationale d'économie a créé EconDesk (8), un service de référence en ligne avec possibilité de poser une question par mail, chat, téléphone, ou entretien sur place.

Le Web 2.0, c'est également le développement des bookmarks sociaux dans les bibliothèques (tels de-li-cious, Connotea ou Mr Wong (9)) et des blogs de plus en plus nombreux tenus par des institutions ou des professionnels (10).

Ces quelques exemples montrent le développement du Web social : après l'étape de la mise en ligne des ressources documentaires, les bibliothèques allemandes sont à l'heure de l'interactivité avec leurs usagers. Les bibliothèques universitaires disposent de plus de moyens financiers ce qui leur permet d'introduire des CMS pour gérer l'information. Les plus petites bibliothèques ont cependant la possibilité de participer par l'intermédiaire de consortiums.

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Quelques données statistiques: 18 000 bibliothèques !
Environ 11.350 bibliothèques ont été recensées en 2001 par une étude statistique sur le paysage bibliothéconomique allemand. Parmi elles, environ 4.500 sont sous la tutelle des communes ou des cantons, dont 150 bibliobus et 70 discothèques, 3.800 sont sous obédience catholique et 980 sous obédience protestante, dont 350 bibliothèques d'hôpital.

Les Bundesländer ont la charge de 40 bibliothèques à compétence régionale (Landesbibliothek ou Staatsbibliothek), 80 bibliothèques universitaires (et 670 bibliothèques d'UFR), environ 175 bibliothèques de Fachhochschule et 900 bibliothèques spécialisées scientifiques.

L'État fédéral finance également quelque 50 bibliothèques de parlement, de tribunal et autres bibliothèques administratives ainsi que la bibliothèque au plus grand fonds documentaire, Die Deutsche Bibliothek. À cela viennent s'ajouter environ 4.000 bibliothèques scolaires.

Ces chiffres ne prennent pas en compte les quelque 1.800 autres bibliothèques spécialisées vivant de fonds privés ou publics, de telle sorte qu'on peut se baser sur un total d'environ 18.000 bibliothèques.

(Source : http://www.goethe.de/wis/bib/prj/bib/thm/ein/fr14646.htm)


(1) http://www.bid-kongress2007.de/

(2) http://www.leipziger-buchmesse.de/

(3) La Bundesvereinigung Deutscher Bibliotheksverbände e.V. (BDB : Fédération des Associations Allemandes de Bibliothèques) située à Berlin constitue l'organisme de coordination, chargé de représenter les intérêts des associations et institutions liées aux bibliothèques quelle que soit leur domaine d'activités. En font partie : le Deutscher Bibliotheksverband e.V. - DBV (Association Allemande des Bibliothèques), le Berufsverband Information Bibliothek e.V. - BIB (Association professionnelle Information et Bibliothèque), le Verein Deutscher Bibliothekare e.V. - VDB (Association des bibliothécaires allemands), ekz.bibliotheksservice GmbH, le Goethe-Institut et la Fondation Bertelsmann.

(4) http://www.uni-saarland.de

(5) http://zwiki.org/FrontPage

(6) http://oplbb.blogg.de/

(8) http://www.vascoda.de

(9) http://www.econbiz.de/econdesk/

 (10) http://social-bookmarking.seekxl.de/top

(11) http://del.icio.us/kontext/Bibliothek ; http://www.mister-wong.de/user/blackblogand/bibliothek/http://www.mister-wong.de/tags/bibliothek/

Quelques exemples de blogs de bibliothèques:

JP Accart

cop. 2007

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) International Sat, 10 Nov 2007 09:10:21 +0000
2007 - IFLA Durban (Afrique du Sud) https://www.jpaccart.ch/international/2007-ifla-durban-afrique-du-sud.html https://www.jpaccart.ch/international/2007-ifla-durban-afrique-du-sud.html

thumbnailEntre émotion et responsabilité d'avenir

Pour la 73ème édition de son congrès annuel en août dernier, l'IFLA (la Fédération internationale des associations et institutions de bibliothèques) a fait le choix de Durban en Afrique du Sud, choix hautement symbolique tant les bibliothèques veulent être associées au concept d'accès à l'information pour tous. C'est la première fois qu'un congrès de l'IFLA se tient sur le continent africain, après avoir élu il y a quelques années une présidente africaine, Kay Raseroka, du Botswana dont le mandat s'est terminé en 2005. Une deuxième présidente africaine a été élue pour 2010 (les élections à l'IFLA sont faites très en avance), Mme Ellen Tise, d'Afrique du Sud, connue pour ses interventions sur les savoirs indigènes.

L'IFLA fête ses 80 ans (la Fédération fut créée en 1927), et semble avoir opéré un virage important dans son histoire : plus d'ouverture aux professionnels de l'information dans leur ensemble, rajeunissement général par la présence de délégués ne faisant pas forcément partie des cadres de bibliothèques, organisation assouplie, adhésion plus évidente aux problèmes sociétaux (l'accès au savoir et à la connaissance ; la liberté de l'information ; le rôle des femmes dans la société ; l'apprentissage de la lecture...) à quoi s'ajoute la prise en compte de la réalité sociale, politique et économique du pays accueillant le Congrès mondial des bibliothèques et de l'information, à savoir cette année l'Afrique du Sud. Si l'on sent dans chacune des paroles des différents intervenants politiques ou culturels lors du Congrès la présence de Nelson Mandela, l'homme qui a libéré le pays de l'Apartheid en 1994, il est clair qu'à des yeux d'Occidentaux, la situation sociale est loin d'être évidente, notamment avec les questions de sécurité, de chômage et de pauvreté. Les Africains du Sud, malgré ces problèmes, expriment un attachement très fort à leur pays, à leurs racines (qu'elles soient blanches ou noires, ou d'autres continents). Une des interventions les plus marquantes et les plus émouvantes est celle d'Albie Sachs, qui s'est longtemps battu contre l'Apartheid, fut emprisonné de nombreuses années, maintenant magistrat à la Cour constitutionnelle. Il dédit sa conférence au « bibliothécaire inconnu » qui lui fournissait des livres durant son incarcération et rappelle que Gandhi vécut en Afrique du Sud où en 1891, il subit lui-même le racisme.

A tout cet arrière-plan chargé d'histoire, s'ajoute, bien sûr, le programme de la Conférence: le cru 2007 fut exceptionnel par la qualité et la diversité des interventions et des conférenciers. 3100 délégués y assistent représentant 116 pays. Toutes les bibliothèques semblent s'être donné le mot : l'utilisateur doit être au centre, ce qui est un changement radical par rapport au rôle habituel qui leur est dévolu, à savoir la conservation des documents. Mais les avancées technologiques sont passées par là, Internet notamment, remettant profondément en cause l'essence même du métier. Il faut donc s'adapter sous peine de disparaître et le Web 2.0 fait une entrée en force dans tous les projets de modernisation de sites Web, avec l'idée sous-jacente de capturer un public par nature volatile, exigeant et individualiste. Toutes les techniques du Web 2.0 sont utilisées, du Podcast au fil RSS, du blog au chat, en passant par le Wiki. La Bibliothèque nationale de Singapour (http://www.nlb.gov.sg/) n'est pas en reste, tout semble bon pour attirer le public, avec des offres ciblées (pour les particuliers, les éditeurs, les auteurs...), des ateliers de travail réunissant hommes d'affaires et bibliothécaires autour d'un thème, des expositions virtuelles interactives. C'est le cas également de l'Université de Pretoria (http://web.up.ac.za/) avec son programme « E-Information Strategy » dont le contenu et les avancées pour l'utilisateur final (étudiant ou enseignant) font frémir d'envie les bibliothécaires français. A l'Université de Chur, en Suisse, un enseignant en sciences de l'information, utilise le Wiki pour former ses étudiants à l'écriture comparée d'articles.

Le marketing est utilisé comme technique de communication pour les bibliothèques, avec des exemples parfois étonnants : la très sérieuse bibliothèque d'Oxford, The Bodleian Library (http://www.bodley.ox.ac.uk/), seconde en Grande-Bretagne par ses fonds après la British Library, loue volontiers ses locaux pour le tournage des Harry Potter, tandis que la non moins sérieuse Bayerische Staatsbibliothek de Munich (http://www.bsb-muenchen.de/) vend son âme au diable de l'argent en organisant des shows pour la sortie d'un nouveau produit de Siemens ou des défilés de mode pour Yves Saint Laurent. Il faut préciser, qu'à leur actif, ces bibliothèques possèdent des locaux somptueux leur permettant d'accueillir de tels événements. On peut se demander où cela s'arrêtera : une des réponses des conférenciers est de dire qu'ainsi l'attention des politiques et du public est sensibilisée par d'autres aspects des bibliothèques, permettant d'attirer également les médias.

Plus sérieusement, d'autres projets attirent l'attention : l'Afrique du Sud et le Mali viennent de signer un accord pour la préservation des célèbres manuscrits arabes de Tombouctou (http://portal.unesco.org/ci/fr/ev.php-URL_ID=14224&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html) datant du Moyen Age, et Adama Samassékou, président de l'Académie africaine des langues (http://www.acalan.org/fr/ )  expose son projet MAAYA (http://maayajo.org/) pour la diversité linguistique. Ce projet est intégré dans la ligne d'action C8 du Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI) « Diversité et identité culturelle » et rejoint un des thèmes du congrès, les savoirs indigènes, principalement oraux. Ceux-ci sont maintenant protégés par un amendement de la constitution d'Afrique du Sud.

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luxClaudia Lux, présidente de l'IFLA (2007-2009) et directrice de la Zentralbibliothek de Berlin: « Les bibliothèques à l'ordre du jour »:

  • Quels sont vos projets pour l'IFLA?

CL : Avec ce slogan, « Les bibliothèques à l'ordre du jour », il me parait important de souligner que les bibliothèques supportent toutes les activités de la société, et pas uniquement l'aspect culturel ou pédagogique. Par exemple, elles peuvent jouer un rôle dans le développement de la cité, dans les questions de migration et d'intégration.

L'IFLA rassemble les meilleures pratiques et les transmet à tous ses membres. Les bibliothécaires doivent compter avec les politiques, notamment pour leurs budgets, et doivent leur faire comprendre leur rôle d'intermédiaire entre l'information et l'usager.

Comment voyez-vous les changements actuels dans les bibliothèques?

CL : Les bibliothèques développent tous les moyens possibles pour rendre l'accès à l'information numérisée possible. Elles sont aussi beaucoup plus efficaces en matière de technologie qu'auparavant. Mais la frontière numérique existe toujours, et elles ont un rôle important à jouer en la matière. L'IFLA est là pour les aider.

Quel futur pour les bibliothèques?

CL : Il faut trouver un équilibre entre le développement professionnel et le monde numérique. Cela ne veut pas dire que nous ne nous occuperons plus des livres et des imprimés. Ceux-ci sont produits en quantité de plus en plus considérable, malgré le numérique. Maintenant, nous savons où sont les véritables défis, il faut les relever en développant les aspects multimédia et en trouvant des standards communs pour les futures bibliothèques numériques. Ce à quoi l'IFLA travaille de manière intensive pour les livres électroniques par exemple.

Nous devons rassembler les différentes composantes de la profession et les différentes parties du monde.

Le prochain rendez-vous de l'IFLA est fixé du 10 au 14 août 2008 à Québec-Canada, avec pour thème « Bibliothèques sans frontières ». Il sera précédé du 1er congrès de la nouvelle Association internationale francophone des bibliothécaires documentalistes (AIFBD) à la Grande Bibliothèque de Montréal du 5 au 7 août (http://bibliodoc.francophonie.org/).

Article publié dans Archimag, octobre 2007.

Jean-Philippe Accart

cop. 2008

Voir aussi, sur ce site, l'Edito d'Août 2007: En direct de Durban 

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) International Thu, 27 Dec 2007 09:18:15 +0000
2007 - BBS Sierre (Suisse) https://www.jpaccart.ch/international/2007-bbs-sierre-suisse.html https://www.jpaccart.ch/international/2007-bbs-sierre-suisse.html

logobbs

Tous les deux ans, l'Association des bibliothécaires suisses (BBS) tient son congrès, prenant soin de contenter les différentes composantes linguistiques du pays  : le choix de cette année, du 29 août au 1er septembre, s'est porté sur Sierre, dans le canton du Valais (bilingue français-allemand) et très proche du canton du Tessin, de langue italienne .

Le thème central, « Mémoire du futur », avait pour objectif que les 200 participants puissent réfléchir aux défis actuels et futurs de la gestion des collections et des prestations des bibliothèques, des archives et de la documentation. Cette question, à l'heure actuelle, se pose de manière aigüe à l'heure du numérique et les professionnels suisses tentent d'y répondre en envisageant un certain nombre d'aspects : l'aspect financier apparaissant comme primordial, il est donc nécessaire de convaincre les décideurs politiques de l'importance du rôle des bibliothèques dans la préservation de la mémoire documentaire. La BBS a fait de ce thème un des piliers de son programme d'action depuis quatre années, accordant au lobbying une place centrale : dans cette optique, les contacts, les prises de position, les adresses directes aux parlementaires pour obtenir des réponses à des questions telle que la place de la Suisse dans la société de l'information sont réguliers. Dans ce sens, une « Déclaration de principes et un plan d'action pour les bibliothèques suisses », vue comme un argumentaire pour le lobbying, a été élaborée en 2003 suite au Sommet mondial sur la société de l'information qui s'est tenu à Genève en décembre 2003 . Puis, en 2004, la BBS a créé, en collaboration avec les associations d'auteurs, libraires et éditeurs, un "Lobby suisse du livre" , suivi par la parution du « Manuel pour un lobby des bibliothèques suisses » . En 2005, la BBS a pris position sur la future « Loi sur l'encouragement à la culture » . Enfin, en juin 2007, la BBS a mis sur pied une consultation des partis politiques suisses relative à la politique des bibliothèques : tous les partis (sauf le parti ultraconservateur UDC) se sont prononcés pour la digitalisation des collections, la lutte contre l'illettrisme, l'apprentissage de la lecture. Une commission nationale des bibliothèques, idée soutenue par la BBS, ne remporte pas l'adhésion, ce qui s'explique par le fait que la Suisse est un pays fédéral où la culture et les bibliothèques relèvent des compétences des cantons et non de la Confédération : la Bibliothèque nationale suisse joue donc un rôle très différent de la Bibliothèque nationale de France, tout en étant considérée comme une des bibliothèques de référence en Suisse.

Le congrès BBS 2007 a permis de faire le point sur les avancées de la politique du lobbying, faisant appel à des points de vue et des expériences nationaux et étrangers. Jean-Frédéric Jauslin, (directeur de l'Office fédéral de la culture ), Marie-Christine Doffey (directrice de la Bibliothèque nationale suisse ), Andrew Cranfield (directeur d'EBLIDA), Marie-Claude Morand (présidence de l'International Council of Museums) et Claudia Lux (présidente de l'IFLA) ont tenu une table ronde très suivie sur les rapports mémoire documentaire / conservation / numérisation / lobbying.

bbs2007Mme Lux, dont le lobbying est également un point fort de sa politique , insiste sur la plus grande accessiblité possible des documents en bibliothèque, sur la promotion des services et prestations documentaires. Elle donne quelques « règles » et conseils pour procéder à un lobbying performant :

  • Rester positif avec l'interlocuteur dans tous les cas
  • Savoir dire les bonnes choses au bon moment
  • Aborder des sujets dont on est sûr
  • Si l'on doit faire face à des refus, savoir en tirer profit, retenter notre requête de manière intelligente.

jauslinJ.-F. Jauslin, directeur de l'Office fédéral de la culture, rappelle que pour les politiques, la culture n'est pas un sujet majeur, ce qui se traduit en terme budgétaire : l'Office fédéral de la culture ne dispose que de 2 milliards de francs suisses, ce qui est peu comparé à d'autres offices, alors que 100.000 personnes travaillent dans ce domaine. Concernant la conservation et la numérisation des documents, deux questions se posent : qui conserve(ra) l'information ? Que garderons-nous pour demain ? Les responsabilités doivent être partagées. Au niveau des bibliothèques, ce travail demande beaucoup d'efforts, efforts dont les politiques ne sont pas toujours conscients.

Hormis le lobbying, Sierre fut l'occasion de voir les avancées des différents projets de numérisation ou d'offres de prestations documentaires novatrices en Suisse :

  • le projet E-Archiving, sous la responsabilité du Consortium des bibliothèques universitaires suisses , qui prévoit un serveur pour l'archivage à long terme des périodiques scientifiques ,
  • la bibliothèque numérique RERO (Réseau des bibliothèques de Suisse occidentale), RERO-Doc, qui archive livres, journaux, thèses, preprints, rapports... ,
  • Archives Web Suisse, projet piloté par la Bibliothèque nationale en partenariat avec les cantons, pour la création d'une collection commune en ligne des documents patrimoniaux (appelés les « Helvetica »)
  • le projet Memoriav pour la préservation du patrimoine audiovisuel
  • SwissPoster, collection d'affiches suisses
  • le projet COSADOCA, consortium de sauvetage du patrimoine documentaire en cas de catastrophe
  • SwissInfoDesk, le guichet virtuel de la Bibliothèque nationale et le Guichet virtuel sur la Suisse qui rassemble une vingtaine de bibliothèques partenaires

Durant son Assemblée générale, les membres de la BBS ont voté pour la fusion de la BBS avec l'Association suisse de documentation (ASD), fusion qui deviendra effective en 2008.

Congrès riche en informations, Sierre 2007 fut véritablement l'occasion d'envisager ce que peut être la « Mémoire du futur ».

cop. JP Accart, 2008

Article publié dans le Bulletin des bibliothèques de France, t. 52, 6, 2007, p. 92-93

- Voir l'article paru dans le BBF : « Le libre-accès à l'information. Premières rencontres présidentielles de l'IFLA  » / JP Accart, Bulletin des bibliothèques de France, 2007, t. 52, n° 3, pp. 120.

- Site du Consortium: http://lib.consortium.ch/

- Projet E-Archiving: 

- RERO-Doc: http://doc.rero.ch

- Projet Memoriav: http://fr.memoriav.ch

- SwissPoster: http://posters.nb.admin.ch

- COSADOCA: http://www.cosadoca.ch

- SwissInfoDesk: http://www.nb.admin.ch

- Guichet virtuel sur la Suisse: http://www.nb.admin.ch

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) International Sat, 01 Mar 2008 13:53:18 +0000
2006 - Le droit d’auteur dans un environnement numérique: les positions de l’IFLA et de l’UNESCO https://www.jpaccart.ch/international/2006-le-droit-d-auteur-dans-un-environnement-numerique-les-positions-de-l-ifla-et-de-l-unesco.html https://www.jpaccart.ch/international/2006-le-droit-d-auteur-dans-un-environnement-numerique-les-positions-de-l-ifla-et-de-l-unesco.html  ARBIDO,  juin 2006, n° 2, pp. 28-30.

Résumé allemand

Das Urheberrecht in einer digitalen Umwelt: die Positionen der IFLA und der UNESCO

La communauté des professionnels de l'information et des bibliothèques est confrontée quotidiennement aux problèmes juridiques liés à l'information. Les débats sont nombreux et fournis autour notamment du droit de prêt, des licences, la conservation du patrimoine documentaire, le partage des ressources... Il y a quelques années, l'économie est entrée en force dans le monde documentaire, mais le droit de l'information apparaît désormais incontournable à maîtriser. Pour les professionnels, la situation est donc complexe : l'IFLA et l'UNESCO apportent des points de repères utiles afin de mieux s'orienter dans le dédale juridique actuel.

La position de l'IFLA : droit d'auteur et bibliothèques, un équilibre à trouver

La Fédération internationale des associations de bibliothécaires (IFLA) prend clairement  position sur le droit d'auteur dans l'environnement numérique, et envisage les différents aspects touchant aux métiers de l'information. Mais avant d'aborder ces aspects, voyons la position globale de l'IFLA sur ce sujet :

« Les bibliothécaires et les professionnels de l'information reconnaissent que leurs clients ont besoin d'accéder à des oeuvres protégées par le droit d'auteur, aux informations et aux idées qu'elles contiennent et s'engagent à les soutenir. Ils respectent aussi les besoins des auteurs et des ayants-droit qui attendent un retour économique équitable de leur propriété intellectuelle. Un accès effectif aux oeuvres est essentiel pour atteindre les objectifs du droit d'auteur. L'IFLA soutient une loi sur le droit d'auteur équilibrée qui favorise la société dans son ensemble et accorde une protection forte et efficace aux intérêts des ayants droits ainsi qu'un accès acceptable (aux oeuvres) afin d'encourager la créativité, l'innovation, la recherche, l'éducation et le savoir. »

Pour l'IFLA, le droit d'auteur doit trouver un point d'équilibre entre les intérêts du public (les usagers des bibliothèques et services de documentation) et ceux des auteurs. Les  partisans d'un droit de la propriété intellectuelle fort sont particulièrement nombreux aujourd'hui : les intérêts financiers en jeu sont énormes et les entreprises détentrices des moyens de diffusion de l'information (les éditeurs, mais également les fournisseurs d'information) dominent aisément le marché de l'information et de la communication. Elles veulent obtenir des droits accrus pour les titulaires de droit, car c'est un excellent moyen d'augmenter les revenus potentiels. Les professionnels de l'information n'ont pas le même poids économique, ils soutiennent fortement de leur côté l'accès aux documents protégés par le droit d'auteur.

Les bibliothèques sont les principaux acquéreurs d'œuvres protégées par le droit d'auteur sur support analogique et numérique ; elles mettent à disposition ces documents pour leurs clients afin qu'ils puissent en avoir pleinement l'usage : consultation, lecture, utilisation sont parmi les pratiques les plus courantes dans les bibliothèques. En outre, les professionnels de l'information  ont de tout temps lutté contre les usages illicites en regard du droit d'auteur.

Alors que la durée du droit d'auteur donne à l'auteur une période déterminée de protection, l'extension progressive de la durée porte injustement préjudice aux usagers de l'information. L'explication donnée pour justifier l'extension de la durée de protection est que l'espérance de vie s'accroît et que la période de protection doit être adaptée à cette extension.  Mais cet argument ne peut pas être retenu car la durée du droit d'auteur perdure aujourd'hui après la mort de l'auteur. En outre, des durées croissantes de protection portent davantage préjudice à certains pays en voie de développement où l'espérance de vie d'un adulte est faible. L'extension de la durée des droits bénéficie essentiellement aux ayants droits et à leurs descendants dans les pays développés et se fait aux dépens des usagers de l'information et des nouveaux créateurs potentiels à la fois dans les pays développés et les pays en voie de développement.  Ce résultat  infléchit l'équilibre qui avait été instauré  et empêche  une réutilisation  créative des oeuvres anciennes.

Pour l'IFLA, il est paradoxal que l'extension de la  durée des droits d'auteur soit souhaitée alors  que de nombreux gouvernements encouragent parallèlement  un accès croissant aux contenus locaux grâce à la numérisation.

L'équilibre traditionnel du droit d'auteur est donc, pour diverses raisons, sérieusement menacé dans l'environnement numérique. Tout semble concourir pour limiter l'accès aux oeuvres : mesures techniques de protection ou paiement à l'usage en sont deux exemples.

Concrètement, voici ce que l'IFLA préconise aux professionnels de l'information :

  • è Le partage des ressources: lorsqu'une bibliothèque dispose d'un accès légal à une œuvre numérique et qu'elle fournit ensuite un accès à des fins légitimes telles que la recherche ou l'étude, ceci devrait être permis par la législation sur le droit d'auteur.

Ce qui sous-tend cette déclaration est que le partage des ressources joue un rôle vital pour l'éducation, la démocratie, la croissance  économique, la santé, le bien-être et le développement personnel. Il facilite l'accès à un éventail toujours plus large d'informations qui n'aurait pas pu être disponibles par d'autres voies à l'usager. Le partage des ressources augmente l'accès direct à l'information pour les usagers qui, pour des raisons économiques, techniques ou sociales ne peuvent en avoir.

La position de l'IFLA en bref

- IFLA (International Federation of Library Associations and Institutions = Fédération internationale des associations de bibliothécaires et d'institutions) représente les intérêts des bibliothèques et des services d'information  ainsi que ceux de leurs usagers dans le monde entier.

- Les bibliothèques sont les principaux acquéreurs de l'information imprimée sur support analogique et numérique et veulent assurer un accès légal et équitable aux connaissances contenues dans de telles oeuvres.

- L'IFLA estime que les droits économiques des fournisseurs d'information doivent être rééquilibrés par les besoins qu'a la société d'avoir un  accès aux connaissances et que les bibliothèques jouent un rôle clef dans cet équilibre.

L'environnement numérique permet d'envisager que toutes les composantes de la société, notamment les pays en voie de développement et les groupes désavantagés, puissent avoir un accès à l'information. Mais ceci ne sera obtenu que si les lois sur la propriété intellectuelle  peuvent être toujours rééquilibrées par des limitations et des exceptions réelles.

- L'IFLA est persuadée que les exceptions et les limitations au droit d'auteur, instaurées pour le bien public, sont aujourd'hui mises en péril par l'usage croissant des mesures de protection technique et par des restrictions (aux usages) présentes dans les contrats de licences.

           

Commission IFLA sur le copyright et autres problèmes juridiques (CLM)

  • è Le prêt des documents: le prêt de documents par des bibliothèques ne doit pas être restreint par la loi; les dispositions contractuelles, par exemple, dans le cadre d'accords de licences ne devraient pas contourner la possibilité de faire un prêt raisonnable de ressources électroniques par le personnel des bibliothèques et des centres d'information.

Le prêt public est essentiel pour la culture et l'éducation. Il devrait être proposé à tous.

  • è La préservation et de la conservation: les lois sur le droit d'auteur devraient autoriser les bibliothèques à copier des oeuvres protégées par le droit d'auteur afin de procéder à leur conservation. La loi ne devrait pas interdire aux bibliothèques d'avoir recours aux nouvelles techniques pour améliorer les techniques de conservation et rendre les documents conservés sous forme numérique disponibles aux usagers des bibliothèques.
  • è La responsabilité pour des infractions au droit d'auteur: la responsabilité ultimedevait être imputable à l'auteur même de l'infraction. La législation sur le droit d'auteur devrait donner des limitations claires sur la responsabilité des parties tierces lorsque la conformité aux règles établies ne peut pas être pratiquement ou raisonnablement surveillée.
  • è Les licences: les termes des accords de licences contractuelles relatives à des œuvres protégées par le droit d'auteur devraient comporter des clauses intégrant les politiques publiques en matière de droit d'auteur, de respect de la vie privée, de liberté d'expression et des droits des consommateurs. Les accords de licence pour un accès à l'information ne devraient pas exclure les usagers de l'information ou avoir un impact négatif sur ceux-ci en supprimant des droits qui pourraient leur être accordés par la loi. L'IFLA affirme que les accords de licences doivent compléter la loi sur le droit d'auteur, non s'y substituer.

La licence devrait au moins permettre à un usager de lire, télécharger et imprimer des oeuvres pour son propre usage, sans aucune restriction.

Quelques exemples de restrictions souvent imposées par les  contrats de licences. Des limitations  :

- pour imprimer, télécharger ou envoyer de copies par courriel d'une partie des documents :

- sur le nombre, le lieu de consultation et l'obligation d'affiliation à un organisation donnée des usagers autorisés ;

- sur les possibilités de prêt inter bibliothèques pour la  fourniture de documents ;

- sur la copie d'œuvres faites à des fins de conservation par les bibliothèques ;

sur l'usage d'une oeuvre à partir d'une certaine date ;

- la possibilité de mise en réseau de l'œuvre pour un accès sur le site de la bibliothèque ;

- sur le prêt ou autre mise à disposition de l'œuvre.

  • è Les mesures de protection techniques: la protection au titre du droit d'auteur devrait encourager et non interdire l'utilisation des oeuvres. La loi sur le droit d'auteur ne devrait pas donner aux titulaires de droits le pouvoir supplémentaire d'utiliser des mesures techniques pour contourner les exceptions et les limitations au droit d'auteur et infléchir l'équilibre instauré par les lois sur la propriété intellectuelle au niveau international et national. C'est l'accès à l'information et non le contrôle de l'information qui accroît l'utilisation de celle-ci. Des études ont naturellement démontré que trop de contrôle, sous la forme de protection technique, est contre-productif. Le contournement des mesures de protection pour des activités qui ne violent aucun droit devraient être autorisées.

La position de l'UNESCO : favoriser la créativité et la diversité culturelle [2]

Dès 1952, l'UNESCO a œuvré pour la protection du droit d'auteur : la Convention universelle sur le droit d'auteur a en effet été adoptée sous son égide. Depuis, cette institution internationale tend par son action à favoriser la créativité individuelle, pour le développement des industries culturelles et pour la promotion de la diversité culturelle.

La piraterie, l'application insuffisante des lois sur le droit d'auteur ont des effets négatifs sur la promotion de la création et de la distribution des produits culturels locaux dans tous les pays du monde.

L'UNESCO mène, dans le cadre de l'Alliance Globale pour la diversité culturelle, des projets de sensibilisation et de renforcement des capacités, en plus de l'information, la formation et la recherche en droit d'auteur. Elle est particulièrement impliquée dans le développement de nouvelles initiatives pour lutter contre la piraterie.

L'UNESCO tente d'apporter sa contribution au débat international sur ce sujet, prenant en considération les perspectives de développement et prêtant une attention particulière, à l'instar de l'IFLA, à la nécessité de maintenir un juste équilibre entre les intérêts des auteurs et l'intérêt du public.

Un certain nombre d'outils sont proposés : des manuels en ligne, des supports audiovisuels, des périodiques sur le droit d'auteur, des guides pratiques. Plusieurs comités intergouvernementaux sont mis en place.
 

En conclusion 

Depuis de nombreuses années, les liens entre l'IFLA et l'UNESCO se sont renforcés, notamment au travers
de travaux, de déclarations, de prises de position sur des sujets d'actualité touchant de près la profession. L'IFLA se mobilise sur des sujets qui relèvent également de l'UNESCO : en matière d'éducation, de lutte contre l'illettrisme et en faveur de la justice sociale.

L'IFLA croit sincèrement que la diffusion de la culture et de la connaissance est menacée. Elle ne croit pas que la meilleure solution pour faire face aux problèmes de droit d'auteur dans l'environnement numérique soit la prise en compte des seules conditions établies par les fournisseurs d'informations.

L'objectif premier du droit d'auteur était de protéger les auteurs ou les créateurs dans le cadre plus large de l'intérêt public. Le danger est grand aujourd'hui de voir le droit d'auteur devenir un mécanisme de protection légale instauré au bénéfice de diverses multinationales.

L'IFLA ne veut pas voir un environnement où un contrôle total sur l'accès à l'information est dans les mains d'un petit nombre d'entreprises multinationales. Si tous les usages de l'information sont contrôlés, seuls les plus riches pourront tirer bénéfice d'un accès à la connaissance et au savoir. A moins que des limites à ce contrôle ne soit instaurées, l'IFLA craint que cette situation ne profite qu'à des intérêts individuels plutôt qu'à l'intérêt collectif. Les Etats devraient donc intervenir et faire en sorte que la société obtienne un retour sur ses investissements en matière d'éducation et de recherche. Ce n'est qu'à ce titre qu'un équilibre sera obtenu.



[1] Ce texte s'inspire largement du texte publié par le Committee on Copyright and Other Legal Matters   (CLM) de l'IFLA : « Position de l'IFLA sur le droit d'auteur des documents numériques ».   http://www.ifla.org/III/clm/p1/pos-dig-f.htm

[2] Portail de l'UNESCO : http://portal.unesco.org/culture/fr/

cop. JP Accart, 2007

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) International Wed, 18 Jul 2007 15:31:51 +0000
2006 - La Mémoire documentaire en Europe et dans le monde https://www.jpaccart.ch/international/2006-la-memoire-documentaire-en-europe-et-dans-le-monde.html https://www.jpaccart.ch/international/2006-la-memoire-documentaire-en-europe-et-dans-le-monde.html

ARBIDO,  avril 2006, n° 1, pp. 25-29.

Résumé allemand

Das Dokumentenerbe in Europa und in der Welt

Während die Begriffe «Memopolitik» oder «Gedächtnispolitik» allgemein verstanden werden im Sinne der historischen Erinnerung an ein Ereignis oder einen Abschnitt der Geschichte, hat die Unesco in ihrem 1992 lancierten Programm «Gedächtnis der Welt»  den  Begriff  «Dokumentenerbe» zutreffender als erhaltenswertes dokumentarisches Erbe definiert.

1984 hat die IFLA, der Internationale Verband der bibliothekarischen Vereine und Institutionen, das Programm PAC (Activity on Preservation and Conservation) lanciert und arbeitet jetzt mit der Unesco zusammen. Seither sind weitere Initativen ergriffen worden, namentlich von der Europäischen Union, die Programme wie eEurope, i2010 Digital Libraries, MinervaPlus oder Michael aufstellte. Diese Schritte vollziehen sich im weiteren Rahmen der Entwicklung zur Informationsgesellschaft. Die immer zahlreicheren Projekte digitaler Bibliotheken sind Ausdruck einer veränderten Bewusstseinslage.

Si les expressions « memopolitik » ou « politique de la mémoire » sont généralement comprises dans le sens de mémoire historique par rapport à un événement ou à une période historique (1), l'expression « mémoire documentaire », plus appropriée, est définie par l'Unesco dans son programme lancé en 1992 « Mémoire du monde » comme étant la préservation du patrimoine documentaire. En 1984, la Fédération internationale des bibliothèques (IFLA) avait lancé son programme PAC (Activity on Preservation and Conservation) et collabore maintenant avec l'Unesco. Depuis, d'autres initiatives ont vu le jour, notamment les programmes mis en place par l'Union européenne avec eEurope, i2010 Digital Libraries, MinervaPlus ou Michael. Cette démarche s'inscrit dans un cadre plus général, celui de la société de l'information. Les projets de bibliothèques numériques qui se multiplient sont une des conséquences de cette prise de conscience. Cet article aborde volontairement la question des collections de documents imprimés ou iconographiques numérisés ou en cours de numérisation, sans aborder celle des documents numériques et de leur conservation qui fait l'objet d'autres initatives telle International Internet Preservation Consortium (IIPC) (2).

L'Unesco et « La mémoire du monde »

UNESCO und "Memory of the World".

L'Unesco (3), organe des Nations-Unies pour l'éducation et la culture, souhaite, avec son programme « Mémoire du monde », sensibiliser la communauté internationale à la richesse du patrimoine documentaire, à la nécessité d'assurer sa conservation pour les générations futures et le rendre ainsi accessible à un large public.

Ce programme, ambitieux car semblant ne pas avoir de fin, attire l'attention du public sur l'importance de ce patrimoine, au moins aussi digne d'intérêt que le patrimoine artistique. A titre d'exemple, de nombreux dangers menacent ce patrimoine : guerres, destructions, incendies, catastrophes naturelles entraînent parallèlement des disparitons de pans entiers de l'histoire documentaire de l'humanité. L'ouvrage de Lucien X. Polastron paru en 2004, au titre évocateur (Livres en feu : histoire de la destruction sans fin des bibliothèques) fourmille d'exemples de toutes sortes (4) en la matière. L. X. Polastron donne les raisons de certaines de ces destructions : détruire le savoir pour mieux gouverner (Chine ancienne, Allemagne de l'époque nazie...) ; l'invasion de nouveaux territoires (Empire aztèque...) ;  la mise en danger du pouvoir politique en place. D'autres raisons existent, encore moins avouables que les précédentes, tel le pillage culturel de pays colonisés (notamment la France au Vietnam, en Egypte ou en Italie) avec la question lancinante de la restitution des biens culturels « empruntés ». Le constat est peu glorieux pour l'humanité.

Selon l'Unesco, le patrimoine documentaire déposé dans les bibliothèques et les archives représente un volet essentiel de la mémoire collective ; il reflète la diversité des langues, des peuples et des cultures. Mais cette mémoire est fragile et une partie de ce patrimoine disparaît régulièrement par accident ou vieillissement des supports.

L'idée qui a prévalu lors de la mise en œuvre du programme « Mémoire du monde » est l'affirmation solennelle que le patrimoine documentaire du monde appartient à tous et qu'il est nécessaire de favoriser sa préservation et son accessibilité. Il convient, dans un premier temps, d'identifier les éléments documentaires d'intérêt universel, de sensibiliser à l'importance de ce patrimoine, puis d'en faciliter la conservation et l'accès pour le bénéfice des populations humaines actuelles et futures. Les moyens mis en œuvre par l'Unesco pour y parvenir sont divers : ils vont de l'aide-conseil pour la conservation des collections aux encouragements à la numérisation et à la publication.

Quatre objectifs ont été définis :

  • - assurer la préservation du patrimoine documentaire d'intérêt universel et encourager celui d'intérêt national et régional;
  • - le rendre accessible au plus grand nombre, en faisant appel aux technologies les plus appropriées;
  • - faire prendre davantage conscience aux États membres de l'Unesco de leur patrimoine documentaire et, en particulier, de ceux de ses aspects qui ont un intérêt du point de vue de la mémoire collective mondiale;
  • - élaborer des produits dérivés basés sur ce patrimoine documentaire et les distribuer à l'échelle internationale, tout en veillant à ce que les originaux bénéficient des meilleures conditions possibles de conservation et de sécurité.

Une brochure recommandant des pratiques de conservation, listant les normes en vigueur et proposant une bibliographie sur la conservation des documents de toute nature a été publiée par le Sous-Comité technique de Mémoire du Monde

De nombreux projets de sauvegarde du patrimoine documentaire sont en cours et utilisent la technologie numérique. Parmi ces projets, les collections historiques de la bibliothèque de l'université de Vilnius fondée en 1570 et qui comprennent : 5,3 millions d'ouvrages imprimés dont 180 000 ouvrages de grande valeur scientifique, culturelle et historique, édités avant l'an 1800,  313 incunables, des ouvrages d'imprimeurs connus, tels que les Alde, les Elzévir, les Plantin, la collection la plus grande au monde de vieux livres lituaniens, 1000 vieux atlas et 10 000 cartes créés par les cartographes les plus connus des 17ème-18ème siècles (5). Un autre exemple est la Chronique Radziwill (déposée à la Bibliothèque de l'Académie russe des sciences à Saint-Pétersbourg) soit une série de 600 enluminures sur l'histoire de la Russie du 5ème au 13ème siècle : cette Chronique, très fragile et très rare, fait l'objet d'un projet-pilote de numérisation lancé par l'Unesco et la Bibliothèque du Congrès (6).

L'IFLA et le programme PAC

IFLA und das PAC-Programm

Créé lors du congrès de l'IFLA à Nairobi en 1984, le Programme fondamental "Préservation et Conservation" est devenu effectif en 1986. Depuis 1992, le siège du PAC est à la Bibliothèque nationale de France à Paris. Le PAC est l'un des six programmes fondamentaux de l'IFLA :

  • - ALP (Advancement of Librarianship)
  • - CLM (Committee on Copyright and other legal Matters)
  • - FAIFE (Committee on Free Access to Information and Freedom of Expression)
  • - ICABS (IFLA-CDNL Alliance for Bibliographic Standards)
  • - UNIMARC (UNIversal MARC)

Le PAC diffère des autres programmes fondamentaux par sa structure en réseau.

Il se compose actuellement d'un Centre International implanté à la BnF et de six centres régionaux ayant chacun la responsabilité d'une aire géographique. Le PAC poursuit un objectif essentiel : s'assurer que les documents de bibliothèques, publiés ou non, quel que soit leur support, soient conservés et accessibles le plus longtemps possible.

Afin de mettre ces informations à disposition du plus grand nombre et d'en faire un instrument de formation, l'UNESCO a chargé l'IFLA de produire un cédérom, en anglais et en français, illustrant les causes de dégradation des collections de bibliothèques et des fonds d'archives ainsi que les mesures préventives à prendre. Grâce à des liens hypertextes, ce cédérom permet d'élargir la recherche à des sites web proposant des informations, constamment actualisées, dans le domaine de la conservation. Ce cédérom a bénéficié des compétences des experts qui ont participé à la réalisation de la brochure initiale du Sous-Comité technique du programme "Mémoire du Monde" de l'UNESCO, ainsi que des nombreux professionnels des bibliothèques et des archives qui ont bien voulu envoyer des photographies illustrant les propos. Le programme PAC, " Préservation et Conservation ", de l'IFLA, a pu mener à bien ce projet grâce à l'assistance scientifique et technique de la Mission de la recherche et de la technologie du Ministère français de la culture et de la communication (7).

L'Europe et « la politique de la mémoire »

Europa und "die MemoPolitik "

Depuis de nombreuses années, l'Union européenne propose différents programmes de conservation et de diffusion de contenus d'information. Les derniers en date (eEurope, Minerva, i2010 Digital Libraries...) que nous allons détailler sont pour la plupart des programmes qui visent à numériser des fonds et des collections de documents. L'Europe est donc loin d'être en retard par rapport au reste du monde.

Le programme eEurope (8) et les Principes de Lund (9)

Das eEurope Programm (8) und die „Lund Principles" (9)

En avril 2001, un comité d'experts s'est réuni à Lund sous l'égide de la Cultural Heritage Applications Unit of the Information Society. Les conclusions et recommandations émises lors de cette réunion constituent les Principes de Lund et sont développés dans un plan d'action. Ces principes ont été traduits dans toutes les langues de l'Union et un agenda a été mis en place : il s'agit de déterminer les meilleures pratiques et les initiatives les plus intéressantes en matière de politique de la mémoire.

Les Principes de Lund en résumé

Il s'agit, selon ces principes, de :

  • - établir une coordination au travers d'un forum,
  • - développer une vision européenne soutenue par une politique et un programme,
  • - développer les meilleures pratiques et veiller à leur uniformité,
  • - travailler en collaboration et rendre visible et accessible l'héritage culturel et scientifique européen.

La Commission européenne fournira son aide au programme eEurope de la manière suivante :

  • - en supportant les activités de coordination,
  • - en rendant possible la création de centres de compétences,
  • - en stimulant les pratiques de benchmarking concernant la digitalisation,
  • - en encadrant une vision partagée en matière de contenus européens,

en aidant les Etats membres à améliorer l'accès, à augmenter la qualité et la rentabilité du contenu...

i2010 Digital Libraries (10)

Le programme i2010 (European information society 2010) a pour objectif premier de favoriser la compétitivité du secteur des technologies de l'information et de la communication.

Dans une lettre du 28 avril 2005 adressée à la présidence du Conseil et à la Commission européenne par six chefs d'Etats, la création d'une bibliothèque européenne virtuelle est préconisée, visant à rendre l'Europe culturelle et scientifique accessible à tous.  La Commission a accepté ce plan et a lancé le programme i2010 dont le programme i2010 Digital Libraries est une des composantes pour l'aspect bibliothèques numériques. Il concerne :

  • - Les documents déjà digitalisés (les copies numériques de livres par exemple), mais également tout autre type de documents détenus par les bibliothèques et les services d'archives.
  • - Les documents scientifiques et techniques stockés dans des dépôts numériques.

Trois principes ont été définis: 

  • - L'accessibilité en ligne pour les citoyens, les chercheurs et les entreprises,
  • - Un usage plus large des collections numérisées dans la société de l'information.
  • - Leur conservation et leur stockage, afin de s'assurer que les générations futures puissent accéder au contenu et empêcher que celui-ci soit perdu.

Ce que préconise avant tout le programme i2010 Digital Libraries est d'éviter que les projets actuels de numérisation soient trop fragmentés. L information scientifique et technique tient une place importante dans cette réflexion.&nbs
;

A propos de MinervaPlus (11)

In Verbindung mit MinervaPlus (11)

MinervaPlus, suite de Minerva (Ministerial Network for Valorising Activities in Digitisation) est un réseau de ministères des Etats membres mis en place pour discuter, corréler et harmoniser les programmes de numérisation de contenus culturels et scientifiques. Il s'agit de créer une plateforme commune, des recommandations et des directives sur la numérisation, les métadonnées, l'accessibilité à long terme et la conservation.  Il vise à coordonner les programmes nationaux, à établir des contacts avec d'autres pays européens, projets internationaux d'organismes, d'associations, de réseaux, internationaux et nationaux impliqués dans ce secteur.  Le projet organisera un groupe consultatif, comptant sur des actions existantes pour identifier et intégrer les meilleures pratiques dans un cadre européen, et de faciliter ain l'adoption du plan d'action de Lund.

Le projet Michael (12)

Das Projekt Michael (12)

Le projet Michael (inventaire multilingue du patrimoine culturel européen) est un travail commun élaboré entre la France, l'Italie et le Royaume-Uni, soutenu par la Commission européenne - programme eTen, dédié au déploiement des nouvelles technologies en Europe.

Michael vise à proposer un accès simple et rapide aux collections numérisées des services du patrimoine, des musées, des bibliothèques et des archives des différents pays européens. Cette plate-forme multilingue est dotée d'un moteur de recherche capable de restituer les informations sur des collections dispersées dans des lieux et sur des serveurs différents. Les applications sont nombreuses, pour l'éducation et la recherche, mais aussi pour le développement de services commerciaux innovants, notamment pour le tourisme et l'éducation. Cet outil constitue donc une étape indispensable vers la création d'un espace culturel européen sur Internet.

D'un point de vue technique, le projet Michael s'appuie sur les technologies et l'expérience du catalogue français des fonds culturels numérisés, ainsi que du prototype de portail franco-italien des fonds numérisés (technologies XML). L'ensemble des outils développés dans le cadre de Michael sera rendu disponible sous la forme de logiciels libres.

Le projet Michael a été lancé en juin 2004 pour une période de trois ans. La Commission européenne apporte une contribution de 10 % du coût total du projet, évalué à 33 millions d'euros sur cette période.

Un répertoire des collections digitalisées ? : le « Registry of Digital Masters » d'OCLC-PICA (13)

Ein Register der digitalisierten Sammlungen?    "Registry of Digital Masters" von OCLC-PICA (13)

Avec le foisonnement des initiatives en matière de numérisation de collections, la nécessité d'un registre apparaît évident. OCLC-PICA (Online Computer Library Center) a créé la Digital Library Federation et a lancé l'idée d'un registre comme un prolongement de son catalogue en ligne WorldCat (14) : les bibliothèques membres du réseau et dont le catalogue est accesible via WorldCat peuvent donner l'accès à leurs ouvrages ou revues numériques à partir de la notice du document. Les bibliothèques s'engagent à respecter les normes en vigueur en matière de numérisation (les métadonnées doivent inclure notamment les informations bibliographiques du document, les états de collection, l'utilisation de la copie, accès à la copie numérisée) et à conserver les documents dans le format adéquat.

34 bibliothèques nord-américaines participent d'ores et déjà à ce Registre, ainsi que la Bibliothèque d'Alexandrie. Cependant, nombre de bibliothèques européennes sont présentes dans WorldCat et elles devraient suivre ce mouvement.

La Suisse et l'Europe

Die Schweiz und Europa

La place de la Bibliothèque nationale suisse et la Conférence des bibliothèques nationales européennes (CENL)

Der Schweizerischen Landesbibliothek (SLB)  und die Konferenz der europäischen nationalen Bibliotheken (CENL).

La Bibliothèque nationale suisse par le biais de la CENL (15) a contribué à la consultation de la Commission européenne sur les questions de numérisation du patrimoine documentaire : la prise de position de la CENL souligne que TEL, The European Library (16), pourrait être la plate-forme pour la Bibliothèque européenne, et insiste sur la nécessité de financer la numérisation elle-même afin de créer une masse critique de données. Elle souligne également l'importance de l'accès multilingue aux données, la nécessité de créer des partenariats 'public-privé' et de régler les questions de droits d'auteur/copyright.

The Philostratus Corvina - The codex by the Athenian Sophist Philostratos (3rd century AD)

Toutes les initiatives décrites précédemment vont donc dans le même sens, et nul doute que la bibliothèque numérique européenne est en construction. Parler de bibliothèque numérique implique également d'aborder la question du moteur de recherche américain Google et de Google Print. Celui-ci empiète délibérément sur les terrains des bibliothèques, des archives et des éditeurs notamment européens d'où les nombreux débats qui s'ensuivent (17). Cette question n'a pas encore trouvé de réponse au vu des enjeux économiques important qui en découlent, de l'avenir du livre également, et par conséquent des bibliothèques.

L'Europe a cependant, au travers de ses institutions, mis en place des actions positives en terme de « politique de la mémoire », mémoire étant pris dans le sens de mémoire documentaire. La coordination de ces actions n'apparaît pas encore très clairement : elle reste à faire dans ce domaine précis. Les bibliothèques et les bibliothécaires sont fortement mobilisés dans un mouvement qui apparaît irréversible. Leur contribution à la bibliothèque universelle n'a jamais été aussi évident.

Jean-Philippe Accart

cop. 2007

Sources et informations fournies par Genevieve Clavel,

Relations internationales/Bibliothèque nationale suisse

Notes

(1) « Politique de mémoire » signifie souvent « devoir de mémoire » par rapport à un événement tragique survenu dans l'histoire d'un pays ou d'un peuple : c'est le cas, par exemple, du devoir de mémoire suite à la période de la Deuxième guerre mondiale et des exactions commises contre le peuple juif.

(2) International Internet Preservation Consortium (IIPC) :

http://www.netpreserve.org/about/index.php

(3)Unesco « Mémoire du monde » : 

http://www.unesco.org/webworld/mdm/fr/index_mdm.html

(4) Livres en feu : histoire de la destruction sans fin des bibliothèques / Lucien X. Polastron. - Paris : Denoël, 2004. - 430 p. - ISBN 2-207-25573-5 : 22 €

(5) Université de Vilnius :

http://www.unesco.org/webworld/mdm/visite/vilnius/index.htm

(6) Radziwill Chronicle  

(7) Programme PAC/IFLA  :

(8)Programme eEurope :

(9) Principes de Lund :

http://www.cordis.lu/ist/digicult/lund_principles.htm

(10) Programme i2010 Digital Libraries  :

(11) Programme Minerva :

http://www.minervaeurope.org/

(12) Projet Michael :

http://www.michael-culture.org/index_f.html

(13)Registry of Digital Masters » / OCLC :

http://www.oclcpica.org/?id=1355&ln=uk

voir aussi :

(14) WorldCat : http://www.oclc.org/worldcat/default.htm

(15) Débats sur Google et Google Print :

http://formats-ouverts.org/blog/

(16) Conférence des bibliothèques nationales européennes (CENL) :

http://www.cenl.org/

(Voir aussi sous Vision and strategic plans, CENL resolution on digitisation of European Cultural heritage pour un résumé de la prise de position, adopté par la CENL en septembre 2005)

(17) The European Library :

http://www.theeuropeanlibrary.org/portal/index.htm

Références

Article « Liste Mémoire du monde », Wikipedia,

http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_M%C3%A9moire_du_monde

JP Accart

cop. 2007

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) International Sat, 02 Jun 2007 14:15:39 +0000
2006 - IFLA Séoul (Corée) (bis) https://www.jpaccart.ch/international/2006-ifla-seoul-coree-bis.html https://www.jpaccart.ch/international/2006-ifla-seoul-coree-bis.html

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Les bibliothèques contre les déséquilibres 

Archimag, oct. 2006, 198, 30-31

La Fédération internationale des associations de bibliothèques (IFLA) a fait le choix de Séoul en Corée du Sud pour la tenue de son 72ème congrès annuel, du 20 au 24 août dernier. Pourquoi ce choix ? Séoul est une des grandes métropoles d'Asie (avec 12 millions d'habitants) qui conjugue énergie, dynamisme et technologies avancées de l'information apportant un démenti à l'assertion de Rabindranath Tagore selon laquelle la Corée est « le pays du matin calme » : force est de constater, ne serait-ce qu'en prenant le métro tentaculaire de cette gigantesque métropole, que la majorité des habitants possède un téléphone portable (ils en changent tous les 6 mois selon les statistiques), un iPod et autres merveilles de la technologie actuelle. D'immenses écrans digitaux parsèment la ville, un musée de la technologie entièrement dédié à la robotique vient d'être inauguré (http://www.vieartificielle.com/article/?id=0997) . Quoi de plus évident donc que la tenue de cette 72ème conférence de l'IFLA dans la capitale d'un des dragons de l'Asie ? Les quelque 5000 congressistes des 117 pays représentés ne se sentent pas dépaysés, ils découvrent même la fascination quasi schizophrénique d'une population qui vénère Confucius et le dieu de la technologie sans distinction.

Avec pour titre « Les bibliothèques : moteurs dynamiques pour la société du savoir et de l'information », l'IFLA 2006 entre de plain pied dans les préoccupations actuelles des professionnels de l'information. Parmi plus de 200 communications présentées, la plupart en ligne sur le site de l'IFLA, certaines traduites en français, http://www.ifla.org/IV/ifla72/Programme2006.htm), les dizaines d'ateliers de travail, la possibilité de visiter une trentaine de bibliothèques, de centres de documentation ou d'archives, le lancement de nouveaux produits, l'occasion est unique de s'informer de l'actualité de la profession, de comparer avec ses propres pratiques et d'entretenir un réseau professionnel dense et varié.

L'un des thèmes récurrents est la volonté des dirigeants de l'IFLA de suivre de près les évolutions et d'influer sur les décisions du Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI : http://www.itu.int/wsis/index-fr.html ) : après les sommets de Genève et Tunis, les bibliothèques sont maintenant inscrites dans la Déclaration de principes et le Plan d'action du Sommet. Un accord de coopération IFLA/UNESCO est signé, le SMSI devient une des lignes d'action forte de la nouvelle présidente de l'IFLA pour 2007-2009, Claudia Lux, directrice de la Zentral Bibliothek de Berlin. A cet effet, une coordinatrice pour l'ensemble des actions IFLA/SMSI est nommée, un groupe de travail permanent est créé, composé en grande partie de bibliothécaires suisses qui ont œuvré au succès de la préconférence IFLA/SMSI de décembre 2003 à Genève. Le Sommet de Tunis de novembre 2005 dégage 30 lignes d'action potentielles. Parmi celles-ci, le groupe permanent décide de travailler sur 4 lignes d'action principalement :

  • - Le rôle des autorités publiques dans la promotion des TIC pour le développement (C1)
  • - L'accès à l'information et au savoir (C3).
  • - Le développement des compétences « Capacity Building » (C4)
  • - L'identité et la diversité culturelle, linguistique et locale (C8)

Concrètement, cela signifie suivre les débats, conférences qui auront lieu pour chacune de ces lignes d'action, insister sur le rôle des professionnels de l'information, synthétiser les mesures prises (Contact coordinatrice IFLA/SMSI : Tuula Haavisto tuulah@kaapeli.fi) .

La « fracture numérique » est apparue dans un certain nombre de communications données y compris par les officiels (le ministre de la Culture de Corée notamment) comme un des maux de notre société dite avancée : comment la réduire ? Comment faire en sorte que les savoirs puissent être échangés entre le Nord et le Sud ? Les projets de digitalisation de documents et de données existent cependant bien sur le continent africain : en premier lieu, l'Afrique du Sud met en place DISA (Digital Imaging South Africa : http://disa.nu.ac), participe à l'African Digital Library (http://www.africandl.org.za/) et à la mise du projet Open source Greenstone Digital Library (http://www.greenstone.org/cgi-bin/library) . Le Zimbabwe, la Namibie, l'Ouganda, le Soudan, l'Angola développent des projets d'Open Archives, suivant en cela le reste du monde. Les thèses africaines commencent à être rassemblées grâce au projet DATAD (Database of African Theses and Dissertations : http://www.aau.org/datad/). Au Nord, un des projets en cours les plus ambitieux à relever est The World Digital Library (http://www.loc.gov/today/pr/2005/05-250.html) de la Library of Congress qui veut promouvoir des documents rares et précieux (cartes, plans, ouvrages) définissant des cultures spécifiques. La Russie, l'Egypte et le Brésil sont parties prenantes, ainsi que l'UNESCO et l'IFLA, le moteur de recherche Google participant à hauteur de 3 millions de dollars. Dans une moindre mesure, le projet de Bibliothèque numérique européenne montre néanmoins que le mouvement de la digitalisation du patrimoine littéraire et artistique mondial est lancé.

Si l'évolution des bibliothèques est notable en matière d'avancées technologiques, elle réfléchissent maintenant à séduire leurs usagers en leur offrant le meilleur service possible : pour cela, la technologie présente l'avantage, pour les services de référence virtuels, de contacter directement l'usager sur son téléphone portable via SMS ou messagerie pour l'informer des nouveautés ; afin de cibler les recherches, des moteurs de recherche spécialisés voient le jour, tel Hurisearch (http://www.huridocs.org/) qui répertorie plus de 3000 sites Internet sur les droits de l'homme soit 3 millions de page en 77 langues. L'interconnexion des catalogues de bibliothèques hétérogènes grâce aux métacatalogues semble avoir de beaux jours devant elle. Toutes ces possibilités existent, encore faut-il orienter les usagers vers ces services : pour cela le marketing des services devient incontournable. Des exemples de stratégie marketing sont proposés par la Section Management et Marketing de l'IFLA (http://www.ifla.org/IV/ifla72/Programme2006.htm).

Cependant, tout n'est pas rose pour les bibliothèques et services d'information aujourd'hui. Ils sont confrontés à des problèmes d'ordre politique : c'est le cas aux Etats-Unis pour certaines bibliothèques publiques qui doivent réviser drastiquement leur développement ; d'ordre économique : au Japon, où les bibliothèques sont incitées à être privatisées, le gouvernement ne souhaitant plus les financer ; sans compter les nombreuses catastrophes naturelles (tsunami, ouragans, inondations, incendies), les guerres (au Liban), les attaques terroristes. L'IFLA est sollicitée dans tous ces cas de figures, et réagit de manière pragmatique en avertissant la presse, en alertant l'opinion publique et les gouvernements, en aidant les associations professionnelles sur place. Le président de l'IFLA en exercice, Alex Byrne, insiste largement sur les « 3 piliers de l'IFLA » que sont « la société, les membres et la profession » (http://www.ifla.org/III/IFLA3Pillars-f.htm).

Dans ce contexte qui peut apparaître négatif, les bibliothèques en Corée présentent un visage souriant, avec des initiatives intéressantes et novatrices : si dans le superbe Musée national de Corée (http://www.museum.go.kr/eng/), il lui est possible d'admirer le « Pure Light Dharani Sutra », soit le plus ancien document gravé sur bois au monde (8è siècle), le professionnel de l'information est tout autant surpris par le nombre et la qualité des bibliothèques coréennes (quelques chiffres : 487 bibliothèques publiques, 10.000 bibliothèques scolaires, 570 centres de documentation - chiffres 2004) servant une population de 47 millions d'habitants. Leur  développement est conséquent depuis 25 ans, après une longue période de latence. Un « Library Promotion Act » datant de 1991, suivi d'un plan pour les bibliothèques en 2002, permettent la mise en place récente de la nouvelle Bibliothèque nationale de Corée (http://www.nl.go.kr/nlen/index.htm) et celle de la Bibliothèque nationale digitale. 320 millions de dollars US sont budgétés jusqu'en 2011 pour les 6000 bibliothèques scolaires supplömentaires prévues. « Knowledge Korea » est le slogan qui englobe toutes ces actions.

A peine terminée, l'IFLA annonce ses prochaines conférences pour les trois années à venir : Durban en Afrique du Sud en 2007 ; Québec en 2008 et enfin, Milan en 2009 !

Jean-Philippe Accart

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) International Sat, 02 Jun 2007 13:53:22 +0000
2006 - IFLA Séoul (Corée) https://www.jpaccart.ch/international/2006-ifla-seoul-coree.html https://www.jpaccart.ch/international/2006-ifla-seoul-coree.html

Assemblée générale Association des bibliothécaires suisses (BBS). 1er septembre 2006. Bern: Congrès mondial des bibliothèques, IFLA Séoul 2006

Assemblée générale Association des bibliothécaires suisses (BBS)

1er septembre 2006
Bern

Sommaire:

La Suisse et l‘IFLA
La BBS et l‘IFLA
L‘IFLA en 2006
Quelques chiffres
Quelques faits marquants pour les bibliothèques dans le monde
Les propositions et actions de l’IFLA
Futures conférences IFLA

La Suisse et l‘IFLA

  • La Suisse est un des membres fondateurs de l‘IFLA en 1927, suivant les idées de Paul Otlet sur l‘accès international à l‘information bibliographique
  • 4 Conférences annuelles en Suisse: Berne (1932); Basel (1949); Berne (1962) ; Lausanne (1976)
  • 32 institutions et particuliers suisses sont membres de l‘IFLA
  • Entre 10 et 20 bibliothécaires suisses assistent chaque année à la Conférence annuelle

Membres suisses élus des comités permanents IFLA:

  • Art: Véronique Goncerut-Estèbe (Bibliothèque d‘art - GE)
  • Classification et Indexation: Patrice Landry (BN)
  • Bibliothèques gouvernementales: Sigrun Habermann-Box (ONU)
  • Management et Marketing: Daisy McAdam (UniMail GE)
  • Bibliothèques nationales: Genevieve Clavel-Merrin (BN)
  • Préservation et conservation: Danielle Mincio (BCU-Dorigny)
  • Bibliothèques scolaires: Madeleine Duparc (Collège Claparède- GE)
  • Prix Marketing des bibliothèques: présidé par Daisy McAdam, UniMail GE

La BBS et l‘IFLA

  • Un représentant officiel de la BBS à l‘IFLA
  • Contacts avec les associations francophones (ADBS, ABF, AIFBD) germanophones (DGI,...)
  • Représentation à la Section des associations nationales IFLA
  • Représentation des bibliothèques suisses au Conseil provisoire de la francophonie
  • Réception de la Délégation des bibliothécaires suisses dans l‘ambassades suisse du pays qui reçoit
  • Rôle important depuis 2003 et le SMSI à Genève avec les travaux du SLIR (Swiss Librarians for International Relations)
  • Certaines mid-terms conférences du SMSI se tiendront en Suisse:
  • Management et Marketing à Genève en février 2007
  • PAC à Lausanne au printemps 2008
  • Groupe présidentiel IFLA/SMSI composé en majorité de Suisses

Pourquoi être membre de l‘IFLA pour la BBS ?

  • Suivi des travaux de la Fédération, des évolutions en cours
  • Donner l‘avis de la BBS sur les sujets d‘actualité
  • Avec les travaux SMSI, meilleure prise en compte par l‘IFLA des bibliothécaires suisses
  • Possibilité pour chaque bibliothèque suisse de profiter d'un vaste réseau de compétences professionnelles dans tous les domaines de la bibliothéconomie pour faire progresser nos institutions
  • Possibilité pour les bibiothèques de trouver des partenariats pour des projets transfrontaliers liés aux produits informatiques (serveurs, dépôts de préservation à long terme des documents électroniques, numérisation, négociation de licences pour les documents électroniques)

L‘IFLA en 2006

  • 1700 membres dans 150 pays
  • 48 sections ; 3 bureaux régionaux (Afrique, Asie; Amérique latine)
  • 6 „Activités fondamentales“: ALP ; CLM ; FAIFE ; ICABS ; PAC ; UNIMARC
  • 4 activités partagées: IPA ; The Blue Shield ; WSIS ; @YourLibrary
  • Un slogan: „les 3 piliers de l‘IFLA: société, membres, profession
IFLA 2006 – Séoul:“Les bibliothèques: moteurs dynamiques pour la société du savoir et de l'information”

Quelques chiffres

  • 5000 participants
  • 117 pays représentés
  • Plus de 200 communications
  • Nombreux ateliers de travail
  • 40 visites de bibliothèques proposées

Quelques faits marquants pour les bibliothèques dans le monde

  • La „fracture numérique“ Nord-Sud
  • La situation politique ou économique: exemples du Japon, des Etats-Unis, de la Corée, du Liban...
  • La lutte contre le SIDA, la pauvreté, la corruption
  • Les conséquences des catastrophes naturelles: tsunamis, typhons, raz-de-marée, incendies...

Les propositions et actions de l’IFLA

  • La „fracture numérique“: rôle renforcé dans le SMSI et reconnaissance du rôle de la Suisse ; accord avec l‘UNESCO
  • La situation politique ou économique: appui aux associations nationales sur place
  • La lutte contre le SIDA, la pauvreté, la corruption: accès à l‘information, pédagogie, lois sur l‘information...
  • Les conséquences des catastrophes naturelles: „guidelines“
  • Développement des langues de travail avec l’accent sur le multilinguisme: ajout du chinois et de l’arabe aux langues officielles de l’IFLA (anglais, allemand, français, russe, espagnol)
  • Mise en place de l’Association internationale francophone des bibliothécaires-documentalistes (AIFBD)
  • “The Global Library Association Development Programme” (GLAD): mentorat afin de développer les compétences
  • Une nouvelle présidente élue 2007-2009: Mme Claudia Lux, directrice ZentralBibliothek-Berlin

Futures conférences IFLA

  • IFLA 2007 – Durban – Afrique du Sud – 19-23 Août:
    "Libraries for the future: Progress, Development and Partnerships“
  • IFLA 2008 – Québec – Canada
  • IFLA 2009 – Milan - Italie

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) International Thu, 12 Apr 2007 06:18:08 +0000
2005 - IFLA Oslo (Norvège) (bis) https://www.jpaccart.ch/international/2005-ifla-oslo-norvege-bis.html https://www.jpaccart.ch/international/2005-ifla-oslo-norvege-bis.html

Une conférence aux multiples facettes 

Arbido, oct. 2005, n° 10, pp. 17-18.

Conférence aux multiples facettes, à l’image qu’offre actuellement le monde des bibliothèques, la 71ème Conférence mondiale des bibliothèques et de l’information (IFLA) qui s’est tenue à Oslo du 14 au 18 août dernier n’a pas démenti sa réputation de manifestation géante : plus de 3000 participants, 160 conférences (dont une grande partie est traduite en français : http://www.cfifla.asso.fr/conferences/oslo/indexoslo.htm), 150 pays représentés… Parmi les thèmes émergents, citons un développement conséquent de la francophonie, la notion de « savoirs indigènes », la liberté d’information, le e-learning qui a tendance à supplanter le concept de bibliothèque, le knowledge management ou les prestations en ligne offertes aux usagers, le mouvement Open Source.

Les conférences annuelles de l’IFLA sont un excellent moyen pour comprendre les évolutions de notre métier. Malgré des thématiques nombreuses (plus de 45 sections présentent leurs programmes de conférences, sans compter les ateliers de travail et les rencontres pré ou post IFLA), les changements d’une année sur l’autre sont visibles : à l’évidence, la technologie fait avancer de manière spectaculaire ce que les professionnels de l’information peuvent offrir à leurs usagers, tout en obligeant à reconsidérer des points tels que l’accès à l’information, le droit de l’information, la numérisation et l’archivage des données. La réflexion se porte également fortement vers la formation à l’information (Information Literacy).

Les bibliothèques se transformeraient-elles en centres de e-learning ? C’est la question qui se pose avec la nouvelle bibliothèque de l’Ecole norvégienne de management (http://www.bi.no/templates/bibliotek____14379.aspx) qui a inauguré ses locaux début août pour accueillir 8000 étudiants. Hormis des proportions impressionnantes (6500 m2 sur 2 étages), de vastes collections et espaces de lecture mis à disposition, l’étudiant peut consulter à distance des périodiques électroniques, réserver des documents, être informé par email ou SMS. Il dispose d’un guichet virtuel d’information « Ask a librarian » pour des questions ponctuelles et peut « réserver » un bibliothécaire (Book a librarian) pour l’aider dans ses recherches. Prêt et retour des documents sont entièrement automatisés et l’accent est mis sur l’information actuelle avec un « jardin des périodiques » (Newspapers Garden) qui se veut un espace ouvert de consultation de l’actualité.

Plusieurs conférences ou ateliers de travail dans des domaines différents (allant de la section Technologies de l’information à celle de Médecine-Santé) traitèrent de l’Open Source. Ce phénomène se développe et touche de près les bibliothèques, notamment universitaires. L’Open Source concerne les logiciels libres qui permettent de gérer les archives ouvertes contenant des écrits de chercheurs, d’universitaires, d’enseignants. Les bibliothécaires universitaires suivent de bout en bout le dépôt de ces documents, utilisent les métadonnées pour l’indexation, créent des relations étroites avec les auteurs. Au Japon, 268 bibliothèques universitaires utilisent le logiciel libre D-Space pour alimenter les 35 dépôts institutionnels en place actuellement.

Le partage du savoir est aussi un thème prédominant qui apparaît au travers de conférences consacrées au Knowledge Management, à la société de l’information ou aux « savoirs indigènes ». La notion de culture dans le partage du savoir s’affirme de plus en plus, les échanges informels prenant alors plus d’importance qu’un savoir formalisé : c’est le cas des « savoirs indigènes » expliqués par Ole Henrik Magga, professeur de linguistique au Saami University College en Norvège, dans un exposé passionnant basé sur les traditions orales dans des cultures peu ou pas connues, telles celles des peuples Inuit et Sami. Acquis au fur et mesure d’expériences et d’essais menés pendant des générations, le savoir indigène est beaucoup plus ancien que les méthodes occidentales d’acquisition du savoir. Historiquement, il se situe aux racines de tout savoir. Tourné vers l’humain, le rôle et la position de l’homme sont pris en compte comme faisant partie d’un tout. Il existe des classifications dans ce type de savoir où un mot n’a pas le même sens selon le contexte dans lequel il est employé. Cela rejoint les préoccupations actuelles du Knowledge Management dont une branche de recherche s’oriente vers la taxonomie, le Content Management et l’organisation du savoir en général.

L’accès à l’information et au savoir découle du thème précédent, et c’est un des points forts sur lequel l’IFLA travaille en ce moment avec, en corollaire, la mise en place de la société de l’information. Dans un communiqué de l’IFLA en date du 16 août, il est fait mention de l’élaboration en cours d’un « traité sur l’accès à la connaissance » par l’OMPI, traité que la Fédération internationale des bibliothèques et eIFL (Electronic Information for Libraries) appuient fortement. Le rapport 2005 sur la liberté intellectuelle et les bibliothèques (intitulé « Bibliothèques, sécurité nationale, liberté d’information, responsabilités juridiques et sociales ») a été présenté lors de la Conférence : il relève la précarité de la liberté intellectuelle dans de nombreuses régions du monde et les efforts continus des bibliothèques pour offrir l’accès à l’information à leurs usagers. La fracture numérique est bien présente en Afrique et en Asie. La sécurité informatique s’est améliorée, mais les effets de la législation anti-terroriste adoptée dans certains pays (Etats-Unis, Pays-Bas ou Syrie) ont des conséquences non négligeables sur l’accès à l’information. Censure, restrictions à la liberté de la presse, pressions gouvernementales et surveillance d’Internet sont le fait de nombreux pays (Chine, Egypte, Italie, Népal, Ouzbékistan…).

Depuis quelques années, le monde francophone de l’IFLA prend des initiatives intéressantes pour que la langue française ne soit plus en perte de vitesse à l’IFLA. Une Association internationale des bibliothécaires et documentalistes francophones vient de voir le jour (http://bibliodoc.francophonie.org/) et devrait prendre son essor à partir de 2006. Un cédérom des textes français à l’IFLA a été distribué, de nombreuses conférences ont été traduites et l’IFLA Express (quoitidien de la Conférence) continue à être traduit grâce à des étudiants de l’Enssib.

 

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2005 - IFLA Oslo (Norvège) https://www.jpaccart.ch/international/2005-ifla-oslo-norvege.html https://www.jpaccart.ch/international/2005-ifla-oslo-norvege.html

Un développement francophone 

Archimag, oct. 2005, n° 188, pp. 16-17.

Conférence aux multiples facettes, à l’image qu’offre actuellement le monde des bibliothèques, la 71ème Conférence mondiale des bibliothèques et de l’information (IFLA) qui s’est tenue à Oslo du 14 au 18 août dernier n’a pas démenti sa réputation de manifestation géante : plus de 3000 participants, 160 conférences (dont une grande partie est traduite en français : http://www.cfifla.asso.fr/conferences/oslo/indexoslo.htm), 150 pays représentés… Parmi les thèmes émergents, citons un développement conséquent de la francophonie, la notion de « savoirs indigènes », la liberté d’information, le e-learning qui a tendance à supplanter le concept de bibliothèque, le knowledge management ou les prestations en ligne offertes aux usagers, le mouvement Open Source. Une brève rencontre avec le président de l’IFLA, Alex Byrne (Université de technologie de Sydney, Australie) permet de comprendre sa vision actuelle et future du monde de l’information. Il succède à Kay Raseroka (Directrice des services des bibliothèques, Université du Botswana) qui fut la première présidente jamais élue du continent africain et a reçu un hommage appuyé et très mérité de son action au sein de l’IFLA.

Les conférences annuelles de l’IFLA sont un excellent moyen pour comprendre les évolutions de notre métier. Malgré des thématiques nombreuses (plus de 45 sections présentent leurs programmes de conférences, sans compter les ateliers de travail et les rencontres pré ou post IFLA), les changements d’une année sur l’autre sont visibles : à l’évidence, la technologie fait avancer de manière spectaculaire ce que les professionnels de l’information peuvent offrir à leurs usagers, tout en obligeant à reconsidérer des points tels que l’accès à l’information, le droit de l’information, la numérisation et l’archivage des données. La réflexion se porte également fortement vers la formation à l’information (Information Literacy).

Les bibliothèques se transformeraient-elles en centres de e-learning ? C’est la question qui se pose avec la nouvelle bibliothèque de l’Ecole norvégienne de management (http://www.bi.no/templates/bibliotek____14379.aspx) qui a inauguré ses locaux début août pour accueillir 8000 étudiants. Hormis des proportions impressionnantes (6500 m2 sur 2 étages), de vastes collections et espaces de lecture mis à disposition, l’étudiant peut consulter à distance des périodiques électroniques, réserver des documents, être informé par email ou SMS. Il dispose d’un guichet virtuel d’information « Ask a librarian » pour des questions ponctuelles et peut « réserver » un bibliothécaire (Book a librarian) pour l’aider dans ses recherches. Prêt et retour des documents sont entièrement automatisés et l’accent est mis sur l’information actuelle avec un « jardin des périodiques » (Newspapers Garden) qui se veut un espace ouvert de consultation de l’actualité.

Plusieurs conférences ou ateliers de travail dans des domaines différents (allant de la section Technologies de l’information à celle de Médecine-Santé) traitèrent de l’Open Source. Ce phénomène se développe et touche de près les bibliothèques, notamment universitaires. L’Open Source concerne les logiciels libres qui permettent de gérer les archives ouvertes contenant des écrits de chercheurs, d’universitaires, d’enseignants. Les bibliothécaires universitaires suivent de bout en bout le dépôt de ces documents, utilisent les métadonnées pour l’indexation, créent des relations étroites avec les auteurs. Au Japon, 268 bibliothèques universitaires utilisent le logiciel libre D-Space pour alimenter les 35 dépots institutionnels en place actuellement.

Le partage du savoir est aussi un thème prédominant qui apparaît au travers de conférences consacrées au Knowledge Management, à la société de l’informaton ou aux « savoirs indigènes ». La notion de culture dans le partage du savoir s’affirme de plus en plus, les échanges informels prenant alors plus d’importance qu’un savoir formalisé : c’est le cas des « savoirs indigènes » expliqués par Ole Henrik Magga, professeur de linguistique au Saami University College en Norvège, dans un exposé passionnant basé sur les traditions orales dans des cultures peu ou pas connues, telles celles des peuples Inuit et Sami. Acquis au fur et mesure d’expériences et d’essais menés pendant des générations, le savoir indigène est beaucoup plus ancien que les méthodes occidentales d’acquisition du savoir. Historiquement, il se situe aux racines de tout savoir. Tourné vers l’humain, le rôle et la position de l’homme sont pris en compte comme faisant partie d’un tout. Il existe des classifications dans ce type de savoir où un mot n’a pas le même sens selon le contexte dans lequel il est employé. Cela rejoint les préoccupations actuelles du Knowledge Management dont une branche de recherche s’oriente vers la taxonomie, le Content Management et l’organisation du savoir en général.

L’accès à l’information et au savoir découle du thème précédent, et c’est un des points forts sur lequel l’IFLA travaille en ce moment avec, en corollaire, la mise en place de la société de l’information. Dans un communiqué de l’IFLA en date du 16 août, il est fait mention de l’élaboration en cours d’un « traité sur l’accès à la connaissance » par l’OMPI, traité que la Fédération internationale des bibliothèques et eIFL (Electronic Information for Libraries) appuient fortement. Le rapport 2005 sur la liberté intellectuelle et les bibliothèques (intitulé « Bibliothèques, sécurité nationale, liberté d’information, responsabilités juridiques et sociales ») a été présenté lors de la Conférence : il relève la précarité de la liberté intellectuelle dans de nombreuses régions du monde et les efforts continus des bibliothèques pour offrir l’accès à l’information à leurs usagers. La fracture numérique est bien présente en Afrique et en Asie. La sécurité informatique s’est améliorée, mais les effets de la législation anti-terroriste adoptée dans certains pays (Etats-Unis, Pays-Bas ou Syrie) ont des conséquences non négligeables sur l’accès à l’information. Censure, restrictions à la liberté de la presse, pressions gouvernementales et surveillance d’Internet sont le fait de nombreux pays (Chine, Egypte, Italie, Népal, Ouzbékistan…).

Depuis quelques années, le monde francophone de l’IFLA prend des initiatives intéressantes pour que la langue française ne soit plus en perte de vitesse à l’IFLA. Une Association internationale des bibliothécaires et documentalistes francophones vient de voir le jour (http://bibliodoc.francophonie.org/) et devrait prendre son essor à partir de 2006. Un cédérom des textes français à l’IFLA a été distribué, de nombreuses conférences ont été traduites et l’IFLA Express (quoitidien de la Conférence) continue à être traduit grâce à des étudiants de l’Enssib.

Interview d’Alex Byrne, président de l’IFLA

Archimag : Alex Byrne, vous êtes le nouveau président élu de l’IFLA, vous succédez à Kay Raseroka, quels sont pour vous les points forts des métiers de l’information à l’heure actuelle ?

Alex Byrne : La prise de conscience par les professionnels de leur rôle à jouer dans la société de l’information est certainement plus forte. La Conférence d’Oslo montre bien les questions posées par l’accès à l’information pour tous dans certains pays du monde. D’autre part, à l’heure où les technologies de l’information sont prépondérantes, la fracture numérique n’en est que plus apparente. Les bibliothécaires peuvent aider à combler cette fracture.

Archimag : Quelle est la position de l’IFLA, quel rôle joue la Fédération par rapport à ces questions ?

Alex Byrne : L’IFLA joue un rôle prépondérant dans la préparation du Sommet mondial de la société de l’information. Elle est plus proactive que jamais dans ses contacts avec les politiques et les décideurs, elle noue des alliances et des accords avec d’autres organisations internationales, elle défend la profession au niveau le plus élevé.

Archimag : Vous avez 50 ans, êtes Australien et travaillez depuis plus de 20 ans dans les bibliothèques. Que diriez-vous à un jeune professionnel ?

Alex Byrne : Il faut s’adapter, évoluer, proposer des innovations, collaborer et coopérer avec des professions proches. Le monde de l’information comprend encore beaucoup de zones à inventorier, à explorer. L’avenir est à ceux qui veulent le prendre à bras le corps.

 

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2005 - BBS Bâle (Suisse) https://www.jpaccart.ch/international/2005-bbs-bale-suisse.html https://www.jpaccart.ch/international/2005-bbs-bale-suisse.html

 La coopération des bibliothèques suisses

Arbido, déc. 2005, n° 12, pp. 11-12.

Dans son discours d’introduction au congrès, Peter Wille souligne avec juste raison un certain nombre de facteurs de changement dans le monde actuel des bibliothèques : en reprenant à bon escient les traits marquants de la conférence de la veille « Les bibliothèques ont-elles atteint leurs limites ? », il évoque tour à tour le poids grandissant des moteurs de recherche (avec Google et son projet de numérisation) ; un marché de l’information en pleine concentration et en forte concurrence en visant deux catégories : fournisseurs d’information ou maisons d’édition ; et enfin, un comportement imprévisible des utilisateurs, notamment des plus jeunes d’entre eux. Quelles solutions peuvent être avancées par les bibliothèques, dans ce contexte incertain ? Une solution apparaît comme une des plus adéquates : la coopération, thème même du congrès de cette année.

« Coopération sans frontières », titre choisi pour le congrès, ne peut être mieux adapté à Bâle, cette ville-frontière à la croisée de trois pays : la Suisse, la France et l’Allemagne. Ville de tradition humaniste où les premiers livres imprimés ont vu le jour, où la bibliothèque universitaire a été fondée en 1460, elle tient, de nos jours, le haut du pavé en matière de documentation scientifique, mais également d’archivage avec les grands groupes pharmaceutiques, tel Novartis. D’autre part, la richesse artistique de Bâle n’est plus à démontrer : fondations, musées, foires d’art contemporain et expositions attirent des milliers de visiteurs chaque année (http://www.mybasel.ch/freizeit_kulturell.cfm). Ainsi, Bâle est représentative des grandes tendances actuelles qui touchent les métiers de l’information où bibliothèques, documentation, musées et archives se côtoient de près et partagent des méthodes et techniques équivalentes.

La coopération est illustrée notamment dans le domaine scientifique. EUCOR, sigle de la Confédération Européenne des Universités du Rhin supérieur, réunit sur un même site Internet (http://www.ub.uni-freiburg.de/eucor/bib/) les ressources documentaires des villes de Bâle en Suisse, Freiburg et Karlsruhe en Allemagne, Mulhouse et Strasbourg en France, soit une cinquantaine de bibliothèques spécialisées : un catalogue commun trilingue (allemand, français, anglais), des échanges de documents facilités pour les usagers, des offres de prestations multiples montrent les avantages d’une coopération réussie, qui ne va pas bien sûr, sans problème (d’organisation ou d’ordre technique). De manière générale, la coopération n’est pas un thème étranger à la Suisse : depuis plus d’une vingtaine d’années, deux grands réseaux bibliothéconomiques coexistent, IDS pour la Suisse allemande (http://www.zb3.unizh.ch/ids/) et le Réseau des bibliothèques de Suisse occidentale (RERO : http://www.rero.ch) pour la Suisse francophone. La barrière linguistique est une des explications quant à l’existence de deux grands réseaux suisses qui utilisent des systèmes informatiques différents (respectivement ALEPH et VIRTUA), mais avec des prestations quasiment équivalentes pour le public. En termes d’échanges et de relations internationales, la Suisse est également bien présente : après la tenue du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI - http://www.unige.ch/biblio/ses/IFLA/slir00.html) en 2003 à Genève, les bibliothécaires suisses ont réussi leur pari d’une plus grande implication de l’IFLA (International Federation of Libraries Associations and Institutions – http://www.ifla.org) dans les débats actuels sur la société de l’information. Celle-ci sera présente au Sommet de Tunis et organise un pré-sommet à la Bibliothèque d’Alexandrie en Egypte (http://www.bibalex.org/wsisalex/). Un autre exemple en terme de coopération est l’échange facilité entre professionnels de l’information en Europe (avec l’Allemagne, la Grande-Bretagne) ou les Etats-Unis.

Parmi les thèmes proposés, celui de la numérisation fut bien évidemment un des plus discutés, dans le contexte des annonces faites par le moteur de recherche Google. Les bibliothèques suisses se positionnent et ce, dans une dynamique européenne. La Suisse est membre, par l’intermédiaire de la Bibliothèque nationale, de la Conférence des bibliothèques nationales européennes (CENL) qui suit les travaux concernant la bibliothèque numérique européenne. Le mouvement de la numérisation demande à être impulsé et coordonné en Suisse même si des initiatives intéressantes existent : citons E-Helvetica de la Bibliothèque nationale suisse (http://www.e-helvetica.admin.ch/) qui a pour but de créer les conditions permettant de collecter, d’inventorier, de mettre à disposition et de conserver à long terme les Helvetica (c’est ainsi que sont désignés les ouvrages et documents publiés en Suisse) sous forme électronique et de développer un système d’archivage pour les publications électroniques. La durée du projet est estimée à 6 ans (2001-2006). Ensuite, l’archivage des publications électroniques devrait pouvoir entrer dans sa phase d’exploitation. Le projet RERO Doc (http://doc.rero.ch/) lancé par le Réseau des bibliothèques de suisse occidentale est dans sa phase de développement : livres, thèses, journaux, preprints (soit 2200 documents) sont proposés en ligne. D’autres initiatives existent : le Consortium suisse permet aux universités d’accéder à des périodiques électroniques (http://lib.consortium.ch/) ; le projet Memoriav vise à préserver et numériser le patrimoine ausiovisuel suisse (http://www.memoriav.ch) ; la collection SwissPosters (http://posters.snl.ch/cgi-bin/gw/chameleon?lng=fr-ch&skin=posters), parrainé par Memoriav, comprend des affiches créées par des graphistes suisses et étrangers.

La coopération intègre également le thème de la formation des jeunes professionnels, thème exploré pendant la conférence. Le système suisse s’avère assez complexe : une délégation à la formation I+D a été créée (http://www.bda-aid.ch/) qui rassemble les trois associations des bibliothécaires, documentalistes et archivistes. Plusieurs niveaux de formation existent : assistant I+D ; spécialiste I+D et des études dites « postgrades » qui s’apparentent à un niveau universitaire, mais n’en ont pas la reconnaissance, ce qui pénalise quelque peu la profession (pour les différentes formations existantes, voir le site : http://www.formation-aid.ch/) . Les niveaux master et doctorat sont en cours de discussion actuellement. Sur le modèle allemand, de nombreuses années d’apprentissage (trois années généralement) sont demandées à l’étudiant avant qu’il n’entre véritablement dans la vie active : ce point fut critiqué à Bâle, notamment par les étudiants de la Haute école de Genève, dans la mesure où le temps d’entrée dans la vie active est prolongé. L’apprentissage, tout en étant rémunéré, est une pratique originale à la Suisse qui présente l’avantage de donner une bonne vision du milieu professionnel aux étudiants et d’être en mesure de faire les bons choix par la suite. La plupart des grandes bibliothèques accueillent des apprentis, notamment la Bibliothèque nationale suisse à Berne (http://www.snl.admin.ch/f/aktuell/index.htm). Encadré par un ou plusieurs professionnels, l’étudiant effectue des stages de plusieurs mois dans chaque service. Qu’en est-il du marché de l’emploi des jeunes diplômés ? La saturation actuelle du marché de l’emploi offre peu de débouchés aux francophones. La Suisse allemande semble bénéficier d’une situation plus favorable, les bassins d’emplois que constituent les villes de Zürich et Bâle n’étant pas négligeables. Le congrès de Bâle fut également l’occasion de visiter aussi bien les fonds historiques de l’Université de Bâle – dont beaucoup furent imprimés à Bâle et qui témoignent du dynamisme intellectuel de cette ville - que de nouvelles réalisations telle la bibliothèque cantonale de Liestal (http://www.kbbl.ch/) : les architectes ont redessiné les espaces intérieurs, la couleur jaune étant prédominante et le libre accès aux collections est généralisé. Le meilleur exemple de continuité a été donné lors de la visite historique : bénéficiant du dépôt légal, la bibliothèque universitaire reçoit les publications d’un éditeur bâlois depuis plus de 500 ans, fait assez rare pour être noté.

 

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2004 - VRD Cincinnatti (Etats-Unis) https://www.jpaccart.ch/international/2004-vrd-cincinnatti-etats-unis.html https://www.jpaccart.ch/international/2004-vrd-cincinnatti-etats-unis.html

Guichets virtuels: haut niveau de références

Archimag, déc.2004-janv. 2005, n° 180, pp. 32-33.

Intitulée « Creating a Reference Future », la 6ème conférence annuelle Virtual Reference Desk (http://www.vrd.org) s’est déroulée à Cincinnatti du 8 au 10 novembre 2004. Créée sous l’égide du Département américain de l’Education, Virtual Reference Desk (VRD) est une initiative originale qui comprend un certain nombre de services aux bibliothèques avec en arrière-fond l’idée d’utiliser la technologie Internet pour mettre en relation des utilisateurs et des experts: les guichets (ou bureaux) de référence virtuels se développent maintenant depuis quelques années et sont le prolongement du bureau d’information classique que propose toute bibliothèque. La différence essentielle est la possibilité pour l’utilisateur d’atteindre à tout moment et en tout lieu un bibliothécaire susceptible de répondre à sa question, en remplissant un formulaire électronique. Le bibliothécaire dispose des ressources traditionnelles (les bibliographies) ou électroniques pour fournir la réponse appropriée ; selon la difficulté de la question, il s’adresse à un expert du domaine concerné. La réponse peut être transmise par email, par chat (bien que de moins en moins de bibliothèques utilisent ce système), par SMS (certaines bibliothèques finlandaises le proposent) ou par le biais d’Instant Messenger d’AOL qui permet de dialoguer en direct à partir d’un ordinateur ou d’un téléphone portable – procédé qui a la faveur des étudiants. La mise en réseau des services de références des bibliothèques permet de transmettre la question à n’importe quelle bibliothèque spécialisée dans un domaine, ce qui est transparent pour l’utilisateur: c’est ce que propose notamment QuestionPoint d’OCLC (http://www.questionpoint.org) dont les membres comprennent des bibliothèques nationales et universitaires sur tous les continents. L’idée de coopération entre bibliothèques prend alors une nouvelle dimension, et renforce le rôle des bibliothécaires dit de référence (traduction littérale de Reference Librarian).

Près de 700 professionnels pour la plupart nord-américains mais aussi scandinaves ont assisté à la réunion de Cincinnatti. Les derniers développements en matière de référence virtuelle ont été exposés. D’après David Lankes (qui s’intitule lui-même « Virtual Dave »), directeur de la School of Information Studies à l’Université de Syracuse, les changements en cours offerts par la technologie ne nous permettent plus de revenir en arrière et modifient en profondeur le métier de bibliothécaire: il est nécessaire de se situer dorénavant sur un plan international, d’établir des comparaisons et de faire du benchmarking. Dans une société mondialisée, les bibliothèques ne sont pas épargnées et il est impératif pour elle de se positionner. Le processus engagé ne peut s’arrêter et la référence virtuelle est appelée à se développer. L’aspect linguistique devient très important: une réponse à une question doit pouvoir être fournie dans sa langue d’origine. Ayant fait le constat que l’information disponible sur Internet est majoritairement en anglais (68,4% en 2003[1]), que les bibliothèques répondent aux besoins de communautés linguistiques diverses afin de faciliter leur intégration, de nombreuses bibliothèques offrent dorénavant des guichets virtuels bilingues. Cela ne va pas sans difficulté d’ordre humain (le personnel doit posséder de bonnes connaissances linguistiques) ou techniques (interprétation des accents et des caractères spéciaux ; pauvreté des traductions offertes par certains logiciels de référence virtuelle).
The Ohio Solution permet de trouver une réponse aux besoins des 38% d’utilisateurs parmi les 11 millions d’habitants de l’Ohio: lancé le 7 septembre dernier avec le slogan « Real answers, real people, real-time, real easy », relayé par de nombreux articles dans la presse locale, http://www.knowitnow.org/ est le point d’entrée unique offert par la Cleveland Public Library, Clevnet Library Consortium et NOLA (Northeast Ohio Library Association ). En deux mois, 20 000 questions ont été posées ! L’infrastructure nécessaire à la mise en place d’un tel service repose sur un partenariat étroit entre bibliothèques: le service est ouvert 24 heures sur 24 (12 heures le week-eend). Petites et grandes bibliothèques participent, certaines dans des domaines spécialisés: les soins infirmiers, le travail social, le droit. Un comité éditorial veille au respect des procédures et des règles établies. Afin de pouvoir répondre aux questions après les heures d’ouverture des bibliothèques, un pool de bibliothécaires a été recruté (les « AfterDark Operators »), opération qui a rencontré la faveur de professionnels, souhaitant travailler de chez eux ou en dehors du temps de travail habituel. L’équipe virtuelle mise en place après sélection est composée de 90 bibliothécaires de haut niveau, entrainés et formés à la référence virtuelle. Un coordinateur organise le planning et ils peuvent communiquer entre eux via un Extranet, se référer à un Manuel d’aide en ligne et voient leur rémunération augmentée.

Ces quelques exemples sont pris parmi les nombreuses communications présentées à Cincinnatti: la variété des thèmes et des expériences exposés sont une preuve supplémentaire que la collaboration et le partenariat entre bibliothèques, la mutualisation des ressources (personnel, collections) sont l’avenir du métier. La référence virtuelle est un exemple parmi d’autres de réussite alliant compétence, expertise et moyens techniques au service de l’utilisateur.

Quelques exemples de Guichets virtuels bilingues ou plurilingues

En espagnol:

En français:

En chinois:

En allemand, anglais, français:

Les logiciels de référence virtuelle

  • Docutek VRL plus (http://www.docutek.com): créé en 1995, propose l’envoi de réponses normalisées, la mise en attente des questions posées. MacIntosh et Windows.
  • QuestionPoint (http://www.questionpoint.org) : développé par la Bibliothèque du Congrès des Etats-Unis et OCLC. S’est allié depuis peu avec 24/7 Reference. Propose de conserver les archives des questions..
  • Xreferplus (http://www.xrefer.com/libraries/index.jsp : offre des liens vers 1.8 million de sources bibliographiques couvrant une vingtaine de thèmes, et la possibilité d’importer des notices MARC.
  • Tutor.com (http://www.tutor.com): permet d’intégrer, en anglais ou en espagnol, les questions qui arrivent par mail, téléphone, chat…
  • Altarama’RefTracker (http://www.altarama.com) : gère les questions sous toutes leurs formes automatiquement ou manuellement, propose une base de connaissances, des statistiques.

Références utiles

  • Les Actes des Conférences VRD depuis 1999: http://www.vrd.org
  • Reference and User Services Association/American Library Association: http://www.ala.org/rusa - Publie Reference and User Services Quarterly
  • Section “Reference Work” de l’IFLA: http://www.ifla.org/VII/s36/index.htm
    Publie une Lettre d’information et un guide: Les lignes directrices de l’IFLA en matière de référence numérique (en ligne). Anime la liste de discussion IFLAREF.
  • The Virtual Reference Experience: Integrating Theory into Practice, ed. by David Lankes et al, New York, Neal-Schuman publishers, 2004.

Notes


[1]: Source: Global Internet Statisitics, Global Reach (http://global-reach.biz)

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) International Thu, 12 Apr 2007 06:33:24 +0000
2004 - Chine - Année de la Chine en France https://www.jpaccart.ch/international/2004-chine-annee-de-la-chine-en-france.html https://www.jpaccart.ch/international/2004-chine-annee-de-la-chine-en-france.html

Bibliothèques chinoises: l’éveil.

BibliOthèques, revue de l’ABF, 2004, février, n° 13, pp. 16-19.

C’est un regard d’occidental qui est posé ici sur les bibliothèques de Chine. Il tente d’aller au-delà des filtres et des idées reçues concernant 200 000 équipements - toutes catégories confondues - existant dans ce pays de 1,2 millions d’habitants. Une bibliothèque nationale en reconstruction, bientôt la troisième au monde, une bibliothèque numérique, des professionnels compétents mais aussi le poids des traditions, la censure…

Un certain nombre de paradoxes subsistent concernant la situation des bibliothèques et des bibliothécaires en Chine. D’une part, une littérature chinoise professionnelle florissante nous expose le « grand bon en avant » de ces bibliothèques depuis quelques dizaines d’années, les bienfaits des nouvelles technologies, leur expansion (relative vu la taille de la Chine). D’autre part, le constat que le partage de l’information et la coopération semblent difficiles, à quoi s’ajoutent les questions épineuses de la censure sur Internet et de l’acceptation des principes-clés de la société de l’information.

Comme le soulignait Martine Poulain en 1996 dans les colonnes du Bulletin des bibliothèques de France, « (…) ce pays [est] connu pour tous ses manquements aux droits de l’homme, pour son non-respect de la liberté d’expression, où la censure des écrits est la règle… ». Dresser un tableau aussi proche que possible de la réalité apparaît comme une véritable gageure, tant les informations paraissent filtrées et très officielles. Il semble cependant que la situation s’améliore au vu des réalisations en cours: développement de la Bibliothèque nationale de Chine, construction de nouvelles bibliothèques, augmentation des budgets, mise en place de la Bibliothèque numérique chinoise… De nombreux bibliothécaires occidentaux soulignent également les progrès réalisés en matière bibliothéconomique par les Chinois.

1909: création de la BN de Beijing

Le réseau des bibliothèques publiques est un phénomène récent en Chine, l’accès à la culture étant traditionnellement réservé aux cercles privilégiés des intellectuels, des familles nobles et bien sûr des dynasties impériales qui construisirent des bibliothèques et des services d’archives. Le XIXe siècle est marqué par l’incendie de la bibliothèque de l’Académie Hanlin (Hanlin Yuan), durant le siège de Pékin par les Boxers, en révolte contre les puissances occidentales en 1899-1900. L’incendie ravagea alors la bibliothèque, qui contenait « la quintessence du savoir chinois, la plus vieille et la plus riche bibliothèque du monde ».

Les premières bibliothèques modernes n’apparaissent qu’au début du XXe siècle avec la création de la Bibliothèque de Beijing fondée en 1909, grâce à un don de la bibliothèque impériale de la dynastie des Quing (elle deviendra par la suite la Bibliothèque nationale de Chine). À partir de 1914, dix-huit bibliothèques sont créées au plan régional puis, à partir de 1950, le réseau se développe surtout dans les grands centres urbains. La Loi nationale de coordination du livre de 1957 permet la création de deux bibliothèques nationales, l’une à Beijing et l’autre à Shanghai, ainsi que l’établissement d’un réseau de neuf bibliothèques régionales. Cependant, les bibliothèques sont peu développées et n’offrent que de rares services.

Pendant la Révolution culturelle (1966-1976), les bibliothèques ferment leurs portes, les seuls livres autorisés étant le Petit livre rouge et quelques textes idéologiques. Les bibliothécaires pékinois sont envoyés en rééducation dans les fermes de la province de Hubei, au centre du pays. La destruction des collections est heureusement évitée grâce à l’intervention du Premier ministre Zhou Enlai, lui-même amateur de livres anciens. Il faut attendre les années 1980 pour que les bibliothécaires retrouvent leur place. À l’heure actuelle, la Chine compte 200 000 bibliothèques (392 en 1949) réparties selon les 36 divisions administratives et incluant une bibliothèque nationale à Beijing, des bibliothèques publiques, universitaires, scolaires, scientifiques et militaires.

Les bibliothèques publiques sont au nombre de 2 698 (chiffres fin 2002) et proposent 400 millions de volumes. Sous leur autorité, il ne faut pas oublier les 53 000 centres culturels, dotés de petites bibliothèques ou d’une salle de lecture et de 150 bibliobus. Selon les chiffres officiels, la densité des bibliothèques couvre 80% du territoire. Cependant, ces chiffres qui paraissent impressionnants à des yeux européens ne doivent pas masquer le fait que selon les normes internationales, la Chine a encore des progrès à faire. Le pays le plus étendu du monde a une bibliothèque publique pour 459 000 habitants, alors que la norme actuelle est d’une bibliothèque publique pour 20 000 habitants. Selon les plans de la Commission du Développement et de la Réforme, les bibliothèques bénéficieront d’un investissement de 100 millions de yuans (soit 12 millions d’euros) pour leur construction et le ministère des Finances prévoit d’allouer 30 millions de yuans (soit 3.6 millions d’euros) pour leur maintenance [1].

L’influence américaine puis soviétique

D’après Cheng Huanwen, professeur à l’Ecole des sciences de l’information de l’Université de Guangzhou (Canton), les bibliothèques chinoises ont subi l’influence américaine jusqu’en 1965 avant de passer sous l’influence soviétique. Le conflit territorial qui opposa ensuite la Chine à l’URSS marqua la fin de ces échanges. Après la mort du Président Mao, les bibliothécaires chinois reviendront vers les Etats-Unis: les normes américaines de catalogage entrèrent à nouveau en vigueur et ils participent depuis aux travaux de l’IFLA. Cependant, la période de la Guerre froide eut également une influence importante sur les fonds des collections universitaires, avec notamment une prééminence des ouvrages techniques et scientifiques socialistes au détriment des ouvrages étrangers. La tenue de la Conférence de l’IFLA à Beijing, en 1996, eut certainement une influence positive sur la bibliothéconomie en Chine. Hormis ces chiffres, il apparaît que la majorité des bibliothèques publiques font face à des problèmes importants d’espace, de conservation, de budget et de personnel et il faut mentionner le sous-développement éducatif et culturel qui sévit dans les campagnes [2].

La Bibliothèque nationale de Chine, à Beijing, est sans conteste la tête de file du réseau des bibliothèques et apparaît comme la plus importante d’Asie, avec 22 millions de volumes. Elle est aussi bibliothèque publique et peut accueillir 2 000 lecteurs sur place. Située près du Parc aux Bambous pourpres, elle est dotée d’un bâtiment imposant de 19 étages et de trois étages en sous-sol. Parmi ses riches collections, elle conserve 3 500 plaquettes de jiaguwen (caractères hiéroglyphiques gravés sur carapaces de tortue et os d'animaux) datant de la dynastie Shang (1700-1100 av. JC), 1,6 millions de volumes anciens reliés par fils, un millier de livres qui ont été découverts dans les grottes de Dunhuang, 12 millions de volumes de livres et de périodiques en 115 langues.

Elle est le siège du Centre national d'identification des périodiques (ISSN) et du Centre informatique d'Internet. En décembre 2001, selon le Xe plan quinquennal, la deuxième phase des travaux de construction de cette bibliothèque a été mise en chantier: l’agrandissement prévu de 7 hectares permettra d’atteindre une superficie totale de 24 hectares. Ainsi, la Bibliothèque nationale de Chine sera la troisième du monde en importance. Les collections sont référencées en langues anglaise et chinoise dans des fichiers classiques, mais la bibliothèque possède également un catalogue en ligne en chinois. L’accès aux collections audiovisuelles est possible et l’espace Internet semble restreint.

Quatre grandes bibliothèques

A Beijing, deux bibliothèques sont remarquables : la bibliothèque de l’Université, considérée comme une des meilleures bibliothèques chinoises actuellement de par ses collections (4,5 millions de volumes dont un quart en langues étrangères) et les services offerts aux lecteurs. La bibliothèque de l’Académie des Sciences, avec plus de 6 millions de volumes, est le centre d’information pour les livres scientifiques et techniques.

A Shanghai, la bibliothèque municipale est la plus grande bibliothèque publique du pays avec sept millions de volumes, dont un million en langues étrangères et 1,7 millions de volumes anciens.

La bibliothèque centrale de Hong-Kong, ouverte au public en 2001, offre 2 millions de volumes et des ressources numérisées. Elle est la tête du réseau des 62 bibliothèques publiques de la ville à quoi s’ajoutent huit bibliothèques mobiles, avec un nombre de volumes avoisinant les 9 millions d’exemplaires. Ces collections incluent également des cédéroms, des supports audio-visuels et des périodiques ; elles sont référencées sur une même base de données en chinois et en anglais. Le Département des services culturels qui gère ce réseau promeut la lecture publique sous toutes ses formes: heure du conte, expositions, conférences…

L’enseignement des sciences de l’information

L’enseignement en sciences de l’information en Chine a fait un bond qualitatif important depuis ces 20 dernières années. Une quarantaine d’universités possède un département en sciences de l’information [3]. Parmi les plus renommées en la matière, citons les universités de Ji Lin ou celle du Nord-Est. Les formations en bibliothéconomie proposent les matières traditionnelles, mais également ce qui concerne le management des bibliothèques en général. L’Université du Nord-Est a formé quelque 3 000 étudiants ces dernières années et ceux-ci peuvent travailler également en entreprise. La plupart des départements ont abandonné l’intitulé « département en sciences de l’information et des bibliothèques » au profit de « département en gestion de l’information ».

Il existe trois niveaux principaux de formation: le premier (graduate class) est une formation universitaire en deux ou trois ans, suivie du niveau de la maîtrise (graduate of master degree) puis du niveau du doctorat (doctorate graduate). Un niveau intermédiaire (undergraduate) semble s’imposer de plus en plus: il permet de former en quatre ans des étudiants aux sciences de l’information qui possèdent déjà ou suivent une autre formation (littérature, sciences, langue étrangère…). À leur sortie de l’université, ils possèdent ainsi deux diplômes ce que les bibliothèques apprécient de plus en plus.

La formation se développe également dans le cadre des lycées et collèges professionnels pour former des assistants techniques des bibliothèques. Une cinquantaine de formations existent à l’heure actuelle sur l’ensemble du territoire chinois et 1 000 diplômés sortent chaque année.

La formation professionnelle continue est délivrée sous de multiples formes: conférences, stages, à distance, radio et télévision… sous l’impulsion du Département des bibliothèques du ministère de la Culture qui organise également des symposiums.

Développement numérique et Internet chinois

Récemment, la Bibliothèque nationale a fondé, avec 90 autres bibliothèques chinoises, une union de bibliothèques numérisées, afin de promouvoir le développement et l'application de l'information publique numérisée. Les projets en matière de numérisation des corpus chinois s’intensifient, notamment grâce à l’action du Centre de documentation de la Bibliothèque nationale de Chine, soit 30 millions de pages représentant 150 000 ouvrages accessibles en ligne. En outre, des bases de données hétérogènes consacrées à l’architecture, la poésie, la vie marine… doivent être regroupées en vue de créer un réseau virtuel de documentation chinois. L’Université chinoise de Hong-Kong, la Bibliothèque publique de Shanghai, l’Institut international sur le bouddhisme zen participent à ce projet en numérisant leurs collections anciennes. L'Académie des sciences chinoise travaille en collaboration avec des partenaires américains (MIT, Carnegie-Mellon et le Simmonds College) afin de proposer des contenus numériques à la fois en chinois (50%) et en anglais (50%) avec une plate-forme multilingue permettant l’accès aux images.

Cinq réseaux informatiques nationaux couvrent le territoire chinois dans les domaines du commerce, de l’éducation (et impliquent donc les universités), des sciences et techniques [4]. En 2002, [5] 6,5 millions d’ordinateurs étaient connectés à Internet, ce qui porte à 30 millions le nombre d’utilisateurs du réseau avec une estimation de pénétration de 25%. L’Internet chinois est cependant moins ouvert qu’il n’y paraît à la lecture des derniers rapports publi&eac
te;s sur le sujet (notamment celui de Reporters sans frontières) et, même si les bibliothèques universitaires paraissent bien équipées en la matière, la censure des autorités s’exerce certainement sur l’accès à certains sites par les étudiants ou les professeurs. Peu d’informations nous parviennent sur Internet dans les bibliothèques chinoises. Les autorités chinoises sont très vigilantes et exercent une répression sans merci contre les internautes qui remettent en cause le régime politique actuel. Les peines encourues (pouvant aller jusqu’à quatre ans d’emprisonnement) sont lourdes, à l’égard notamment d’étudiants ou de webmestres ayant publié sur Internet des textes favorables à des réformes libérales et démocratiques en Chine. À l’occasion de l’Année de la Chine en France, de nombreuses organisations ont lancé un appel auprès de Jacques Chirac pour la libération des cyberdissidents chinois.

Quelques sites Internet de bibliothèques chinoises

Bibliographie

Accart J.-P. La Chine à l'heure de la coopération internationale et des réseaux de l'information. Après le congrès de l'IFLA à Pékin. Août 1996. [en ligne] Documentaliste, sciences de l'information, 1997, vol. 34, n° 1, pp. 46-49 .
Consultable sur le site: http://www.accart.nom.fr/International/IFLAChine.html

Accart J.P. Medical Librarianship in China: China between International Cooperation and the Development of Information Networks. [en ligne]. INSPEL, 1997, vol 31, n° 1, pp. 45.
Consultable sur le site: http://www.fh-potsdam.de/~IFLA/INSPEL/cont311.htm

Bibliography - China [en ligne], Library of Congress [consulté le 30/10/2003],
Consultable sur le site: http://lcweb2.loc.gov/frd/cs/china/cn_bibl.html, s.p.

Calvert P. The Development of Libraries in Non-Western Countries. [en ligne]. Library Management and Information services, 2001, nov. [consulté le 11/11/2003].
Consultable sur le site: http://leporello.emeraldinsight.com/rpsv/library link/management/nov01.htm

Calvert P. Watching the Web growing in China. [en ligne]. Library Management and Information services, 2000, sept. [consulté le 11/11/2003].
Consultable sur le site: http://leporello.emeraldinsight.com/rpsv/library link/technology/0900.htm

Carroll F.L., Harvey J.F., Houck S., eds. International Librarianship: Cooperation and Collaboration. Lanham, London: The Scarecrow Press, 2001.

Chi Wang. An Overview of Libraries in the People's Republic of China. China Exchange News, 1984, sept.

Chien Lin S. Libraries and Librarianship in China. Westport CT: Greenwood Press, 1998.

Gong Y., Gorman G.E. Libraries and Information Services in China. London: Scarecrow Press, 2000.

Jingli Chu. Librarianship in China: the spread of western influence. Library Management, 2001, vol. 22, n° 4/5, pp. 177-180.

Olden A., Wise M., eds. Information and Libraries in the Developing World. II. South-East Asia and China London: Library Association Publishing, 1993.

Poulain M. L’IFLA à Pékin. Bulletin des bibliothèques de France, 1996, t. 41, n° 6, pp. 94-97.

Weici W., Zhenxi B., Ximeng X. et al. The Vigorous Advancement of Libraries in China. Beijing: Bibliography & Document Publishing House, 1996.

Site Internet de Reporters sans frontières: http://www.resf.org

Notes

[1] Chiffres 2003 publiés dans Library Journal le 10 avril 2003.
[2] Poulain M., « L’IFLA à Pékin », Bulletin des bibliothèques de France, 1996, t. 41, n° 6, pp. 94-97.
[3] Parmi les plus connues, citons: Shanxi University, Sichuan University, Sun Yat-Sen University, Chinese University of Hong Kong, University of Hong Kong, Chinese Academy of Sciences, Hebei University, Huazhong University of Science and Technology, Ji Lin University, Nanjing University, NorthEast Normal University, Peking University, Shanghai Jiaotong University…
[4] CSTNET (China Academy of Science) ; CHINANET, GBNET et UNINET (Information Industrial Ministry) ; CERNET (Education Ministry).
[5] Source Electronic Journal of Academic and Special Librarianship, vol. 3, 2002).

 

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2004 - Bibliotheca Alexandrina (Egypte) https://www.jpaccart.ch/international/2004-bibliotheca-alexandrina-egypte.html https://www.jpaccart.ch/international/2004-bibliotheca-alexandrina-egypte.html

Visite de la Bibliotheca Alexandrina par les bibliothécaires suisses.

Arbido, 2004, n° 3, pp. 26-27.

Début octobre dernier, une vingtaine de bibliothécaires de toute la Suisse ont pénétré avec un certain ravissement dans le hall d’entrée de la célèbre et récemment inaugurée bibliothèque d’Alexandrie. Situé sur la magnifique baie d’Alexandrie (ville poétique et littéraire s’il en est), le bâtiment sphérique et coupé en sa moitié est à demi enterré et entouré d’esplanades, d’arbres et de d’eau qui lui donnent un aspect futuriste dans la lignée des réalisations architecturales actuelles. L’Orient semble bien loin cependant en ces lieux et l’ancienne bibliothèque la plus célèbre du monde détruite par des incendies successifs est un souvenir lointain. Elle était cependant bien présente à l’esprit des visiteurs occidentaux, bibliothécaires de surcroît, qui pénétrèrent après les formalités d’usage, dans une salle aux dimensions impressionnantes s’enfonçant de quatre niveaux sous terre. L’influence occidentale est très présente, les maîtres d’œuvre étant des architectes scandinaves qui ont privilégié avec succès le bois, l’acier et le verre, avec un éclairage indirect réussi. L’accueil réservé par les bibliothécaires égyptiens fut très chaleureux, eux-mêmes très demandeurs d’information : l’ampleur de leur tâche est grande et le développement futur de la bibliothèque repose en grande partie sur eux. A l’origine projet de l’Unesco et financé par un certain nombre de pays et de donateurs, ce nouveau lieu culturel est une porte ouverte sur les cultures méditerranéennes et africaines, rassemblant des collections spécialisées. Hormis la mise à disposition des technologies d’information, la Bibliotheca Alexandrina abrite également des lieux d’accueil et d’animation pour les petits égyptiens afin de les former à la lecture sous toutes ses formes. Un superbe musée archéologique en sous-sol rappelle cependant le riche passé archéologique de ce lieu symbolique pour les bibliothécaires du monde entier.

 

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2003 - IFLA Berlin (Allemagne) https://www.jpaccart.ch/international/2003-ifla-berlin-allemagne.html https://www.jpaccart.ch/international/2003-ifla-berlin-allemagne.html

L’information guidant le peuple.

Archimag, 2003, n° 168, pp. 18-19

Des déclarations en prise directe avec l’actualité

Plus de 4500 participants provenant de 133 pays ont assisté à la 69è Conférence générale de l’IFLA du 1er au 9 août 2003 à Berlin. Avec un nouvel intitulé - Congrès mondial des bibliothèques et de l’information - le thème choisi « La bibliothèque, point d’accès: médias, information, culture » est symbolisée par le logo officiel reprenant la Porte de Brandebourg: les bibliothèques sont des portes ouvertes vers l’information, le savoir et la culture. La liberté d’expression, l’égalité d’accès à l’information sont des thèmes parallèles, avec comme arrière-fond la destruction récente des bibliothèques et archives en Iraq. Plusieurs résolutions sont votés en Conseil: la première demande aux gouvernements de réagir face à ces faits de guerre et leurs conséquences sur la destruction d’œuvres culturelles ; une seconde concerne les législations nationales sur la sécurité des personnes, législations qui violent le droit fondamental à la vie privée. En outre, des débats animés ont lieu sur l’impact de la législation anti-terroriste adoptée de par le monde et son incidence sur la liberté d’accès à l’information.

Le Sommet mondial pour la société de l’information (SMSI): quel rôle pour les professionnels de l’information ?

L’intervention d’Adama Samassékou (ancien ministre de l'Education du Mali), président du Comité préparatoire pour le Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) prévu à Genève en décembre 2003, est particulièrement remarquée. Evoquant la destruction du Mur de Berlin, il rappelle qu’il existe d’autres murs à détruire qui divisent les êtres humains, tel l’analphabétisme. Il constate que la « fracture numérique » existe bel et bien et qu’elle n’a pas été comblée par la mondialisation, l’accès à l’information étant nettement favorisé pour les catégories aisées de la population mondiale. Les bibliothèques et services d’information ont un rôle prépondérant à jouer afin de combler cette fracture. L’IFLA s’investit fortement: prenant conscience que les premières déclarations de principe préparatoires au SMSI ne tiennent aucunement compte des bibliothèques et services de documentation, l’IFLA réagit. Deux articles (articles 23 et 49 de la dernière déclaration du SMSI) mentionnent dorénavant les bibliothèques comme point d’accès à l’information. Les bibliothécaires suisses travaillent avec l’IFLA sur une pré-conférence les 3 et 4 novembre prochains à Genève: présentations, tables rondes, posters permettront aux délégués des Nations-Unis présents de rencontrer des membres de l’IFLA et de réfléchir ensemble sur des propositions concrètes concernant les professionnels de l’information et leurs publics.

Des mesures de performance globales au plan européen

Les bibliothèques nationales européennes coordonnent leurs activités au sein de la Conférence des bibliothèques européennes nationales, fondation destinée à renforcer leur rôle en Europe. L’objectif est d’harmoniser les pratiques dans la mise en place de projets communs. Afin de mesurer et d’évaluer les activités et les services, des indicateurs de performance et des recommandations collectives sont dégagés. Les bibliothèques nationales, de par leur histoire, leurs missions respectives, les services offerts, les fonds conservés, sont très variées et difficilement comparables: certaines ont un rôle universitaire ou parlementaire, d’autres peuvent être tête de réseau ou non. Nombre d’entre elles s’ouvrent au public et coopèrent au plan international. Une consultation à l’aide d’un questionnaire est lancée depuis 2001 afin de savoir quelles sont les mesures de performance couramment en vigueur. Sur 41 bibliothèques nationales, 21 ont répondu : outre la mise en œuvre de plans stratégiques et l’adoption des normes ISO pour le recueil des statistiques, la plupart d’entre elles ont des fonctions d’agence bibliographique nationale, de conservation et préservation des manuscrits, de dépôt légal ou d’agence ISBN. Parmi les indicateurs de performance jugés les plus intéressants, ont été mis en avant: le taux de satisfaction des utilisateurs par rapport aux services offerts, le délai de prêt entre bibliothèques, le temps d’accès aux systèmes informatisés, les taux de réponse positive des catalogues en ligne… Seul un tiers des bibliothèques pratique la méthode du benchmarking, met en place une démarche qualité ou réalise une étude des coûts. Cette enquête toujours en cours souligne l’importance d’évaluer régulièrement les services auprès des utilisateurs.

La bibliothèque multimédia de la Bibliothèque d’Alexandrie

Les nouvelles de l’évolution de la Bibliothèque d’Alexandrie sont toujours très attendues: après son inauguration fin 2002, une bibliothèque multimédia est créée suivant les standards de l’IFLA ( « Guidelines for Audiovisual and Multimedia Materials in Libraries »): une de ses priorités, en accord avec la politique documentaire globale de l’établissement, est de couvrir en terme de collections multimédia, l’Egypte, le Moyen Orient, le monde arabe, les pays méditerranéens et l’Afrique. De nombreux supports audiovisuels (films, cassettes, DVD, archives télévisuelles…) sont déjà en place et la bibliothèque multimédia catalogue et indexe ses collections avec le logiciel Virtua de VTLS pour un ensemble de bibliothèques égyptiennes. Les langages d’indexation utilisés sont connus de tous: DDC, LCSH, Rameau et le format utilisé est MARC21. L’arabe est la langue officielle, mais les supports proviennent du monde entier, essentiellement par dons. Afin de faire connaître ses collections, des conférences sont organisées, elle engage un programme de numérisation important afin de rendre accessible ses collections sur Internet et opère également une sélection de sites spécialisés dans ce secteur. L’objectif est d’atteindre un public de chercheurs, d’universitaires et les étudiants.

Le portail en sciences de l’ingénieur (ViFaTec) de l’Université de Hanovre

L’Université des sciences et technologie de Hanovre souhaite offrir à son public d’ingénieurs une information validée et synthétique. Avec l’appui de la Bibliothèque nationale allemande des sciences et technologies (bibliothèque de référence en Allemagne), le projet d’un portail est lancé en 1998 suite à une étude démontrant que, selon leurs besoins, les ingénieurs consacrent de 5 à 80 heures par mois à la recherche d’information spécialisée et technique, en vue de résoudre un problème et de préparer une décision fondée. Ouvert en avril 2002, le portail ViFaTec répond à ces besoins d’information spécialisée en sciences de l’ingénieur et en biotechnologie. Les publics visés sont les étudiants, le monde de la recherche et celui de l’entreprise. Un système de prêt entre bibliothèques (TIBORDER), la fourniture électronique de documents (GetInfo), un moteur de recherche spécialisé sont associés au portail et un métamoteur est en cours d’élaboration.

Nouvelle présidente de l’IFLA

En clôture d’une conférence riche en événements, Kay Raseroka du Botswana, nouvelle présidente élue de l’IFLA, annonce le thème du prochain Congrès mondial: « Les bibliothèques pour l’apprentissage tout au long de la vie » qui se déroulera à Buenos Aires du 22 au 27 août 2004.

Quelques sites importants:

Conférence de Berlin:

Sommet mondial sur la société de l’information:

Bibliothèque d’Alexandrie:

Portail scientifique ViFaTec:

 

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2002 - IFLA Glasgow (Grande-Bretagne) (bis) https://www.jpaccart.ch/international/2002-ifla-glasgow-grande-bretagne-bis.html https://www.jpaccart.ch/international/2002-ifla-glasgow-grande-bretagne-bis.html

La Déclaration de Glasgow 

Archimag, 2002, n° 158, pp. 36-38.

La principale fédération d'associations des bibliothèques et des professionnels de l'information a célébré dans l'enthousiasme à la fin du mois d'août dernier son 75ème anniversaire. L'occasion choisie pour cette célébration fut la 68ème conférence annuelle tenue à Glasgow avec un intitulé plus que jamais d'actualité : Bibliothèques pour la vie : démocratie, diversité, délivrance d'information. L'assistance nombreuse (plus de 4700 participants et 125 pays représentés) démontre à l'envi le dynamisme de la fédération, qui est l'instance officielle représentative des professionnels de l'information au plan international. Des initiatives de coopération, des motions pour l'accès à l'information, des prises de position par rapport à la démocratie et à la liberté sont engagées, et même si la fédération se défend de jouer un rôle politique, sa voix est plus que jamais primordiale dans le paysage de l'information actuel.

Un peu d'histoire...

C'est en 1926 que Gabriel Henriot, président de l'Association des bibliothécaires français (ABF), lance un appel pour la création d'une instance internationale représentant de manière permanente les associations nationales de bibliothèques. Cette idée se matérialise à Edimbourg le 30 septembre de cette même année et 15 pays sont signataires. L'IFLA prend sa forme officielle en 1927. L'Europe et les Etats-Unis sont majoritairement représentés et ce, durant plusieurs décennies. L'IFLA est le point de rencontre d'une profession et la notion de " IFLA Family " prend forme et perdure jusqu'à maintenant. Ses trois champs d'action sont principalement les standards bibliographiques, le prêt entre bibliothèques et les échanges, la formation des professionnels. C'est surtout après la Deuxième guerre mondiale que la fédération se développe jusqu'à connaître l'expansion que nous lui connaissons actuellement. Son rôle s'est affirmé, sa présence étendue à plus d'une centaine de pays, le dernier en date étant la Corée du Nord. Son action se porte dorénavant sur la représentation des professions des bibliothécaires, un équilibre Nord-Sud mieux respecté, sur la discussion avec des partenaires incontournables tels les éditeurs ou les archivistes. Elle s'intéresse de près au droit de l'information (un comité a été spécialement créé), à la liberté d'expression, à la reconstruction des bibliothèques en péril (une motion fut votée en ce sens à Glasgow).

Accueillie avec un humour très "scottish " par le lord-maire de Glasgow (" Glasgow est la ville où l'on mange la meilleure cuisine...indienne de tout le Royaume-Uni !!" a-t-il lancé lors de la cérémonie d'ouverture), et par Christine Deschamps actuelle présidente de l'IFLA (" nous sommes dans un pays où McIntoch n'est pas le nom d'une marque d'ordinateur, mais est celui d'un architecte célèbre, Charles Rennie Mackintosh ! "), les congressistes répondirent présents aux nombreuses manifestations d'ordre social et culturel offertes. Des écrivains de renom international représentant la littérature britannique donnèrent des conférences et des lectures en public : outre le poète Eddwin Morgan, le romancier Jim Grace ou Anne Fine surtout connue en tant qu'auteur de littérature jeunesse, un des points d'orgue fut la présence chaleureuse et vivifiante du prix Nobel de littérature 1995, Seamus Heaney, qui lut nombre de ses poèmes inspirés par son enfance, sa mère et un imaginaire relevant du merveilleux devant un auditoire attentif et admiratif.

Présence des éditeurs

La présence des principales maisons d'édition internationales est un des attraits du congrès. La conférence donnée par Derk J. Haan, membre du conseil d'administration de Reed Elsevier et président d'Elsevier Science, fut particulièrement suivie : outre le poids prépondérant de cet éditeur à l'heure actuelle, DJ Haan aborda les enjeux et les résultats du passage des périodiques imprimés aux publications électroniques, en particulier les questions de l'évolution des contenus éditoriaux, de la fonctionnalité des systèmes et des modèles économiques. A terme, l'ensemble des publications électroniques d'Elsevier devraient être archivées et accessibles : un accord sur la conservation numérique vient d'être signé avec la Bibliothèque nationale des Pays-Bas qui devient le premier organisme officiel de dépôt et de conservation des périodiques édités par Elsevier Science, soit 1500 titres de périodiques. Cette question est particulièrement sensible depuis plusieurs années pour les bibliothèques et les éditeurs : l'IFLA travaille sur ce sujet depuis deux ans avec l'Association internationale des éditeurs (IPA).
L'éditeur de périodiques électroniques Emerald a signé des accords importants de diffusion de ses collections, notamment avec de grands consortiums de bibliothèques. Spécialisé dans les domaines du marketing, du management, des ressources humaines et de la gestion de l'information, il est connu également sous le nom de MCB University Press et offre quelques 40 000 articles en texte intégral et des résumés (www.emeraldinsight.com).

Démocratiser l'accès à Internet

Une des particularités du Royaume-Uni est de posséder trois bibliothèques nationales (The British Library ; the National Library of Scotland ; the National Library of Wales) et un réseau très dense de bibliothèques avec 4600 bibliothèques publiques, 150 bibliothèques universitaires et de recherche et plus de 10 000 centres de documentation dans le secteur privé. Selon les dernières statistiques éditées par le British Council (www.britishcouncil.org), 480 millions d'ouvrages sont empruntés chaque année. Non content de ces chiffres, le gouvernement britannique a lancé le projet People's Network (www.peoplesnetwork.gov.uk) afin de démocratiser l'accès à Internet d'ici à 2005 : la majorité des bibliothèques sont impliquées dans ce projet et forment toutes les catégories de la population britannique à l'utilisation des ressources électroniques. En avril 2002 fut créé CILIP (Chartered Institute of Library and Information Professionnals), unifiant les associations de bibliothécaires et de documentalistes existantes : 23 000 professionnels sont actuellement recensés et forment la plus importante association professionnelle (www.cilip.org.uk).

La Déclaration de Glasgow sur les bibliothèques, les services d'information et la liberté intellectuelle

Droit fondamental

Pour son 75ème anniversaire, l'IFLA a voté à l'unanimité des membres présents lors de sa première Assemblée générale à Glasgow le droit fondamental de chacun à avoir accès à l'information et à pouvoir la diffuser sans restriction aucune. Elle suit ainsi la Déclaration universelle des droits de l'homme des Nations Unies et affirme que, partout dans le monde, le respect de la liberté intellectuelle est pour les bibliothèques et les professions de l'information un devoir absolu, explicite dans les codes de déontologie, effectif dans la pratique (le texte complet de la Déclaration de Glasgow est sur le site de l'IFLA : www.ifla.org, hébergé dorénavant par l'INIST).

Un des constats à tirer de l'édition 2002 de l'IFLA est la prise en compte par la fédération du contexte international représenté par la mondialisation de l'économie : partagée entre le souci de reconnaissance professionnelle et celui du principe de service public, et malgré les pressions subies, notamment de la part des éditeurs, l'IFLA réaffirme avec plus de force chaque année des principes fondamentaux qu'il est bon de rappeler. Ces principes, la liberté d'expression, l'accès à la culture, sont régulièrement remis en cause dans certaines parties du monde et parfois même en Europe. Attentive aux changements, prenant position lorsque des problèmes surgissent et qui touchent à nos professions (idée de la création d'un fonds spécial d'aide aux bibliothèques victimes d'intempéries ou de destruction ; appel aux gouvernements lorsque des bibliothécaires sont soumis à des pressions politiques...), il n'y a que très peu de champs dans lesquels la fédération ne fait pas écouter se voix. Elle semble entendue, et notamment par les jeunes professionnels qui assistent de plus en plus nombreux chaque année à la Conférence annuelle.

L'an prochain, la 69ème conférence annuelle de l'IFLA se tiendra du 1er au 9 août dans un autre lieu symbolique, la ville de Berlin. Kay Kaseroka de l'Université du Botswana, première présidente élue de l'IFLA issue du continent africain, succèdera à l'actuelle présidente française, Christine Deschamps, et accueillera les congressistes avec le thème suivant : La bibliothèque, point d'accès à l'information et à la culture.

Archimag, 2002, n° 158, pp. 36-38.

La principale fédération d'associations des bibliothèques et des professionnels de l'information a célébré dans l'enthousiasme à la fin du mois d'août dernier son 75ème anniversaire. L'occasion choisie pour cette célébration fut la 68ème conférence annuelle tenue à Glasgow avec un intitulé plus que jamais d'actualité : Bibliothèques pour la vie : démocratie, diversité, délivrance d'information. L'assistance nombreuse (plus de 4700 participants et 125 pays représentés) démontre à l'envi le dynamisme de la fédération, qui est l'instance officielle représentative des professionnels de l'information au plan international. Des initiatives de coopération, des motions pour l'accès à l'information, des prises de position par rapport à la démocratie et à la liberté sont engagées, et même si la fédération se défend de jouer un rôle politique, sa voix est plus que jamais primordiale dans le paysage de l'information actuel.

Un peu d'histoire...

C'est en 1926 que Gabriel Henriot, président de l'Association des bibliothécaires français (ABF), lance un appel pour la création d'une instance internationale représentant de manière permanente les associations nationales de bibliothèques. Cette idée se matérialise à Edimbourg le 30 septembre de cette même année et 15 pays sont signataires. L'IFLA prend sa forme officielle en 1927. L'Europe et les Etats-Unis sont majoritairement représentés et ce, durant plusieurs décennies. L'IFLA est le point de rencontre d'une profession et la notion de " IFLA Family " prend forme et perdure jusqu'à maintenant. Ses trois champs d'action sont principalement les standards bibliographiques, le prêt entre bibliothèques et les échanges, la formation des professionnels. C'est surtout après la Deuxième guerre mondiale que la fédération se développe jusqu'à connaître l'expansion que nous lui connaissons actuellement. Son rôle s'est affirmé, sa présence étendue à plus d'une centaine de pays, le dernier en date étant la Corée du Nord. Son action se porte dorénavant sur la représentation des professions des bibliothécaires, un équilibre Nord-Sud mieux respecté, sur la discussion avec des partenaires incontournables tels les éditeurs ou les archivistes. Elle s'intéresse de près au droit de l'information (un comité a été spécialement créé), à la liberté d'expression, à la reconstruction des bibliothèques en péril (une motion fut votée en ce sens à Glasgow).

Accueillie avec un humour très "scottish " par le lord-maire de Glasgow (" Glasgow est la ville où l'on mange la meilleure cuisine...indienne de tout le Royaume-Uni !!" a-t-il lancé lors de la cérémonie d'ouverture), et par Christine Deschamps actuelle présidente de l'IFLA (" nous sommes dans un pays où McIntoch n'est pas le nom d'une marque d'ordinateur, mais est celui d'un architecte célèbre, Charles Rennie Mackintosh ! "), les congressistes répondirent présents aux nombreuses manifestations d'ordre social et culturel offertes. Des écrivains de renom international représentant la littérature britannique donnèrent des conférences et des lectures en public : outre le poète Eddwin Morgan, le romancier Jim Grace ou Anne Fine surtout connue en tant qu'auteur de littérature jeunesse, un des points d'orgue fut la présence chaleureuse et vivifiante du prix Nobel de littérature 1995, Seamus Heaney, qui lut nombre de ses poèmes inspirés par son enfance, sa mère et un imaginaire relevant du merveilleux devant un auditoire attentif et admiratif.

Présence des éditeurs

La présence des principales maisons d'édition internationales est un des attraits du congrès. La conférence donnée par Derk J. Haan, membre du conseil d'administration de Reed Elsevier et président d'Elsevier Science, fut particulièrement suivie : outre le poids prépondérant de cet éditeur
à l'heure actuelle, DJ Haan aborda les enjeux et les résultats du passage des périodiques imprimés aux publications électroniques, en particulier les questions de l'évolution des contenus éditoriaux, de la fonctionnalité des systèmes et des modèles économiques. A terme, l'ensemble des publications électroniques d'Elsevier devraient être archivées et accessibles : un accord sur la conservation numérique vient d'être signé avec la Bibliothèque nationale des Pays-Bas qui devient le premier organisme officiel de dépôt et de conservation des périodiques édités par Elsevier Science, soit 1500 titres de périodiques. Cette question est particulièrement sensible depuis plusieurs années pour les bibliothèques et les éditeurs : l'IFLA travaille sur ce sujet depuis deux ans avec l'Association internationale des éditeurs (IPA).
L'éditeur de périodiques électroniques Emerald a signé des accords importants de diffusion de ses collections, notamment avec de grands consortiums de bibliothèques. Spécialisé dans les domaines du marketing, du management, des ressources humaines et de la gestion de l'information, il est connu également sous le nom de MCB University Press et offre quelques 40 000 articles en texte intégral et des résumés (www.emeraldinsight.com).

Démocratiser l'accès à Internet

Une des particularités du Royaume-Uni est de posséder trois bibliothèques nationales (The British Library ; the National Library of Scotland ; the National Library of Wales) et un réseau très dense de bibliothèques avec 4600 bibliothèques publiques, 150 bibliothèques universitaires et de recherche et plus de 10 000 centres de documentation dans le secteur privé. Selon les dernières statistiques éditées par le British Council (www.britishcouncil.org), 480 millions d'ouvrages sont empruntés chaque année. Non content de ces chiffres, le gouvernement britannique a lancé le projet People's Network (www.peoplesnetwork.gov.uk) afin de démocratiser l'accès à Internet d'ici à 2005 : la majorité des bibliothèques sont impliquées dans ce projet et forment toutes les catégories de la population britannique à l'utilisation des ressources électroniques. En avril 2002 fut créé CILIP (Chartered Institute of Library and Information Professionnals), unifiant les associations de bibliothécaires et de documentalistes existantes : 23 000 professionnels sont actuellement recensés et forment la plus importante association professionnelle (www.cilip.org.uk).

La Déclaration de Glasgow sur les bibliothèques, les services d'information et la liberté intellectuelle

Droit fondamental

Pour son 75ème anniversaire, l'IFLA a voté à l'unanimité des membres présents lors de sa première Assemblée générale à Glasgow le droit fondamental de chacun à avoir accès à l'information et à pouvoir la diffuser sans restriction aucune. Elle suit ainsi la Déclaration universelle des droits de l'homme des Nations Unies et affirme que, partout dans le monde, le respect de la liberté intellectuelle est pour les bibliothèques et les professions de l'information un devoir absolu, explicite dans les codes de déontologie, effectif dans la pratique (le texte complet de la Déclaration de Glasgow est sur le site de l'IFLA : www.ifla.org, hébergé dorénavant par l'INIST).

Un des constats à tirer de l'édition 2002 de l'IFLA est la prise en compte par la fédération du contexte international représenté par la mondialisation de l'économie : partagée entre le souci de reconnaissance professionnelle et celui du principe de service public, et malgré les pressions subies, notamment de la part des éditeurs, l'IFLA réaffirme avec plus de force chaque année des principes fondamentaux qu'il est bon de rappeler. Ces principes, la liberté d'expression, l'accès à la culture, sont régulièrement remis en cause dans certaines parties du monde et parfois même en Europe. Attentive aux changements, prenant position lorsque des problèmes surgissent et qui touchent à nos professions (idée de la création d'un fonds spécial d'aide aux bibliothèques victimes d'intempéries ou de destruction ; appel aux gouvernements lorsque des bibliothécaires sont soumis à des pressions politiques...), il n'y a que très peu de champs dans lesquels la fédération ne fait pas écouter se voix. Elle semble entendue, et notamment par les jeunes professionnels qui assistent de plus en plus nombreux chaque année à la Conférence annuelle.

L'an prochain, la 69ème conférence annuelle de l'IFLA se tiendra du 1er au 9 août dans un autre lieu symbolique, la ville de Berlin. Kay Kaseroka de l'Université du Botswana, première présidente élue de l'IFLA issue du continent africain, succèdera à l'actuelle présidente française, Christine Deschamps, et accueillera les congressistes avec le thème suivant : La bibliothèque, point d'accès à l'information et à la culture.

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) International Thu, 12 Apr 2007 06:40:51 +0000
2002 - IFLA Glasgow (Grande-Bretagne) https://www.jpaccart.ch/international/2002-ifla-glasgow-grande-bretagne.html https://www.jpaccart.ch/international/2002-ifla-glasgow-grande-bretagne.html

Un investissement dans la connaissance 

Documentaliste, sciences de l’information, 2002, vol. 39, n° 6, pp. 306-309.

People's Network, le programme national d'information

Le Royaume-Uni possède une grande diversité de services d'information et de bibliothèques dont certains ont une renommée internationale, la British Library n'étant pas le moindre exemple. Une des particularités britannique est la présence de trois bibliothèques nationales sur le territoire, en Angleterre, au Pays de Galle et en Ecosse. Le réseau des 4600 bibliothèques publiques et des 150 services d'information pour la recherche et l'enseignement supérieur s'enrichit de 6400 bibliothèques scolaires et de 10 000 centres de documentation dans les secteurs publics et privés. 58 % des Britanniques sont enregistrés en tant qu'utilisateurs de ces services [1]. Depuis deux ans, un programme d'action gouvernemental, People's Network, doté de 270 millions de livres sterling a été engagé afin de faire entrer le Royaume-Uni dans la société de l'information.

De nombreuses raisons ont conduit à mettre en place un projet d'une telle envergure - la principale étant le développement des accès à Internet - parmi lesquelles l'augmentation du nombre des étudiants, l'accroissement de l'enseignement et du travail à distance. Dans ce cadre, les services d'information et les bibliothèques sont mis à contribution et voient leur rôle accru, leurs actions étant aussi bien dirigées vers le public enfants (le projet Books for Babies) que vers l'enseignement supérieur (avec le projet DNER, Distributed National Electronic Resource) afin de proposer des ressources électroniques diversifiées et de qualité. Dans le domaine de la santé et de la médecine, le célèbre National Health Service développe NHS Direct, une bibliothèque électronique de santé pour les professionnels, mais également pour les usagers.

People's Network permet, entre autre, la formation des bibliothécaires et documentalistes aux technologies de l'information avec une enveloppe de 20 millions de livres sterling, enveloppe qui comprend la création de contenus pour les supports électroniques de l'information. Des centres d'apprentissage à ces technologies pour les usagers sont créés dans les 4600 bibliothèques publiques britanniques avec pour objectif de desservir les populations n'ayant pas accès à Internet notamment les chômeurs, les handicapés ou les personnes à bas revenus. Le gouvernement a fixé l'année 2005 pour que le projet People's Network soit en phase terminale avec 6000 centres ; cette échéance est également fixée pour que les services d'information gouvernementaux soient en ligne. A l'heure actuelle [2], 67% des points d'accès publics sont reliés à Internet [3].

Resource, une entité unique pour l'information

En avril 2000, une nouvelle institution publique, Resource, a été créée par le Département de la culture, des médias et des sports. Cette entité rassemble sous une même tutelle les bibliothèques, les archives et les musées [4]. Un des derniers projets annoncé par Resource est le développement de Cornucopia, la banque de données en ligne des collections des musées anglais [5]. L'autre initiative marquante dans le domaine des professions de l'information est la constitution d'un corps professionnel unique rassemblant les bibliothécaires avec The Library Association (LA) et les documentalistes avec The Institute of Information Scientists. Ce corps unique dénommé The Chartered Institute of Library and Information Professionals (CILIP) [6] est fort de 23 000 membres. CILIP, une des plus importantes associations professionnelles au Royaume Uni et probablement en Europe, repose sur une forte infrastructure régionale avec un grand nombre de groupes d'intérêts spécialisés. Elle publie une revue mensuelle Library and Information Update et d'autres publications professionnelles telle The Journal of Information Science. En outre, CILIP développe Facet Publishing [7] recouvrant des publications dans des domaines proches des sciences de l'information tels que le knowledge management, l'enseignement à distance ou la numérisation des données. Selon Sheila Corrall, première présidente de CILIP, " ...ce nouveau corps professionnel est représentatif des différentes composantes de nos métiers. En tant que professionnels de l'information, nous avons un rôle fondamental à jouer en aidant nos utilisateurs à développer leurs compétences et leur confiance dans l'information ".

Décentralisation administrative et services d'information

La tradition bibliothéconomique et documentaire déjà forte en Grande-Bretagne voit, avec l'ensemble de ces initiatives publiques et la mobilisation des professionnels de l'information, une prise de conscience généralisée des enjeux de la société de l'information, avec un effort tout particulier dans le domaine social afin de ne pas laisser de côté des catégories de populations défavorisées. L'impact de ces professions sur la société britannique dans son ensemble est un phénomène intéressant à étudier, pour nous Français toujours à la recherche de reconnaissance. Dans tous les secteurs de l'économie, le mot-clé principal est désormais : accès à l'information. Cette mobilisation n'aurait évidemment pas été possible sans le développement actuel des technologies de l'information et des réseaux en particulier. Un autre fait essentiel de cette prise de conscience nationale est la décentralisation du pouvoir politique et décisionnel de Londres vers le Pays de Galles et l'Ecosse qui ont un parlement et une administration propres depuis 1999. Cela se traduit par un transfert de responsabilité et une autonomie financière de chacune de ces régions comparables à ce que nous connaissant en France depuis la loi sur la décentralisation en faveur des régions : la création des bibliothèques nationales écossaise et galloise en est la preuve, ces deux institutions ayant pour mission de mettre en place la normalisation des services d'information et des bibliothèques. L'Irlande du Nord s'achemine vers une solution identique.

La décentralisation est également effective en Angleterre [8] avec la création d'autorités régionales, dont une des responsabilités principales est le contrôle des services culturels incluant les bibliothèques, les musées et les archives. Resource met en place des unités régionales dans les neufs régions anglaises, avec pour missions de promouvoir et de supporter les aspects culturels et d'apporter le meilleur service au public [9]. A titre d'exemple, l'agence régionale NEMLAC (North East Museums Libraries and Archives Council) rassemble 90 institutions auparavant séparées dans le domaine culturel.

Aspects législatifs propres à l'information en Grande-Bretagne

Plusieurs organismes administratifs sont impliqués dans la gestion des bibliothèques et des services d'information, le plus important étant le Département de la culture, des médias et des sports (DCMS) [10]. L'acte législatif fondateur en matière de lecture publique est le Public Libraries and Museums Act de 1964, complété par le British Library Act en 1972 et le Public Lending Right en 1979. Le Département du commerce et de l'industrie (DTI), ainsi que le Département de l'éducation (DfES) contrôlent, pour leur part, les aspects législatifs et budgétaires. Outre le dépôt légal des documents au travers du Copyright Act de 1911 au sein de la British Library, cinq autres bibliothèques - The Bodleian Library à Oxford ; The Cambridge University Library ; The National Library of Scotland ; The National Library of Wales - se partagent les différents dépôts. Une des initiatives les plus populaires est la mise à disposition sur Internet du recensement de la population de 1901, contenant 32,5 millions de notices biographiques sur les résidents britanniques (nom, âge, adresse et état de santé).

Focus sur les services d'information britanniques

Les 10 000 services d'information recensés - comparables à ce que nous appelons centre de documentation en France, le concept le plus proche en anglais étant " special library " - sont présents principalement dans l'industrie ou le commerce, mais également dans le domaine associatif, les sociétés savantes, les laboratoires de recherche et d'autres organismes spécialisés. Ces dernières années, ces services ont vu leur rôle étendu au record management, à la gestion des sites Internet et Intranet, à la numérisation des données et au knowledge management. Les Research Councils [11], au nombre de 9, ont été lancés en mai 2002 par le secrétariat d'Etat à l'industrie et au commerce, en vue de faire collaborer la recherche publique et le secteur privé. Ces councils ont pour mission de fournir grâce à leurs services d'information, l'information scientifique nécessaire aux chercheurs. Le secteur associatif, très dynamique, touche également l'information scientifique : des associations telles que The Royal Society of Chemistry [12] The Institution of Mechanical Engineers [13], The Institution of Electrical Engineers [14], The Britsh Computer Society [15] ont développé des fonds documentaires spécialisés de première importance dans leur domaine respectif.

Le National Health Service (NHS) possède un réseau de 500 bibliothèques médicales et emploie 2000 personnes dont la moitié sont diplômés en science de l'information. 22 millions de livres sterling sont dépensés chaque année pour les bibliothèques de santé en Grande-Bretagne. Le gouvernement britannique, par cet effort financier conséquent, place la barre très haut pour l'information de santé [16]. Celle-ci ne s'adresse plus seulement aux seuls médecins et personnels paramédicaux, mais également aux décideurs et aux administratifs - ce qui tend à être le cas en France. La coopération est effective au sein des régions que celle-ci soit budgétaire [17], mais également en terme de répartition des ressources. Les patients sont au cœur du système de santé avec la devise officielle suivante : " Plus de pouvoir et plus d'information pour le patient ". Les deux projets-phares sont NHS Direct accessible par téléphone ou en ligne, et NELH (The National Electronics Library for Health), futur portail de l'information de santé britannique à destination des équipes de santé, des patients et du grand public [18].


Quelques grands services d'information britanniques en matière de santé

  • http://www.doh.gov.uk/index.html : site du Département de la santé, avec accès aux bibliothèques médicales de Leeds et de Londres (accès restreint aux personnels de santé)
  • http://www.kingsfund.org.uk/eLibrary/html/index.html : organisation basée à Londres ouverte au grand public
  • http://www.bl.uk/services/information/health.html : service d'information de santé de la British Library, dont la localisation géographique est à St Pancras à Londres et qui détient la plus importante collection en matière de documentation en santé (la carte de la British Library est requise)
  • http://www.rsm.ac.uk/librar/library.htm : site de la Société royale de médecine qui possède la plus importante bibliothèque médicale du Royaume-Uni (des droits d'entrée sont requis pour les non-membres)
  • http://www.bma.org.uk : site de la British Medical Association, dont la bibliothèque est réputée mondialement. Les membres de l'association, ainsi que les 7000 bibliothèques adhérentes y ont accès (certains services sont disponibles aux non-adhérents. Un droit d'entrée journalier à la bibliothèque est demandé)
  • http://www.rcn.org.uk : site du Royal College of Nursing Library fondé en 1921 ; il possède la plus importante bibliothèque en soins infirmiers au monde (l'accès n'est possible qu'aux membres, mais un droit d'entrée donne accès aux non-membres). Le site Internet propose un index géographiquedes bibliothèques en soins infirmiers au Royaume-Uni
  • http://www.wellcome.ac.uk/en/1/lib.html : le service d'information du Wellcome Institute est ouvert au public et offre ses collections gratuitement en consultation

Le Royaume-Uni et la société de l'information

Comme dans un certain nombre d'autres pays à l'heure actuelle, il y a peu de domaines au Royaume-Uni qui ne soient impactés par les technologies de l'information. Plusieurs organismes gouvernementaux sont impliqués dans le développement de la société de l'information : certains ont déjà été pass&eac
te;s en revue (le NHS, l'initiative People's Network, le DNER, Resource, le NELH) ; le thème de l'apprentissage tout au long de la vie est un autre des chevaux de bataille du gouvernement actuel [19], ainsi que l'accès à l'information administrative au travers d'un portail UK Online [20] qui promet un " gouvernement à l'âge de l'information ". UK Online est organisé de manière à être au plus près de la vie quotidienne des citoyens britanniques, avec des rubriques telles que : " Partir " ; " Changer d'habitation " ; " Apprendre à conduire " ; " Avoir un enfant "... La rubrique " Education " comporte de nombreux liens vers des bibliothèques et services d'information. Les services postaux sont également mis à contribution et proposent l'accès à Internet et des petites bibliothèques.

En conclusion, l'ensemble des initiatives, projets et mesures mis en œuvre font du Royaume-Uni un pays à la pointe de la technologie à l'heure actuelle. Il rejoint en cela d'autres pays, avec cependant un action positive en faveur des populations défavorisées.
La comparaison avec le contexte français est difficile, même si des initiatives sont très approchantes, notamment en matière d'information administrative. En ce qui concerne les professions de l'information, ce qui est à noter, à l'heure où notre profession change et où de nombreuses questions sont posées quant à leur avenir, est la réunion des professionnels en une seule association avec également une seule institution de tutelle. Ce souci d'unité aurait certainement du mal à éclore en France, mais peut-être faut-il voir là une piste pour notre métier dans le futur.


Quelques adresses utiles

Notes

1) Ces chiffres sont fournis par le British Council dans une publication " Library and Information Services in the United Kingdom 2002 " distribuée lors du Congrès de l'IFLA à Glasgow en août 2002.

2) Chiffres donnés en avril 2002

3) Ils étaient 5% en 1997

4) Pour plus d'information : http://www.resource.gov.uk

5) soit 450 musées : http://www.cornucopia.org.uk

6) http://www.cilip.org.uk

7) http://www.facetpublishing.co.uk

8) 88 % des 59,501,000 britanniques résident en Angleterre, soit 49,573,000. La population écossaise représente 5,119,000 ; le Pays de Galles, 2,937,000 ; l'Irlande du Nord, 1,692,000. Source : Britain in 2001 - The official yearbook of the United Kingdom (National Statistics).

9) In Future Options for Regional Agencies / John Holden, London : Resource, 2001

10) http://www.culture.gov.uk/heritage/libraries.html

11) http://www.research-councils.ac.uk

12) http://www.rsc.org/lic/library.htm

13) http://www.imeche.org.uk

14) http://www.iee.org.uk/TheIEE/Research/LibSvc/

15) http://www.iee.org.uk/Library/

16) Pour plus d'information, consulter la publication officielle en la matière pour la période 1998-2005, Information for Health

17) Selon les prévisions officielles, le budget pour l'information de santé doit croître de 6,2 % jusqu'en 2004

18) http://www.nelh.nhs.uk (certaines informations sont accessibles sur abonnement)

19) http://www.lifelonglearning.co.uk

20) http://www.ukonline.gov.uk

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) International Thu, 12 Apr 2007 06:42:45 +0000
2001 - IFLA Boston (Etats-Unis) https://www.jpaccart.ch/international/2001-ifla-boston-etats-unis.html https://www.jpaccart.ch/international/2001-ifla-boston-etats-unis.html

 Bibliothèques et connaissances

Archimag, 2001, n° 149, pp. 19-21.

C'est Boston qui a accueilli la 67ème conférence de l'Ifla. Cette fédération d'associations nationales de professionnels de l'information fait la part belle à l'expression de multiples points de vue. Elle s'oriente vers un meilleur dialogue nord-sud au sein de la communauté professionnelle et lance des passerelles vers la gestion des connaissance.

"We have made it big!", proclame à l'envie le comité d'organisation américain de la 67ème conférence de l'Ifla (International federation of libraries associations and institutions) qui s'est tenue à Boston du 16 au 25 août dernier. Et, effectivement, cette conférence est marquée par un certain gigantisme propre au continent nord-américain : il n'y a jamais eu autant de participants (5 300 au dernier décompte, soit 2 000 personnes de plus par rapport aux précédentes conférences dont 1 279 y assistant pour la première fois), plus de 150 pays représentés, des adhésions en masse... Les organisateurs américains ont toutes les raisons d'ètre satisfaits de cette réunion internationale. La qualité est également au rendez-vous, le niveau des communications présenté ayant sensiblement augmenté suite aux recommandations faites les années précédentes et correspondant aux vœux exprimées par le governing board [1] et la présidente française de l'Ifla, Christine Deschamps.

faire entendre la voix de l'Afrique

L'annonce la plus spectaculaire faite à Boston est le résultat des élections de la prochaine présidente de la fédération. Selon les nouveaux statuts adoptés l'an dernier à Jérusalem, ces élections se sont déroulées par courrier. Kay Raseroka, directrice des bibliothèques de l'Université du Botswana, est élue. Première présidente issue du continent africain depuis la création de l'Ifla, elle succèdera à Christine Deschamps en 2003. Cette élection est un signe fort de la communauté professionnelle dans son ensemble pour faire entendre la voix de l'Afrique dans une instance internationale de cette importance.
Longtemps dirigée par des représentants du monde occidental (essentiellement des nord-Américains et des Européens), l'Ifla a déjà connu un changement avec l'élection à sa tète d'une présidente française, Christine Deschamps. Sous son mandat, l'Ifla évolue vers plus de transparence dans sa gestion, d'efficacité dans son organisation et son action se développe considérablement ; la Fédération est impliquée dans les bouleversements actuels qui marquent le monde, elle émet de nombreux avis et recommandations, et participe (quand elle n'est pas elle-mème le moteur) à des projets internationaux : la reconstruction des bibliothèques de Sarajevo et du Kosovo, le projet de la bibliothèque d'Alexandrie en Egypte (sous l'égide de l'Unesco) sont des exemples. Elle prend position lorsque les événements l'imposent, notamment par rapport aux dangers représentés par une économie globalisée sur l'accès à l'information pour tous, ou la censure dans la liberté d'expression que connaissent certains pays.

liberté d'expression

Le comité FAIFE œuvre au sein de l'Ifla depuis quatre années pour la liberté d'expression. Le premier Rapport mondial sur les bibliothèques et la liberté d'expression, présenté à Boston, dresse un état des lieux dans 46 pays sur les 140 contactés. Christine Deschamps réaffirme à cette occasion que "les bibliothèques ont un rôle essentiel à jouer pour le développement de la démocratie et de la société en général. Elles sont des passerelles vers la connaissance. Elles reflètent la diversité et la pluralité de notre monde". Le rapport publie une cartographie de l'accès à l'information dans le monde, et la situation dans certains pays, du Turkménistan au Timor où l'on voit encore des bibliothèques qui brûlent, qui sont démembrées, des bibliothécaires inquiétés dans leur travail quotidien [2].
La position de l'IFLA concernant l'Organisation mondiale du commerce est affirmée. En tant que bien public, les bibliothèques constituent des organisations dédiées à la fourniture d'informations et d'idées auprès de leurs publics, sans considération d'âge, de religion, de statut social, de race ou de langue. En tant que services publics, elles ne rentrent pas dans un monde compétitif. Elles ne doivent pas ètre marginalisées, notamment par rapport aux accords internationaux concernant la propriété intellectuelle, ou aux taxes imposées lors de l'importation d'œuvres imprimées ou numérisées, ce qui est contraire à la liberté intellectuelle [3].

critique de l'embargo américain

Une résolution, votée par l'assemblée générale le 24 août [4], exprime une critique de l'embargo américain envers Cuba, embargo qui affecte sensiblement l'activité des bibliothécaires cubains, l'accès à l'information pour la population et les échanges interprofessionnels. Cette résolution réclame aux gouvernements américain et cubain d'éliminer les obstacles à l'accès à l'information. John W. Berry, président de l'American library association (ALA) et Eliades Acosta, directeur de la Bibliothèque nationale José Marti à La Havane, présentent ensemble ce texte.
Un autre signe important de l'engagement de l'Ifla est la publication conjointe avec l'Unesco d'un guide commun pour le développement des bibliothèques publiques [5] : ce guide se veut ètre une aide pour développer, dans n'importe quelle situation, une bibliothèque publique en lien avec les besoins locaux. De nombreux exemples sont exposés, ainsi que des solutions ingénieuses et novatrices.

campagne mondiale en faveur des bibliothèques

L'Ifla et l'Association internationale des éditeurs [6] ont décidé de travailler ensemble sur un certain nombre de points. La liberté d'expression, la réduction des taxes concernant ouvrages et publications électroniques, l'échange d'informations statistiques ainsi que l'archivage des publications électroniques et des métadonnées sont des sujets de préoccupation communs. Une recommandation sur le copyright est également à l'étude.
L'idée d'une campagne mondiale [7] en faveur des bibliothèques est lancée conjointement par l'Ifla et l'ALA : avec le slogan @your library. Elle cible le public d'une manière générale, les enseignants, les décideurs, gouvernants de tous pays, les médias. L'ALA a lancé une campagne similaire aux Etats-Unis en avril 2001, durant la semaine nationale des bibliothèques, sous les auspices de la First Lady Laura Bush, elle-mème ancienne bibliothécaire et professeur. Trois messages sont diffusés à cette occasion : un, les bibliothèques sont des lieux de changement et dynamiques, deux, les bibliothèques sont des lieux où toutes les opportunités existent, trois, les bibliothèques relient le monde.

les organisations doivent changer leur culture

Le monde des bibliothèques se préoccupe de plus en plus de gestion des savoirs. Le Rapport annuel KPMG 2000 fait état d'une formation inadéquate des utilisateurs à cette pratique. Les organisations doivent changer leur culture par rapport à l'information et aux connaissances, faire en sorte que les travailleurs échangent l'information nécessaire à leur activité. La formation à l'information joue donc un rôle essentiel, rôle qui pourrait ètre pris en charge par les bibliothèques. Plusieurs expériences en knowledge management sont données en exemple, expériences qui touchent aussi bien l'information gouvernementale que la recherche ou le monde universitaire. Le gouvernement finlandais désigne le knowledge management comme support essentiel de sa politique et de la réforme en cours : la littérature administrative, les documents officiels, les métadonnées sont collectées sur un intranet afin d'ètre traités et analysés par des experts. Au Japon, la communauté des chercheurs se voit offrir la consultation d'un catalogue en ligne à son usage propre qui rassemble expériences et savoirs divers. Cette expérience, appelée Japan InK (Information networked knowledge), est le fruit du travail collaboratif de 1 200 institutions privées et publiques. Au Danemark, l'Aarhus school of business met en place une expérience originale par rapport au e-learning : elle offre à ses étudiants la possibilité de consulter en ligne une carte des savoirs imaginée comme un plan du métro. Chaque station correspond à un thème particulier qui donne accès aux savoirs liés à ce thème (littérature, bibliographie, experts).

rendre le savoir visible

Laurence Prusak, l'un des auteurs clés sur la gestion des savoirs [8], expose brillamment sa propre conception du KM. Il définit le savoir propre à chaque travailleur comme un ensemble de routines, la difficulté principale étant de les transmettre et de les partager entre des personnes. Peut-on apprendre au travers de cette transmission le savoir de quelqu'un d'autre ou est-ce utopique ? Comment rendre le savoir "visible" ? Cela suppose un réel travail de groupe, une communauté d'intérèts, des liens de confiance entre personnes au sein d'un mème groupe. La technologie, en l'occurrence, n'est pas suffisante pour rassembler des savoirs épars au sein d'une organisation : il faut tout d'abord une volonté et un climat de confiance.
La 67ème conférence de l'Ifla sera apparu comme un moment important pour les professions de l'information. La Fédération rassemble une communauté d'intérêts et devient le porte-parole de professions certes diverses, mais qui se rassemblent sous sa bannière. Le dernier exemple est la future intégration de la Fédération internationale pour la documentation et l'information (FID) au sein de l'Ifla dans les prochains mois. La 68ème conférence aura lieu à Glasgow du 18 au 24 août 2002.

Notes


1) Le governing board est le bureau exécutif de l'Ifla. Il est composé de : Derek Law (Grande-Bretagne), Sissel Nilsen (Norvège), Alex Byrne (Australie), A.M. Peruchena Zimmerman (Argentine), Jianzhong Wu (Chine), Sally Mc Callum (Etats-Unis), Ellen Tise (Afrique du Sud) ; Ross Shimon (Grande-Bretagne) est le secrétaire général.

2) Pour plus d'informations : Susanne Seidelin, Ifla FAIFE Office, susanne.seidelin@ifla.org

3) Le texte complet est consultable à l'adresse suivante : http://www.ifla.org/III/clm/pl/wto-ifla.htm

4) 553 votes pour, 54 contre, 12 abstentions.

5) The Public Library Service : Ifla/Unesco Guidelines for Development,/ prepared by a working group chaired by Philip Gill on behalf of the Section of Public Libraries.- Munich : Saur, 2001, 116 pages. - (Ifla Publications ; 97). - ISBN 3 598 21827 3.- 98 DM.- Contact : info@saur.de

6) International Publisher's Association (IPA)

7) Pour plus d'informations : http://www.atyourlibrary.org

8) Directeur exécutif de l'Institute for knowledge management chez IBM, Laurence Prusak est notamment l'auteur de deux ouvrages : Managing information strategically et Working knowledge.


l'Ifla en bref

L'Ifla est une organisation non gouvernementale créée en 1927 : elle rassemble 1 300 associations nationales de professionnels de l'information, émet des avis et des recommandations, est éditrice, et se veut une tribune internationale pour les bibliothèques, notamment au cours de son congrès annuel.
http://www.ifla.org


la conférence en chiffres

  • 1 300 délégués américains, 166 Chinois, 145 Russes, 132 Britanniques, 115 Français, 108 Canadiens ;
  • 261 communications durant les 6 jours de la conférence, 68 posters, 27 ateliers de travail dont 11 ateliers satellites avant la conférence, 3 000 numéros distribués chaque jour du journal Ifla Express ;
  • 150 bourses attribuées pour participer à la conférence (des gouvernements américains et danois, du comité français Ifla, des associations britannique et norvégienne), 5 bourses Ifla/OCLC attribuées au cours de la conférence permettant aux gagnants de participer à des programmes de formation continue à la Bibliothèque du Congrès ;
  • 171 stands commerciaux sur 2 900 m2 d'exposition ;
  • 307 bibliothécaires américains volontaires pour l'organisation de la conférence...

 

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2000 - IFLA Jérusalem (Israël) https://www.jpaccart.ch/international/2000-ifla-jerusalem-israel.html https://www.jpaccart.ch/international/2000-ifla-jerusalem-israel.html

La bibliothèque du futur en débat à Jérusalem

Archimag, 2000, n° 138, pp. 5-6.

 C'est sous ce titre prometteur qu'a eu lieu du 13 au 18 août dernier, pour la 66ème fois consécutive, la conférence de l'International Federation of Libraries Institutions and Associations (IFLA) [1] à Jérusalem. Lieu hautement symbolique, Jérusalem allie une grande diversité de religions et de cultures sur un site magnifique. Sélectionnée dès 1995 après présentation d'un dossier très étayé, Jérusalem fut très vivement critiquée comme lieu de conférence pour des raisons politiques, en particulier par l'autorité palestinienne. Pour la première fois, suite aux évènements récents, les pays arabes n'ont pas assisté à la Conférence ce qui fut à l'évidence regrettable: quelques 85 pays envoyèrent leurs représentants contre 135 habituellement et la fréquentation fut inférieure de quelque 30% (sur les 3000 participants habituels). 400 professionnels israéliens étaient inscrits. Les lieux de visites possibles, bibliothèques et centres de documentation, ont montré le niveau scientifique élevé des équipements offerts aux publics, notamment ceux de la Knesset ou de l'Université hébraïque sur le Mont Scopius (financée en grande partie par des fonds privés nords-américains et européens) dont les bâtiments dominent la vieille ville de Jérusalem et qui accueillirent de nombreux ateliers de travail des différentes sections de l'IFLA.

Christine Deschamp, actuelle présidente française de l'IFLA, a présenté dans son discours d'ouverture un bilan de l'année écoulée. Outre le fait que la Fédération ait modifié en 2000 ses statuts afin de rendre son organisation plus souple et plus adaptée aux évolutions actuelles, il apparaît clairement que les critères professionnels visés sont de plus en plus élevés: les conférences et ateliers de travail (soit quelques 130 manifestations sur 5 jours !) vont ainsi voir leurs programmes soumis à une sélection plus rigoureuse. Qualité et professionnalisme sont plus que jamais à l'ordre du jour ! La présidente de l'IFLA a également insisté sur la nécessité pour l'ensemble des professions de l'information de se rencontrer régulièrement, et a lancé l'idée d'un diplôme commun aux bibliothécaires, documentalistes et archivistes. Le dialogue nord-sud est vivement encouragé (la présence de nombreux boursiers africains le démontre) et la francophonie a été évoquée.

Bénéficiant d'une présidente française à la tête de la Fédération, la francophonie a connu un essor certain depuis plusieurs années. Comment en effet promouvoir certaines valeurs linguistiques et culturelles au sein d'une Fédération qui comptent plusieurs dizaines de langues, mais dont l'anglais est la langue véhiculaire principale ? (Il est vrai qu'à l'origine de l'IFLA, la langue française prédominait, comme d'ailleurs dans tous les échanges internationaux de l'époque). C'est à cette tâche que le Comité français IFLA s'est attelé ; il rassemble les associations françaises de bibliothécaires et de documentalistes, les représentants des ministères de tutelle (Culture et Enseignement supérieur) et parle ainsi d'une voix commune. Il compte plusieurs réalisations à son actif: un site Internet très complet lancé en juin dernier, l'attribution de bourses pour des professionnels français et francophones afin de leur permettre d'assister à la Conférence annuelle, ainsi que la traduction des principales contributions présentées. La traduction du quotidien publié lors de la Conférence IFLA Express est réalisée en partenariat avec des étudiants de l'ENSSIB.

Les bibliothécaires construisent la bibliothèque du futur: une vingtaine de conférences avait pour thème générique les bibliothèques numériques. On ne compte plus désormais les projets nationaux de numérisation (la Bibliothèque nationale de Chine a déjà numérisé quelques 40 millions de pages de son patrimoine écrit) ou transnationaux (la Biblioteca Universalis rassemblant les pays du G8 dont la BNF ; le projet en cours pour la renaissance de la Bibliothèque d'Alexandrie ; le nouveau programme de l'UNESCO sur la société de l'information). Le site de l'IFLA recense les projets de numérisation. C'est en matière d'information administrative que les bibliothèques numériques avancent le plus vite, avec le développement des Intranet et Extranet: le cas de l'Union européenne est marquant, mais la Russie et l'Europe de l'Est suivent le mouvement. Les bibliothécaires de la Knesset voient dans Internet "un réel instrument de démocratie". La technologie du numérique repose également sur les métadonnées: le Dublin Core voit sa définition étendue et diversifiée ce qui amène à un certain nombre de discordances. Celles-ci ont des implications techniques notamment dans l'environnement bibliographique international. L'IFLA devrait être amenée à instaurer des standards de métadonnées internationaux.

La question des bibliothèques numériques conduit à celle des licences d'exploitation de sources d'information électroniques et à la mise en place des consortiums de bibliothèques afin de répondre de manière unifiée aux éditeurs: l'exemple de négociations en cours au Canada et en Israèl et les diverses conceptions de licence de site ont été débattus. Outre cet aspect, l'ère du numérique oriente différemment le travail en bibliothèque, et met en cause la place du bibliothécaire de référence (reference librarian): son rôle apparaît de moins en moins nécessaire, surtout en bibliothèque universitaire, où étudiants et enseignants interrogent directement Internet pour trouver ce qu'ils recherchent, et ne viennent plus consulter en bibliothèque et demander l'assistance d'un spécialiste. La tendance actuelle des bibliothèques nord-américaines est de supprimer ce poste pour le remplacer par une ligne téléphonique ouverte en permanence ou un contact électronique ce qui permet d'orienter l'utilisateur vers tel ou tel spécialiste au sein même de la bibliothèque. C'est en quelque sorte un passage du renseignement physique à celui virtuel qui a été trouvé. La formation universitaire à distance se développe également avec des expériences originales telle la conception de matériels didactiques numérisés à l'Université d'Haïfa en Israèl ou la mise en ligne de sources de références au Metropoitan Museum of Art de New York et à Munich. Enfin, certains portails d'accès à l'information (en sciences sociales) ont été évalués, ce qui a été l'occasion de mettre en évidence le rôle prédominant du spécialiste de l'information dans la définition de critères précis d'évaluation.

Le prochain rendez-vous annuel de l'IFLA se tiendra du 16 au 25 août 2001 à Boston avec pour thème: "Bibliothèques et bibliothécaires : faire la différence à l'ère de la connaissance".

[1] Site Internet de l'IFLA (textes présentés à Jérusalem): www.ifla.org

 

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1999 - IFLA Bangkok (Thaïlande) (bis) https://www.jpaccart.ch/international/1999-ifla-bangkok-thailande-bis.html https://www.jpaccart.ch/international/1999-ifla-bangkok-thailande-bis.html

Bibliothèques et documentation en Thailande

Documentaliste, sciences de l'information, 2000, vol. 37, n° 1, pp. 49-53.

Des origines à nos jours

La Thaïlande a une tradition séculaire de conservation du patrimoine et du savoir: rochers et grottes gravés de peintures et dessins sont une des meilleures preuves de cette tradition poursuivie ensuite et accentuée par l'apparition de l'alphabet. Toutes sortes de matériaux sont alors employés comme support de l'écrit: la pierre, le métal, les feuilles de palmiers utilisés pour les manuscrits, le papier ainsi que les murs des habitations. Ce sont des sources uniques d'information sur l'histoire et la culture de ce pays fortement influencé par ses grands voisins, la Chine et l'Inde. Les premières bibliothèques construites au XIVème siècle sous le règne du roi Sukhothai ont permis de rassembler des témoignages essentiels sur l'apparition et le développement du boudhisme dans cette région du monde, le droit ou l'astrologie. La Bibliothèque nationale de Thaïlande (The Vajirayana Library) est construite en 1905 et le roi Rama III encourage l'accès aux collections : le célèbre temple Wat Po à Bangkok se voit ornementé de murs sur lesquels sont inscrits les préceptes de la religion, des traités de médecine, ainsi que des rites issus des différentes populations qui composent la Thaïlande. C'est une bibliothèque unique, the Buddhist Scriptures Library, qui introduit le concept d'une bibliothèque où les écrits essentiels sont gravés dans la pierre. Le peuple thaïlandais, très religieux, a ainsi accès au contenu des textes des manuscrits de la Bibliothèque nationale lorsqu'il vient faire ses dévotions à Boudha. Cette volonté de diffusion du savoir est présente jusqu'à nos jours: les moyens modernes de l'imprimerie sont utilisés et le dépôt légal est institué. Avec Internet, la Thaïlande, un des "dragons" asiatiques, a su s'adapter aux enjeux de la société de l'information.
En outre, de nombreux échanges avec les pays occidentaux (la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, la Danemark) permettent l'adoption des règles internationales en matière bibliographique, ainsi que la formation des personnels des bibliothèques, notamment ceux de la première bibliothèque universitaire du pays, The Chulalongkorn University Library. Quatorze universités forment des professionnels au niveau initial, et neuf ont mis en place un diplôme de maîtrise. La formation continue est assurée par l'Association nationale thaïlandaise des bibliothèques. Cette dernière est également à l'origine du Système d'information national thaïlandais, THAI NATIS.

Le Système d'information national thaïlandais, THAI NATIS

THAI NATIS est issu d'un accord avec l'UNESCO datant de 1974 mais qui prit véritablement effet à partir de 1986: l'objectif premier de ce programme est de mettre en place un système national d'information en vue d'accroître l'efficacité des bibliothèques, de coordonner leur action et d'aider le pays pour ses besoins en information. Des centres de coordination sont créés par grands domaines: l'agriculture, la médecine, les sciences humaines, les sciences et techniques, l'économie.

Ils collectent des données afin de répondre aux besoins des institutions gouvernementales et scientifiques ; ils répertorient les sources d'information nationales et internationales afin de mieux orienter les utilisateurs. La Bibliothèque nationale, où siège le secrétariat de NATIS, dessert ainsi la population pour ses demandes d'information, édite des index de périodiques, diffuse les documents et participe aux bases de données de NATIS. Des séminaires sont régulièrement organisés afin de promouvoir cette action.

La documentation spécialisée en Thaïlande

Le développement de la documentation spécialisée en Thaïlande est réel à partir de 1940. A compter de cette date, les organismes officiels et privés prennent conscience de l'importance de cette documentation et des bibliothèques spécialisées sont mises en place dans des domaines divers: l'information officielle et administrative ; l'entreprise ; la banque et la finance ; la recherche ; les organisations internationales. D'autres champs sont ensuite investis tels la médecine, les transports, l'armée, la démographie etc. Ces centres de documentation adoptent très vite les nouvelles technologies, éditent des rapports, et construisent des bases de données. Leur politique documentaire se fonde sur un service de qualité optimale pour l'utilisateur. Les métiers traditionnels des bibliothèques évoluent comme dans d'autres parties du monde vers plus de technicité et sont plus proches du documentaliste actuel que nous connaissons, connecté et branché sur les réseaux de l'information.

En guise de conclusion, le bilan ainsi dressé apparaît et est positif en comparaison d'autres pays d'Asie du Sud-Est. Il faut cependant apporter quelques précisions à cette situation, précisions données par les professionnels thaïlandais eux-mêmes. Il reste un effort important à réaliser en vue de la formation (initiale et continue) des personnels concernés. Des grandes villes, comme Bangkok, concentrent la majeure partie des ressources documentaires au détriment d'autres régions du pays, plus défavorisées: le programme THAI NATIS est une réponse à cette situation. La crise économique récente a frappé de plein fouet les bibliothèques et centres de documentation qui se sont alors tournés, comme leurs collègues étrangers, vers les possibilités offertes par les échanges et les réseaux de l'information. Une grande partie de la population, trop pauvre, n'a pas accès à la culture. Ces points sont importants et apportent des nuances à ce qui a été exposé précédemment. Il faut souligner cependant la prise de conscience des pouvoirs publics par rapport à cet état de fait et les efforts réalisés par la monarchie actuelle, attentive aux demandes et qui se situe, par son action, dans la ligne tracée par les précédents souverains du royaume de Thaïlande.

 

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1999 - IFLA Bangkok (Thaïlande) https://www.jpaccart.ch/international/1999-ifla-bangkok-thailande.html https://www.jpaccart.ch/international/1999-ifla-bangkok-thailande.html

La documentation et les relations internationales 

Archimag, 1999, n° 128, p. 6

En août dernier, le 65ème congrès de l'International Federation of Libraries Institutions and Associations (IFLA)[1] s'est tenu à Bangkok en Thaïlande: grand rendez-vous annuel des professionnels de l'information, la rencontre des cultures est toujours un fait marquant de la conférence (celle-ci étant préparée plusieurs années à l'avance), les bibliothécaires hôtes se faisant un point d'honneur de faciliter l'accueil des 2000 participants. Cette conférence, outre les quelques 140 communications délivrées dont la moitié traduites en français par le Comité français IFLA, fut l'occasion de visites de bibliothèques et de centres de documentation (une trentaine proposées dont la Bibliothèque nationale de Thaïlande), d'échanges nombreux entre les participants, de réunions formelles et informelles. C'est à cette occasion que l'on peut constater les différentes évolutions de la profession. Les points de convergences entre les diverses tendances de nos métiers sont de plus en plus évidents notamment l'intérêt des bibliothécaires pour les techniques de la documentation

Bibliothécaires, documentalistes, archivistes, éditeurs, libraires s'y retrouvent et les thématiques de la Conférence montrent combien les préoccupations des différents professionnels de l'information se rejoignent: mesure de la performance, marketing, knowledge management, droit de l'information, accès à la culture, développement des réseaux et d'Internet font l'objet de groupes de discussions animés.

C'est en 1895 que les précurseurs de la documentation en Europe Paul Otlet et Henri Lafontaine lancent les bases d'une coopération bibliographique à l'échelle de la planète. Ils préfigurent ainsi les réseaux de l'information actuels. La concrétisation de leur plan est la création de deux fédérations au début du XXème siècle, la FID (Fédération internationale pour l'information et la documentation) et l'IFLA (Fédération internationale des associations de bibliothécaires). Un siècle plus tard, ces deux fédérations sont plus actives que jamais, avec cependant un dynamisme plus accentué pour l'IFLA. Celle-ci semble en effet prendre de l'avance, de par son organisation structurée qui repose sur un maillage très dense à l'échelon international: plus de 1600 associations de bibliothécaires et de documentalistes, des institutions et des professionnels à titre individuel, cotisent chaque année afin d'en être membres actifs. Quelques 140 pays sont représentés (de l'Inde à la Chine, en passant par la Zambie, la Slovénie, Puerto Rico, ou l'Iran !). Organisation non gouvernementale reconnue par l'UNESCO, son rôle est la promotion des professions des bibliothèques et de l'information auprès des institutions gouvernementales. Programmes de coopération et de développement de la lecture publique, édiction de normes bibliographiques d'échange internationales, préservation et conservation des documents, accès universel aux publications, l'IFLA réglemente de fait une grande part du travail quotidien réalisé par les bibliothèques et les centres de documentation du monde entier. Elle a également une activité éditoriale importante, mais c'est surtout la conférence annuelle qui obtient un franc succès: entre 2000 et 3000 congressistes y assistent régulièrement et se répartissent entre les 45 sections (art, histoire, marketing, nouvelles technologies, médecine, lecture publique, recherche, sciences sociales, ...). Chaque section organise, au sein de la Conférence, son propre programme grâce aux travaux d'un comité permanent. Ainsi, au fil des années, l'IFLA est devenue une des rencontres annuelles obligées au plan international et le rêve de Paul Otlet s'est réalisé.

[1] Site Internet de l'IFLA: www.ifla.org
Adresse: IFLA Headquarters PO Box 95312 2509 CH The Hague - PAYS-BAS - Tél.: 31 70 3140884 - Fax: 31 70 3834827 - Email: ifla.hq@ifla.nl

 

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1997 - IFLA Copenhague (Danemark) https://www.jpaccart.ch/international/1997-ifla-copenhague-danemark.html https://www.jpaccart.ch/international/1997-ifla-copenhague-danemark.html

Networks and New Ways of Working: Human Aspects

63rd IFLA General Conference - Conference Programme and Proceedings - August 31- September 5, 1997.

IFLA/EAHIL WORKSHOP
On Ressource Sharing in Medical Libraries - Informatics and Human Aspects
Thursday September 4th, 1997

I-Introduction: How to Define Teleworking?

Networking and by extension teleworking are not a single, easily-measured phenomenon but, on the contrary, comprises a range of different types of employment which have in common only the fact that they involve some form of relocation of work which has been facilitated by the combined use of information and communication technologies. These falls into two main categories:

  1. Individualised forms of teleworking, which involve work carried out away from the employer's premises. These may include:
    1. home-based teleworking
    2. multi-locational or mobile working
  2. Collective forms of teleworking, which take place on non-domestic premises controlled by the employer or a third party. These forms include:
    1. the relocation of back-office functions to functionally specialised remote sites, which may be described as satellite offices or call centres
    2. the subcontracting of work to telecottages or other organisations (which may also be known by other names such as "telecentres", "outsources centres", "community resource centres", "computer ressource centres" or "office bureaux")
    3. the development of computer-supported distributed team working within multi-site organisations, rendering many functions which previously had to be carried out on a single site locationally independant
    4. the use of telematic links to develop collaborative working relationships between firms, creating new forms of networks and partnerships which are sometimes known as "virtual enterprises"

There is no universal definition of teleworking which can be rigorously and unambiguously applied. The word is used in a variety of different senses in different contexts. Indeed, since this is a comparatively new form of working still in a process of evolution, it would probably be undesirable to attempt to impose a rigid form upon it.

The most useful starting point for any research on the subject is a recognition that the introduction of new information and communication technologies has opened up a range of new options in the organisation of work. Either directly or indirectly, these have facilitated changes in:

  • the location of work
  • the organisation of working hours
  • the combination of skills required to deliver particular tasks
  • contractual arrangements
  • organisational structures

Teleworking can be seen as a word which describes the results of some of these changes. It is regarded as one of a number of types of flexiblity rather than any specific form of work. Five major types of teleworking appear, from the available evidence, to be significant:

  1. Home-based teleworking which in turn breaks into:
    1. teleworking which is based partly in the home and partly on the employer's premises which may be termed "part-time home-based teleworking".
    2. teleworking which is based entirely in the home and which is carried out exclusively for a single employer or intermediary, which may be termed "full- time home-based teleworking for a single employer".
    3. teleworking which is entirely based in the home but which is carried out by freelance workers, for a number of different employers or clients, which may be termed "freelance home-based teleworking"
  2. Mobile teleworking
  3. Relocated back-office functions (intra-firm teleworking)
  4. Out-sourced back-office functions, whether carried out from telecottages or telecentres or by commercial sub-contractors (inter-firm teleworking)
  5. The Use of telematic links between organizations


II-The Technology Use

Some attempts have been made in the United States to estimate the number of teleworkers from the prevalence of home-based information technology and the uses to which its owners say it is put. During the 1980s, for instance, a Gallup poll found 40 % of home computer owners saying that they used them for "business or office homework" with a smaller proportion (27%) citing "business in home use". Another survey, by Yankelovitch, Skelly and White, found 33% of home computer owners stating that their primary use was for business.
An IBM survey found that 60% of its computers which sold for $2, 000 or more were being used in the home and that over half of these home computers were being used primarily for business-related purposes. A further 11 % were being transported between home and office.
Olson's survey of 598 Datamation readers found that 64, 5% of these data processing professionals sometimes worked at home in addition to their regular office work, 12, 4% did it as an occasional subsitute and 6, 2% worked exclusively from home.
More recently, attempts have been made to estimate the numbers of mobile workers from sales of portable technology (such as mobile phones and lap-top computers. In 1994, for instance, New York-based consultants Link Resources drew on such information (along with other sources) to produce their estimate that there are currently seven million mobile teleworkers in the USA, with number predicted to grow to 25 million by the year 2000.


III-The Information Workers

Information workers are defined by the US Department of Transportation Work as individuals whose primary economic activity involves the creation, processing, manipulation or distribution of information. Information workers are projected to increase from 73 million in 1993 to 80 million in 2002 and exceed 85 million by 2010. Onto these projections is then projected a further estimate of the likely growth in teleworking. It is furthermore assumed that the percentage of telecommuters working from home will decline from 99% in 1992 to about 50% by 2002 with a corresponding percentage increase in those working from telecommuting centres and that the average of days per week of telecommuting will increase from between 1 and 2 in 1992 to between 3 and 4 by 2002.


IV- Social and Economic Implications of Teleworking

1-Transportation Issues

Transportation issues are of central importance in any discussion of the broad social and economic implications of teleworking. The earliest literature on the subject focused almost exclusively on the opportunities teleworking creates for subsituting electronic communication for physical travel. It may comprises:

  • Reduction in petrol consumption and of the number of vehicles miles,
  • The influence of telecommunications on traffic and transport
  • The effects on energy and the environment
  • The energy cost of installing the necessary telecommunications infrastructure,
  • The cost of delivering physical goods and services (which might ohterwise be accessed in city centre by office workers)
  • Higher use of home-based distance learning, home banking, videotex, teleshopping and home-based leisure activities using multimedia computer applications
    And also:
  • higher use of home-based teleworking, teleconferencing and electronic data exchange

2-Trade and Industry Issues

Teleworking offers the promise of becoming an important instrument for improving competitiveness and generating new business and employment opportunities: the tecnologies involved can form the basis of new industries and services ; the productivity and efficiency of enterprises can be improved increasing their market share ; new forms of teamworking, collaboration or telepartnership can be open up ; relocation of work in economically deprived regions can be facilitated, diversifying local economies, creating alternatives.


V-Human Aspects

The human aspects of teleworking are of different types: it has implications on working time, on unemployment, on the development of services, on productivity, and on the equality of opportunities:

  • Indeed, teleworking can facilitate the restructuring of working hours making easier to introduce part-time working, job-sharing and other flexible forms of work. One point observed is the greater productivity of teleworkers: the increase is about 20 %. A teleworker produces a report more quickly than a comparable worker based in an office.
  • It could help to reduce unemployment and bring to the labour market groups which were previously excluded because they were unable to offer themselves for full-time work.
  • The new technologies can bring about improvements in the quality of life, through the introduction of new services such as telemedicine, telebanking, teleshopping.
  • Equality of opportunities are another aspect. For example:
    • Disability: people with disability are a group which stands to benefit enormously from the new opportunities to work remotely opened up by teleworking.
    • Sex equality: without the opportunities to be teleworkers many of female would not have been working at all: they combined work with their domestic responsabilities telehomeworked offering time flexibility. On the other hand, there are no promotion prospects and their pay levels are lower than for comparable on-site staff.

Conclusion

There is a strong case to be made for joint research on individual forms of teleworking, which could be satisfactorily quantified by means of a general population survey with supplementary information.
Despite an extensive literature on globalisation, the relationship between the introduction of new information and communication technologies and the relocation of employment remains an under-researched field, and that there is a need for further research in this area, inluding employers surveys, case-studies and secondary analysis of existing trade and employment statistics.

References

(1) GILLEPSIE A. Review of Telework in Britain: Implications for Public Policy. Centre for Urban and Regional Development Studies, Newcastle upon Tyne, 1995.
(2) HIRST P., THOMPSON G. Globalisation in Question. Polity Press, 1996.
(3) HUWS U. Teleworking, an overwiew of the research. Analytica, 1996.
(4) HUWS U. Follow up to the White Paper-Teleworking. European Commission Directorate General V Employment Task Force, September 1994.
(5) HUWS U. Teleworking and Gender. Draft report to the European Commission's Equal Opportunities Unit, DGV, 1996
(6) ILLINGSWORTH M.M. Virtual Managers. Information Week, 1994, June 13.
(7) US Department of Energy Office of Policy, Planning and Program Evaluation, Energy, Emissions and the Social Consequences of Telecommuting, US DOE, 1004.
(8) WARF B. Telecommunications and the Changing Geographies of Knowledge Transmission in the late 20th century. Urban Studies, 1995, vol. 32, n° 2, pp. 375-376.

Abstract:

The presentation reviews the existing research on the nature and extent of networking and more precisely teleworking in USA and Europe. Teleworking is a new form of working still in a process of evolution. The article gives a large definition of teleworking (part I) and develops what kind of technology is used (part II) and what are the information workers (part III). The social and economic implications of teleworking are detailed such as transportation issues and trade and industry issues (part IV). The articles concludes on the human aspects of teleworking (part V).

 

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1996 - IFLA Beijing (Chine) (bis) https://www.jpaccart.ch/international/1996-ifla-beijing-chine-bis.html https://www.jpaccart.ch/international/1996-ifla-beijing-chine-bis.html

La Chine à l'heure de la coopération internationale et des réseaux de l'information
China living at the international cooperation and information networking times

Documentaliste, sciences de l'information, 1997, vol. 34, n° 1, pp. 46-49 .

"La Chine s'est éveillée", "1997 : l'année de la Chine", "la Chine émerveille et fait peur à la fois" : tels sont les titres d'articles, de dossiers ou d'ouvrages récents consacrés à ce pays à l'échelle d'un continent. Les chiffres sont là : une superficie de près de 10 millions de km2, une population d'1 milliard 211 millions d'habitants (dont 10 millions à Pékin), un taux de croissance économique de 10, 2 % par an à faire palir d'envie. Que reste-t-il de l'empire du Milieu qui hante nos mémoires ? Comment cohabite communisme et économie de marché ? A l'heure où l'information ne connait plus de frontières grâce aux réseaux, où bibliothèque et documentation riment avec coopération internationale, la Fédération internationale des associations de bibliothèques (FIAB, plus connue sous son acronyme anglo-saxon "IFLA" qui sera utilisé le plus fréquemment dans cet article) a tenu sa 62ème conférence annuelle à Pékin, fin août 1996.

La coopération internationale des bibliothèques : avant tout un réseau humain dense


Après la Russie en 1991 et l'Inde en 1992 (cf Documentaliste, 1992, vol. 26, n° 1 et 6), puis Barcelone (1993), Cuba (1994) et Istanbul (1995), ce fut Pékin. Quels sont les enjeux de telles réunions à l'heure des réseaux?. Bien qu'ayant le statut d'ONG et se voulant apolitique, il ne semble guère innocent que l'IFLA réunisse ses membres aux quatre coins de la planète, et, ces dernières années, dans des pays si marqués politiquement.
Fortement contestée par la profession elle-même (en France, notamment au sein de l'Association des Bibliothécaires Français) au vu des manquements chinois aux droits de l'homme (la Chine est au 71ème rang dans le classement des pays pour le non-respect des droits de la femme), la tenue de cette conférence n'a pas laissé indifférent. Certains décidèrent de ne pas s'y rendre, d'autres eurent la réflexion inverse. Il apparait cependant évident à tous ceux qui participent régulièrement aux conférences de l'IFLA qu'elles sont essentielles pour créer des liens, non seulement entre individus, mais aussi entre organisations et institutions ; qu'elles font évoluer les pays organisateurs et même les professionnels au-delà de ce qu'ils croient n'être qu'une simple réunion professionnelle et qu'elles donnent aux bibliothécaires de tous les pays du monde le sentiment d'appartenance à une même communauté internationale. L'IFLA est un réseau humain avant tout.

Outre ces échanges, chaque conférence est l'occasion de découvrir la situation d'un pays sur le plan des bibliothèques et de la documentation, et donc de l'information, au travers des différents travaux exposés ou de visites organisées sur place : bibliothèque nationale, publique ou spécialisée. C'est aussi une opportunité de comprendre la manière dont est organisée la profession dans chaque pays ou simplement de rencontrer des collègues. Comparer les pratiques professionnelles est la meilleure manière d'évoluer soi-même et de faire évoluer un métier.

Bref aperçu sur l'IFLA


Fondée en 1927 par 15 pays (dont la France) avec pour buts de promouvoir la coopération internationale, le débat et la recherche dans tous les domaines touchant à la bibliothéconomie, cette fédération a connu des temps inégaux : peu ou pas connue de l'ensemble du monde des bibliothécaires, elle s'est réveillée avec l'intérêt que la profession porte dorénavant à la coopération internationale ; l'informatisation croissante, les réseaux, la mondialisation de l'information ont amplifié ce mouvement.
Orchestrée par un bureau d'état-major, les fameux IFLA Headquarters, depuis La Haye, aux Pays-Bas, la fédération compte actuellement 1504 adhérents dans 135 pays, soit 154 associations et 935 institutions. Elle a un statut consultatif auprès de l'UNESCO et s'est définie un certain nombre de programmes universels : le Contrôle bibliographique universel MARC (UBCIM), la Diffusion universelle des publications (UAP), la Préservation et la conservation des documents (PAC), le Développement des moyens de communication (UDT) et l'Avancement de la profession dans les pays en voie de développement (ALP). Elle communique avec ses différents représentants grâce à Internet (http://www.nlc-bnc.ca/ifla/), mais aussi par des courriers réguliers. Faire en sorte que les énergies restent mobilisées d'une année sur l'autre est un défi permanent. Un Bureau exécutif, un Bureau professionnel donnent les orientations générales aux 8 divisions, 33 sections et 12 tables rondes. Chaque section vit grâce à un comité permanent (Standing Committee) qui organise, à l'intérieur du programme général de la conférence, sa propre session de conférences et/ou un atelier de travail ; le lien entre les membres des sections se fait par une lettre d'information.

En France, un Comité français pour l'IFLA [1] s'est constitué en association et s'est défini plusieurs buts : faire en sorte que la présence française soit d'importance et de qualité lors de chaque conférence annuelle (98 délégués français étaient présents à Pékin, contre 234 américains, 135 japonais, 117 russes) ; défendre la langue française (celle-ci étant une des langues officielles de l'IFLA) en assurant des traductions des textes présentés, et au travers de la francophonie. Le Comité a ainsi invité pour la séance de clôture du congrès de Pékin, Alain Peyrefitte.

L'IFLA à Pékin : "Le défi du changement : les bibliothèques et le développement économique".


Robert Wedgeworth, l'actuel président noir américain de l'IFLA, en exercice jusqu'en 1997, a employé à propos de la conférence de Pékin, l'expression suivante : "an overwhelming experience" ! (ce qui se traduirait par : une expérience écrasante !. ). Expérience écrasante à plusieurs titres en effet : la venue de 2384 délégués, dont 800 chinois, en provenance de 91 pays ; 267 conférences ; 284 exposants. Le discours d'ouverture fut lu par le Premier Ministre Li Peng qui insista sur "le rôle des bibliothèques en tant que détentrices de la connaissance et leur rencontre inévitable avec le développement social et économique de la Chine". La conférence fut couverte tous les jours par les médias chinois, notamment la télévision qui lui consacra quelques minutes durant le journal du soir. Le quotidien en langue anglaise de Pékin, The People's Daily, annonça en première page : "Chaque ville chinoise aura sa bibliothèque avant 2010" !.

Que peut-on retenir de la situation des bibliothèques en Chine ?.

La Chine à l'heure des réseaux de l'information : une situation contrastée !


La situation des bibliothèques chinoises telle qu'elle a été décrite durant la Conférence semble correspondre exactement à la ligne définie par le parti communiste chinois : leur histoire débute avec l'histoire officielle, soit en 1949 !. C'est oublier un passé très riche, dont les collections privées et celles de la Cité interdite. Un épisode marquant fut l'incendie de la bibliothèque du Hanlin Yuan (Académie de Hanlin, centre impérial d'études universitaires) durant le siège de Pékin en 1900 qui priva la Chine d'un patrimoine inestimable. Ce n'est qu'à partir de 1913 avec la création de la première bibliothèque publique par l'écrivain Lu Xun, et 1919 (date de la Révolution de la démocratie nouvelle et du Mouvement du 4 mai) que les collections sont offertes aux Chinois. Mais faire accéder plus d'un milliard d'hommes à l'éducation et à la culture, dans un pays jusqu'alors essentiellement agricole, relève de la gageure (on dénombre, à l'heure actuelle, plus de 62 millions de pauvres). A cela s'ajoute maintenant des moyens financiers réduits qui ne permettent pas aux collections d'ouvrages et de périodiques d'être maintenues et de se développer, notamment dans les bibliothèques universitaires ou à la Bibliothèque nationale. Les budgets sont en baisse, et il n'y a guère, malgré les déclarations du Premier Ministre ou de la presse, de schéma directeur pour le développement des bibliothèques sur le territoire chinois. Les bibliothécaires voient leurs rémunérations stagner ou baisser (à l'instar de leurs collègues russes ou cubains) et sont pratiquement contraints soit de s'orienter vers d'autres métiers, soit d'avoir une source de revenus complémentaires.

Cependant, à côté de situations de pénurie flagrante en matière de bibliothèques, la Chine a connu une inflation considérable des publications depuis une quinzaine d'années : en 1995, 104 000 titres ont été publiés et l'on dénombre pas moins de 557 éditeurs importants. Un autre contraste saisissant est l'offre de réalisations parfois à la pointe de la technologie actuelle. Cela rejoint d'autres pays tel la Russie avec le réseau des bibliothèques scientifiques "Soyuzmedinform" ; ou l'Inde, avec le Centre national indien de la documentation situé à New Delhi, INSDOC, centre de référence pour l'Asie du Sud-Est .

Voici quelques réalisations d'importance pour la Chine :

L'Internet chinois


Actuellement, la connexion de la Chine avec les réseaux informatiques mondiaux pour le grand public s'effectue autour de trois pôles à vocation universitaire et commerciale. Le plus ancien est ChinaNet, lancé par l'Académie des sciences et les universités de Pékin et Qinghua ; le second est Cernet qui relie une dizaine d'universités de province à Pékin ; et enfin, ChinaInternet, géré par le ministère des Postes et Télécommunications que n'utilise encore que 2000 communicants locaux. Cependant, il faut noter que la censure des autorités chinoises s'exercent même sur Internet par un contrôle des écrits ou en limitant l'accès au réseau (200 biblothécaires universitaires sur 1100 ont un accès à Internet) : en septembre dernier, le ministère chinois des P et T a fermé une centaine de sites (journaux publiés à Hong-Kong, bureau d'information de Taïwan, partis politiques, etc...) et il est désormais obligatoire de s'enregistrer auprès de la police. Internet est en fait un formidable moyen de contrôle pour les autorités chinoises et les mouvements dissidents préfèrent donc utiliser le fax ou le téléphone.
Mais la Chine est également présente hors de ses frontières avec des services d'informations principalement économiques qu'elle contrôle par l'intermédiaire d'amis chinois d'outre-mer, notamment aux Etats-Unis. Le site suivant (http://www.sat.net/sunset/china. Htm) donne des informations générales sur la Chine avec une cartographie et des bases pour apprendre le chinois. Chinet News Digest (http://www.cnd.org) et China Matrix (http://www.xindeco.com/chimat/chinew2.html) sont des sites gérés par la Fédération indépendante des étudiants et universitaires chinois : leurs bases de données contient un fichier sur les droits de l'homme.

Pékin, Shanghai et Hong-Kong vers le 21ème siècle

Pékin et Shanghai


Sans conteste, la ville de Shanghai est plus ouverte aux changements que la capitale, Pékin ; même si cette dernière rattrape à grands frais et avec force grands travaux, son retard en matière d'infrastructures et d'équipements modernes, au détriment des quartiers historiques anciens (les hutong traditionnels, ces ruelles aux maisons basses, fermées et grises remplacés par des buildings que l'on construit jour et nuit). La nouvelle bibliothèque publique de Pékin offre ainsi une surface de 140 000 m2, pour 20 millions de volumes et 2000 places assises. La plus grande ouverture de Shanghai est dûe à son histoire et à sa situation géographique : elle se constate par son dynamisme, un air de grande métropole occidentale et une population ressemblant plus à celle de Tokyo qu'à celle d'une ville chinoise, fut-elle de grande taille. C'est une des rares villes de Chine où un grand nombre d'étudiants ont choisi, par exemple, d'apprendre le français. L'une des réalisations les plus étonnantes est l'ouverture conjointe depuis le 20 décembre 1996 de la bibliothèque publique et de l'Institut de l'information scientifique et technique de Shanghai (ISTIS) situés dans les mêmes locaux : 2 tours, l'une de 24 étages et l'autre de 11 étages reliées par un bâtiment plus modeste de 5 étages. Soit 83 000 m2 et 3000 places assises. 23 salles de lecture permettront l'accès à 1 millon de documents et le catalogue sera informatisé.

Hong-Kong


Le 30 juin 1997, Hong-Kong réintégrera la Chine continentale. Qu'adviendra-t-il des services d'information ultra-modernes mis en place depuis une quinzaine d'années, équivalents à ceux qu'offrent le Japon, les Etats-Unis ou l'Europe ? Selon l'As
ociation des Bibliothèques de Hong-Kong, Hong-Kong continuera sur la même lancée et sera l'un des points d'accès essentiels sur le monde de l'information pour la Chine future. A l'heure actuelle, Hong-Kong collabore avec toute la zone du Pacifique, l'Asie et l'Australie, ainsi que les Etats-Unis, le Canada et la Grande-Bretagne. Elle a joué un rôle pionnier en matière de développement technologique, en direction des quatre millions de personnes vivant dans l'île tout d'abord, mais également par rapport aux pays alentours tels Singapour, Taïwan, la Malaisie. Hong-Kong a réalisé d'énormes efforts dans ce domaine et a développé des projets au niveau des bibliothèques universitaires, gouvernementales, publiques, scolaires ou spécialisées. Parmi ceux-ci : le Hong-Kong Newspaper Online Database ; la conversion du Catalogue rétrospectif de la Bibliothèque Fung Ping Shan à l'Université de Hong-Kong ; la collection complète de la jurisprudence en ligne ; les banques de données médicales à l'Université chinoise de Hong-Kong ; et enfin, le service en ligne des bibliothèques publiques.

La Chine à l'heure de la coopération internationale : l'exemple d'un partenariat entre l'Université McGill à Montréal et l'Université médicale de Shenyang

Ce projet de coopération a été définie en 1986 par une politique d'échanges intense et suivie : échange des publications, prêt interbibliothèque, recherches sur des questions complexes, développement des collections médicales chinoises et canadiennes (sélection et acquisition), formation des bibliothécaires chinois à McGill notamment sur les nouvelles technologies, visites réciproques des universités Shenyang et McGill.
Cette coopération s'est révélée très profitable à différents niveaux : celui de la formation des différents personnels bien sûr, mais également pour le transfert des technologies et la mise à jour des collections. Ainsi, l'Université médicale de Shenyang est devenue la première université chinoise dont la bibliothèque médicale offre le CDRom Medine en consultation : McGill a apporté son aide en matière de fournisseurs, de mise en place et de formation. Les bibliothécaires de l'Université McGill, première université anglophone du Canada et dont les 17 bibliothèques du campus ont mis leurs ressources en réseau, ont bénéficié du contact avec une autre culture et ont pu enseigner leur savoir-faire dans un environnement nouveau. Ce programme de coopération a été reconduit pour les années futures.

La Chine entre repli sur soi et ouverture sur le monde


La Chine se considère elle-même comme un pays en voie de développement, et même si les données économiques produites sont impressionnantes, l'état des bibliothèques chinoises est à l'image du pays lui-même : des retards considérables dans certains domaines, mais des avancées vers le futur non négligeables. Pour les étrangers que nous sommes par rapport à ce pays gigantesque, à sa culture et à ses traditions, un tel constat, de visu, ne peut que nous conforter dans le fait que la Chine sera bien présente au 21ème siècle. Pour les bibliothécaires chinois, la Conférence de l'IFLA, la première à se dérouler dans ce pays, a été l'opportunité de comparer leur situation à celle de leurs collègues ; des ouvertures sur le monde extérieur ont ainsi été rendues possibles. Oscillant toujours entre le repli sur soi et l'ouverture sur le monde, on peut aisément prévoir que la Chine donnera la priorité au développement des services de l'information, avec des caractéristiques qui lui seront propres et qui seront profitables aussi bien aux pays développés qu'aux pays en voie de développement.

Références


(1) ACCART J.P. Les bibliothèques scientifiques russes en transition. Documentaliste, sciences de l'information, 1992, vol. 29, n° 1, pp. 42-45.
(2) ACCART J.P. Panorama de l'information scientifique et médicale en Inde. Documentaliste, sciences de l'information, 1992, vol. 29, n° 6, pp. 277-283.
(3) ACCART J.P. Les réseaux de l'information scientifique et technique : historique. Le Micro-Bulletin du CNRS, 1995, n° 61, pp. 116-123.
(4) CAMPBELL H. Report on IFLA in China, August 1996 : The Challenge of Change : Libraries and Economic Development. IFLA Journal, 1996, vol. 22, n° 4, pp. 311-313.
(5) Guoxiu CHEN, DUCASSE R. Les bibliothèques chinoises à la veille du nouveau siècle. Documentaliste, sciences de l'information, 1996, vol. 33, n° 4-5, pp. 252-254.
(6) DAVIS D.G., HUANWEN C., BOGAERT S. (trad). La destruction d'ouvrages chinois pendant le siège de Pékin en 1900. Bulletin d'informations de l'Association des bibliothécaires français, 1996, n° 173, pp. 69-99.
(7) GROEN F. A decade of partnership in library education between McGill University and China Medical University. Présentation lors de la 62ème Conférence de l'IFLA, Pékin, Août 1996, Session des sciences médicales et biologiques.
(8) Highlights from IFLA'96 - Beijing, China : An Overwhelming experience. IFLA Press Release, October 1996.
(9) IFLA Directory 1996.
(10) POULAIN M. L'IFLA à Pékin. Bulletin des bibliothèques de France, 1996, t. 41, n° 6, pp. 94-97.
(11) La 62ème conférence de l'IFLA à Pékin. Bulletin d'informations de l'Association des bibliothécaires français, 1996, n° 173, pp. 69-99.

Résumé


La Chine fait preuve d'une exceptionnelle ouverture à l'heure des réseaux de l'information et de la coopération internationale des bibliothèques. Dans ce cadre, la tenue de la Conférence annuelle de l'IFLA (International Federation of Libraries Associations) telle que celle qui s'est tenue à Pékin, en août 1996, a été riche d'enseignements de toutes sortes : humains, professionnels, technologiques, et sur le pays lui-même. Cet article montre la contribution essentielle de l'IFLA pour un positionnement international de notre profession et est également le reflet d'une situation... contrastée au sein de la Chine !.

Abstract


China is opening its frontiers largely to information networking and international cooperation between libraries. The venue of the Annual Conference of IFLA (the International Federation of Libraries Associations) in Beijing, on August 1996, was a unique opportunity to learn more about the situation : in human, professional and technological fields, but also about the country itself. This article will show how IFLA contributes to extent our professional role at an international level, and will give the latest informations on a contrasted Chinese landscape !.

[1]Comité français pour l'IFLA, c/o Christine Deschamps, Bibliothèque universitaire, Direction, 49 rue des Saints-Pères, 75006 Paris

 

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1996 - IFLA Beijing (Chine) https://www.jpaccart.ch/international/1996-ifla-beijing-chine.html https://www.jpaccart.ch/international/1996-ifla-beijing-chine.html

Medical librarianship in China: China between international cooperation and the development of information networks

INSPEL, 1997, vol 31, n° 1, 45 p.

INTRODUCTION

PRESENTATIONOF THE SECTION OF BIOLOGICAL AND MEDICAL SCIENCES LIBRARIES OF IFLA

The Section was set up in 1978 in order to respond to the growing needs of an international medical librarian community: IFLA, as a recognized international organization, gives permanency, continuity and is a strong link amongst librarians worldwide.

The Biomedical Section is one of the five sections that form the Division of Special Libraries within IFLA. The members must be nominated by Associations members of IFLA: the committee is elected every two years to promote the work of the Section. A representation from the World Health Organization and the US National Library of Medicine or other relevant bodies is included.

One of the main tasks of the Section is to be part of the organization of the International Congress of Medical Librarianship (ICML) every four years, choosing for example the location: the next 8th ICML will be held in London, in the year 2000. The provision of an annual program by the Section is an ongoing responsibility of the Section's Executive: it is a unique opportunity to learn about medical library developments in a particular or cultural context. It is a real help to develop library contacts.

The Section plays a strong role in maintaining contacts amongst medical librarians on a worldwide scale. The Section’s Newsletter is the link between the members and it is now on Internet, accessible through the IFLA server, IFLANET.

In summary, belonging to the Section of Medical and Biological Sciences Libraries is an opportunity to participate to an open forum for international discussion and cooperation, to share specialised expertise and seek solutions to globallibrary problems.

EAST MEETS WEST IN MEDICAL LIBRARIANSHIP

The 62th Beijing IFLA Conference on August 1996 was a great moment for the Section of Biologica1 and Medical Sciences. It was the first time that an IFLA meeting was held in China, and the idea of organizing an encounter between colleagues from East and West was a kind of challenge. And it was successful: eight papers were given during the Open Session Program under the main theme of East meets West in Medical Librarianship on several aspects of medicine, biotechnology and agriculture in China, with a topic on international cooperation between Canada and China and the access to biomedical Chinese medical information from the West. In conclusion, a point of view on professional perspectives was presented.

Then, in addition to the Open Sessions a workshop on Traditional Chinese Medicine gave a unique opportunity to Western colleagues to understand what represents tradition, medicine and cares coming the oldest ages.

As Chair of the Section, and on behalf of the Section of Biological and Medical Sciences, let me give a special thanks to our Chinese colleagues who gave us such a warm welcome and to all members who contributed with their usual efficiency to the work of our Section.

 

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1995 - IFLA Istambul (Turquie) (bis) https://www.jpaccart.ch/international/1995-ifla-istambul-turquie-bis.html https://www.jpaccart.ch/international/1995-ifla-istambul-turquie-bis.html

L'archivage des journaux électroniques. Conférence de l'IFLA - 1995 - Istanbul : compte-rendu de la Section des sciences biologiques et médicales de l'IFLA.

Bulletin de l'Association des Bibliothécaires Français, 1996, n° 171, pp. 71.

Conférence générale de l'IFLA 1995 - Istanbul
Compte rendu au CORI ; Session conjointe

Section des Sciences Biologiques et Médicales -
Section des Bibliothèques Scientifiques et Techniques


Peut-on dire que la communication rendue possible grâce aux publications électroniques est différente de celle permise par le support papier? Est-il envisageable de considérer ce type de publication comme une extension du papier? Quels sont les rôles respectifs du producteur de l'information, du vendeur, de l'éditeur et du bibliothécaire par rapport aux publications électroniques et à leur archivage? Telles sont les questions qui se posent à l'heure actuelle. Quelques points de vues sont exposés ici :

Le point de vue du producteur de l'information

L'édition électronique en mode caractères bouleverse l'équilibre qui s'était établi entre les acteurs de la chaîne de création et de distribution de l'information. Le document électronique permet à l'auteur d'être son propre éditeur et à l'éditeur d'être son propre diffuseur. Sa structure comporte tous les éléments qui servent à leur catalogage et à leur indexation. La recherche de l'information et la navigation entre les documents amènent à coupler les activités de production de bases de données et de catalogues à la recherche des documents primaires. L'édition électronique oblige les bibliothèques et les centres de fourniture de documents à modifier profondément leurs méthodes de travail, leurs infrastructures informatiques et de télécommunication. L'INIST, qui est à la fois créateur de données bibliographiques et fournisseur de documents primaires, se place dans une perspective de liaison entre des deux activités en collaboration avec tous les partenaires de la chaîne documentaire.

Le fournisseur de l'information électronique

Les fournisseurs de numéros épuisés ont créé un travail qui s'apparente à celui de pseudo-archiviste temporaire ou de fournisseurs de journaux. Le problème majeur qui se pose est l'accès à des documents publiés il y a quelques années, et le fait également que chaque vendeur possède sa propre liste de périodiques.
Comment les retrouver? L'archivage et la récupération des documents électroniques ne sont pas aussi simples que pour les documents imprimés. D'autres questions restent posées avec notamment les problèmes de matériels, de formats, de supports vieillissants.

L'éditeur de journaux électroniques

L'exemple de l'éditeur Elsevier est significatif, notamment avec l'expérience CAPCAS qu'il est en train de mener à l'Université de Tilburg aux Pays-Bas. 120 périodiques publiés dans les domaines de l'économie, de l'informatique et des mathématiques sont accessibles en mode électronique sur tout le réseau du Campus. Ainsi, étudiants et professeurs ont la possibilité de lire 13 000 articles à partir de leur PC. Ceci est rendu possible grâce à une licence attribuant des numéros d'utilisateurs.
Plus généralement, un certain nombre d'éditeurs scientifiques (dont Springer) proposent dorénavant l'accès aux journaux électroniques, sur Internet notamment. Les modes de diffusion diffèrent : soit les sommaires des revues sont proposés, soit les résumés des articles ou l'article lui-même en texte intégral.

Le rôle du bibliothécaire

Le bibliothécaire reste le gardien de l'information que celle-ci soit archivée sur des rayonnages ou sous forme électronique ; c'est à lui qu'incombe la recherche de l'information et l'utilisation d'outils parfois très sophistiqués (sur Internet par exemple, ou pour l'interrogation de banques de données spécialisées). Son problème essentiel est de rendre un service maximal à l'utilisateur, en offrant l'accès aux numéros anciens et courants des périodiques, en développant des interfaces d'accès simplifié. De plus en plus, une nouvelle forme d'aide au lecteur se dessine, aide dictée par les technologies.

Et l'utilisateur?

Le principal souci de l'utilisateur est l'accès à l'information et que celle-ci soit mise à jour. Il y a donc une corrélation évidente entre les différents intervenants de la chaîne documentaire.

En conclusion

L'archivage des journaux électroniques est donc un problème qui se pose de manière aigüe, et dont la valeur est significative : les documents numérisés font appel à des outils de recherche variés, à des formes d'archivage très différentes (que ce soit de l'information en texte intégral, sous forme de banque de données, ou en hypertexte) ; le support papier est loin d'offrir une telle variété, et c'est un des arguments actuels en faveur de l'archivage des journaux électroniques.

 

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1995 - IFLA Istambul (Turquie) https://www.jpaccart.ch/international/1995-ifla-istambul-turquie.html https://www.jpaccart.ch/international/1995-ifla-istambul-turquie.html

Libraries of the Future 

IFLA Section of Biological and Medical Sciences Libraries Newsletter, 1995, vol. 16, n° 4, pp. 1-5.

This year, the IFLA General Conference took place in Istanbul, one of the most famous and beautiful cities of the world : meeting point of Europe and Asia, near the magnificent Bosphorus, whose light changes at every moment of the day passing from gray to blue. The city of Soliman and Ataturk is rich in archeological treasures that link our civilization's past to the present.

The theme of this year was "Libraries of the Future" . It reflected the challenges of our time and we all kept in mind that, as IFLA President Wedgeworth remarked, " we generate excitement about new programs, new technologies and fresh ideas, let us not forget the millions of people around the world trapped into a world of ignorance due to illiteracy and poverty".

The participation and enthusiasm from our Turkish colleagues became obvious : 625 were present among 2390 total participants and all seemed to appreciate that an IFLA Conference took place in their city. One very nice thing we observed in Istanbul was to see Turkish people dancing and singing altogether, particularly during the social events!.

The site choosen for the Conference was of high standard, in the Swisshotel, near the Bosphorus, and young librarians (from Turkish library schools) were always very helpful if you lost your way.

A year of elections

This year was a year of elections : new officers for the Biological and Medical Sciences Libraries Section had to be elected. To assure democratic elections, Section members were invited by mail, prior to the Istanbul meeting, to nominate officers. Answers unanimously confirmed the re-election of Frances Groen as Chair and Monique Cleland as Secretary/ Treasurer. However, Jean-Philippe Accart (hospital librarian in Argenteuil-France) confirmed his willingness to accept the Chair, when the present Chair was unabled to accept a renomination. Monique Cleland will serve a second term as Secretary/Treasurer for the term of 1995-1997. Christine Deschamps (University of Paris-France), active member of the section, has been elected to the Executive Board of IFLA and all members wished to Christine a successful job !

A Joint Program on "Archiving electronic journals"

Frances Groen, as chair of the committee for the Istanbul conference, was responsible for the professionnal program. During the previous conference in Havana - Cuba last year, a Joint Open Session with the Section of Science and Technology Libraries had been decided under the main theme "Archiving Electronic Journals". This session took place on the Wenesday, 23 August and was very well attended (about 120 participants). Under the chair of Patricia Yocum (University of Michigan), four speakers expressed different points of view from the perspectives of the editor, the vendor, the provider, and the librarian. Two reactors (Yasar Tonta from the University of Ankara and Jean-Philippe Accart) were asked to give their comments. Here are the most relevant papers :

Wim Luijendijk, Vice-President of EBSCO-Europe, gave the first paper from the serial information providers perspective, considering that products and services provided by all will have to change, but missions will stay the same. Although traditionally handled by librarians, archiving electronic journals could be handled by publishers, libraries, serial information vendors or even back issue dealers. Document delivery providers will be involved in the archiving of articles in anticipation of customer requests.
Christian Lupovici, Production Director at CNRS-INIST in France, spoke about the impact of electronic publishing on the information system. Things are changing a lot with digitized information : authors are now able to publish and to distribute their own production ; libraries and document delivery centers have to change the way they work, particularly with informatics and telecommunications tools. The INIST, both database producer with PASCAL and document delivery center, could be the link between these two activities in collaboration with every partner.
Chris Kluiters, from Elsevier Publishing, gave us a paper that dealed with the first commercial pilot project in Europe, on the electronic availability of some 120 journals published by Elsevier Science in the fields of Economics, Computer Sciences and Applied Mathematics, at the Campus network of Tilburg University in the Netherlands. Most of his discussion was the most important topics in the license such as : authorised user community ; authorised usage ; user feedback and commercial terms and conditions.

Of course, many questions were raised by the two reactors and from the audience such as : could we consider electronic publishing as a linear extension of print ? Does the kind of communication permitted by electronic publishing have anything to do with print ? Some other points merged : the electronic providers are generally able to provide only the last few years. Moreover, all the new providers coverdifferentyears and this is troublesome for librarians because they have to check each source. One major obstacle is that all these new providers have their own list of journals and documents.

In conclusion, the archival value is significant : digitized documents lend themselves to retrieval tools as well as to various, simultaneous forms of storage (plain text, database form, hypertext). Curiously, the virtual nature of the electronic text potentially provides a much more efficient tool to archive knowledge than prints with all its apparent solidity. But for users, two things are really the most important : the access to information and the accuracy of information.

The Biomed Section work

The two Standing Committee meetings of the Section were full of matters for discussion:

  • The first one is a special concern expressed in regard to the diminishing number of section standing committee members. Special efforts will be made during the next two years to recruit new officers. Some part of the world have no representatives (from China, Japan, Australia or New Zealand). But the Section has already accepted corresponding members.
  • The Section will work too on distributing the Newsletter in electronic format by January 1996, on the IFLA server, IFLANET. The brochure of the Section (in English, Spanish and French languages) will be available too on IFLANET.
  • The Standing Committe adopted a new goal regarding the development of new leadership in medical librarianship. This goal is directed towards the younger or more junior medical librarians in the country in which the IFLA meeting is held.
  • And, last but not least, the Section has to prepare a program for the next IFLA Conference 1996 in Beijing. The theme of the Conference will be : The Challenge of Change : Libraries and Economic Development. The Section program would probably consist of papers contributed by authors from the People's Republic of China and from United States and Canada under the theme : East meets West in Medical Librarianship. Then, a one day tour on traditional Chinese Medicine, including a visit to a hospital or pharmacy, is planned.

Each delegate who participates in the IFLA meeting carries away unique memories of the conference, and that was really true in Istanbul this year. Exchanges and talks were quite intense during the week : definitely, IFLA prepares libraries for the future.

 

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1994 - IFLA La Havane (Cuba) (bis) https://www.jpaccart.ch/international/1994-ifla-la-havane-cuba-bis.html https://www.jpaccart.ch/international/1994-ifla-la-havane-cuba-bis.html

Médecine et santé à Cuba : la fin d'un mythe ? 

Newsletter to european health librarians, 1995, n° 30, pp. 19.

In Cuba there is a very low child death rate and long life expectancy; however, 132 drugs (like antibiotics and antihistamines) cannot be found there. To find a solution for this lack of drugs, Cuban authorities use traditional medicine: acupuncture, medicinal plants, etc. But how can a surgeon operate without anaesthesia, gloves, cotton? It seems that the myth of Cuba being a medical power is over.

Cuba revendique le plus faible taux de mortalité infantile du tiers-monde (10,7 pour mille en 1991), la plus grande espérance de vie (75 ans), un taux de médecins dans la population supérieur à celui des pays développés. Les Cubains sont des sur-consommateurs de santé ; le moindre mal mène à l'hôpital (la visite chez le médecin est le premier motif d'absentéisme), car la médecine hospitalière est gratuite, seuls les médicaments achetés en pharmacie étant payants.

Le secteur médical a constitué, depuis des décennies, l'un des axes de la politique économique cubaine : développement d'unités de recherche de pointe, mise en place d'une exposition médicale à La Havane exposant les produits cubains proposés à l'étranger (test antisida, interféron, coeur artificiel, machines à dialyse, ...).

Mais qu'en est-il de cette " période spéciale ", où la pénurie est telle que la population ne s'alimente plus normalement ? Les autorités cubaines remédient à la pénurie avec des moyens non orthodoxes : l'hôpital de Matanzas use de l'acupuncture en guise d'anesthésie pour des opérations courtes (amygdales, cataractes, hernies) ; l'hôpital Carlos Finlay de La Havane organise un forum de médecine alternative (utilisation de plantes contre le diabète B). Neuf pharmacies de la capitale vendent des produits préparés à partir de 51 plantes médicinales. Le corps médical s'est adapté lui aussi à la pénurie : un moins bon fil est utilisé pour les sutures ; les plaques de radiologie sont divisées ; 70% des opérations non urgentes ne sont plus effectuées par manque d'anesthésique, de gants, de coton. Mais comment opérer quand il n'y a plus de produits pour nettoyer les salles d'opération ?

En ce qui concerne les médicaments, 132 médicaments sont introuvables tels les antiparasitaires, les antibiotiques, les antihistaminiques, etc... Le papier pour rédiger les ordonnances est lui-même manquant !

Autant se rendre à l'évidence, le mythe de Cuba en tant que puissance médicale a vécu !

 

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1994 - IFLA La Havane (Cuba) https://www.jpaccart.ch/international/1994-ifla-la-havane-cuba.html https://www.jpaccart.ch/international/1994-ifla-la-havane-cuba.html

L'émancipation par l'information

60th IFLA General Conference - Conference Proceedings - August 21-27, 1994.

Aperçu historique de la lecture à l'hôpital

La lecture à l'hôpital marque ses origines, en France, en 1634 sous le vocable de "distraction des malades". Il fallut attendre deux siècles (1845) pour que des mesures concrètes soient prises en faveur de son développement, et ce n'est qu'en 1947-1948 que circulaires et arrêtés du ministère de la Santé publique instituèrent l'obligation de créer une bibliothèque et d'y consacrer des crédits.
Il reste que, dans l'histoire de l'hôpital, cette pratique culturelle, développée majoritairement par des associations caritatives et un bénévolat de plus en plus organisé, se heurte à une disparité, voire à une pauvreté de moyens dans nombre d'établissements hospitaliers. Mais l'offre de lecture s' inscrit de plus en plus largement dans la vie des établissements hospitaliers : cela signifie donc pour le patient la possibilité d'être mieux informé, et pour le bibliothécaire un rôle de plus en plus affirmé dans cette émancipation des malades et dans leur droit d'accéder à plus d'informations.

Etat des lieux de la lecture à l'hôpital en 1992

Le thème de la lecture, objectif non prioritaire à l'hôpital, a cependant retenu l'attention des directeurs d'établissements. Cela indique une attente et un besoin de reconnaissance dans ce domaine. Tous les types d'établissement hospitalier ont répondu à l'enquête nationale lancée en 1992 :

  • le plus fort pourcentage de réponses ( 45 % ) provient des centres hospitaliers (universitaires inclus ) ;
  • 148 hôpitaux locaux ont également répondu,
  • 124 centres spécialisés en psychiatrie ont largement participé à l'enquête
  • enfin, les 157 réponses obtenues des centres de moyen et long séjour traduisent une dynamique moins forte que dans le secteur psychiatrique, ce qui peut paraître paradoxal pour des établissements de ce type.

De façon générale, il ressort de ces chiffres que le livre est présent dans beaucoup d'hôpitaux, mais cet acquis très ancien est souvent mal connu au sein même des établissements, à la fois par la structure et par les patients, car il est peu organisé et insuffisamment développé.
Autrement dit, 90, 6 % des lieux de lecture sont accessibles aux malades. Le problème de l'accès au livre s'est toujours posé de façon particulièrement aiguè à l'hôpital, en raison des difficultés de déplacement qu'éprouvent certains malades. 70 % des établissements proposent un accès direct et 30 % un accès indirect, c'est-à-dire offrent aux malades la possibilité de choisir les ouvrages sur une liste ou sur un chariot dans leur chambre même. Relativement développé dans les centres de moyen et long séjour où les malades ont souvent des problèmes pour accéder à la bibliothèque, ce service est réduit dans les centres spécialisés en psychiatrie. Quant au prêt en chariot, s'il est quantitativement moins fort, il conserve qualitativement une valeur symbolique que les chiffres ne peuvent mesurer, mais qui est clairement indiquée par les témoignages.
Voici deux exemples significatifs, concrets, qui démontrent le rôle éminent joué par le biblitothécaire au sein de l'institution hospitalière pour développer l'accès à la lecture, et donc, à l'information.

1er exemple : l'Association Locomotive

L'Association Locomotive présente un projet de bande dessinée "Pascal et Caline contre Leukemia" : afin de promouvoir l'information sur la leucémie et le cancer de l'enfant, tout d'abord auprès de l'enfant malade, de sa famille, de tout son entourage : école, amis, etc. Les enfants repésentés dans la bande dessinée Pascal et Caline contre Leukemia vont accompagner l'enfant malade tout au long de son traitement, qui dure au moins deux ans, et aider sa famille par l'histoire illustrée...

Les objectifs

Le but de ce travail est d'expliquer aux enfants leur maladie, le traitement et les rouages de la machine hospitalière à l'intérieur de laquelle ils pénètrent. Une partie considérable de la souffrance est liée à l'angoisse et à la situation de passivité où l'on se trouve en cas de maladie grave. Il est donc très important d'inverser l'attitude du malade, d'en faire un être actif, menant l'assaut contre la maladie.
Le support image-histoire avec lequel l'enfant s'identifie totalement concrétisera la " visualisation positive" pour permettre à l'enfant de trouver à l'intérieur de lui-même l'énergie, la force et le courage; il polarisera son attention sur une offensive personnelle : l'enfance face au mal. Il s'identifiera à Pascal et Caline, les deux héros de la bande dessinée, qui luttent contre Leukemia.

L'impact de la bande dessinée

Après environ six mois de fonctionnement, la bande dessinée répond à certains espoirs. On peut situer son efficacité à divers niveaux :

  • celui de l'enfant malade : grâce aux dessins expliquant les divers examens (ponction lombaire, pansement du cathéter), comme celui du chat qui fait le gros dos, l'enfant sait ce qui va se passer, ce qu'il a à faire et a moins peur. Il prend partie dans ce ce combat qu'il mène avec sa famille et son équipe soignante. Pour certains enfants, la bande dessinée représente "le copain" quand il est hospitalisé.
  • Celui des parents et de la famille : la bande dessinée sert de point de repère dans la chronologie des examens et du traitement. On s'y replonge régulièrement. Les images complètent et illustrent le discours du médecin. Elle sert de lien entre l'enfant malade et ses frères et soeurs. L'enfant malade qui rentre à la maison est content et fier de montrer à ses frères et soeurs ce qu'on lui a fait. Les frères et soeurs peuvent ainsi comprendre et participer à leur façon.

2ème exemple : La lecture du 3ème âge

La question de la lecture pour les personnes du troisième âge a déjà donné lieu à des recherches. En 1989, le Ministère de la Culture publiait "Un nouvel âge pour lire". Dans cette étude, on trouvait un témoignage qui résume la situation rencontrée dans la plupart des services de gériatrie.

Le milieu gériatrique

En institution gériatrique, comme partout ailleurs, la lecture suppose vouloir, pouvoir et ... savoir lire. Ces conditions, malheureusement, sont trop souvent absentes dans les tranches de population nées au début du siècle, qui forment en 1989 la majorité des personnes hébergées ou hospitalisées dans les services de gériatrie.
La politique de maintien à domicile, l'amélioration générale de l'état de santé, l'allongement de la durée moyenne de vie font que, actuellement, les établissements, maisons de retraite ou services gériatriques, accueillent des personnes de plus en plus âgées : 5 % des plus de 60 ans vivent en institution. Ces personnes sont physiquement diminuées, rarement aisées et toujours seules. Cette population ne constitue pas, il est vrai, un groupe homogène. Prédomine tout de même une origine socioculturelle défavorisée
Les métiers exercés ne facilitant pas la lecture, une notion de loisirs peu répandue (lire étant considéré comme une perte de temps ) et, bien sûr, une fréquentation scolaire insuffisante.
Par ailleurs, le vieillissement en institution accentue le repli sur soi, provoque des abandons successifs liés aux dépressions et à une désorientation spatio-temporelle. L'accès au livre, proprement dit, n'est pas toujours facilité : les livres proposés ne correspondent pas aux besoins. Ce qui est en cause, c'est la typographie, le poids, la taille et la maniabilité de l'ouvrage. Comment une personne hémiplégique, par exemple, pourra-t-elle tenir son livre en main ?

L'importance de la relation personnelle

Certes, on dispose aujourd'hui de livres-cassettes. Malheureusement, cette forme nouvelle de lecture, si intéressante soit-elle, n'est pas adaptée à la personne âgée vivant en institution. La cassette demande un effort de concentration trop important. Seule, elle n'est pas suffisamment vivante, suffisamment stimulante, et la présence physique d'un lecteur s'avère le plus souvent indispensable pour soutenir l'attention de l'auditeur. Sur le plan pratique, il faut également manipuler cassette et magnétophone qui sont des outils relativement contemporains, en tout cas étrangers aux personnes âgées. Celles-ci doivent disposer d'une chambre individuelle pour ne pas gêner les voisins, ou acquérir un baladeur... En fait, bien des difficultés restent encore à surmonter.
Déficits physiques et déficits affectifs sont difficilement compensés. Citons simplement les déficits visuels, handicap majeur s'il en est. Il existe aujourd'hui, pour les personnes souffrant de déficiences de la vue, des livres dits à large vision. Dans ce domaine, un effort énorme a été réalisé ces dernières années.
La lecture en tant que telle ne correspond pas à un besoin fondamental chez l'homme, ni à une activité spontanée. Elle nécessite une éducation ou tout au moins une initiation. Or, le manque de stimulations à la lecture reste encore trop fréquent. Quels sont les rapports des personnels soignants à la lecture ? Lisent-ils? Aiment-ils parler de leurs lectures avec les personnes âgées? Autant de questions dont on ne peut éluder l'importance.
De la même manière, les personnes chargées des bibliothèques en établisements ne sont pas toujours suffisamment attentives aux besoins des personnes âgées. Il est nécessaire de bien connaître la personne à qui l'on s'adresse, ses goûts, ses aptitudes. Il est préférable de converser quelque peu avant de recommander un livre.

Le besoin de communiquer

Quelques précautions sont à prendre pour établir un meilleur contact avec la personne. Il est bon de parler lentement, avec précision, expliciter, ne pas hésiter à répèter si besoin est. Il faut aussi avoir une bonne connaissance de l'ouvrage qui est proposé pour éventuellement en faire un résumé ou en discuter avec le lecteur. Si les résidants lisent d'eux-mêmes, s'ils choisissent leurs lectures, il suffit alors de leur apporter un éventail de livres suffisamment large pour qu'ils puissent opérer ce choix.

Conclusion

Ces deux exemples sont représentatifs de l'état de la lecture en milieu hospitalier : l'enfant malade et la personne âgée sont les deux types de populations suceptibles de rester le plus longtemps en traitement à l'hôpital. Le livre, la lecture constituent, chacun à leur niveau, un moyen important et nécessaire d'appréhender la maladie, un traitement long et douloureux ou un handicap. Ces exemples montrent aisément l'importance du rôle du bibliothécaire par rapport à l'émancipation du malade : que celui-ci soit un enfant ou une personne âgée, le bibliothécaire représente un des moyens de lui faire accéder ou de recouvrer selon les cas à une certaine indépendance et autonomie.

Référence


Fondation de France. La Lecture à l'hôpital : état des lieux de l'offre de lecture à l'hôpital en 1992. Paris : Ministère de la Culture, 1993.

60th IFLA General Conference
Havana - Cuba - 1994 - 21-27 August


Libraries serving the general public
Section libraries serving the disadvantaged persons

Adress


Bibliothèque médicale - Centre de Documentation
Centre hospitalier d'Argenteuil
95107 ARGENTEUIL cedex FRANCE

Title of the presentation

(in French language)
Emancipation through information : the role of the hospital librarian and the patient right on information

French abstract

Une enquête nationale sur la Lecture à l'hôpital a été lancée en France en 1992. Le texte présente, grâce à quelques chiffres indicatifs, les résultats de cette enquête : ils démontrent qu'il y a un réel besoin d'information et de lecture à l'hôpital, et que l'institution hospitalière a pris conscience d'un tel besoin. Le bibliothécaire représente donc l'intermédiaire idéal entre le patient hospitalisé et l'information.
Choisis parmi de nombreux exemples, deux cas particuliers viennent étayer cette assertion : une bande dessinée destinée aux enfants leucémiques et le cas de la lecture en milieu gériatrique.

English abstract

In 1992, the French Ministry of Culture and the Foundation of France (Paris) had made a survey on Reading at hospital. The following paper shows the results of this survey and it appears, looking at the statistics, that the needs for information and reading inside the hospital are growing. The hospital librarian is the main intermediary between the patient and information. Ill children and elderly persons are two examples taken as illustrations.

 

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1994 - EAHIL Oslo (Norvège) https://www.jpaccart.ch/international/1994-eahil-oslo-norvege.html https://www.jpaccart.ch/international/1994-eahil-oslo-norvege.html

Health Information - New Possibilities

IFLA Section of Biological and Medical Sciences Libraries Newsletter, 1995, vol. 16, n° 1, pp. 6-7.

Oslo NORWAY - June 28 -July 2, 1994

After three highly successful conferences in different parts of Southern Europe (Brussels-Belgium 1986; Bologna- Italy 1988; Montpellier-France (1992), European medicallibrarians met again, but this time reaching Northern Europe, its white nights and midnight sun, in Oslo, according with the World Health Organization's global strategy for "Health for all by the year 2000".

"It is of first importanceto improve and develop the co-operation among health care libraries throughout Europe "said Per Vaglum, Oslo's dean of the faculty of ~edicine, in his welcome address. And he added, in Norwegian: " Velkommen til Oslo! "

Over 550 people attended the Conference from Albania to the U nited States, Croatia, Iceland or Portugal (35 countries had sent representatives).
Thirty librarians invited by the Organizing Commit tee from Eastern Europe and fifty exhibitors (among them the publishers Elsevier, Blackwell and Lippincott; the Vidal dictionary, Micromedex...) were present.

But, let us see the Conference time schedule:

A pre-conference seminar was held in Stockholm (Sweden), at the Karolinska Institute Library and Information Center (KIBIC), considered as the National Swedish Library in medicine, odontology and research. As Medlars Center, one department, MIC, proposes the access to 31 U.S. NLM databases and 19 Scandinavian, as well as the electronic document delivery through Microforum, the system used by most EAHIL members for electronic mail.

Continuing education courses: 5 courses (4 in English and 1 in French) were given:

  • Creating your own CD-ROM disc, networking and the use of CD-ROMS;
  • Databases in medicine and nursing research/health care: introductory Course;
  • Evaluation and costs of library services.
  • INTERNET for beginners;
  • Improving the librarian s image;
  • he future for biomedical information.

The audience was excellent with more than 200 par- ticipants taking the Continuing Education courses.

The General Assembly of the European Association for Health Infonnation and Libraries (EAHIL) represents the main opportunity for the 500 members of the Association to be gathered, but in Oslo there were insufficient members present on the lune 28th (first day of the Conference) to meet the 50% quorum required by the rules procedure, It was decided that some matters would only be formally approved by a postal ballot.

The 1995 election vote results were announced during the Assemb1y: on lanuary 1995, the new President of the Association will be Elizabeth Husem from the Institute of Psychiatry of the Oslo University (also organizer of the Fourth conference); lean-Philippe Accart, librarian at the Hospital of Argenteuil (France) has been elected as French member among the eight members of the EAHIL Executive Board; and finally, the election of 19 new national delegates.

The first EAHIL Honor Prize was awarded to Marc Walkiers, librarian at the faculty of Medicine in Brussels, in,recognition of the key role he played in set ting up the Association and guiding it through its fragile years.

Paper and Posters: the opening session was introduced by Astrid Noklebeye Heiberg, teaching at the Institute of Psychiatry in Oslo; Lots Ann Colalanni from the National Library of Medicine; and Patricia Mesmacque, from the City of Sciences of La Villette in Paris (France).

The program Committee, chaired by Arne lakobsson (Spri Library -Stockholm) had provided an extensive program of a hundred conference papers and thirty posters, One of the main topics was Network, both with its hum an aspects and technical ones.

The human networks had several parallel sessions: Trends in consumer health information provision; The library in the learning environment; Insights in resource management; The provision of nursing information; Defining our professional role and services; the National, European and International networks.

The technical networks with new technologies included Health informatics: education and practice; Innovation in electronic delivery; Online and CD-ROM Services and other topics including Integrating the library within the organization; Information skills for the learning process; Special needs and special users.

During the Conference, five sub-groups were created in psychiatry , history of medicine, pharmaceutical industry, hospitallibraries, veterinary libraries.

The Closing Ceremony gave the opportunity for most European medicallibrarians to hear the president and founder of ISI, Eugene Garfield. And, at last, the EAHIL award for "best paper presented by a young librarian" was awarded to a librarian of the British Medical Association.

Health Information-New Possibilities, theme of the conference, had been very widely explored in human, technical and professional aspects. The Fifth Conference will take place in Coïmbra (Portugal)

from September 18th to 21st, 1996. Theme chosen is: Health Information Management: What Strategies ?.

 

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1993 - IFLA Barcelone (Espagne) https://www.jpaccart.ch/international/1993-ifla-barcelone-espagne.html https://www.jpaccart.ch/international/1993-ifla-barcelone-espagne.html

L'information biomédicale au futur

Bulletin de l'Association des Bibliothécaires Français, 1993, n° 161, pp. 56-57.

L'information en chiffres et l'explosion des nouvelles technologies

Pour citer quelques chiffres probants en termes d'édition papier, prenons différentes sources: l'Ulrich's Periodicals Directory, dans sa 31ème édition (1992/93), dénombre 126 000 titres de périodiques existants. The Serials Directory (EBSCO) cite 20 millions d'articles publiés annuellement, soit 80 000 par jour ! . D'autre part, The Gale Directory of Databases, dans son édition de 1993, donne les chiffres suivants:

  • 5183 banques de données existantes (en 1972, 30 banques)
  • et 2204 producteurs de données (30 en 1972)
  • d'autre part, 1200 titres de CDROM existent à l'heure actuelle.

En pourcentage, cela donne:

  • en 1972, 83% de BDD scientifiques et techniques et 15% juridiques et économiques
  • en 1990, 35% BDD sc et techn., 45% BDD jur. et éco., 15 social et actualités

Le marché européen est largement dominé par les services américains (à la fois, en chiffres d'affaires et en produits proposés):

  • USA: 58% des BDD existantes
  • Europe, 34, 6%
  • France: 12% de la production européenne

Il apparait donc clairement que l'on assiste à une explosion de l'information, que ce soit sous la forme de documents primaires ou que ceux-ci soient traités et indexés, d'où la multiplication des banques de données. Comment accéder à cette information ?: réseaux de télécommunication, satellites, nouvelles technologies type CDROM ou disque optique numérique (DON), disque inscriptible (WORM), digitalisation, numérisation, forme électronique, périodique consultable en plein texte, fibres optiques, compression de données, toutes ces nouvelles donnes technologiques bouleversent totalement l'accès et la fourniture de l'information, et plus particulièrement l'information biomédicale.

D'autres parallèles sont à prendre en considération:

  • la montée en puissance des ordinateurs personnels dont les prix baissent et la capacité en mémoire augmente.
  • de plus, les compagnies traditionnelles de téléphone travaillent de plus en plus ensemble en vue de créer des réseaux internationaux: rapprochement récents de ATT et Macaw Cellular aux Etats-Unis, British Telecom et MCI en Grande-Bretagne.
  • les logiciels permettant d'avoir un standard international pour les publications se développent. Un des plus récents est ADOBE ACROBAT.

Le rôle des bibliothèques médicales

L'équipement des bibliothèques médicales en nouvelles technologies est très inégal selon les pays et les continents. En France, les CDROM (Medline, PASCAL, Embase) s'implantent progressivement, surtout dans les bibliothèques universitaires et les bibliothèques hospitalières. Ce phénomène va aller en s'amplifiant. Aux Etats-Unis, 60% des bibliothèques médicales sont équipées en CDROM. Une autre technologie de pointe utilisée dans les bibliothèques médicales américaines est la scannérisation et la transmission des images de documents ainsi scannerisés. L'image est envoyée par ligne téléphonique: le receveur doit être équipé d'un logiciel spécifique, d'une imprimante laser et d'un ordinateur. Les bibliothèques utilisent le logiciel ARIEL, développé par The Research Libraries Group, qui compresse ou décompresse les images scannérisées afin de rendre la transmission plus rapide.
Les bibliothèques médicales restent cependant les principales utilisatrices des centres de fourniture de documents.

Les grands centres de fourniture de documents

Pour l'utilisateur final, en l'occurrence en ce qui concerne l'information biomédicale, le médecin, le chercheur ou l'étudiant, l'accès à cette information est primordiale ; il lui faut trouver des réponses précises et immédiates sur des points précis tels que:

  • répondre à un problème posé par un malade
  • soigner une pathologie particulière
  • connaitre les interactions médicamenteuses
  • être au courant de la littérature existant sur un sujet particulier
  • rédiger une thèse, un mémoire, un article...

De plus en plus, le bibliothécaire médical est sollicité en vue de fournir une information valable et vérifiable, ainsi qu'une délivrance rapide de l'article demandé. La proportion du budget dévolu aux périodiques dans une bibliothèque universitaire est d'environ 70%, mais avec la montée croissante du prix des abonnements, ce budget décroit de 3 et 4% par an. Le recours aux grands centres de fournitures de documents est de plus en plus fréquents.

De grands centres de fourniture de documents ont été créés. En Europe:

  • l'INIST-CNRS (Nancy)
  • The British Library Document Supply Centre (BLDSC) soit 3, 4 millions d'articles fournis en 1991. Ce centre existe depuis une trentaine d'années.
  • l' OCLC aux Etats-Unis
  • et TIBDOC (Hanovre) parmi les principaux.

Des institutions, telles l'INIST à Nancy ou la Finnish Medical Association ont déjà misé sur le futur. D'autres projets, plus globaux, (le projet EDIL de la Communauté Economique Européenne) visent à ce que les grands centres de fourniture de documents collaborent.

L'exemple de l'INIST à Nancy

Les collections de l'INIST couvrent la littérature scientifique et technique, les rapports, les actes de congrès, soit un répertoire de 27000 titres de périodiques. Parmi ces titres, 2000 ont été choisis afin de mettre sur pied le projet de fourniture électronique de documents. Les documents sélectionnés sont systématiquement scannés en mode digital. Cette digitalisation, commencée en 1990, représente un volume de 2 millions de pages par an: les images sont stockées sur un disque WORM (6, 4 gigabyte), dont la capacité d'une face est de 70 000 pages. Un chargeur contenant 131 disques est relié à trois micro-ordinateurs: ceux-ci sont équipés de tableaux de télécommunication ; la transmission sur les réseaux de télécommunication est ainsi possible pour la délivrance des documents (pour la France, via NUMERIS).
L'INIST reçoit des demandes de documents par l'intermédiaire des grands serveurs (Questel, Dialog, Esa, ...) ou par le prêt interbibliothèque électronique (PEB ou OCLC) ou le Minitel. Les autres formes classiques de demandes de documents (fax, téléphone, formes papiers) sont également possibles. Si le document demandé est disponible sous format digital, il sera fourni par fax (Groupe III ou IV). Ce système n'entraine pratiquement pas d'intervention humaine. A l'heure actuelle, 45% des documents fournis par l'INIST sont stockés sous forme électronique.

L'exemple finlandais: FINMET, réseau médical finnois

L'Association Médicale Finnoise (FMA) a créé depuis le milieu des années 1980 un réseau d'information appelé FINMET (sur le modèle américain AMANET) afin de répondre aux besoins de quelques 600 physiciens. Ce réseau utilise la messagerie électronique, ce qui permet rapidité et confidentialité, et donne la possibilité de communiquer individuellement ou avec un groupe de personnes, ainsi que des accès télématiques à différents services (bancaires, transports, d'actualité): ceci afin de faciliter les contacts entre physiciens. FINMET met ainsi à la portée de tout physicien et des bibliothèques universitaires hospitalières, les services de la FMA et des grandes banques de données biomédicales telle Medline.

Le projet EDIL de la Communauté Européenne

Le projet EDIL (Electronic Document Interchange between Libraries) a débuté en janvier 1993. Il doit rendre effectif l'échange de documents électroniques entre 4 réseaux européens de bibliothèques:

  • le système PICA aux Pays-Bas
  • le British Library Document Supply Center en Grande-Bretagne
  • le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche en France
  • l'UniversitätsBibliothek et le Technische InformationsBibliothek de Hanovre

Ce projet assurera à l'Europe un rôle majeur dans le développement du marché mondial de la fourniture de documents, marché qui doit considérablement s'amplifier dans les 20 années à venir.
Avec la crise économique, les bibliothèques cherchent des solutions et des alternatives à la fourniture de documents. Les moyens actuels de télécommunications et la technologie informatique permettent de transmettre l'information rapidement et à un coût raisonnable. Le prêt interbibliothèque s'est ainsi accru ces dernières années de façon irrépressible. On estime à 20 millions les documents fournis par le prêt interbibliothèque dans le monde.

Cependant, les éditeurs scientifiques réagissent et utilisent eux aussi les nouvelles technologies.

La réponse des éditeurs scientifiques

Les grands éditeurs scientifiques mondiaux ont cherché une réponse au problème de l'accès à l'information. La forme électronique du périodique scientifique (c'est-à-dire en plein texte, consultable en ligne ou sur CDROM) semble être la réponse la plus appopriée. Parmi les principaux éditeurs scientifiques mondiaux, on peut citer:

  • Blacwell en Grande-Bretagne
  • Cambridge Scientific Abstracts (Bethesda-USA)
  • Elsevier (Amsterdam) qui développe en mode électronique la possibilité de consulter 400 périodiques 2 semaines avant la version imprimée.
  • Springer-Verlag (Allemagne-USA) offre le même service via INTERNET sur 30 périodiques 6 semaines avant publication
  • The Institute for Scientific Information (ISI) à Philadelphie

Les éditeurs scientifiques collaborent de plus en plus. Voici quelques exemples:

  • BRS Information Technologies avec Comprehensive Core Medical Library (CCML) qui propose, en ligne, le texte intégral de 80 périodiques médicaux courants et 16 ouvrages de références, et permet, grâce à la procédure LINK, de passer automatiquement à Medline et Embase, banques de données bibliographiques.

     

  • Depuis 1992, un nouveau venu américain est apparu en Europe: ce sont les fichiers médicaux de Mead Data qui proposent en ligne des produits très divers:
    • le texte intégral de 14 périodiques depuis 1982
    • le texte intégral de FDC Reports Newsletters: industrie pharmaceutique, équipement et matériel médical, cosmétiques, recherche, médicaments
    • des banques de données telles DRUG INFORMATION FULLTEXT à partir de deux publications de l'American Society of Hospital Pharmacist ; PDQ en cancérologie ; Medline.
    • les bases de données de Micromedex: Micromedex a créé depuis 1974 des BDD qui sont des instruments professionnels, des systèmes d'aide à la décision pour le médecin dans l'exercice de ses fonctions. La rédaction est assurée par plus de 350 experts, avec une équipe rédactionnelle interne et mise à jour tous les trimestres. Cela comprend:
      • POISONDEX: BBD toxicologique
      • EMERGINDEX, écrit par et pour les médecins ayant à pratiquer une médecine d'urgence et à surveiller des affections à risque, pour les aider à faire rapidement un diagnostic exact et procéder à un traitement efficace des patients en phase aigüe. La base est formée de deux fichiers: "Clinical Reviews" et "Clinical Abstracts" et s'interroge grâce à un thesaurus inspiré du Mesh.
      • DRUGDEX donne des informations sur les médicaments, à l'intention des pharmaciens, médecins qui ont à prescrire.

        Ces 3 bases (POISONDEX, EMERGINDEX, DRUGDEX) sont construites sur le même modèle rigoureux, très détaillé. Il est possible d'aller chercher directement à l'intérieur d'un texte sur une affection, un médicament. Des centaines d'hôpitaux américains utilisent ces bases depuis des années.

Un dernier exemple est celui de l'éditeur scientifique britannique Blackwell qui a créé depuis 1988 une "joint venture" avec CARL systems Inc afin de développer un produit UNCOVER à un niveau international. Il s'agit de délivrer en ligne le sommaire de 10 000 revues. Ce service est ouvert aux particuliers et aux bibliothèques. Le document choisi parmi ces sommaires peut être commandé en ligne ; il est faxé dans les 24h à un prix de 10 dollars. UNCOVER projette de couvrir 14 000 à 25 000 titres de revues. Cela représentera dans le futur une banque de données exhaustive s'adressant aussi bien à l'utilisateur lambda aux Etats-Unis, qu'en Europe et en Asie

L'information biomédicale au futur

Le futur de l'information biomédicale est donc dans la délivrance immédiate du texte intégral de l'article recherché soit sous forme électronique, soit grâce au CDROM, soit par l'accès en ligne. Et ceci directement sur l'ordinateur personnel du chercheur.

La meilleure forme (la plus employée à l'heure actuelle et qui le sera dans le futur) est la forme électronique via les grands réseaux de communications (INTERNET, satellites).


es CDROM en texte intégral sont eux aussi de plus en plus nombreux: la National Library of Medicine (USA) commercialise les principaux hebdomadaires en médecine (Lancet, New England Journal of Medicine, British Medical Journal, Annals of Internal Medicine) en texte intégral sur CDROM sur 5 années. Un autre exemple est ADONIS qui contient 500 périodiques biomédicaux (150 000 articles) provenant de 50 éditeurs.
Les éditeurs, dorénavant, proposent l'accès, non plus à une banque de données dans son intégralité, mais par spécialité (Gynécologie, Cardiologie etc..), avec également la possibilité d'accéder en ligne à une autre banque de données à partir d'un CDROM.

Pour l'accès en ligne, d'autres réalisations sont en cours: la société européenne INFOPRO a élaboré ORBIT, soit 10 banques de données scientifiques interrogeables simultanément. A Montpellier, le projet de l'Anté-serveur est développé: c'est un système autonome qui met l'utilisateur, par l'intermédiaire direct de son micro-ordinateur (PC, Macintosh) ou de son minitel, en contact avec l'ensemble des banques de données disponibles. L'utilisateur pose sa question, celle-ci est traduite par l'Anté-serveur (interface intelligente qui décrypte et analyse la question, interroge les banques de données): la réponse peut provenir de plusieurs banques de données interrogées simultanément, en ligne et sur vidéotex.

L'avenir de la documentation médicale, de par les progrès réalisés par les nouvelles technologies, s'annoncent donc riche et prometteur. Il prend totalement en compte les souhaits de l'utilisateur final: l'utilisateur désire l'accès à l'information de quelque lieu où il se trouve et à n'importe quel moment. Le bibliothécaire doit lui fournir les moyens d'accès à cette information.

Bibliographie

(1) ACCART J.P. L'Accès à l'information spécialisée à l'hôpital: le point de vue des utilisateurs. IFLA Barcelona 1993, booklet 2, 35-37.
BOUCHEIX C. La Communication électronique dans les sciences biomédicales. INSERM Actualités, 1994, jan-fev., n° 122, pp. 12-14.
(2) COLAIANNI L.A. Document delivery: some considerations for the future. IFLA Barcelona 1993, booklet 2, 37-38.
(3) DESCHAMPS C. Les projets ION et EDIL. IFLA Barcelona 1993, booklet 2, 41-43.
(4) CORNISH G.P. UAP: access to documents in the biological and medical sciences. IFLA Barcelona 1993, booklet 2, 39-41.
(5) FLEISH H. The View of an informed user on access to information in the future. IFLA Workshop, Thursday, August 26th 1993.
(6) LUIJENDIJK W.C. Document delivery. IFLA Workshop, Thursday, August 26th 1993.
(7) LUPOVICI C. New technologies for document deliveries at INIST. IFLA Workshop, Thursday, August 26th 1993.

 

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1992 - IFLA New Delhi (Inde) (ter) https://www.jpaccart.ch/international/1992-ifla-new-delhi-inde-ter.html https://www.jpaccart.ch/international/1992-ifla-new-delhi-inde-ter.html

L'information médicale en Inde

Bulletin de l'Association des Bibliothécaires Français, 1993, n° 158, pp. 88-89.

COMPTE RENDU IFLA 1992 New Delhi
Section des Sciences Biologiques et Médicales

Après plus de 40 ans d'efforts, c'est-à-dire depuis 1947 date de l'Indépendance, l'Inde est incontestablement devenue une puissance scientifique : en 1988, 5 milliards de francs ont été consacrés à la recherche et à la technologie, avec un budget qui augmente plus vite que l'indice des prix. C'est un choix audacieux qui répond à une exigence vitale, alors que dans le même temps, les dépenses des autres pays en voie de développement en achat de technologies ne cessent de s'accroître. Et de fait, ce que propose l'Occident est de moins en moins adapté aux besoins réels de ces pays, d'où la nécessité croissante de développer des produits locaux.

La superficie de l'Inde est celle d'un continent : ses 3 287 590 km2 (soit près de 6 fois la France) lui imposent et lui permettent de développer tous les domaines de la science. Sa position de leader des pays du Sud-Est asiatique ne lui est pas contestée.

Un autre fait à souligner est la place de l'Inde dans le domaine de la recherche scientifique qui est unique parmi les pays en voie de développement : ces derniers la considèrent comme une "super puissance", et elle est classée au 8ème rang mondial dans le domaine des publications scientifiques (dix mille titres contre deux mille pour la Chine). Après l'Indépendance, on a assisté à un accroissement significatif du nombre des établissements scientifiques.

L'information médicale

La démographie indienne

La population est estimée, en 1992, aux alentours de 883 millions d'habitants avec une augmentation de 2% par an (chiffre équivalent à celui de la Chine) . L'espérance de vie est de 57, 9 ans et la mortalité infantile atteint 99 pour 1000 habitants. Malgré cela, on estime que la population indienne dépassera le milliard en l'an 2000. Pour enrayer une démographie galopante, le gouvernement indien a mis en place une politique de planning familial développée surtout dans les campagnes, l'Inde étant avant tout un pays rural. Mais par culture et par tradition, les mariages sont précoces et les familles nombreuses. C'est dire l'importance que devraient prendre la médecine et la santé en Inde pour rattraper ce retard.

Médecine et santé en Inde

En 1986, 318 000 médecins étaient recensés, soit 1 pour 2471 habitants (par comparaison, en France la proportion de médecins est 5 fois plus grande), et le chiffre de 695 000 lits d'hôpitaux est avancé (soit seulement le double de la capacité française d'hospitalisation pour une population 15 fois plus nombreuse).

La médecine traditionnelle

Parmi les trois sciences, Astronomie, Mathématiques et Médecine, qui furent les plus développées en Inde aux premiers temps de la civilisation, la médecine est celle qui répond le mieux au modèle brahmanique traditionnel des sciences : celui-ci est très normatif, car il fixe les règles de vie sur le chemin de la sagesse et enseigne ce qu'il convient de faire pour atteindre les "quatre buts de l'existence humaine" : la prospérité, le plaisir, la vertu et la délivrance.

Des systèmes médicaux propres à l'Inde, ayant pour nom "Ayurveda", "Unani" et "Sidha", préexistaient à la colonisation anglaise. Lentement, avec les encouragements du gouvernement britannique, la médecine occidentale prit le pas sur la médecine traditionnelle : le premier collège médical fut établi vers le milieu du 19ème siècle. A l'heure actuelle, 466 collèges médicaux et en science de la santé sont dénombrés.
Avec l'essor de la documentation mondiale, l'"Indian Coucil of Medical Research" fut chargé de remodeler et d'uniformiser l'éducation médicale du pays, domaine qui reste, malgré les efforts faits, à l'état embryonnaire. Une des solutions serait l'extension du nombre des bibliothèques médicales.

Les bibliothèques médicales

Depuis 1978, le développement de l'information médicale sur le territoire commence à être pris en compte par l'Etat indien. L'autorité centrale est représentée par l'"Indian Council of Medical Research" (ICMR) sous la tutelle du Ministère de la Santé.
Il y a 613 bibliothèques médicales et en sciences de la santé en Inde, attachées soit à des collèges et écoles médicales ou infirmiers, soit à des hôpitaux de districts. Mais ce n'est pas encore un programme prioritaire pour la nation et cela se ressent au niveau du support financier. Les services offerts sont les services traditionnels d'une bibliothèque, sans les moyens modernes apportés par les nouvelles technologies. Pauvreté des budgets, praticiens et chercheurs ayant de moins en moins de temps, le peu de demandes de spécialistes, sont quelques-unes des causes recensées expliquant la désaffection des bibliothèques médicales.
Quelques chiffres sont significatifs : 75 % n'assurent pas de prêt inter bibliothèques, 68 % n'utilisent pas Medline, 38 % n'ont pas d'accès libre, 17, 4 % ne souscrivent aucun abonnement à des périodiques ; 81 % ne fournissent pas de service bibliographique.

D'autre part, le Centre National de la Documentation (NIC) à New Delhi a mis sur pied un centre de documentation biomédicale pour le " Indian Council of Medical Research "(ICMR). Ce centre, baptisé NIC-ICMR, utilise essentiellement les banques de données américaines type Medline, et a implanté sur son site des CDROM.

Le réseau des bibliothèques médicales

La situation des bibliothèques médicales reste cependant très inégales selon les 5 grandes régions de l'Inde. Une structure en réseau existe qui ne demande qu'à se renforcer.

La Bibliothèque Nationale de Médecine est située à New Delhi, la capitale. D'elle dépendent 5 grands instituts correspondant à chacune des 5 grandes régions précitées

  • Le BHU Institute of Medical Sciences à Vernasi
  • Le Postgraduate Institute of Medical Education and Research à Chandigarth
  • Le Set GS Medical College à Bombay
  • Le Christian Medical College à Vellore
  • Le Calcutta Medical College à Calcutta

La Bibliothèque Nationale de Médecine commence à collaborer avec la "US National Library of Medicine" en vue d'implanter des centres MEDLARS, ainsi qu'avec l'UNESCO dans le but d'appliquer les programmes NATIS et UNISIST.

Les collections

Les chiffres fournis sont malheureusement assez anciens ; un inventaire des ressources a été entrepris : les 39 bibliothèques d'écoles médicales possédaient 664000 ouvrages en 1972 et 969000 en 1979.

Les bibliothécaires médicaux

Dans ce contexte particulier, les bibliothécaires médicaux sont peu reconnus et peu formés aux techniques documentaires actuelles. Les profils de poste ne sont guère définis ; la "Medical Library Association of India" a émis un certain nombre de recommandations quant au fonctionnement des bibliothèques médicales, avec notamment un minimum de 30 personnes employées dans une bibliothèque d'école de médecine et 5 personnes pour celle d'un hôpital. Les chiffres réels sont loin des recommandations émises.
Il faut cependant souligner que les activités d'information en Inde sont gérées par les bibliothécaires ou documentalistes. Cette tradition bibliothéconomique rigoureuse a généré des systèmes de traitement de l'information rationnels. S.R. Ranganathan (dont on a célébré le centenaire de la naissance lors de la 58ème Conférence de l'IFLA) bibliothécaire et auteur de la "Colon classification", a forgé une classification adaptée au système de pensée indien.

La formation professionnelle continue des bibliothécaires médicaux

La "Medical Library Association of India" a pris l'initiative de la formation professionnelle continue des bibliothécaires médicaux et a organisé des cours sur l'indexation, les interrogations de banques de données en ligne. En outre, seuls 20 % des bibliothécaires assistent à des congrès professionnels.

L'information scientifique

La diaspora scientifique indienne

Le manque de moyens se fait cruellement sentir dans les 177 universités indiennes : certaines expériences ne peuvent être réalisées faute d'appareils assez précis, et un programme de recherche demande le plus souvent deux fois plus de temps qu'aux Etats-Unis pour aboutir.
Pour ces raisons, l'évasion des cerveaux est un phénomène d'une ampleur énorme. L'Inde possède la troisième communauté scientifique du monde, et malgré une sélection très dure, le plus fort taux de chômage chez les diplômés. Trouver un travail, se voir proposer un salaire beaucoup plus élevé, des conditions intéressantes sur le plan professionnel, et une certaine fascination pour l'Occident poussent les scientifiques indiens anglophones à s'expatrier surtout en direction des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne. Cette diaspora scientifique est probablement la plus importante du monde. Ce phénomène, qui touche également la communauté médicale, semble cependant se ralentir avec la conjoncture internationale. L'Inde comptait, en 1991, 80000 chercheurs.

Les universités indiennes et la recherche scientifique

C'est l'University Grant Commission (Commission Universitaire des Bourses) qui répartit le budget entre les 177 universités. Celles-ci sont pauvres et l'enseignement pratique est très réduit par manque de fonds. Pour la recherche, il existe une entraide entre les laboratoires indiens et l'étranger. Les laboratoires indiens accusent 2 ou 3 ans de retard en biologie moléculaire et en génie génétique, mais un gros effort a été entrepris depuis quelques années pour enrayer ce retard. De plus, à cause de l'insuffisance des subventions en faveur de la documentation, les chercheurs doivent faire un effort considérable pour rassembler l'information nécessaire : un certain nombre de bibliothèques ne peuvent pas fournir des ressources documentaires élémentaires aux chercheurs de leur établissement.

Les bibliothèques scientifiques

La majorité des bibliothèques scientifiques est financée et dirigée par l'Etat. Elles connaissent les mêmes problèmes que les bibliothèques médicales pour les achats de collections de périodiques, les constructions et les rénovations de bâtiments, le recrutement et les conditions statutaires des personnels ; l'Etat subventionne également en grande partie la recherche scientifique. Le plus récent répertoire des bibliothèques scientifiques recense 1154 établissements.
La Bibliothèque Nationale des Sciences (NSL) est située à New Delhi.
Un plan d'ensemble national a été décidé en vue de développer et d'améliorer les bibliothèques et services de documentation : dès le 5ème plan quinquennal (1974-1979), l'Etat a retenu la documentation scientifique comme l'un des 22 domaines prioritaires en sciences. Ce programme ambitieux a pour nom NISSAT (Système national d'information pour la science et la technologie) : il vise à une amélioration des ressources des bibliothèques scientifiques et leur intégration dans un système national. Il est placé sous la tutelle du Département de la Recherche Scientifique et Industrielle dépendant du Ministère de la Science et de la Technologie. Le programme NISSAT a été poursuivi durant les 6ème et 7ème plans quinquennaux.

L'Inde est ainsi le premier pays en voie de développement à adopter un plan national pour la documentation scientifique et technique.

Informatisation et réseaux

Grâce à l'utilisation du logiciel CDS/ISIS de l'UNESCO via le NISSAT, un certain nombre de bibliothèques scientifiques ont automatisé diverses fonctions bibliothéconomiques notamment le catalogage des documents. Des cours ont également été organisés dans diverses régions du pays pour former les professionnels à l'utilisation de ce logiciel. La Commission Universitaire des Bourses a accordé une subvention de 2 millions de francs pour établir un Centre National pour la Science de l'Information (NCSI), à l'Institut Indien des Sciences de Bangalore : celui-ci répond aux besoins des chercheurs en utilisant les banques de données BIOSIS, INSPEC, GEOREF et MATHFILE. Des CDROM y sont en accès libre et 4 autres instituts (New Delhi, Pune Madras, Calcutta) ont pu bénéficier, grâce au programme NISSAT, de l'accès aux centres internationaux de données ; afin de partager les ressources documentaires entre bibliothèques, plusieurs projets de réseaux voient le jour, entre Calcutta et Delhi notamment, ainsi qu'un réseau reliant les bibliothèques universitaires et les bibliothèques d'établissements importants.
Les différents ministères concernés mettent au point et développent actuellement d' importants réseaux commutés de télécommunications (ayant pour nom Nicnet, Indonet et Vikram), via le satellite. Ce réseau permettra, dans le futur, les interconnexions et les échanges d'informations scientifiques.

INSDOC : le Centre National Indien de la Documentation Scien
ifique à New Delhi

Créé en 1952 avec l'aide de l'UNESCO obtenue à la demande de S.R. Ranganathan, INSDOC devient très rapidement la référence en matière scientifique en Inde et en Asie : l'accès aux documents et la production de bibliographies sont prioritaires. 300 personnes y travaillent, huit divisions et 3 centres régionaux (Bangalore, Calcutta et Madras) ont été développés. La Bibliothèque Nationale des Sciences (NSL) citée précédemment fait partie intégrante d'INSDOC.

Le centre de documentation est ouvert à tout public et la consultation est gratuite. Seuls certains services bibliographiques sont payants, mais à un taux réduit.

Le fonds documentaire de l'INSDOC : on dénombre 130.000 volumes et 3400 périodiques reçus dont un fonds de périodiques russes : l'Inde et l'URSS, du temps du bloc soviétique, ont, en effet, collaboré à un certain nombre de projets, notamment pour la recherche scientifique. INSDOC reçoit une vingtaine de périodiques scientifiques français, parmi lesquels "Documentaliste, sciences de l'information". Il est également dépositaire de rapports, et répertorie thèses et brevets.

Ses activités, produits et services :

  • l' "Indian Science Abstracts", est un bi-mensuel, publié depuis 1964, qui couvre toute l'information scientifique et technique en Inde. 30.000 articles sont analysés chaque année, et depuis 1990 les données ont été intégrées sur logiciel pour être consultables en ligne. Le public d'INSDOC y a accès depuis 1992. Est publié également le Directory of Indian Scientific Periodicals and Institutions.
  • INSDOC propose l'abonnement à des profil de recherches
  • INSDOC possède un service photographique et de microcopie des documents : il a d'ores et déjà lancé un programme de digitalisation de 1000 périodiques reçus, sur WORM, avec l'aide de l'UNESCO. Ce programme est à la pointe des technologies actuelles : un disque WORM (Write One Read Many) permet de résoudre le problème de l'archivage des documents. Développé sur ordinateur PC, le disque est inscriptible à raison de milliers de pages numérisées. La consultation est rapide, méthodique. Le même programme est en cours de réalisation à Pékin.
  • il est possible de consulter en ligne des banques de données internationales grâce aux serveurs DIALOG et EASY NET
  • ainsi que des CDROM : Science Citation Index, Applied Science & Technology Index, Biological and Agricultural Index, General Science Index
  • il produit des banques de données indiennnes telles que Indian Patents, National Union Catalogue (recensant 15OOO titres de périodiques scientifiques répartis dans 600 bibliothèques des grandes villes uniquement), Polymer Science. La banque de données du NUCSSI (catalogue collectif national des périodiques scientifiques en Inde) sera bientôt disponible en ligne.
  • il développe un programme d'éducation permanente des professionnels de la documentation et délivre un Master Degree au niveau national.
  • enfin, un service de traduction a été mis en place : la langue véhiculaire étant l'anglais, il faut savoir que l'Inde ne compte pas moins de 15 langues officielles sur les 16OO langues répertoriées dans ce pays.

Utilisation de la documentation scientifique et médicale

Selon une étude récente, et paradoxalement avec le but même de la recherche scientifique, les chercheurs indiens ne sont pas réellement conscients du rôle véritable de la documentation dans les activités de recherche. Les ressources sont peu utilisées : les demandes de photocopies, les bibliographies et les traductions établies pour les scientifiques sont constantes depuis 20 ans, alors que dans le même temps, le nombre d'établissements scientifiques et de chercheurs a augmenté. L'habitude régulière de se tenir informé des dernières publications ne semble pas être une demande prioritaire. De plus, les découvertes scientifiques indiennes sont peu diffusées dans la communauté scientifique internationale, bien qu'il n'y ait pas de problème de langue, les articles étant directement écrits en anglais et bien que leur valeur scientifique soit reconnue : sur l'ensemble de la littérature scientifique produite en Inde, 19 % concernent le domaine médical, et 41 % le domaine purement scientifique.

Conclusions

La documentation scientifique et médicale peut et doit jouer un rôle plus important dans l'économie des pays en voie de développement, mais à cause de l'importation des technologies et du manque de compétitivité interne et de concurrence en Inde, il existe une désaffection manifeste à l'égard de la documentation et des bibliothèques médicales en particulier ; le sort des bibliothèques scientifiques est plus enviable avec notamment des réalisations prestigieuses telles qu'INSDOC : c'est là tout le hiatus existant entre les domaines scientifique et technologique très développés en Inde, et le domaine médical qui reste un peu ignoré. L'environnement de la recherche, les obstacles administratifs et l'incapacité des utilisateurs à payer la fourniture de documents sont d'autres facteurs. Ce dernier point est d'ailleurs très discuté par les bibliothécaires indiens : faut-il ou non faire payer les utilisateurs de la documentation médicale et scientifique pour les services rendus. Il semble que l'on s'achemine vers un paiement minimum, tel qu'il est déjà pratiqué par l'INSDOC.

Cependant, la relative prise de conscience par l'Etat de l'importance de la documentation fait que la position de l'Inde est quelque peu différente de celle des autres pays en voie de développement : les bibliothèques et services de documentation sont pris en compte dans la planification nationale, le programme NISSAT fonctionne et le pays est conscient du besoin de modernisation et du manque de réseaux.

Même si souvent elle n'arrive pas à tirer partie de ses succès sur le plan de la recherche fondamentale, l'Inde profite dès à présent de ses capacités à évaluer les technologies les plus avancées proposées par l'Occident, grâce à ses experts qualifiés.

Il y a en Inde une tradition intellectuelle très forte et beaucoup de concepts scientifiques y ont vu le jour. C'est avec douleur que les Indiens ont pris conscience de la supériorité scientifique de l'Occident : mais pour eux, ce n'est qu'un accident de l'Histoire. La place de l'Inde dans la recherche scientifique n'est plus à démontrer, mais ne pourra s'imposer qu'avec un plus grand développement de l'information médicale et scientifique dans le pays.

Bibliographie

(1) BAVAYAKUTTY M. Acquisition of scientific literature in developing countries : India. Information development, 1991, vol. 7, n° 3, pp. 156-163.
(2) DIGUET D. La politique nationale d'information scientifique et technique de l'Inde : rapport de fin d'études. Paris : EHESS, 1991.
(3) DHIR S.C. Enquête sur les bibliothèques des écoles de médecine en Asie du Sud-Est. Bulletin de l'Unesco à l'intention des bibliothèques, 1972, vol. 26, n° 6, pp. 343-351.
(4) INSDOC. New Delhi. INSDOC on the path of progress : 40 years. New Delhi : Indian National Scientific Documentation Center, 1992.
(5) JAIN M.K. Growth of libraries since the beginning of India's civilization. Conférence IFLA, 1991, Moscou, meeting n° 102, 30-ASIA-1-E.
(6) KITTUR K.N. Medical libraries in health management. Conférence IFLA, 1992, New Delhi, meeting n° 97.
(7) LAHIRI A. Initiatives pour faciliter l'accès à l'information scientifique et technique en Inde. Conférence IFLA, 1992, New Delhi, meeting n° 81, 58-SCIE-2-F.
(8) LALITH NAL. Information needs of health professionnals in remote areas. Conférence IFLA, 1992, New Delhi, meeting n° 97.
(9) MAJID PATHAN A. The health sciences library network for India. International Library Review, 1989, vol. 21, pp. 411-439.
(10) MAJID PATHAN A. Education for medical librarianship in India. International Library Review, 1978, vol. 10, pp.187-209.
(11) MAJID PATHAN A. Budget and document procurement in medical libraries in India. International Library Review, 1977, vol. 9, pp. 431-439.
(12) MALHAN, Inder Vir. Valeur de la documentation, modernisation et problèmes économiques des bibliothèques scientifiques et techniques en Inde. Conférence IFLA, 1989, Paris, meeting n°113, 46-ASIA-2-F(13).
(13) VIJAYADITA N. Communication technology. Conférence IFLA, 1992, New Delhi, meeting n° 97.

Panorama de l'information médicale et scientifique en Inde

Résumé

La 58ème Conférence Générale de l'IFLA (International Federation of Library Associations) s'est tenue à New Delhi du 30 août au 5 septembre 1992, et coïncidait avec la célébration du centième anniversaire de la naissance du Dr S.R. Raganathan, fondateur du mouvement en faveur du développement des bibliothèques en Inde et inventeur célèbre de la "Colon classification" adaptée de la classification Dewey.
Sous le thème de "Library and Information Policy Perspectives", cette conférence permit avant tout d'établir un dialogue élargi avec les pays en voie de développement dont l'Inde est le leader. Cette position de leader place l'Inde en tête de la recherche scientifique en Asie du Sud-Est ; mais ce pays reste en retrait dans le domaine médical, comme en témoignent une information scientifique privilégiée. L'Inde ne pourra s'imposer totalement au niveau de la recherche scientifique qu'en développant l'information médicale et scientifique.

Abstract

The 58th General Conference of the International Library Associations (IFLA) was held in New Delhi from August 30th to September 5th, which coïncided with the birth centenary celebration of Dr S.R. Ranganathan, the father of the library movement in India, and the famous inventor of the "Colon classification" adapted from the Dewey classification.
The theme of the Conference, both relevant and topical, was "Library and Information Policies Perspectives" ; that was an opportunity to have a large exchange with the under developed countries from which India is considered as the leader. India is at the head of the scientific research in South East Asia but not in the field of medicine : almost scientific information is privileged. India could not remain the leader of the scientific research in this part of the world if medical and scientific information are not well developed.

 

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1992 - IFLA New Delhi (Inde) (bis) https://www.jpaccart.ch/international/1992-ifla-new-delhi-inde-bis.html https://www.jpaccart.ch/international/1992-ifla-new-delhi-inde-bis.html

La politique nationale d'information en Inde 

Newsletter to European Health Librarians, 1993, n° 22, pp. 23-24.

Introduction

Après plus de 40 ans d'efforts, c'est-à-dire depuis 1947 date de l'Indépendance, l'Inde est incontestablement devenue une puissance scientifique : sa position de leader des pays du Sud-Est asiatique ne lui est pas contestée.
La place de l'Inde dans le domaine de la recherche scientifique est unique parmi les pays en voie de développement : ces derniers la considèrent comme une "super puissance", et elle est classée au 8ème rang mondial dans le domaine des publications scientifiques (dix mille titres contre deux mille pour la Chine).

L'information médicale

La démographie indienne

La population est estimée, en 1992, aux alentours de 883 millions d'habitants avec une augmentation de 2% par an (chiffre équivalent à celui de la Chine). C'est dire l'importance que devraient prendre la médecine et la santé en Inde pour rattraper ce retard.

Médecine et santé en Inde

En 1986, 318 000 médecins étaient recensés, soit 1 pour 2471 habitants (par comparaison, en France la proportion de médecins est 5 fois plus grande), et le chiffre de 695 000 lits d'hôpitaux est avancé (soit seulement le double de la capacité française d'hospitalisation pour une population 15 fois plus nombreuse).

La médecine traditionnelle

Des systèmes médicaux propres à l'Inde, ayant pour nom "Ayurveda", "Unani" et "Sidha", préexistaient à la colonisation anglaise. Lentement, avec les encouragements du gouvernement britannique, la médecine occidentale prit le pas sur la médecine traditionnelle : le premier collège médical fut établi vers le milieu du 19ème siècle. A l'heure actuelle, 466 collèges médicaux et en science de la santé sont dénombrés.
Avec l'essor de la documentation mondiale, l'"Indian Coucil of Medical Research" fut chargé de remodeler et d'uniformiser l'éducation médicale du pays, domaine qui reste, malgré les efforts faits, à l'état embryonnaire. Une des solutions serait l'extension du nombre des bibliothèques médicales.

Les bibliothèques médicales

Depuis 1978, le développement de l'information médicale sur le territoire commence à être pris en compte par l'Etat indien. L'autorité centrale est représentée par l'"Indian Council of Medical Research" (ICMR) sous la tutelle du Ministère de la Santé.
Il y a 613 bibliothèques médicales et en sciences de la santé en Inde, attachées soit à des collèges et écoles médicales ou infirmiers, soit à des hôpitaux de districts. Mais ce n'est pas encore un programme prioritaire pour la nation et cela se ressent au niveau du support financier. Les services offerts sont les services traditionnels d'une bibliothèque, sans les moyens modernes apportés par les nouvelles technologies. Pauvreté des budgets, praticiens et chercheurs ayant de moins en moins de temps, le peu de demandes de spécialistes, sont quelques-unes des causes recensées expliquant la désaffection des bibliothèques médicales.
Quelques chiffres sont significatifs : 75 % n'assurent pas de prêt inter bibliothèques, 68 % n'utilisent pas Medline, 38 % n'ont pas d'accès libre, 17, 4 % ne souscrivent aucun abonnement à des périodiques ; 81 % ne fournissent pas de service bibliographique.
D'autre part, le Centre National de la Documentation (NIC) à New Delhi a mis sur pied un centre de documentation biomédicale pour le " Indian Council of Medical Research "(ICMR). Ce centre, baptisé NIC-ICMR, utilise essentiellement les banques de données américaines type Medline, et a implanté sur son site des CDROM.

Le réseau des bibliothèques médicales

La situation des bibliothèques médicales reste cependant très inégales selon les 5 grandes régions de l'Inde. Une structure en réseau existe qui ne demande qu'à se renforcer.
La Bibliothèque Nationale de Médecine est située à New Delhi, la capitale. D'elle dépendent 5 grands instituts correspondant à chacune des 5 grandes régions précitées

  • Le BHU Institute of Medical Sciences à Vernasi
  • Le Postgraduate Institute of Medical Education and Research à Chandigarth
  • Le Set GS Medical College à Bombay
  • Le Christian Medical College à Vellore
  • le Calcutta Medical College à Calcutta

La Bibliothèque Nationale de Médecine commence à collaborer avec la "US National Library of Medicine" en vue d'implanter des centres MEDLARS, ainsi qu'avec l'UNESCO dans le but d'appliquer les programmes NATIS et UNISIST.

Les collections

Les chiffres fournis sont malheureusement assez anciens ; un inventaire des ressources a été entrepris : les 39 bibliothèques d'écoles médicales possédaient 664000 ouvrages en 1972 et 969000 en 1979.

Les bibliothècaires médicaux

Dans ce contexte particulier, les bibliothécaires médicaux sont peu reconnus et peu formés aux techniques documentaires actuelles. Les profils de poste restent à définir. Il faut cependant souligner que les activités d'information en Inde sont gérées par les bibliothécaires ou documentalistes. Cette tradition bibliothéconomique rigoureuse a généré des systèmes de traitement de l'information rationnels.

La formation professionnelle continue des bibliothécaires médicaux

La "Medical Library Association of India" a pris l'initiative de la formation professionnelle continue des bibliothécaires médicaux et a organisé des cours sur l'indexation, les interrogations de banques de données en ligne. En outre, seuls 20 % des bibliothécaires assistent à des congrès professionnels.

Conclusions

La documentation scientifique et médicale peut et doit jouer un rôle plus important dans l'économie des pays en voie de développement, mais, en Inde, il existe une désaffection manifeste à l'égard de la documentation et des bibliothèques médicales en particulier ; le sort des bibliothèques scientifiques est plus enviable.

Il y a en Inde une tradition intellectuelle très forte et beaucoup de concepts scientifiques y ont vu le jour. La place de l'Inde dans la recherche scientifique n'est plus à démontrer, mais ne pourra s'imposer qu'avec un plus grand développement de l'information médicale et scientifique dans le pays.

Bibliographie

(1) KITTUR K.N. Medical libraries in health management, Conférence IFLA, 1992, New Delhi, meeting n° 97.
(2) LALITH NAL. Information needs of health professionnals in remote areas, Conférence IFLA, 1992, New Delhi, meeting n° 97.
(3) MAJID PATHAN A. The health sciences library network for India. International Library Review, 1989, vol. 21, pp. 411-439.
(4) MAJID PATHAN A. Education for medical librarianship in India. International Library Review, 1978, vol. 10, pp. 187-209.

Résumé

La 58ème Conférence Générale de l'IFLA (International Federation of Library Associations) s'est tenue à New Delhi du 30 août au 5 septembre 1992, et coïncidait avec la célébration du centième anniversaire de la naissance du Dr S.R. Raganathan, fondateur du mouvement en faveur du développement des bibliothèques en Inde et inventeur célèbre de la "Colon classification" adaptée de la classification Dewey.
Sous le thème de "Library and Information Policy Perspectives", cette conférence permit avant tout d'établir un dialogue élargi avec les pays en voie de développement dont l'Inde est le leader. Cette position de leader place l'Inde en tête de la recherche scientifique en Asie du Sud-Est ; mais ce pays reste en retrait dans le domaine médical, comme en témoignent une information scientifique privilégiée. L'Inde ne pourra s'imposer totalement au niveau de la recherche scientifique qu'en développant l'information médicale et scientifique.

Abstract

The 58th General Conference of the International Library Associations (IFLA) was held in New Delhi from August 30th to September 5th, which coincided with the birth centenary celebration of Dr S.R. Ranganathan, the father of the library movement in India, and the famous inventor of the "Colon classification" adapted from the Dewey classification.
The theme of the Conference, both relevant and topical, was "Library and Information Policies Perspectives" ; that was an opportunity to have a large exchange with the under developed countries from which India is considered as the leader. India is at the head of the scientific research in South East Asia but not in the field of medicine : almost scientific information is privileged. India could not remain the leader of the scientific research in this part of the world if medical and scientific information are not well developed.

 

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1992 - IFLA New Delhi (Inde) https://www.jpaccart.ch/international/1992-ifla-new-delhi-inde.html https://www.jpaccart.ch/international/1992-ifla-new-delhi-inde.html

Panorama de l'information scientifique en Inde

Documentaliste, sciences de l'information, 1992, vol. 29, n° 6, pp. 277-283.

La 58e Conférence générale de l'IFLA s'est tenue à New Dehli du 30 août au 5 septembre derniers, coïncidant avec le centième anniversaire de la naissance de S. R. Ranganathan. Sur le thème Library and information policy perspectives, cette conférence permit avant tout d'établir un dialogue élargi avec les pays en développement dont l'Inde est incontestablement le leader. Si cette position met l'Inde en tête de la recherche scientifique en Asie du Sud-Est, ce pays reste cependant en retrait dans le domaine médical. L'article qui suit, réunissant un grand nombre de données recueillies sur place, présente l'organisation et la situation de l'information scientifique et médicale en Inde: ce pays ne pourra réellement s'imposer sur le plan de la recherche que par un développement de l'IST.

Après plus de quarante ans d'efforts, c'est-à-dire depuis 1947, date de l'indépendance, l'Inde est incontestablement devenue une puissance scientifique: en 1988, 5 milliards de francs ont été consacrés à la recherche et à la technologie, avec un budget qui augmente plus vite que l'indice des prix. C'est un choix audacieux qui répond à une exigence vitale, alors que dans le même temps les dépenses des autres pays en développement en achat de technologies ne cessent de s'accroître. Et, de fait, ce que propose l'Occident est de moins en moins adapté aux besoins réels de ces pays, d'où la nécessité croissante de développer des produits locaux.

La superficie de l'Inde est celle d'un continent: ses 3 287 590 km2 (soit près de six fois la France) lui imposent et lui permettent de développer tous les domaines de la science. Sa position de leader des pays du Sud-Est asiatique ne lui est pas contestée.

Un autre fait à souligner est la place de l'Inde dans le domaine de la recherche scientifique qui est unique parmi les pays en développement : ces derniers la considèrent comme une « super puissance », et elle est classée au 8" rang mondial dans le domaine des publications scientifiques (dix mille titres, contre deux mille pour la Chine). Après l'indépendance, on a assisté à un accroissement significatif du nombre des établissements scientifiques.

L'information médicale

La démographie indienne
La population est estimée, en 1992, aux alentours de 883 millions d'habitants, avec une augmentation de 2 % par an (chiffre équivalent à celui de la Chine). L'espérance de vie est de 57,9 ans et la mortalité infantile atteint 99 pour I 000 habitants. Malgré cela, on estime que la population indienne dépassera le milliard en l' an 2000. Pour enrayer une démographie galopante, le gouvernement indien a mis en place une politique de planning familial développée surtout dans les campagnes, l'Inde étant avant tout un pays rural. Mais, par culture et par tradition, les mariages sont précoces et les familles nombreuses. C'est dire l'importance que devraient~prendre la médecine et la santé en Inde pour rattraper ce retard.

Médecine et santé en Inde
En 1986, 3 18 000 médecins étaient recensés, soit 1 pour 2 471 habitants (par comparaison, en France, la proportion de médecins est cinq fois plus grande), et on avance le chiffre de 695 000 lits d 'hôpitaux (soit seulement le double de la capacité française d'hospitalisation pour une population quinze fois plus nombreuse).

La médecine traditionnelle
Parmi les trois sciences, Astronomie, Mathématiques et Médecine, qui furent les plus développées eh Inde aux premiers temps de la civilisation, la médecine est celle qui répond le mieux au modèle brahmanique traditionnel des sciences: celui-ci est très normatif, car il fixe les règles de vie sur le chemin de la sagesse et enseigne ce qu'il convient de faire pour atteindre les « quatre buts de l'existence humaine » : la prospérité, le plaisir, la vertu et la délivrance.

Des systèmes médicaux propres à l'Inde, ayant pour nom Ayurveda, Unani et Sidha, préexistaient à la colonisation anglaise. Lentement, avec les encouragements du gouvernement britannique, la médecine occidentale prit le pas sur la médecine traditionnelle: le premier collège médical fut établi vers le milieu du XIX" siècle. A l 'heure actuelle, on dénombre 466 collèges médicaux et en sciences de la santé. Avec l'essor de la documentation mondiale, I'Indian Council of Medical Research (ICMR) fut chargé de remodeler et d'uniformiser l'éducation médicale du pays, domaine qui reste, malgré les efforts faits, à l'état embryonnaire. Une des solutions serait l'extension du nombre des bibliothèques médicales.

Les bibliothèques médicalesDepuis 1978, le développement de l'information médicale sur le territoire commence à être pris en compte par l'Etat indien. L'autorité centrale est représentée par l'ICMR, placé sous la tutelle du Ministère de la santé.
Il y a 613 bibliothèques médicales et en sciences de la santé en Inde, attachées soit à des collèges et écoles médicales ou infirmières, soit à des hôpitaux de districts. Mais ce n'est pas encore un programme prioritaire pour la nation et cela se ressent au niveau du support financier. Les services offerts sont les services traditionnels d'une bibliothèque, sans les moyens modernes apportés par les nouvelles technologies. Pauvreté des budgets, disponibilité de plus en plus réduite des praticiens et chercheurs, faibles demandes émanant de spécialistes, sont quelques-unes des causes recensées expliquant la désaffection des bibliothèques médicales. Quelques chiffres sont significatifs: 75 % n'assurent pas de prêt inter-bibliothèques, 68 % n'utilisent pas Medline, 38 % n'ont pas d'accès libre, 17 ,4 % ne souscrivent aucun abonnement à des périodiques ; 81 % ne fournissent pas de service bibliographique.

D'autre part, le Centre national de la documentation (NIC) à New Delhi a mis sur pied un centre de documentation biomédicale pour l'ICMR. Ce centre, baptisé NICICMR, utilise essentiellement les banques de données américaines de type Medline, et a implanté sur son site des CD-ROM.

Le réseau des bibliothèques médicalesLa situation des bibliothèques médicales reste cependant très inégale selon les cinq grandes régions de l'Inde. Une structure en réseau existe qui ne demande qu'à se renforcer. La Bibliothèque nationale de médecine est située à New Delhi, la capitale. D'elle dépendent cinq grands instituts correspondant à chacune des cinq grandes régions précitées :
- le BHU Institute of Medical Sciences, à Varanasi,
- le Postgraduate Institute of Medical Education and Research, à Chandigarh,
- le Set GS Medical College, à Bombay,
- le Christian Medical College, à Vellore, -le Calcutta Medical College.

La Bibliothèque nationale de médecine commence à collaborer avec la US National Library of Medicine en vue d'implanter des centres MEDLARS, ainsi qu'avec l'Unesco dans le but d'appliquer les programmes NATIS et UNISIST.

Les collections
Les chiffres fournis sont malheureusement assez anciens; un inventaire des ressources a été entrepris: les 39 bibliothèques d'écoles médicales possédaient 664000 ouvrages en 1972 et 969000 en 1979.

Les bibliothécaires médicaux
Dans ce contexte particulier, les bibliothécaires médicaux sont pt;U reconnus et peu formés aux techniques documentaires actuelles. Les profils de postes ne sont guère définis; la Medical Library Association of India a émis un certain nombre de recommandations relatives au fonctionnement des bibliothèques médicales, prescrivant notamment d'employer un minimum de trente personnes dans une bibliothèque d'école de médecine et de cinq personnes pour celle d'un hôpital. Les chiffres réels sont éloignés de ces recommandations. Il faut cependant souligner que les activités d'information en Inde sont gérées par les bibliothécaires ou documentalistes. Cette tradition bibliothéconomique rigoureuse a généré des systèmes de traitement de l'information rationnels. S.R. Ranganathan (dont on a célébré le centenaire de la naissance lors de la 58e Conférence de l' IFLA), bibliothécaire, fondateur du mouvement en faveur des bibliothèques dans son pays et auteur de la Colon classification, a forgé une classification adaptée au système de pensée indien.

La Medical Library Association of India a pris l'initiative de la formation professionnelle continue des bibliothécaires médicaux et a organisé des cours portant notamment sur l'indexation et les interrogations de banques de données en ligne. Notons enfin que seulement 20 % des bibliothécaires assistent à des congrès professionnels.

L'information scientifique

La diaspora scientifique indienne
Le manque de moyens se fait cruellement sentir dans les 177 universités indiennes: certaines expériences ne peuvent être réalisées faute d'appareils assez précis, et un programme de recherche demande le plus souvent pour aboutir deux fois plus de temps qu'aux Etats-Unis.

Pour ces raisons, l'évasion des cerveaux est un phénomène d'une ampleur énorme. L'Inde possède la troisième communauté scientifique du monde et, malgré une sélection très dure, le plus fort taux de chômage chez les diplômés. Trouver un travail, se voir proposer un salaire beaucoup plus élevé et des conditions intéressantes sur le plan professionnel, ainsi qu'une certaine fascination pour l'Occident poussent les scientifiques indiens anglophones à s'expatrier, surtout en direction des Etats-Unis et de la Grande Bretagne. Cette diaspora scientifique est probablement la plus importante du monde. Ce phénomène, qui touche également la communauté médicale, semble cependant se ralentir avec la conjoncture internationale. L'Inde comptait, en 1991, 80 000 chercheurs sur son territoire.

Les universités indiennes et la recherche scientifique
C'est l'University Grant Commission (Commission universitaire des bourses) qui répartit le budget entre les 177 universités. Celles-ci sont pauvres et l'enseignement pratique est très réduit par manque de fonds. Pour la recherche, il existe une entraide entre les laboratoires indiens et l'étranger. Les laboratoires indiens accusent deux ou trois ans de retard en biologie moléculaire et en génie génétique, mais un gros effort a été entrepris depuis quelques années pour enrayer ce retard. De plus, à cause de l'insuffisance des subventions en faveur de la documentation, les chercheurs doivent faire un effort considérable pour rassembler l'information qui leur est nécessaire : un certain nombre de bibliothèques ne peuvent pas fournir des ressources documentaires élémentaires aux chercheurs de leur établissement.

Les bibliothèques scientifiques
La majorité des bibliothèques scientifiques est financée et dirigée par l'Etat. Elles connaissent les mêmes problèmes que les bibliothèques médicales pour les achats de collections de périodiques, les constructions et les rénovations de bâtiments, le recrutement et les conditions statutaires des personnels: l'Etat subventionne également en grande partie la recherche scientifique, Le plus récent répertoire des bibliothèques scientifiques recense 1 154 établissements. La Bibliothèque nationale des sciences (NSL) est située à New Delhi.

Un plan d'ensemble national a été décidé en vue de développer et d'améliorer les bibliothèques et services de documentation: dès le 5e plan quinquennal (1974-1979), l'Etat a retenu la documentation scientifique comme l'un des 22 domaines prioritaires en sciences. Ce programme ambitieux a pour nom NISSAT (Système national d'information pour la science et la technologie) : il vise une amélioration des ressources des bibliothèques scientifiques et leur intégration dans un système national. Il est placé sous la tutelle du Département de la recherche scientifique et industrielle (Département des sciences et technologies) dépendant du Ministère de la science et de la technologie. Le programme NISSAT a été poursuivi durant les 6e et 7" plans quinquennaux.

L'Inde est ainsi le premier pays en développement à adopter un plan national pour la documentation scientifique et technique.

Informatisation et réseaux
Grâce à l'utilisation du logiciel CDS/ISIS de l'Unesco via le NISSAT, un certain nombre de bibliothèques scientifiques ont automatisé diverses fonctions bibliothéconomiques, notamment le catalogage des documents. Des cours ont également été organisés dans diverses régions du pays pour former les professionnels à l'utilisation de ce logiciel. La Commission universitaire des bourses a accordé une subvention équivalant à 2 millions de francs pour créer un Centre national pour la science de l'information (NCSI), à l'Institut indien des sciences de Bangalore: celui-ci répond aux besoins des chercheurs en utilisant les banques de données BIOSIS, INSPEC, GEOREF et MATHFILE. Des CD-ROM y sont en accès libre et quatre autres instituts (New Delhi, Poona, Madras, Calcutta) ont pu bénéficier, grâce au programme NISSAT, de l'accès aux centres internationaux de données; afin de partager les ressources documentaires entre bibliothèques, plusieurs projets de
éseaux voient le jour, entre Calcutta et Delhi notamment, ainsi qu'un réseau reliant les bibliothèques universitaires et les bibliothèques d'établissements importants.

Les différents ministères concernés mettent au point et développent actuellement d'importants réseaux commutés de télécommunications (ayant pour nom Nicnet, Indonet et Vikram), via le satellite. Ce réseau permettra, dans le futur, les interconnexions et les échanges d'informations scientifiques.

INSDOC : le Centre national indien de la documentation scientifique à New Delhi
Créé en 1952 avec une aide de l'Unesco obtenue à la demande de S.R. Ranganathan, INSDOC devient très rapidement la référence en matière scientifique en Inde et en Asie: l'accès aux documents et la production de bibliographies sont prioritaires. 300 personnes y travaillent, huit divisions et trois centres régionaux (Bangalore, Calcutta et Madras) ont été développés. La Bibliothèque nationale des sciences (NSL) déjà citée fait partie intégrante d'INSDOC.

Le centre de documentation est ouvert à tout public et la consultation est gratuite. Seuls certains services bibliographiques sont payants, mais à un taux très bas. Le fonds documentaire de l'INSDOC comprend 130000 volumes et 3400 périodiques reçus, dont un fonds de périodiques russes: l'Inde et l'URSS, du temps du bloc soviétique, ont en effet collaboré à un certain nombre de projets, notamment pour la recherche scientifique. INSDOC reçoit une vingtaine de périodiques scientitiques français, parmi lesquels Documentaliste Science de l’Information. Il est également dépositaire de rapports, et répertorie thèses et brevets.

Les activités, produits et services de l'INSDOC sont les suivants :
- L’Indian Science Abstracts est un bimensuel, publié depuis 1964, qui couvre toute l'information scientifique et technique en Inde. 30 000 articles sont analysés chaque année, et depuis 1990 les données sont consultables en ligne. Le public d'INSDOC y a accès depuis 1992. Est publié également le ;
- INSDOC propose l'abonnement à des profils de recherches ;
- le centre possède un service photographique et de microcopie des documents: il a d'ores et déjà lancé un programme de numérisation de 1 000 périodiques, sur WORM, avec l'aide de l'Unesco.
Ce programme est à la pointe des technologies actuelles: un disque WORM (Write one read many) permet de résoudre le problème de l'archivage des documents. Développé sur ordinateur PC, le disque est inscriptible à raison de milliers de pages numérisées. La consultation est rapide, méthodique. Le même programme est en cours de réalisation à Pékin ;
- il est possible de consulter en ligne des banques de données internationales grâce aux serveurs Dialog et Easynet ainsi que des CD-ROM : Science Citation Index, Applied Sci'ence & Technolology Index, Biological and Agricultural Index, General Science Index ;
- INSDOC produit des banques de données indiennnes telles que Indian Patents, National Union Catalogue (recensant 15 000 titres de périodiques scientifiques répartis dans 600 bibliothèques des grandes villes uniquement), Polymer Science. La banque de données du NUCSSI (catalogue collectif national des périodiques scientifiques en Inde) sera bientôt disponible en ligne ;
- le centre développe un programme d'éducation permanente des professionnels de la documentation et délivre un master degree au niveau national ;
- enfin, un service de traduction a été mis en place, la langue véhiculaire étant l'anglais (il faut se souvenir que l'Inde ne compte pas moins de 15 langues officielles sur les 1 600 langues répertoriées dans ce pays).

Utilisation de la documentation scientifique et médicale
jpab8 Selon une étude récente, et paradoxalement alors même qu'ils affirment vouloir faire de la recherche scientifique, les chercheurs indiens ne sont pas réellement conscients du rôle véritable de la documentation dans les activités de recherche. Les ressources sont peu utilisées : le nombre de demandes de photocopies, celui des bibliographies et des traductions établies pour les scientifiques sont constants depuis vingt ans, alors que dans le même temps le nombre d'établissements scientifiques et de chercheurs a augmenté. Le souci de se tenir régulièrement informé des dernières publications ne semble pas être prioritaire. De plus, les découvertes scientifiques indiennes sont peu diffusées dans la communauté internationale, bien qu'il n'y ait pas de problème de langue (les articles étant directement écrits en anglais) et bien que leur valeur scientifique soit reconnue: sur 1 'ensemble de la littérature scientifique produite en Inde, 19 o/c concernent le domaine médical, et 41 % le domaine purement scientifique.

Développer l’IST pour imposer la recherche indienne

La documentation scientifique et médicale peut et doit jouer un rôle plus important dans I"économie des pays en voie de développement, mais à cause de l’importation des technologies et du manque de compétitivité interne et de concurrence en Inde, il existe une désaffection manifeste à l'égard de la documentation et des bibliothèques médicales en particulier ; le sort des bibliothèques scientifiques est plus enviable, avec notamment des réalisations prestigieuses telles qu'INSDOC. C'est là tout le hiatus existant entre les domaines scientifique et technologique très développés en Inde, et le domaine médical qui reste un peu négligé. L'environnement de la recherche, les obstacles administratifs et l'incapacité des utilisateurs à payer la fourniture, de documents sont d'autres facteurs. Ce dernier point est d'ailleurs très discuté par les bibliothécaires indiens: faut-il ou non faire payer les utilisateurs de la documentation médicale et scientifique pour les services rendus ? Il semble que l'on s'achemine vers un paiement minimum, tel qu'il est déjà pratiqué par l'INSDOC.

Cependant, la relative prise de conscience par l'Etat de l'importance de la documentation fait que la position de l'Inde est quelque peu différente de celle des autres pays en développement: les bibliothèques et services de documentation sont pris en compte dans la planification nationale, le programme NISSAT fonctionne, et le pays est conscient du besoin de modernisation et du manque de réseaux.

Même si souvent elle n'arrive pas à tirer parti de ses succès sur le plan de la recherche fondamentale, l'Inde profite dès à présent de ses capacités à évaluer les technologies les plus avancées proposées par l'Occident, grâce à ses experts qualifiés.

Il y a en Inde une tradition intellectuelle très forte, et beaucoup de concepts scientifiques y ont vu le jour. C'est avec douleur que les Indiens ont pris conscience de la supériorité scientifique de l'Occident: mais pour eux, ce n'est qu'un accident de l'Histoire. La place de l'Inde dans la recherche scientifique n'est plus à démontrer, mais cette recherche ne pourra s ' imposer qu'avec un plus grand développement de l'information médicale et scientifique dans le pays.

Bibliographie

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[3] S.C. Dhir. Enquête sur les bibliothèques des écoles de médecine en Asie du Sud-Est. Bulletin de l'Unesco à l'intention des bibliothèques, 1972, vol. 26, n° 6, pp. 343-351.
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[13] N. Vijayadita. Communication technology Conférence IFLA 1992. New Delhi. meeting n° 97.

Cet article paraît simultanément dans le Bulletin d’informations de l'Association des bibliothécaires français (4e trimestre 1992, n° 157).

 

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1991 - IFLA Moscou (Russie) (ter) https://www.jpaccart.ch/international/1991-ifla-moscou-russie-ter.html https://www.jpaccart.ch/international/1991-ifla-moscou-russie-ter.html

Russian Scientific Libraries in Transition

Health information and libraries, 1992, vol. 3, pp. 108-115.

The full text of this article has been first published in "Documentaliste, sciences de l'information", 1992, vol. 29, n° 1, entitled: Les Bibliothèques scientifiques russes en transition.

An Historical approach...

The first libraries of the history of Russia are mentionned during the years 400 of our era. In the fields of medicine and sciences, the foundation of great institutions such as the Academy of Sciences in St Petersburg in 1724, and the University of Moscow in 1756, is the beginning and the basement of the history of scientific libraries.

The Russian State administrates these libraries through local mediums: the Ministries of Culture of the Republics.

The main period of the development of public libraries took place during the years 1945-1960: it corresponds with the reconstruction of the national economy. In 1960, the number of 380.000 libraries (in all categories) was reached. At the present time, 326.000 libraries are registered with 400.000 employees. With over 300 millions of inhabitants, 50 % of the population are users of a public library.

The Scientific and medical librarians

The Institute of Culture in Moscow has 7 faculty chairs of library science and an enrollment of 1200 library students . There are 40 schools of library science in Russia and a special school in Saint Petersburg for the education of health sciences librarians. Russian librarians did not have a national organization until just a year ago and are now beginning to organize themselves into a national presence.

"SOYUZMEDINFORM"

Under the direction of Dr Alexander KISELEV, of the Ministry of Public Health, SOYUZMEDINFORM is a recent organized entity that includes:

  • the Institute for Scientific and Medical Information for the Republics
  • the State Central Scientific Medical Library (SCSML)
  • a publishing house

The purpose of this consortium is to build national databases and disseminate this information both inside and outside the Russian republics. 5000 persons are working for SOYUZMEDINFORM.

THE INSTITUTE FOR SCIENTIFIC AND MEDICAL INFORMATION OF THE REPUBLICS

SOYUZMEDINFORM is the main producer of scientific and medical information all over the Russian territory and the Republics. Its activities are the following ones:

  • the acquisition of documents
  • the generation of bibliographic and factographic data bases on medicine and health care
  • publication of information materials: medical abstract journal, press reviews on public health, bibliographic indexes, a periodical both in russian and english languages
  • sociological studies in medicine
  • the introduction and the development of new computer information technologies

It is an answer to the needs of a great number of persons working in the fields of public health: over 1, 2 millions physicians, 100.000 searchers and teachers.
In order to spread medical and scientific information in every Republic, a dense network of libraries has been constituted (see diagram).

THE STATE CENTRAL SCIENTIFIC MEDICAL LIBRARY (SCSML) IN MOSCOW

This library, established in 1918, is the russian national library of medicine. The present building, constructed in 1977, was one of the most modern and well-maintained building in Moscow. The SCSML is housed in a big building, with large reading rooms.

The Books collecting

The SCSML receives without fail almost all russian books on medicine, transactions of research institutes and conference proceedings. Part of this literature is directed to the exchange stock for the libraries network of this country and some developing countries.

Some significant figures

With over 2, 2 millions volumes, the SCSML is one of the world's largest medical libraries .
Dayly, the SCSML provides about 1000 readers with 4500 documents. Annually, 1, 7 millions pages are copied and 11 million journal page copies are microfished for the network requests.

International cooperation

The SCSML makes a centralized acquisition of foreign periodicals for medical libraries subscribing to about 2000 journal titles.

In order to ensure a better selection of foreign books and more effective use of foreign currency allocations, SOYUZMEDINFORM regularly arranges books exhibitions of foreign publishing houses during which it makes its own purchases and serves a mediator for other consumers of medical literature.

Besides, the SCSML makes a wide exchange of books and journals with over 1000 organizations from 80 countries in the world.

The Interlibrary loan

It processes more than 90, 000 interlibrary loan requests a year. The process of initiating an interlibrary loan for a rural physician begins with the physician's local library. The request is made to the regional medical library and from there, if necessary, to SCSML.

The Russian medical libraries network

With at the head the SCSML, the network includes 4000 specialized libraries. We find:

  • the scientific libraries of the Republics (14) with:
    • the medical libraries of the regions (96)
    • the hospital libraries and the medical school libraries (3500)
  • then, the libraries of the research institutes (340)
  • and, finally, the scientific libraries of the universities (100)

Library network conception

In order to ensure a more effective use of the acquired stock and modern means of document delivery, the network needs up-to-date information system.

The following tasks are carried out:

  • a bibliographic data base generation developped in the largest libraries of the country
  • the access to foreign data bases and producing domestic data bases on CD ROM
  • ensuring to users an on- line access to catalogues

The First russian data base generation

In 1988, a new computer technology was developed by SOYUZMEDINFORM. Automation of SCSML began with entry of book titles into an automated union catalogue, the Deutsch Medical Database (DMD) in Cologne, Germany. The records are entered in machine readable-form and are then transferred to the All Union Institute of Applied Automation Systems in Moscow; from Moscow, they are transmitted to Cologne. SCSML doesn't have a main computer system.
At present, six biomedical information databases are being developed. Five of the files are incorporated into one retrieval system that is housed in a 120-MB harddrive IBM XT clone. The data is initially entered into dBase 3+ files that include a Cyrillic language compiler. These ASCII files are converted to ISO-2709 format of MICRO CDS/ISIS 2.0. This UNESCO-developed software includes a multilanguage menu (English, French, Spanish, and Russian) and its own program language, which has beeen used to create combined-sort formats.

The data-base files are journal articles, monographs, dissertations, government documents (almost from the Ministry of Public Health) and medical patents.

The article database contains items from 140 russian journals plus selected foreign journals. Access is possible by author, title, and subject, with all articles given an English title.
The retrieval system had 55.000 entries with 5.000 added monthly.
An English/Russian, Russian/English MeSH (Medical Subject Headings from "Index Medicus") database has been constructed with dBase 3. All terms have been translated and entered into a file that has Russian term, English term and tree structure access. The file also can be accessed by subheading,

THE PUBLISHING HOUSE

These databases have been created to increase the dissemination of biomedical information. Via deskstop publishing and printing by the attached printing house, a number of bibliographies are produced. These includes:

  • a weekly Current Index of Scientific and Medical Literature
  • an annual Index of Scientific Research
  • a quarterly Catalog of Medical Dissertations
  • a monthly list of published medical books

Observations

With the reorganization under SOYUZMEDINFORM, the means of access to Russian biomedical information has been restructured and enhanced. At present, access is limited to one terminal or print products ; the hardware size will be exhausted in one year . Despite the limited resources, comprehensive files for current Russian biomedical materials have been developed.

How does SOYUZMEDINFORM face the disintegration of the Soviet Union ? Until now, we have no answer to this question. We only hope that efforts could go on and that SOYUZMEDINFORM would achieve the process of reorganization of scientific information in Russia.

References


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(6) POULAIN M. Moscou, le putsch et les bibliothécaires. Bulletin des Bibliothèques de France, 1991, t. 36, n° 6, pp. 564-572.
(7) LAITINEN S. Experiences in using soviet databases in Scandinavia. IFLA booklet, 1991, n° 2, pp. 24-27.
(8) Moscou 1991 ou comment la géographie a rendez-vous avec l'histoire. Bulletin d'Informations de l'Association des Bibliothécaires Français, 1991, vol. 153, pp. 73.
(9) ACCART J.P. Les Bibliothèques scientifiques russes en transition. Documentaliste, sciences de l'information, 1991, vol. 29, n° 1, pp. 42-45.

Abstract:

The last historical events in the ex-Soviet Union are not only political . The world of libraries begin to be open and the changes even reach the most famous institutions. Such as, for example, the State Central Scientific Medical Library in Moscow which is at the head of a network of scientific and research libraries, and has created the first russian scientific data base. This article has been written after the last congress of IFLA (International Federation of Librarian Associations) in august 1991.

Keywords:

Medical libraries, Russia ; Scientific libraries, Russia ; Scientific data base, Russia

 

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1991 - IFLA Moscou (Russie) (bis) https://www.jpaccart.ch/international/1991-ifla-moscou-russie-bis.html https://www.jpaccart.ch/international/1991-ifla-moscou-russie-bis.html

The Health Sciences Library Network in Russia 

International information and library review, 1992, 24, pp. 269-273.

An Historical approach...

The first libraries of the history of Russia are mentionned during the years 400 of our era. In the fields of medicine and sciences, the foundation of great institutions such as the Academy of Sciences in St Petersburg in 1724, and the University of Moscow in 1756, is the beginning and the basement of the history of scientific libraries.

The Russian State administrates these libraries through local mediums : the Ministries of Culture of the Republics.

The main period of the development of public libraries took place during the years 1945-1960 : it corresponds with the reconstruction of the national economy. In 1960, the number of 380.000 libraries (in all categories) was reached. At the present time, 326.000 libraries are registered with 400.000 employees. With over 300 millions of inhabitants, 50 % of the population are users of a public library.

The Scientific and medical librarians

The Institute of Culture in Moscow has 7 faculty chairs of library science and an enrollment of 1200 library students . There are 40 schools of library science in Russia and a special school in Saint Petersburg for the education of health sciences librarians. Russian librarians did not have a national organization until just a year ago and are now beginning to organize themselves into a national presence.

"SOYUZMEDINFORM"

Under the direction of Dr Alexander KISELEV, of the Ministry of Public Health, SOYUZMEDINFORM is a recent organized entity that includes :

  • the Institute for Scientific and Medical Information for the Republics
  • the State Central Scientific Medical Library (SCSML)
  • a publishing house

The purpose of this consortium is to build national databases and disseminate this information both inside and outside the Russian republics. 5000 persons are working for SOYUZMEDINFORM.

THE INSTITUTE FOR SCIENTIFIC AND MEDICAL INFORMATION OF THE REPUBLICS

SOYUZMEDINFORM is the main producer of scientific and medical information all over the Russian territory and the Republics. Its activities are the following ones:

  • the acquisition of documents
  • the generation of bibliographic and factographic data bases on medicine and health care
  • publication of information materials : medical abstract journal, press reviews on public health, bibliographic indexes, a periodical both in russian and english languages
  • sociological studies in medicine
  • the introduction and the development of new computer information technologies

It is an answer to the needs of a great number of persons working in the fields of public health : over 1, 2 millions physicians, 100.000 searchers and teachers.
In order to spread medical and scientific information in every Republic, a dense network of libraries has been constituted (see diagram).

THE STATE CENTRAL SCIENTIFIC MEDICAL LIBRARY (SCSML) IN MOSCOW

This library, established in 1918, is the russian national library of medicine. The present building, constructed in 1977, was one of the most modern and well-maintained building in Moscow. The SCSML is housed in a big building, with large reading rooms.

The Books collecting

The SCSML receives without fail almost all russian books on medicine, transactions of research institutes and conference proceedings. Part of this literature is directed to the exchange stock for the libraries network of this country and some developing countries.

Some significant figures

With over 2, 2 millions volumes, the SCSML is one of the world's largest medical libraries .
Dayly, the SCSML provides about 1000 readers with 4500 documents. Annually, 1, 7 millions pages are copied and 11 million journal page copies are microfished for the network requests.

International cooperation

The SCSML makes a centralized acquisition of foreign periodicals for medical libraries subscribing to about 2000 journal titles.

In order to ensure a better selection of foreign books and more effective use of foreign currency allocations, SOYUZMEDINFORM regularly arranges books exhibitions of foreign publishing houses during which it makes its own purchases and serves a mediator for other consumers of medical literature.

Besides, the SCSML makes a wide exchange of books and journals with over 1000 organizations from 80 countries in the world.

The Interlibrary loan

It processes more than 90, 000 interlibrary loan requests a year. The process of initiating an interlibrary loan for a rural physician begins with the physician's local library. The request is made to the regional medical library and from there, if necessary, to SCSML.

The Russian medical libraries network

With at the head the SCSML, the network includes 4000 specialized libraries. We find :

  • the scientific libraries of the Republics (14) with :
    • the medical libraries of the regions (96)
    • the hospital libraries and the medical school libraries (3500)
  • then, the libraries of the research institutes (340)
  • and, finally, the scientific libraries of the universities (100)

Library network conception

In order to ensure a more effective use of the acquired stock and modern means of document delivery, the network needs up-to-date information system.

The following tasks are carried out :

  • a bibliographic data base generation developped in the largest libraries of the country
  • the access to foreign data bases and producing domestic data bases on CD ROM
  • ensuring to users an on- line access to catalogues

The First russian data base generation

In 1988, a new computer technology was developed by SOYUZMEDINFORM. Automation of SCSML began with entry of book titles into an automated union catalogue, the Deutsch Medical Database (DMD) in Cologne, Germany. The records are entered in machine readable-form and are then transferred to the All Union Institute of Applied Automation Systems in Moscow; from Moscow, they are transmitted to Cologne. SCSML doesn't have a main computer system.
At present, six biomedical information databases are being developed. Five of the files are incorporated into one retrieval system that is housed in a 120-MB harddrive IBM XT clone. The data is initially entered into dBase 3+ files that include a Cyrillic language compiler. These ASCII files are converted to ISO-2709 format of MICRO CDS/ISIS 2.0. This UNESCO-developed software includes a multilanguage menu (English, French, Spanish, and Russian) and its own program language, which has beeen used to create combined-sort formats.

The data-base files are journal articles, monographs, dissertations, government documents (almost from the Ministry of Public Health) and medical patents.

The article database contains items from 140 russian journals plus selected foreign journals. Access is possible by author, title, and subject, with all articles given an English title.
The retrieval system had 55.000 entries with 5.000 added monthly.
An English/Russian, Russian/English MeSH (Medical Subject Headings from "Index Medicus") database has been constructed with dBase 3. All terms have been translated and entered into a file that has Russian term, English term and tree structure access. The file also can be accessed by subheading,

THE PUBLISHING HOUSE

These databases have been created to increase the dissemination of biomedical information. Via deskstop publishing and printing by the attached printing house, a number of bibliographies are produced. These includes :

  • a weekly Current Index of Scientific and Medical Literature
  • an annual Index of Scientific Research
  • a quarterly Catalog of Medical Dissertations
  • a monthly list of published medical books

Observations

With the reorganization under SOYUZMEDINFORM, the means of access to Russian biomedical information has been restructured and enhanced. At present, access is limited to one terminal or print products ; the hardware size will be exhausted in one year . Despite the limited resources, comprehensive files for current Russian biomedical materials have been developed.

How does SOYUZMEDINFORM face the disintegration of the Soviet Union ? Until now, we have no answer to this question. We only hope that efforts could go on and that SOYUZMEDINFORM would achieve the process of reorganization of scientific information in Russia.

References

(1) LOGUINOV B. Soyuzmedinform Computer Technology and Soviet Medical Data bases. IFLA booklet, 1991, n° 2, pp. 17-23.
(2) JONES C.A. Soviet libraries in transition. Bulletin of the Medical Library Association, 1991, vol. 79, n° 3, pp. 326-327.
(3) Les bibliothèques soviétiques. Moscou : IFLA, 1991.
(4) RHINE L. The Development of biomedical databases in the Soviet Union. Bulletin of the Medical Library Association, 1990, vol. 78, n° 2, pp. 196-197.
(5) JAKIMOV G. Les usagers des bibliothèques publiques en URSS. Bulletin des Bibliothèques de France, 1991, t. 36, n° 6, pp. 512-517.
(6) POULAIN M. Moscou, le putsch et les bibliothécaires. Bulletin des Bibliothèques de France, 1991, t. 36, n° 6, pp. 564-572.
(7) LAITINEN S. Experiences in using soviet databases in Scandinavia. IFLA booklet, 1991, n° 2, pp. 24-27.
(8) Moscou 1991 ou comment la géographie a rendez-vous avec l'histoire. Bulletin d'Informations de l'Association des Bibliothécaires Français, 1991, n° 153, pp. 73.
(9) ACCART J.P. Les Bibliothèques scientifiques russes en transition. Documentaliste, sciences de l'information, 1992, vol. 29, n° 1, pp. 42-45.
(10) ACCART J.P. Soyuzmedinform : le réseau des bibliothèques scientifiques soviétiques. Newsletter to european health librarians, 1992, n° 19, pp. 17-18.

Abstract :

The last historical events in the ex-Soviet Union are not only political . The world of libraries begin to be open and the changes even reach the most famous institutions. Such as, for example, the State Central Scientific Medical Library in Moscow which is at the head of a network of scientific and research libraries, and has created the first russian scientific data base. This article has been written after the last congress of IFLA (International Federation of Librarian Associations) in august 1991.

Keywords :

Medical libraries, Russia ; Scientific libraries, Russia ; Scientific data base, Russia

 

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info@jpaccart.ch (jpaccart) International Thu, 12 Apr 2007 07:46:36 +0000
1991 - IFLA Moscou (Russie) https://www.jpaccart.ch/international/1991-ifla-moscou-russie.html https://www.jpaccart.ch/international/1991-ifla-moscou-russie.html

Le réseau des bibliothèques scientifiques russes

Bulletin de l'Association des Bibliothécaires Français, 1991, n° 153, pp. 74-75.

L'"Atelier de travail" réunissant les membres de la section des Bibliothèques scientifiques médicales et biologiques de l'IFLA s'est tenu le jeudi 22 août 1991 à la Bibliothèque Nationale de Médecine de l'URSS. Ce fut l'occasion d'entretiens et d'échanges fructueux avec les bibliothécaires soviétiques : leur accueil était d'autant plus chaleureux que ces journées étaient "historiques".

La recherche scientifique en URSS

La recherche scientifique en URSS est forte de 1, 2 million physiciens et 100.000 chercheurs et professeurs. L'élément le plus important de ce système est un réseau de bibliothèques médicales incluant 4000 bibliothèques spécialisées à différents niveaux.

"SOYUZMEDINFORM"

La Bibliothèque Nationale de Médecine de l'URSS, appelée plus communément "SOYUZMEDINFORM" , est le centre d'information principal en médecine. C'est une des bibliothèques médicales les plus importantes au monde avec 2, 2 millions de volumes ; elle reçoit 1000 lecteurs par jour et effecue 1, 7 millions de photocopies par an. En dépendent les bibliothèques scientifiques qui sont réparties en réseau par république, par université et par institut de recherche. Les bibliothèques d'hôpitaux et d'écoles médicales sont les derniers maillons de ce réseau complexe. 5000 personnes travaillent pour "SOYUZMEDINFORM".

La production de l'information scientifique

"SOYUZMEDINFORM" gère l'information scientifique. Premier organisme privatisé de l'ère GORBATCHEV, sa conception de la diffusion de l'information scientifique a changé : il commercialise son information, cherche à développer son réseau et forme des chercheurs à l'image de ceux de l'Occident.
Abonné à 2000 revues étrangères, il dépouille, organise, indexe 95 % de la littérature médicale soviétique et produit, in fine, sa propre banque de données.

Un programme ambitieux

Cette densité en nombre de bibliothèques scientifiques nécessite un système de transmissions de données effectif et moderne, afin de mettre l'information scientifique à la portée des chercheurs. Pour cela, un programme ambitieux a été développé :

  • il passe par une coopération significative avec le "National Institute of Health" aux Etats-Unis en ce qui concerne l'échange d'informations scientifiques, et notamment tout un programme de transmissions de données par satellite.
  • l'adéquation aux normes technologiques mondiales en vigueur dans le domaine biomédical.
  • la production d' une banque de données scientifiques soviétiques, à l'image du "Medline" américain . Elle compte actuellement 85 à 100. 000 documents indexés (contre 5 millions de références "Medline) . Parmi ceux-ci, 60 à 80.000 sont traduits en anglais.

Plusieurs bulletins et catalogues bibliographiques sont publiés en parallèle avec la production de la banque de données soviétique. Le plus important est l' "Index of Current Medical Litterature in the USSR", publication hebdomadaire en russe et en anglais.

En conclusion

"SOYUZMEDINFORM" a le projet de devenir un des maillons essentiels de l'information technologique et scientifique en URSS et envisage la connexion future de son catalogue avec les catalogues des principales bibliothèques nationales.

 

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